James Robert Wills ( - ), alias Bob Wills, est un musicien américain de Western Swing, un auteur-compositeur, et un chef d'orchestre de variétés, considéré comme étant le cofondateur du style Western SwingWolff, Country Music, "Big Balls in Cowtown: Western Swing From Fort Worth to Fresno", p. 29: If any single person deserves to be considered the 'father' of western swing, it must be Bob Wills."West, "Trails and Footprints", p. 39: "Snyder [Texas] hosts the West Texas Western Swing Festival ('Come Fiddle Around in Snyder'), recognizing the regional origins of the father of western swing, Bob Wills, from Turkey (a bit more than a hundred miles due north in Hall County)… "L'autre cofondateur du Western Swing est son vieil ami de Fort Worth, Milton Brown et connu comme étant le King of Western Swing.
Bob Wills et ses Texas Playboys étaient un groupe animant les bals. Ils ont réinventé les codes de la musique populaire, en étendant et en effaçant les frontières entre plusieurs genres. Une section d'instruments à cordes était utilisée pour des chansons de variétés jouées à la manière du jazz. Durant les années 1940, le groupe fut l'un des plus appréciés aux États-Unis. Mais quand l’engouement pour le Western Swing déclina, il en fut de même pour la popularité de Bob Wills. Il continua cependant à exercer une influence considérable sur les générations suivantes d'artistes de musique country avec son esprit de renégat et son goût pour la virtuosité instrumentale.
Biographie Les débuts Il était né dans une ferme près de la ville de Kosse (Texas)San Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 1. ., dans le comté de Limestone (Texas) non loin de Groesbeck (Texas). Son père est John Tompkins Wills et sa mère est Emma Lee Foley. Son père fut un champion de fiddle dans sa régionMilton Brown and the Founding of Western Swing. Cary Ginell. 1994. University of Illinois Press. . et la famille Wills était souvent sollicitée pour jouer de la musique, mais son activité principale consistait à cultiver du coton.
En plus de son travail agricole, le jeune Jim Bob appris à jouer du fiddle et de la mandoline. Avec deux sœurs et plusieurs frères, ils formèrent un orchestre pour des bals, des ranch dances, organisés chez eux ou dans la région du comté de Hall (Texas) où ils vivaientSan Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 17. ..
Wills ne fit pas qu'apprendre la musique folklorique de sa famille, il apprit aussi des chansons de ses compagnons de travail Afro-Américains dans les champs de coton de Lakeview (Texas). Il déclara ne pas avoir souvent joué avec des blancs, mis à part avec ses frères et sœurs, dans ses jeunes années. Son père se réjouissait de le voir danser avec ses voisins noirsSan Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 4. .. Bob Wills racontera à Charles Townsend, un de ses biographes : "I don't know whether they made them up as they moved down the cotton rows or not, but they sang blues you never heard before. (En français : Je ne sais pas s'ils ont inventé cela en allant d'une rangée de coton à l'autre, mais ils chantaient du blues qui n'avait jamais été entendu avant.)"
New Mexico et le Texas
La famille déménagea dans le Comté de Hall (Texas) en 1913San Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 3. ., et ensuite, en 1919, ils achetèrent une ferme entre les villes de Lakeview (Texas) et de Turkey (Texas)San Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 16. .. À 16 ans, Bob Wills quitta sa famille en grimpant sur un train de marchandises. "Jim Rob", tel qu'il se faisait appeler, voyagea de ville en ville pendant plusieurs années, s'efforçant de gagner son pain dans des situations parfois périlleuses comme lorsqu'il faillit tomber d'un train, ou qu'il fut pourchassé par la police ferroviaireHubbin' It. Ruth Sheldon. 1995. Country Music Foundation Press. first published 1938. pages 76, 80, 81. .San Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. pages 14, 21, 22. . Âgé d'une vingtaine d'années, il suivit des cours de coiffure, se maria, et s'établit à Roy (New Mexico) avant de retourner à Turkey pour travailler dans le Hamm's Barber Shop. Pour gagner sa vie, il lui fallait faire de la coiffure en plus de la musique, même lorsqu'il déménagea à Fort Worth (Texas) en 1929. Là il joua dans un minstrel show et dans des medicine shows. Il joua la comédie en ayant le visage maquillé en noir, ce qui était commun à l'époque. Comme le dit une phrase célèbre "He was playing his violin and singing (en français : il jouait de son violon et il chantait)". Il était accompagné de deux guitaristes et d'un banjoïsteSan Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 45. .. Mais comme il y avait déjà un "Jim" dans le show, le manager se mit à l'appeler "Bob". Néanmoins, ce fut sous le nom de "Jim Rob Wills" qu'il fit avec Herman Arnspiger, son premier enregistrement en pour Brunswick/VocalionCountry Music Records - A Discography, 1921-1942. Tony Russell. 2008. Oxford University Press. p. 960. .
Wills se fit connaître par ses interventions qui mettaient de l'ambiance, soit par des onomatopées, soit par des bons mots. Il se souvenait des cris de cow-boy que poussaient son père et son grand-père, quand ils étaient entrainés par la musiqueSan Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 107. .. Cela lui permettait d'extérioriser ses sensationsSan Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 46. ..
À Fort Worth, Wills ajouta le "rowdy city blues" de Bessie Smith et d'Emmett Miller à son répertoire hérité de son père qui contenait principalement des valses et des breakdowns. Il modela sa manière de chanter sur celle de Miller et d'autres artistes tels que Al BernardMilton Brown and the Founding of Western Swing. Cary Ginell. 1994. University of Illinois Press. pp. 32,33. .. Wills reconnut qu'il était un grand admirateur de Miller. Et sa version de 1935 de "St. Louis Blues" est quasiment une reprise mot à mot de la version de Al Bernard enregistrée en 1928Milton Brown and the Founding of Western Swing. Cary Ginell. 1994. University of Illinois Press. pp. 245, 246. ..
