Lalaye est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie Localisation Lalaye est située à en amont de la commune de Villé et sur la rive gauche du Giessen d'Urbeis. Elle a une surface de . La commune est fermée au nord par l'arête de la Honel qui se maintient autour de d'altitude jusqu'au Blanc-Noyer qui domine la vallée du Giessen de Steige. À l'ouest, les deux ramifications du vallon de Charbes viennent buter sur les puissantes hauteurs du Mont () qui précèdent le replat où s'est installé le hameau du Climont. Au sud enfin, une ligne de crêtes moins élevé court du Kohlberg () jusqu'à la Goutte Henri () et sépare le vallon de la vallée du Giessen proprement dite.

Le village () s'est établi à l'extrême limite du ban communal, peu avant le confluent du ruisseau de Charbes et du Giessen d'Urbeis. Les habitations s'étirent sur l'adret de l'étroit vallon de Charbes, ce dernier hameau s'allongeant lui aussi sur les berges des deux branches de la rivière.

L'influence vosgienne sur l'habitat se fait nettement sentir ici par la présence de nombreuses constructions isolées dans la montagne (anciennes exploitations agricoles) : Chindé, Wachtembret, Sachelingoutte, la Grande Basse, Pransureux, le Blanc Noyer... Les habitants sont dénommés les Lachenois et Lachenoises.

Communes limitrophes

Géologie Le territoire communal repose sur le bassin houiller de la vallée de Villé..

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Giessen et le ruisseau de Charbes..

Le Giessen, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Ebersmunster, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LalayeLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Liepvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Lalaye est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sélestat, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (85,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (85,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (85,4 %), zones agricoles hétérogènes (12,1 %), zones urbanisées (2 %), prairies (0,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports Le village de Lalaye est situé à proximité de la route qui relie Sélestat à Saint-Dié, route qui passe par Villé à . Lalaye se trouve sur la , à la sortie de Bassemberg. Les villages les plus proches sont : Fouchy, Breitenau et Urbeis, situés tous au sud du massif de la Honel et de Steige qui se trouve à l'extrémité de ce massif. En arrivant à Fouchy, il faut quitter la et s'engager sur la qui se trouve en face de l'hôtel restaurant Diette.

Écarts et lieux-dits Le Blanc-Noyer ; Chindé ; Charbes ; la Grande Basse ; la Grande Bollée ; le Pransureux ; Sachelingoutte ; Wachtembert ; la Hollée ; les Mines.

Son annexe Charbes portait autrefois le nom de Mittelscheer dont on a retrouvé des traces en 1471, 1477, 1488 puis en 1492 dans des documents concernant les mines de Bilstein. Ce toponyme est aussi mentionné sur une carte de Specklin datant de 1576. Sur la carte de Cassini établie au , le nom apparaît sous la dénomination de Charpe, puis sous Charbes. En patois local, le village était désigné sous le nom de Horb. Mittelscheer est le nom germanique du ruisseau qui prend sa source au Climont et qui coule parallèlement à celui de la Scheer d'Urbeis et à celui de Steige. La Scheer est l'ancien nom connu actuellement sous le vocable de Giessen. Charbes signifierait le ruisseau de la Scheer.

Toponymie Lalaye provient certainement du nom Lach en allemand et en dialecte alsacien et Lela du patois roman. Ce toponyme a beaucoup varié au cours des siècles passés en fonction de l'écriture des scribes de l'époque. On retrouve le nom germanique Lachen en 1281, Lach en 1303, puis en 1561. À partir du le nom prend une consonance française : La Ley en 1768, Lallay sur la carte Cassini édité au milieu du , Lalay en 1758, et enfin Lalaye et Lach en 1789. Pendant l'occupation allemande entre 1871-1918 et 1940-1944 le nom sera germanisé.

