L’aquaculture biologique est la forme de production aquacole qui répond à un cahier des charges imposant certains critères de production dite « biologique ».
Il s'agit en quelque sorte de l'équivalent aquacole de l'agriculture biologique.
thumb|upright=1.5|Élevage biologique extensif de truites dans le Blausee (canton de Berne). thumb|upright=1.2|Pour éviter les risques sanitaires posés par la monoculture, la polyculture est recherchée en aquaculture biologique ou dans d'autres formes d'aquaculture (Integrated Multi-trophic Aquaculture), ici en baie de Fundy, un aquaculteur produit à la fois des saumons, des algues qui produisent de l'oxygène et absorbent une partie des déchets produits par les poissons et des moules qui peuvent stocker des métaux lourds dans leur coquille et notamment se nourrir des restes de nourriture en suspension non consommés par les poissons, tout en filtrant très activement l'eau de mer. Cette approche présente des similitudes avec le système « polyculture-élevage » promu par l'agriculture bio sur terre. thumb|upright=1.2|Petit élevage familial "multi-trophique" dit IMTA (Integrated Multi-trophic Aquaculture).
C'est une des réponses se voulant durable à la surpêche, et à une demande sociale croissante de « produits bios ». Une de ses formes les plus sophistiquées pourrait être l'« aquaculture intégrée à plusieurs niveaux trophiques » qui peut se faire sur une structure dédiée, ou sous une plate-forme offshore multi-usages (POMU)..
Histoire, dans le monde Cette forme d'aquaculture croît rapidement depuis la fin des années 1990.
Le contenu des labels d'aquaculture biologique (ou de projet de label dans certains pays) a évolué depuis les années 1990, sous l'égide notamment de la FAO, d'organismes de certificateurs et de groupes de producteurs et d'un groupe de travail de l'IFOAM consacré à l'aquaculture et à la pêcheThe IFOAM Aquaculture Group..
Espèces concernées L'aquaculture bio concerne pour le moment quelques espèces de poissons, quelques crustacés et de petites productions de mollusques (animaux filtreurs ou brouteurs), mais une réflexion est en cours pour élargir le nombre de mollusques / coquillages d'élevage pouvant être labellisésAndrew Martin, [Free or Farmed, When Is a Fish Really Organic?], New York Times; 2006-11-28, consulté 2011-11-21., sachant que ).
Le poisson « sauvage » ne devrait pas être confondu avec le poisson bio, mais une certaine confusion existe souvent chez le consommateur qui comprend mal comment se fait la certification bio pour les poissonsBernt Aarset, Suzanna Beckmann, Enrique Bigne, Malcolm Beveridge, Trond Bjorndal, Jane Bunting, Pierre McDonagh, Catherine Mariojouls, James Muir, Andrea Prothero, Lucia Reisch, Andrew Smith, Ragnar Tveteras, James Young, (2004) "The European consumers’ understanding and perceptions of the “organic” food regime: The case of aquaculture", British Food Journal, Vol. 106 Iss: 2, (Résumé)..
Il y a eu des débats pour une possible certification des poissons sauvage, souhaitée par certains producteurs-pêcheurs qui craignent de perdre des marchés face à un certain engouement pour les produits bio, mais les États et grands organismes, y sont plutôt réticents (on ignore ce qu'a mangé le poisson sauvage, qui peut être très « propre », ou significativement pollués selon les endroits où il a vécu).
Parmi les principales espèces élevées sous le label bio ou un label équivalent, on trouve surtout des salmonidés (truite et saumon), mais aussi le bar, la daurade, la carpe et l'esturgeon (et son caviar). Au début du , plusieurs définitions coexistaient (FAO et IFOAM).
Les cahiers des charges Ils diffèrent selon les pays (par exemple la distance minimale entre cages d'élevage bio et non bio varie de 25 à selon les pays, les colorants sont ou non interdits ou limités au carapaces de crevette, les densités de poissons à ne pas dépasser peuvent aussi varier.