Rosetta, sa fille, écrira que son père avait vraiment beaucoup de respect pour les chanteurs noirs et par exemple, pour entendre Bessie Smith, "he once rode 50 miles on horseback just to see her perform live (en français : il fit, une fois, 50 miles à cheval, seulement pour la voir sur scène)" Wills a dit lui-même "Bessie Smith…She was about the greatest thing I had ever heard (en français : elle est l'une des plus grandes merveilles que j'aie jamais entendues)"San Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois. p. 40. ..
À Fort Worth, Wills rencontra Herman Arnspinger et ils formèrent "The Wills Fiddle Band". En 1930, Milton Brown se joignit au groupe en tant que chanteur principal. Il apporta ses nouvelles idées au groupe qui s'était rebaptisé "the Light Crust Doughboys" pour obtenir le soutien financier d'une société agro-alimentaire. Milton Brown quitta le groupe en 1932 pour former "the Musical Brownies", qui fut le premier véritable groupe de Western swing, grâce à l'addition de fiddles jumeaux, d'un banjo ténor et d'une contrebasse de jazz, jouant ce swing dans les studios des radios locales et dans les salles de danse.
Wills resta avec les Doughboys et il remplaça Brown par le jeune chanteur Tommy Duncan en 1932. Il entra en conflit avec le futur gouverneur du Texas W. Lee "Pappy" O'Daniel, directeur commercial de la compagnie Burrus Mill and Elevator Company, dont Light Crust Doughboy était une filiale. O'Daniel détestait la musique "hillbilly" bien qu'il la sponsorisait pour plaire aux clients. Wills et Duncan finirent par se faire évincer des Doughboys en 1933, après que Bob eut manqué un show de trop à la suite de problèmes d'alcoolémie.
Wills évoque les débuts du Western swing dans une interview de 1949. Parlant de Milton Brown et de lui-même travaillant sur des chansons écrites par Jimmie Davis, the Skillet Lickers, Jimmie Rodgers, et d'autres qu'il apprit de son père, il déclara "We'd pull these tunes down and set 'em in a dance category. It wouldn't be a runaway, and just lay a real nice beat behind it and the people would get to really like it. It was nobody intended to start anything in the world. We was just tryin' to find enough tunes to keep 'em dancin' to not have to repeat so much. (En français : Nous reprenions ces morceaux et les adaptions à la catégorie dansante. Si ce n'était pas assez entrainant, nous ajoutions juste un bon rythme derrière et les gens l'appréciaient alors vraiment. Ce n'était pas du tout le but de personne d'inventer une nouvelle chose. Nous essayions juste de trouver assez de morceaux pour continuer à les faire danser, sans se répéter.)"
Wills déclara aussi que vous pouvez changer le nom d'une vieille chanson, la réarranger et la faire swinguer. One Star Rag, Rat Cheese under the Hill, , Basin Street Blues, , et Trouble in Mind en sont des exemplesDance Across Texas. by Betty Casey. 1985. University of Texas Press. p. 43. ..
The Texas Playboys
Après la formation d'un nouveau groupe appelé "The Playboys", à Waco (Texas), Wills acquis une popularité qui lui permit de tenter sa chance à Oklahoma City en 1934, pour la radio WKY. Mais O'Daniel menaça la stationThe King of Western Swing - Bob Wills Remembered. Rosetta Wills. 1998. p. 47. .. Finalement, Bob Wills s'installa à Tulsa (Oklahoma) quand il reçut l'accord de William B. Way, le directeur de la radio KVOO, qui avait déjà venir Gene Autry en 1929. "Bob Will and his Texas Playboys" donnaient des shows sur la scène de la "Cain's Academy of dancing" qui étaient diffusés par les watts de la radio KVOO. Au début, O'Daniel tenta encore de faire annuler le show, mais Way résista aux pressions. Leur émission de minuit du lundi au vendredi eu rapidement du succès et devint une véritable institution dans la région. Ils jouaient aussi dans les dancings, notamment le et le samedi.
Wills voulait ajouter des cuivres et il saisit l'occasion qui se présenta lorsqu'il apprit que son annonceur, Everet Stover, possédait une trompette. En fait, c'était déjà un très bon musicien qui avait été membre du "New Orleans symphony" et avait dirigé le groupe du gouverneur à Austin. Wills ajouta le jeune saxophoniste Zeb McNally et Art Haines au trombone. Wills prit aussi un batteur, le jeune "modern style musician" Smokey Ducas. En , il engagea le magicien du dobro, Leon McAuliffe, qui fut aussi un deuxième chanteur. Wills lui-même chantait souvent les blues et les ballades romantiques.
La mort tragique de Milton Brown, en 1936, retira à Bob Wills son seul concurrent sérieux.
En 1937, Bob Wills était devenu suffisamment riche pour s'acheter un bus à pour son groupeThe King of Western Swing - Bob Wills Remembered. Rosetta Wills, 1998, p. 48. ..
Dans les enregistrements de 1938, on note la présence d'une guitare solo et d'une guitare électrique en plus de la guitare acoustique et du dobroSan Antonio Rose - The Life and Music of Bob Wills. Charles R. Townsend. 1976. University of Illinois, page 342-343 . La chanson "Ida Red" inspirera plus tard Chuck Berry pour "Maybellene". C'est vers cette époque que Wills s'acheta un violon du célèbre luthier du , Giovanni Battista Guadagnini pour un montant équivalent à dollars en 2009http://www.westegg.com/inflation/infl.cgi The Inflation Calculator retrieved 7.13.2010.