Louis Legrand, aussi appelé Denis Louis Legrand (Saint-Rémy-lès-Chevreuse, 1820 - Chevreuse, 1876), est un photographe français de la seconde moitié du , basé à Shanghai. Il est l'un des premiers photographes occidentaux à avoir exercé en Chine.
Biographie Denis Louis Legrand est né le à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, de Louis Charles François Legrand, marchand meunier, et Marie Julie Victoire HamotActe de naissance du 27 juin 1820, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Archives départementales des Yvelines. Il a de nombreux frères et sœurs, dont certains travailleront plus tard avec lui.
D'après une anecdote racontée par le journaliste et écrivain Alfred Busquet, Louis Legrand, établi à Paris au début des années 1850, est l'ami de Gérard de Nerval lorsque ce dernier meurt, en 1855. Busquet relate :
Dans le Shanghai Almanac for the Year 1857, Legrand apparaît comme employé de Rémi, Schmidt & Cie, la plus importante des maisons de commerce françaises installées dans la concession française de Shanghai. Le , il fait paraître dans le North China Herald une publicité pour un commerce de fabrication de montres et horloges à son nom, qui abrite également un studio photographique, sans doute l'un des premiers de la ville. Legrand travaille pour le compte de la société familiale d'import-export Legrand frères & Cie, domiciliée au 33, passage Véro-Dodat, où est établie à la même époque une société de recouvrement au nom de son frère Adrien (nommé Legrand ou Le Grand).
Sous la même raison sociale Legrand frères & Cie, Legrand propose à partir de des portraits stéréoscopiques, puis l'année suivante des vues également stéréoscopiques de Shanghai. Au dos, les clichés portent les tampons « Legrand Fres & Cie », « L.G. Fres » ou « 李閣郎 » en caractères chinois (transcrit Li Gelang, Li Gelong ou Li Galong). Une série conservée à la BnF porte par ailleurs le tampon d'Henry Voland, distributeur et dépositaire en France.
La diffusion de ces vues stéréoscopiques entraîne la parution de plusieurs articles de presse en France. Dans un article du Figaro du , le photographe – appelé Louis le Grand – est décrit comme . Son adresse à Shanghai est ainsi transcrite : . La même source indique que ses collections photographiques sont disponibles à Paris, 6 rue Tronchet, chez un marchand de curiosités chinois nommé Laurent Chin-Yung, aussi connu sous le nom de Laurent (Ouang) Tching-Yong. Les et , dans la revue de photographie La Lumière, le rédacteur en chef Ernest Lacan signe un texte en deux parties intitulé , à l'occasion de la publication d'une double collection de vues stéréoscopiques par les éditions Gaudin frères. Bien que le nom de Legrand ne soit pas cité, c'est très probablement son travail qui fait l'objet d'une recension dans la seconde partie de l'article – la première étant consacrée à la série produite par un photographe anglais. Si Lacan juge la série française , il en souligne toutefois l'intérêt.
Cette même année, Louis Legrand est – avec le photographe et correspondant du Moniteur universel Antoine Fauchery, et le lieutenant-colonel Charles-Louis Du Pin – probablement commissionné pour accompagner l'armée française et immortaliser sa participation dans l'expédition militaire anglo-française pendant la seconde guerre de l'opium (1856-1860). Aucune preuve évidente que Legrand ait réellement rejoint l'expédition ou ait pris des photos pour elle n'a cependant jamais été trouvée. En , Ernest Lacan rapporte dans un journal allemand de photographie que Legrand aurait fait un temps partie de la mission, qu'il aurait envoyé une collection de vues à l'un de ses frères à Paris, mais se serait ensuite .
En , Louis Legrand inspire au journaliste Albert Kaempfen (dit Henri Este) le personnage d'une fiction, publiée en feuilleton dans L'Illustration. L'homme s'y décrit ainsi : Plus loin, il ajoute : Le récit paraît sous forme de roman, intitulé La Tasse à thé, en 1865. Cette même année, Louis Legrand figure toujours dans la liste des étrangers résidents en Chine, publiée dans The Chronicle and Directory for China, Japan and the Philippines. Toutefois, une notice publiée dans l'édition précédente indique que, d'après le journal The Friend of China du , une société de Shanghai, baptisée Legrand frères, a été liquidée durant le semestre précédent.
Il meurt le , célibataire, à ChevreuseActe de décès 23 du 29 mai 1876, Chevreuse, Archives départementales des Yvelines.
Bibliographie Régine Thiriez, Barbarian Lens: Western Photographers of the Qianlong Emperor's European Palaces, Amsterdam, Gordon and Breach, 1998, Régine Thiriez, « Ligelang : a French photographer in 1850s Shanghai », Orientations, , vol. 32, , Terry Bennett, Lindsey Stewart, History of Photography in China, 1842-1860, London, Quaritch, 2009
Notes et références
Notes
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