Izernore est une commune française, située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est chef-lieu de canton de l'Ain. Ses habitants sont les Izernois ou les IzernoisesIzernore, sur lion1906.com.
La ville est située à l'extrême nord du Haut-Bugey entre les monts Berthiand et la Plastics Vallée. On y trouve une activité industrielle importante, avec des dizaines d'usines de plastiques installées dans le sud de l'agglomération. La commune bénéficie d'une vie associative florissante : plus d'une vingtaine d'associationsLes associations, sur izernore.fr bénévoles aident le village à se développer. Depuis 1990, la population a plus que doublé passant de à . Les ruines du temple gallo-romain et le musée d'archéologie sont les principales attractions touristiques de la commune.
Géographie
Situation
Localisation La commune d'Izernore est le chef-lieu du canton d'Izernore depuis 1827, elle contient sept hameaux : Bussy, Cessiat, Charbillat, Intriat, Pérignat, Tignat, le Voërle mais également des fermes isolés : Beauregard, la Grange du Mont, l'Allongeon, le Moulin d'Intriat-La Tournerie, les Trablettes, Surfontaine, la Tour, la Tuilerie et la Ferme des Prés.
La commune, qui s'étend sur hectares, a son altitude qui varie entre 380 et au sommet du Molard aux Biches à l'est. La plaine a une altitude moyenne de et est le lieu des principales habitations, des industries et des terres cultivées. Les pentes aux reliefs karstiques sont recouvertes de forêt, d'espaces herbus et de masses rocheuses.
La commune est traversée par l'Oignin venant de Nurieux-Volognat par l'ouest, et par le ruisseau de l'Anconnans à l'est. L'Oignin est stoppée par le barrage d'Intriat, qui alimente l'usine électrique des Trablettes grâce à une conduite forcée. Elle descend ensuite vers la commune de Matafelon-Granges.
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arbent à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Voies de communication et transports Le village se trouve à environ de l'entrée « La Croix Châlon » de l'autoroute A 404. Celle-ci rejoint l'autoroute A 40 en .
Izernore est desservie par trois routes départementalesVue satellite d'Izernore, sur maps.google.ca. La route départementale 18 est la voie principale du village. Elle permet de rejoindre par le sud la route départementale 979 qui permet de rejoindre Bourg-en-Bresse en passant par le col du Berthiand. Les deux autres voies sont la route départementale 11 qui relie Cerdon à Matafelon-Granges en passant par le hameau Intriat, et la route départementale 85 qui permet d'aller à Oyonnax par la côte de Ceyssiat.
Urbanisme Typologie Au , Izernore est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Montréal-la-Cluse, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Oyonnax, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (46,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (47,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (46,6 %), prairies (28,2 %), zones agricoles hétérogènes (13,8 %), zones urbanisées (3,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,1 %), mines, décharges et chantiers (1,9 %), terres arables (1,9 %), zones humides intérieures (1,4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,1 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine
Logement Le nombre total de logements dans la commune est de 666Données INSEE compulsées par Linternaute - Logement à Izernore.. Parmi ces logements, 91,4 % sont des résidences principales, 5,7 % sont des résidences secondaires et 2,9 % sont des logements vacants. Ces logements sont pour une part de 77,8 % des maisons individuelles, 17,6 % sont d'autre part des appartements et enfin seulement 4,6 % sont des logements d'un autre type. La part d'habitants propriétaires de leur logement est de 56 %. Ce qui est supérieur à la moyenne nationale qui se monte à près de 55,3 %. En conséquence, la part de locataires est de 39,7 % sur l'ensemble des logements qui est inversement inférieur à la moyenne nationale qui est de 39,8 %. On peut noter également que 4,3 % des habitants de la commune sont des personnes logées gratuitement alors qu'au niveau de l'ensemble de la France le pourcentage est de 4,9 %. Toujours sur l'ensemble des logements de la commune, 2,6 % sont des studios, 10,2 % sont des logements de deux pièces, 15,4 % en ont trois, 38,1 % des logements disposent de quatre pièces, et 33,7 % des logements ont cinq pièces ou plus.
Héraldique
Toponymie Le nom du village est attesté sous la forme Isarnodori au . ; Ysernodero en 1299 - 1369 ; Yzernore vers 1350Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Guénégaud, Genève, 1990, p. 75, n° 2755 (lire en ligne sur Google Livres) .
