L’opération Iman (« foi »), ou première bataille de l'Ouarkziz, est une opération militaire lancée en 1980 dans le cadre du conflit entre le Maroc et le Polisario. Elle est initiée par le colonel Dlimi dans le but dégager la ville de Zag isolée par les indépendantistes sahraouis. Plusieurs affrontements ont eu lieu durant l'opération, qui se termine par une défaite marocaine. Cette victoire du Polisario marque le point culminant d'une série de succès..
Ordre de bataille Marocains Les unités des forces armées marocaines sont regroupées en trois groupements, la force F1, la force F2 et la force F3. L'opération est sous le commandement du colonel-major Ahmed Dlimi, secondée par le colonel Hammou Arzaz, commandant du secteur de Zag.
La force F1 est composée de certaines unités de la force OuhoudRéférence à la Bataille de Uhud, menée par Mahomet, surnom de la brigade marocaine, qui est alors la force marocaine la mieux équipée dans la zone. Elle engage le régiment du colonel Ahmed El Harchi, le régiment d'infanterie motorisée, soit 4 bataillons de , soutenus par une compagnie sur blindés légers VAB, un escadron d'automitrailleuses AML et 2 sections de mortiers de .
La force F2 est commandée par le commandant Hussein Mohattane. Elle engage un groupement de trois bataillons de , deux escadrons d'AML-90 et des unités d'appui. Cette force est issue de l'unité nommée Zellagha (ou Zellaka)Référence à la bataille de Sagrajas, unité inexpérimentée constituée en . Un autre groupement issu de la force Zellagha est constitué par le bataillon du commandant , privé de ses unités d'appuis mais renforcé d'une compagnie de sahraouis loyalistes.
La garnison de Zag crée également une colonne, désignée F3, constituée de issus de 3 détachements d'intervention rapide (DIR), unités de loyalistes sahraouis. La force est soutenue selon le Polisario par des chars SK-105 et des mortiers lourds.. Elle serait dirigée par le commandant Saïd Miloud.
Polisario Les forces du Polisario sont issues des , , et régions militaires, coordonnées entre elles par Mohamed Abdelaziz. Une région militaire regroupait à l'époque 4 bataillons. Lors des premiers combats, les forces sahraouies sont estimées à -..
Objectifs
Déroulement Les forces F1 et F2 se regroupent à Lemsied et partent vers Lebouirate pour rejoindre la force F3.
Le , la force F2 est attaquée par les forces du Polisario qui l'obligent à se replier dans la confusion sur Amettion trouve aussi Amotte, près de l'oued Draa. Les unités de la force F1 retraitent également., désorganisées par la fuite des unités de la force Zellaka. Les renforts marocains partis de Lemsied sont bloqués, tandis que la force F3 est repoussée dans le djebel Ouarkziz. Selon le commandant Tobji, l'aviation marocaine aurait bombardé son unité, membre de la force F2. Le front Polisario revendique la de de la colonne Zellagha..
Le commandement marocain décide alors de relancer l'attaque entre le col de Em Gueb et Zag le , en progressant parallèlement à l'oued vers le Sud. Le bataillon Tobji est notamment réduit à 10 jeeps de volontaires renforcées de 12 AML, le reste du bataillon ayant été laissé en arrière. La colonne est forte de plus de deux mille hommes. Le à , les unités sahraouies des et régions attaquent de front, tandis que les et régions prennent les Marocains de flanc. Le capitaine Mohamed El Youssi, capturé par le Polisario, compare la fuite des Marocains aux moutons de Panurge, la fuite de quelques soldats ayant entraîné la fuite des autres face à 300 ennemis.. Du 9 au , le front Polisario annonce avoir fait . Selon les communiqués indépendantistes, marocains auraient été tués et près de blessés. Les unités marocaines, défaites, se replient sur Assa. La force F3 ne rejoint pas Zag, ce qui prive la garnison de ses unités lourdes..
Conséquences vignette|gauche|Un VAB marocain détruit par le Polisario. vignette|droite|Une automitrailleuse d'origine sud-africaine capturée par le Polisario durant la bataille. Pertes marocaines Le Maroc aurait perdu . tandis que le Polisario fait 137 prisonniers. Les historiens du Polisario revendiquent également la capture de 36 AML-90, de 3 VAB, de 105 Land Rover et jeeps, de 37 camions, de 9 canons de , de 6 canons ZU-23-2, de 6 mortiers de 120, de 8 mortiers de 81, de 20 mitrailleuses de , de 23 RPG-7, de 80 mitrailleuses MAG et AA-52 et de plusieurs centaines de fusils FAL et Kalachnikov. Des journalistes venus sur place ont pu observer des douzaines de cadavres de soldats marocains brûlés et leurs véhicules détruits..
Pertes du Polisario D'après l'ambassadeur marocain à Washington, les rebelles auraient également subi de lourdes pertes et auraient eu à retraiter vers Tindouf en Algérie. En réalité, la région autour de Zag ne sera sécurisée par le Maroc qu'en .
Présence de matériels sud-africains Parmi le matériel capturé par le Polisario figurent six Eland Mk 6, AML-90 fabriquées en Afrique du Sud, alors sous régime de l'apartheid.
Annexes Notes
Sources bibliographiques
Références
Sources primaires
Bibliographie
Iman Iman Iman Catégorie:1980 au Maroc Catégorie:Février 1980 Catégorie:Mars 1980