Le contenu des labels devrait évoluer avec la connaissance scientifique. La « Soil Association » autorise l'usage de levures pour doper le développement des ovules, mais il existe des questions encore sans réponse, concernant par exemple le bien-être animal. Le pisciculteur peut-il tenir compte des instincts migrateurs de certaines espèces et des interactions inter-individuelles au sein d'un groupe pour une espèce grégaire ? Comment imaginer ou gérer un certain recyclage ou une épuration de l'eau pour les élevages de pleine mer ? (avec des pompes ? des filtres ? du matériel à terre ?…) Quelle alternative à l'éclairage artificiel de nuit ou jour et nuit actuellement utilisé pour accélérer la maturation des morues juvénilesJon Walden, La Morue Atlantique, Le potentiel pour l'élever dans les Shetland, North Atlantic Fisheries College, consulté 201-09-21. ?).
Les cahiers des charges ont pour la plupart en commun d'imposer un élevage relativement extensif, limitant fortement ses impacts négatifs sur l'environnement, utilisant des aliments bio (hormis pour les coquillages), sans OGM ni acides aminés de synthèse, respectant la reproduction naturelle, et réduisant le recours aux produits vétérinaires dans la mesure du possible (au profit d'immuno-stimulants et probiotiquesLara-Flores, M., Olvera-Novoa, M.A., Guzmán-Méndez, B.E., López- Madrid, W., 2002. Use of the bacteria Streptococcus faecium and Lactobacillus aciddophilus, and the yeast Saccharomyces cerevisiae as growth promoters in Nile tilapia (Oreochromis niloticus). Aquaculture 216, 193–201.Li, P., Gatlin III, D.M., 2004. Dietary brewers yeast and the probiotic Grobiotic registered AE influence growth performance, immune response and resistance of hybrid striped bass Morone chrysops×to Strepococcus iniae infection. Aquaculture 231, 445–456. naturels… et avec une préférence pour la polyculture a priori plus équilibrée).
Les processus de certification varient (il y avait en 2003 dans le monde 30 agences de certification non gouvernementales, dont 18 en Europe). Un sondage donnait au début des années 2000 56 % de consommateurs prêt à payer un surcoût de plus de 15 % pour des produits biologiques, et 33 % prêts à payer au max. 15 %. Pour le saumon, le surcoût peut aller bien au-delà de 100 %.
En Europe Les définitions, normes et critères concernant les et ont fait l'objet d'un lent travail d'harmonisation depuis le début des années 1990, sous l'égide de la DGPÊCHESituation actuelle et perspectives d’Avenir, Conférence Thématique, Bruxelles, 12 – 13 décembre 2005. et en France sur la base d'un cahier des chargesProvaqua, Cahier des charges officiel..
Ce travail a porté sur des principes communs, l'étiquetage, la zootechnie (choix du site, degré de naturalité des conditions d'élevage, alimentation, choix des espèces, bien-être animal, jusqu'à l'abattage.
Dans l'Union, ces produits doivent répondre à des principes & critères de gestion durable, de respect des équilibres naturels et de la biodiversité. Ils doivent être de haute qualité et leur obtention ne doit pas nuire à l'environnement, à la santé humaine, à la santé des végétaux, des animaux ou à leur bien-être.
En 2002, la Commission européenne a retenu 3 priorités stratégiques pour l'aquaculture : emploi durable, notamment dans les zones dépendantes de la pêche, où les stocks de poisson sont surexploités. offre en répondant à des normes sanitaires et de bien-être des animaux rigoureuses ; développement d'une industrie sans risque pour l'environnement ;
Comme dans la PAC (Politique agricole commune), le FEP intègre peu à peu des critères d'écoéligibilité et des mesures favorisant l'aquacultureCf. Axes Prioritaires 2 et 3 du FEP.. Un article spécifique soutient les mesures aqua-environnementales (équivalent marin des mesures agrienvironnementales, et notamment l'aquaculture biologiqueDans le cadre du Règlement CEE 2092/91 du 24 juin 1991, et le Règlement actuel (CEE) /91 modifié..
