Les Sœurs de la charité et de l'instruction chrétienne de Nevers (en latin : Congregatio Sororum Caritatis et Institutionis Christianae) ou Sœurs de la charité de Nevers forment une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical.

Histoire thumb|200px|Le couvent Saint-Gildard, maison-mère à Nevers thumb|200px|Marie-Thérèse Vauzou, supérieure générale, avec l'habit des Sœurs de Nevers. La congrégation est fondée en 1680 par le Père Jean-Baptiste Delaveyne (1653-1719), prêtre bénédictin au prieuré de Saint-Saulge (Nièvre) qui dépend de l'abbaye Saint-Martin d'Autun. Frappé par les conditions misérables de la population rurale, il propose à Anne Legeay et Marie Marchangy de s'engager au service des pauvres. Jeanne Robert et Marie Rignault les rejoignent bientôt. Elles commencent leur mission par la visite des malades et des pauvres, puis le service de l'hôpital de Saint-Saulge et l'enseignement en 1682 avec la création d'une école.

Le Père Delaveyne écrit ensuite à Antoine Moreau, un prêtre qui avait fondé les Sœurs du Très-Saint-Sacrement et de la Charité en 1662 à Montoire-sur-le-Loir, pour que les sœurs de Saint-Saulge puissent bénéficier d'une formation commune donnée par une sœur de Montoire. Le Père Moreau acquiesce à cette demande et envoie la sœur Marie-Anne de Guillot, qui forme les nouvelles recrues pendant 9 mois.

À la même époque, Charles Bolacre, vicaire général du diocèse de Nevers, commence une fondation de sœurs pour le service des pauvres de l'hôpital de la capitale du Nivernais, et demande le soutien de Delaveyne. Ce dernier demande à Marie-Anne de Guillot d'aller également aider cette association naissante. Elle se rend à destination avec les filles qu'elle avait formé au soin des malades. Édouard Vallot, évêque de Nevers donne l'habit aux premières sœurs le avec Marie Marchangy comme supérieure qui prend alors le nom de sœur Scholastique.

En 1685, l'évêque décide toutefois de fusionner la jeune œuvre de l'abbé Bolacre avec celle plus ancienne de Delaveyne, mais désigne Nevers comme résidence principale de la communauté. Retenu à Saint-Saulge par son vœu de stabilité, Delaveyne s'efface devant Bolacre qui devient supérieur. Le fondateur en profite toutefois pour perfectionner le règlement et les constitutions des sœursinspirées par l'école française de spiritualité.

Deux médecins de Nevers font don aux sœurs d'une maison place Saint-Pierre (maintenant place Guy Coquille) et se chargent de leur faire suivre un cours de médecine et de chirurgie pour qu'elles puissent mieux remplir leurs fonctions auprès des malades. En 1691, les administrateurs de l'hôpital général, qui apprécient le service des sœurs, passent un compromis avec leurs fondateurs pour les fixer à perpétuité dans l'établissement. Jusqu'en 1693, la congrégation n'a que deux maisons à Nevers : l'hôpital et la maison de la place Saint-Pierre, où se trouve le noviciat ainsi que des classes payantes et gratuites, et un pensionnat. L'œuvre prenant une extension rapide, Bolacre achète une plus grande maison rue de la Parcheminerie.

La congrégation est approuvée le par Vallot, évêque de Nevers. Le de la même année, Philippe Mancini, duc de Nevers délivre un brevet qui donne une existence légale à la congrégation et fixe définitivement l'établissement à Nevers. Jean-Antoine Tinseau, évêque de Nevers, obtient des lettres patentes le mais les vœux sont remplacés par des promesses révocables à volonté. En 1783, la congrégation est consacrée au Sacré-Cœur de Jésus. À la fin de l'Ancien Régime, la congrégation comprend .

Le , Letizia Bonaparte obtient de Louis-Alexandre Berthier, ministre de la guerre, qu'il cède aux sœurs de Nevers l'ancien couvent des visitandines, édifié au , dont seule la chapelle Sainte-Marie subsiste aujourd'hui. Un décret impérial du confirme cette décision et alloue un bénéfice annuel de 10 000 francs à la congrégation qui est reconnue civilement par un autre décret du .