Histoire Un village faisant d'abord partie de la seigneurie de Villé On ne connaît pas exactement la date exacte de la création du village. Cependant on trouve une première mention dans un inventaire dressé en 1303 par Burkhard von Fricke, un notaire qui s'était mis au service de la puissante famille des Habsbourg. Au milieu du , cette famille possédait l'Albrechstal et le notaire avait pour mission de recenser tous les droits et revenus de cette famille dans chaque village dont celui de Lach. Par la suite la commune passa entre les mains de plusieurs propriétaires, soit comme fief ou comme propriété. Ce fut notamment le cas de la famille des Rathsamhausen zum Stein (Rathsamhausen du ban de la Roche), puis de la famille noble des Bollwiller.

La communauté religieuse La communauté catholique de Lalaye était affiliée à la paroisse de Villé. Les habitants de confession catholique étaient donc obligés de se rendre à Villé pour suivre les offices du dimanche. Un document de 1665 sur "l'état des paroisses" de la seigneurie de Villé mentionne qu'il n'y a pas de chapelle à Mittelscheer, mais signale l'existence d'un édifice à Lach qui se trouve en bon état et qui est placée sous l'invocation de sainte Dorothée. L'abbesse d'Andlau en perçoit la dîme et le curé de Villé administre cette chapelle et y célèbre la messe. À partir de 1777, l'ancienne chapelle est démolie et une église dont les plans sont édifiés par Christiani est érigée au même emplacement. Cette église permet d'accueillir des effectifs beaucoup plus nombreux dus à l'arrivée massive de la forte immigration du . La communauté catholique comprend une cinquantaine de feux au milieu du siècle contre une vingtaine en 1720. En 1803, un vicaire est affecté à Lalaye-Charbes et réside dans le nouveau presbytère construit en 1810. Lalaye obtient le statut de paroisse en 1820.

La guerre de Trente Ans Avec la guerre de Trente Ans qui ruine le village, Louis XIV confie les terres aux Choiseul-Meuse. Le village se repeuple alors grâce à l'arrivée massive de Lorrains qui amènent leur patois roman (welche). On voit arriver dans le village les Humbert, les Masson, les Forchard qui viennent des Vosges.

Une forte émigration au À partir du , Lalaye connaît un fort exode de sa population dû principalement au manque de débouché et de travail dans la vallée. Certains habitants émigrent vers Paris, d'autres s'installent au Canada ou aux États-Unis. Monseigneur Jean Gaire, grand missionnaire originaire de Lalaye, s'installe au Canada. Il encourage ses compatriotes à venir le rejoindre.

Création d'une école Deux écoles voient le jour à partir du , l'une à Charbes en 1832, l'autre à Lalaye en 1860.

Lalaye relativement épargné au cours des deux derniers conflits mondiaux Le village est relativement épargné au cours des deux guerres mondiales. Entre 1914 et 1918, le village perd 17 de ses habitants et 14 au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Mines Exploitations minières

Lalaye comprenait autrefois d'importants gisements miniers, dont le plus ancien se trouvait au lieu-dit la Hollée. On y exploitait surtout du plomb argentifère à la fin du Moyen Âge. Le minerai était extrait notamment par un dépilage journalier. En parcourant la route, vers Charbes, on trouve une autre mine connue sous le nom de Haus Osterreich, exploitée pendant le et le début du . Plusieurs chantiers de fouilles effectués sur ces deux sites ont permis de retracer une partie de l'histoire et de découvrir un ancien puits qui était encore équipé d'une roue hydraulique et d'un double corps de pompe. D'autres filons d'antimoine existaient à la même époque au Wolfsloch. Les travaux miniers ont été effectués entre 1748 et 1848 pendant une centaine d'années.

On a surtout extrait une houille d'excellente qualité sur plusieurs galeries au Kohlberg, qui était surtout utilisée pour les forges. Le , deux concessions situées dans la Vallée de Villé deviennent la propriété de monsieur Cuny qui autorisera en 1829 une prospection par sondage réalisée par la Compagnie départementale du Haut-Rhin pour la recherche de houille, sans grands résultats..