Une plateforme de technologie et d'innovation de l'aquaculture européenne a été créée, mais le caractère durable de la pisciculture reste discuté en raison de ses besoins en pêche minotière et de ses impacts.
En 2009, la Commission a produit une communication sur le développement durable de l’aquaculture européenneCommunication de la Commission (COM(2009)0162) en date du 8 avril 2009..
En 2010, le Parlement européen (PE) devenu dans le cadre du traité de Lisbonne co-législateur dans le domaine de l’aquaculture, a voté une résolution Résolution du Parlement européen du 17 juin 2010 sur le thème «Donner un nouvel élan à la stratégie pour le développement durable de l’aquaculture européenne» (2009/2107(INI)), publiée le 12/08/2011. visant , il y regrette le manque de cadre normatif et harmonisé pour l'aquaculture et demande à la commission de réserver une part des financements européens pour la pêche (FEP) à ce secteur, d'éviter les conflits entre aquaculture, environnement et d'autres activités (tourisme, agriculture, pêche côtière). Il propose aussi un plan de gestion des cormorans.
Parmi les considérants, le Parlement plaide pour une "considérant " ., estime Considérant . ; demande une baisse du ; rappelle que trop de stocks sauvages de poissons sont surexploités, ; ce qui nécessite Considérant .. Le parlement souhaite que l'Europe fasse un de l'éco-certification des produits aquacoles pour , avec un , en veillant à ce , et en instaurant une aide pour , tout en évaluant la traçabilité des produits et les incidences environnementales de l'aquaculture (cf notamment directive sur l'évaluation des incidences sur l'environnement (EIE)) et en . Le parlement demande à la Commission de rapidement proposer un règlement unique rassemblant toutes les dispositions de l’UE pour l'aquaculture.
Pour les coquillages, dans le monde, l'opportunité d'une certification est encore en débat. L’intérêt semble plus évident en polyculture (en association avec algues et saumons par exemple), mais la traçabilité de l'alimentation des coquillages n’aurait pas le sens qu’elle a pour les élevages animaux terrestres ou en cage. Les impacts écopaysagers de l’aquaculture sont encore mal cernés, de même que pour certains modes de production et de désinfection, ou pour les impacts du dragage ou de techniques de reproduction de type triploïdie…).
Localement des oiseaux (eiders ou huîtrier pie par exemple) exercent une prédation significative sur certaines conchylicultures), mais la « Soil Association »' n'autorise pas les filets de protection.
En Belgique Dans le cadre de la planification de l'exploitation des ressources marines et sous-marines du paysVan de Velde, M.; Rabaut, M.; Herman, C.; Vandenborre, S. (Ed.) (2014). Er beweegt wat op zee… Een marien ruimtelijk plan voor onze Noordzee (Quelque chose se passe en mer... Un plan spatial marin pour la Mer du Nord). FOD Volksgezondheid, Veiligheid van de Voedselketen en Leefmilieu: Brussel. 23 pp., le gouvernement belge a produit en 2013 un plan spatialisé qui réserve des espaces significatifs à l'aquaculture durable en mer, y compris sur des structures immergées qui pourraient être accrochées entre les supports d'éoliennes en merArgus actueel (2011) Duurzame aquacultuur is mogelijk publié 27 septembre 2011, consulté 2014-06-05. où les « monocultures » seront interdites). Ces structures pourront avoir un effet « récif artificiel » et attractif pour les poissons, également favorable à un accroissement de la biomasse animale et végétale, ainsi qu'à l'épuration de l'eau.
En France Un national, homologué en 2007 par Arrêté interministérielArrêté interministériel du 2007-02-02 (J.O.R.F. 2007-02-13)., encadre le mode de production et de préparation biologiques des Ministère (français) de l'Agriculture et de la pêche, Cahier des charges concernant le mode de production et de préparation biologiques des espèces aquacoles et leurs dérivés, Direction générale des politiques économique, européenne et internationale, PDF, 36 p..