Diebolsheim est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie

Localisation Diebolsheim est un village de 680 habitants situé dans le Ried, au bord du Rhin, à 35 kilomètres au sud de Strasbourg, sur la départementale 468 reliant Strasbourg à Marckolsheim.

Diebolsheim se situe dans le Ried Noir où subsistent quelques prairies typiques avec leur faune et leur flore spécifiques. À proximité, la forêt de l’île du Rhin est classée réserve naturelle.

Diebolsheim fait partie de la communauté de communes du Rhin depuis le . La communauté de communes a créé un office du tourisme à Rhinau. La promotion du village y est assurée. Le village a obtenu quatre fleurs au concours des villes et villages fleurisDiebolsheim Village Fleuri 4 Fleurs.. Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Grand canal d'Alsace, le ruisseau l'Ischert, le ruisseau Muhlbach de Gerstheim, le canal d'alimentation du Bassin de Plobsheim, le canal de raccordement au le canal du Rhone au Rhin et le ruisseau le Heulachgraben..

Le Grand canal d'Alsace, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Schœnau et se jette dans 0 à Erstein, après avoir traversé .

L'Ischert, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Artzenheim et se jette dans la canal d'alimentation du Bassin de Plobsheim sur la commune, après avoir traversé .

Le ruisseau Muhlbach de Gerstheim, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sundhouse et se jette dans la canal d'alimentation du Bassin de Plobsheim à Erstein, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de DiebolsheimLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sélestat à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Diebolsheim est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (84,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (83,6 %), forêts (8,5 %), zones urbanisées (7,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Histoire La première trace écrite remonte à l’an 803 sous le nom de Dubileshaim. Au Moyen Âge, une partie du domaine passe à l’évêché de Strasbourg. En 1422, Diebolsheim fait partie des biens des comtes d’Andlau. Ces derniers firent édifier un château à l’est du village au bord de l’Ischert. L’actuelle rue du Château en est le dernier vestige. Le village était jadis tributaire des crues du Rhin (les plus importantes se situent en 1398 – 1480 – 1910). Depuis la construction du Grand Canal d’Alsace et de l’usine hydroélectrique (1959-1964) tout danger semble écarté. Une branche de la dynastie des barons de Castex avait choisi le village pour y faire construire une résidence seigneuriale. À défaut d’héritiers, la propriété a été acquise après 1945 par les œuvres diocésaines et transformée en maison de retraite puis en institut médico-professionnel, l'IMPRO Sainte-Elisabeth, pour jeunes filles handicapées (environ 50 pensionnaires). vignette|250px|Jugés sur une balançoire Hansel et Gretel au centre du village. alt=|vignette|381x381px|Maison du dans le centre du village.

Diebolsheim de 1914 à 1918 Grâce à l’instituteur du moment M. Eschlimann, venu à Diebolsheim en 1913, nous pouvons suivre, année après année, les évènements qui se sont produits dans le village pendant la guerre. En effet, M. Eschlimann notait dans une chronique les faits marquants. Voilà ce que raconte l’instituteur Eschlimann :

1914 : comme un orage dans un ciel bleu Cette année-là, l’école de Diebolsheim comptait 66 élèves (36 garçons et 30 filles) et l’année scolaire débuta le . Les récoltes s’annonçaient bonnes. Au début de l’été, le temps était très beau, mais la déclaration de la guerre allait changer tout cela. C’est le vendredi à 6 h 30 que l’état de guerre fut placardé à la mairie de notre village. Le lendemain, , l’ordre de mobilisation générale arriva à M. le maire Hatsch. Les réservistes partirent le , un dimanche, après la messe, accompagnés jusqu’au petit tram par l’ensemble de la population. Il s’agissait de 28 hommes. Le plus âgé était EHRHARD Anton né en 1871 et le plus jeune Pfaff Émile né en 1897. La réquisition des chevaux eut lieu le . Les habitants de Diebolsheim durent ainsi livrer 37 chevaux qui furent achetés par l’armée au prix moyen de 1250 Mark par animal. De même, il fallut livrer 15 voitures de transport. Les premiers soldats firent leur apparition le . Il s’agissait d’une centaine d’hommes du d’artillerie de Bade. Ils s’installèrent à la mairie et à l’école. Ce jour-là on entendit pour la première fois le bruit du canon dans les Vosges. On interdit de sonner les cloches à l’église et le petit tram fut réservé aux transports de troupes. Dès le mois d’octobre, l'instituteur organisa avec ses élèves une collecte d’aliments destinés aux soldats blessés qui se trouvaient à l’hôpital de Sélestat. La population donna des œufs, des fruits, du beurre, du lait, des pommes de terre, des volailles. Les jeunes filles et les dames tricotèrent des chaussettes et des pulls pour les soldats. Un élan de solidarité se manifesta en cette fin d’année 1914. Tout le monde espérait que la guerre n’allait pas durer. « Pourvu que la guerre soit finie à Noël… » note l'instituteur, M. Eschlimann.

1915 : les premières privations Le rationnement du pain débuta dès le mois de . La population de Diebolsheim (417 habitants) fut répartie en deux catégories. Chaque famille d’exploitant agricole avait droit à de farine par tête et par mois pour le pain. Ceux qui n’étaient pas agriculteurs avaient quant à eux de pain par semaine. C’est la mairie qui commandait la farine dont le boulanger avait besoin. Les habitants avaient des cartes de rationnement. On commença également à compter le nombre de têtes de bétail. Il y avait alors à Diebolsheim 61 chevaux, 464 bovins, 245 porcs et 11 chèvres. Les réserves étaient les suivantes : 1794 quintaux de blé, 10 quintaux de seigle, 291 quintaux d’avoine, 4499 quintaux d’orge. Ces décomptes étaient faits régulièrement tous les deux mois. L’année 1915 promettait une belle récolte. Les soldats allemands stationnés à Diebolsheim donnaient un coup de main pour les travaux des champs en remplacement des hommes partis à la guerre. M. Eschlimann donne des précisions intéressantes. Nous apprenons ainsi qu’on a planté 60,87 hectares de blé, 9 hectares de seigle, 80,14 hectares d’orge, 16,16 hectares d’avoine et 35,40 hectares de pommes de terre. Le pain d’une livre coûtait 22 Pfennig et le Leib (5 livres) coûtait 1,10 Mark en 1915. L’année 1915 montre que la communauté villageoise s’installe dans la guerre. La vie est réglée par les travaux des champs, par les décomptes des réserves en nature de la commune, par les collectes pour les œuvres de solidarité aux soldats du front mais aussi par l’augmentation du prix des denrées alimentaires. Cette année est aussi marquée par le décès de sœur Philomène LOSSON (institutrice des filles), le et par l’installation de l’électricité à l’école, à la mairie et à l’église en novembre. Et la guerre continuait…

1916 : le village s'installe dans la guerre Dès le mois de , les premiers réfugiés arrivèrent à Diebolsheim. Il s’agissait de 22 personnes (cinq familles) de l’arrondissement d’Altkirch. Ils fuyaient les violents combats qui avaient lieu dans les Vosges. Le fut introduite l’heure d’été. On avança les montres d’une heure. M. Eschlimann trouvait que cela ne servait pas à grand-chose. La nouvelle sœur enseignante, sœur Thérèse, arriva le . Au mois de juin, l’armée commença à réquisitionner les bovins pour nourrir les soldats. On continuait à décompter les réserves, les prix augmentaient encore. On payait maintenant la douzaine d’œufs 2 marks, la livre de beurre de 2,20 à 2,40 marks. Et la guerre continuait…