Lélection présidentielle portugaise de 1980 () a lieu le afin d'élire le président de la République pour un mandat de cinq ans.
Les résultats voient la nette victoire du général António Ramalho Eanes, président de la République sortant soutenu par les forces de gauche.
Contexte Entre 1976 et 1979, le pays a connu une phase d'instabilité politique, provoquée au départ par la mésentente entre le président Eanes et le Premier ministre socialiste Mário Soares. Ces mauvaises relations amènent le chef de l'État à tenter de renforcer son pouvoir par la formation en d'un « gouvernement d'initiative présidentielle » qui sera rejeté par l'Assemblée de la République. Il réitère en et voit le nouveau cabinet rester huit mois en fonction.
Finalement, Eanes doit se résoudre à dissoudre le Parlement. Des élections législatives intercalaires sont convoquées le . Pour ce scrutin, le Parti social-démocrate (PPD/PSD), le Centre démocratique et social (CDS) et le Parti populaire monarchiste (PPM) s'associent pour former l'Alliance démocratique (AD), qui remporte le scrutin. Le président du PPD/PSD Francisco Sá Carneiro prend alors la direction du gouvernement. Les élections législatives régulières du 5 octobre 1980 confirment la majorité absolue de l'AD, quand bien même le Parti socialiste (PS) avait constitué le Front républicain et socialiste (FRS) avec deux petites formations.
Pour l'élection présidentielle, la majorité choisit d'avoir son propre candidat et désigne le général Soares Carneiro pour défier le président de la République António Ramalho Eanes. Celui-ci reçoit le soutien du PS, malgré les objections de son secrétaire général Mário Soares, et du Parti communiste portugais (PCP) qui retire la candidature de Carlos Brito.
Le , l'avion de Sá Carneiro s'écrase peu après avoir décollé de Lisbonne pour se rendre à Porto, à un meeting de soutien au candidat de l'AD. Le crash tue également le ministre de la Défense et fondateur du CDS Adelino Amaro da Costa. Le Vice-Premier ministre chrétien-démocrate Diogo Freitas do Amaral prend alors l'intérim de l'exécutif.
Système électoral Le président de la République portugaise est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. Est élu le candidat ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. À défaut, un second tour est organisé deux semaines plus tard entre les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de votes, et celui qui arrive en tête est déclaré élu.
Tout candidat doit disposer d'au moins , et d'au plus , de citoyens inscrits sur les listes électorales, dont la validité est contrôlée par le Tribunal constitutionnel, et soumettre sa candidature au plus tard un mois avant la tenue du premier tour.
Candidats Les candidats sont présentés dans l'ordre déterminé par tirage au sort « Sorteio das candidaturas – Eleição para o Presidente da República 1980 », Commission nationale électorale. Candidat Parti Remarque 80px|António Soares Carneiro IndépendantSoutenu par l'Alliance démocratique Officier général de l'armée portugaise 80px|António Pires Veloso António Pires Veloso Indépendant Officier général de l'armée portugaiseDernier gouverneur de Sao Tomé-et-Principe 80px|Otelo Saraiva de Carvalho Otelo Saraiva de Carvalho (FUP) Officier général de l'armée portugaiseAncien membre du Conseil de la Révolution 80px|António Ramalho Eanes António Ramalho Eanes IndépendantSoutenu par le Parti socialiste,le Parti communiste portugaiset le Parti communiste des travailleurs portugais. Président de la République 80px|Carlos Galvão de Melo Carlos Galvão de Melo Indépendant Officier supérieur de l'armée portugaiseAncien membre de la Junte de salut national 80px|António Aires Rodrigues António Aires Rodrigues Parti ouvrier d'unité socialiste (POUS)
Résultats +Résultats nationaux. Candidats Partis Premier tour Voix % António Ramalho Eanes Indépendant 56,44 Indépendant 40,23 Otelo Saraiva de Carvalho 1,49 Carlos Galvão de Melo Indépendant 0,84 António Pires Veloso Indépendant 0,78 António Aires Rodrigues POUS 0,22 Votes valides 98,97 Votes blancs 0,28 Votes nuls 0,75 Total 100 Abstention 15,61 Inscrits / participation 84,39
Analyse et conséquences vignette|Résultats par district. Du fait de la présence d'un candidat de la majorité et d'un de l'opposition, la participation connaît une nette hausse par rapport à la précédente élection de 1976. Ensemble, ils récoltent d'ailleurs plus de 96,5 % des suffrages exprimés, confirmant la bipolarité entre un bloc de droite formé autour des sociaux-démocrates et un bloc de gauche constitué autour des socialistes.
Bien qu'il ne dispose pas cette fois-ci du soutien des forces de centre droit et que Mário Soares est contesté son investiture par le PS, le président Eanes est réélu sans aucune difficulté. Il progresse ainsi de suffrages comparé à l'élection précédente. Il est en tête principalement dans le sud du pays, considéré comme un bastion de la gauche portugaise. Ainsi, alors qu'ils ont donné par deux fois une nette victoire aux partis de l'Alliance démocratique, les électeurs portugais choisissent de reconduire un chef de l'État dont l'engagement à gauche ne fait plus aucun doute.
Face à lui, le général n'est en effet pas en mesure de l'emporter, mais il obtient un important résultat avec un score supérieur à de voix en sa faveur, principalement réparties dans le nord et à l'intérieur du pays, là où la droite réalise ses meilleurs résultats. Le candidat des partis au pouvoir ne parvient pas à profiter de la domination politique dont dispose à l'époque la majorité parlementaire et perd même une partie de son électorat au profit du chef de l'État sortant, au nom de la stabilité politique et institutionnelle.
En rassemblant moins de bulletins de vote sur leurs noms, les quatre autres candidats sont relayés très loin derrière, aucun ne franchissant la barre des 2 % des suffrages exprimés.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Élections présidentielles portugaises Élections législatives portugaises de 1980
1980 présidentielle Catégorie:Décembre 1980