Albert Dauzat a suggéré en son temps un nom d'homme gaulois Isarnos (sur isarno « fer »), suivi de durum « marché ». En revanche, le toponymiste Ernest Nègre et le celtisant Xavier Delamarre proposent directement le vieux celtique continental (gaulois) isarnon (*īsarno-) « fer » et duro- « forteresse » pour le premier et « porte » pour le second (cf. breton dor, gallois « porte »), c'est-à-dire *Īsarnoduro- soit « porte de fer »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance, Paris, 2003, p. 156.. X. Delamarre se fonde sur la glose latine : « Gallica lingua Isarnodori, id est ferrei ostii » (« en langue gauloise Isarnodore, c'est-à-dire porte de fer ») et sur le fait qu’*isarno- soit particulièrement bien attesté dans la toponymie (cf. Yzernay, Isarno, etc.) et conserve des cognats dans toutes les langues celtiques (vieil irlandais íarnn, vieux breton hoiarn, gallois haearn, tous issus d’*īsarno-), ainsi que duro-, qui possède généralement le sens de « marché enclos, place, forum, ville close, bourg », mais qui est bien attesté au sens de « porte » dans le Glossaire de Vienne en tant que doro : osteo, c'est-à-dire ostium « porte ».
Le linguiste Jacques Lacroix émet une autre hypothèse : Izernore serait plutôt un ancien « Bourg de la Rivière du Sud » (*Īsarnoduro). La localité se situait près de l'extrémité sud-ouest du territoire des Séquanes face aux Ambarres. L'Oignin, coulant dans la zone sud frontalière des Séquanes, a pu ainsi être considérée comme l'eau de la « limite basse ». Le nom initial était composé de trois éléments gaulois : *is- (« bas »), *arno- (« eau en mouvement ») et duron (« bourg »).
Remarque : la terminaison -ore s'explique plus précisément par le -o final d’isarno-, suivi de -duru-, d'où -o-duru- (ó accentué de liaison), puis amuïssement régulier du [d] intervocalique.
Histoire Antiquité thumb|Temple gallo-romain d'Izernore. L'histoire d'Izernore est marquée par l'époque gallo-romaine. Les fouilles archéologiques du site se sont succédé depuis 1784 avec la découverte de thermes romains et plus d'un millier de monnaies impériales (dispersées depuis), puis au et dans les années 1960-1970. Le site antique était l'un des principaux bourgs du Bugey. Le temple gallo-romain d'Izernore en est le témoin. Les érudits ont longtemps discuté sur le dieu honoré par ce temple. La thèse d'une dédicace à Mars repose sur des preuves ténues : un ex-voto trouvé dans la commune voisine de Matafelon-Granges dédié à Mars, une autre inscription venant du village de Mornay, un microtoponyme local champ de mare réinterprété en champ de MarsLe Dictionnaire topographique du département de l'Ain d’Édouard Philipon, Paris, 1911, p. 87, indique un autre Le Champ de Mars, lieu-dit de la commune de Sainte-Julie dans le même département.. La partie inférieure d'un autel dédié à Mercure a été découverte dans le périmètre du temple, ce qui justifie une attribution possible à cette divinitéMax Gschaid, « Inscriptions religieuses des cités des Séquanes et des Ambarres : nouvelles interprétations », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 20, , 1994. pp. 168-171, lire en ligne.
Des fouilles ont également permis de retrouver d'autres ruines. Un inventaire des monnaies trouvées sur le site publié en 1963 recense trente-trois monnaies gauloises, dont vingt potins et une monnaie d'argent séquanesP.-H. Mitard, Les monnaies gauloises d'Izernore, Annales de la société d'émulation de l'Allier, LXVII, 1961-1963, pp. 157-176, Note de lecture, preuve qu'il était habité à l'époque gauloise.
Izernore fait partie des sites qui prétendent au titre de lieu du siège d'Alésia. Quelques auteurs, comme Jacques Maissiat en 1865, Alexandre Bérard en 1906Alexandre Bérard, « L'emplacement d'Alésia », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, année, N. 9, 1906. pp. 724-725 lire en ligne ou Férréol Butavand en 1930 ont essayé, en vain, d'en apporter la preuve.