Devant le nombre croissant de vocations et l'exiguïté des locaux, Dominique-Augustin Dufêtre, évêque de Nevers, décide de construire un nouveau monastère pour les sœurs. Il acquiert le plateau Saint-Gildard, sur les restes d'une ancienne abbaye dont les religieux étaient jadis unis au chapitre de la cathédrale. Le jeudi a lieu la bénédiction de la première pierre ; trois ans plus tard, le , l'archevêque de Sens et les évêques de Nevers et de Moulins, entourés de tout le clergé du diocèse, bénissent la nouvelle maison des sœurs de la Charité. Le lendemain, les trois évêques consacrent l'église, qui est dédiée au Sacré-Cœur de Jésus.

Le , Théodore-Augustin Forcade, évêque de Nevers, et la supérieure générale de la congrégation, sont en audience à Rome auprès de Pie IX pour demander l'approbation des constitutions et restaurer les trois vœux de religion supprimés par l'évêque Tinseau en 1780. Les constitutions sont approuvées par décret du avec rétablissement des vœux. L'évêque de Nevers se prépare à les promulguer mais la Guerre franco-allemande de 1870 le force à différer. Les sœurs se dévouent alors au soin des blessés et des malades et plusieurs d'entre elles succombent auprès de soldats atteints de la variole et du typhus. La maison-mère de Nevers est transformée en hôpital. Les constitutions sont imprimées le .

L'expulsion de congrégations et la loi du 7 juillet 1904 qui interdit l'enseignement à toutes les congrégations religieuses et organise la liquidation de leurs biens, obligent les religieuses à s'exiler : Espagne et Italie (1903), Angleterre ( 1904), Suisse (1907) Japon (1921), Tunisie (1925), Irlande (1950) et Côte-d'Ivoire (1957). En 1995, elles sont aussi présentes en Guinée, en Guadeloupe, au Chili et en Thaïlande. Une nouvelle règle de vie est publiée en 1981 et approuvée définitivement par le Saint-Siège le .

Bernadette Soubirous La religieuse la plus célèbre de l'institut est Bernadette Soubirous (1844-1879), la voyante des apparitions de Lourdes, qui intègre la maison-mère le et y meurt le . Elle est béatifiée le et canonisée le . Son corps repose dans une châsse de verre, dans la chapelle du couvent Saint-Gildard de Nevers où est aujourd'hui aménagé l'Espace Bernadette.

Fusion Trois congrégations ont fusionné avec les Sœurs de Nevers:

1947 : Les Sœurs de la Sainte-Enfance de Jésus et de Marie fondées en 1838 à Sens par l'abbé Grapinet pour l'enseignement et le soin des malades à domicile. En 1842, elles achètent l'abbaye Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens pour y construire leur maison-mère. C'est pour cette raison qu'elles sont souvent surnommées Sœurs de Sainte Colombe. Elles s'agrègent aux Sœurs de Nevers le . Il ne faut pas les confondre avec les Petites Sœurs de la Sainte-Enfance ou les Filles de la Sainte-Enfance de Jésus et de Marie.

1959 : Les Sœurs de la Providence de Sens fondées le à Ligny-le-Châtel par Anne-Sophie Berruyer avec l'aide de l'abbé Brigand, pour l'éducation des filles et le soin des malades. Les trois premières religieuses prononcent leurs vœux le . Les constitutions sont approuvées en 1822 par le cardinal de La Fare et la congrégation est civilement reconnue en 1830. La maison-mère est transférée le dans une ancienne abbaye bénédictine du faubourg Saint-Antoine de Sens appelée autrefois Notre-Dame-lez-Sens. Elles fusionnent le . Il ne faut pas les confondre avec les nombreuses congrégations nommées Sœurs de la Providence.

1967 : Les Sœurs de Sainte Marthe de Dijon fondées le à Dijon par Sébastien Zamet, évêque de Langres, pour l'instruction des enfants et la visite des malades. En 1678, elles obtiennent les lettres patentes de Louis XIV. Elles fusionnent le .

Activité et diffusion Les Sœurs se vouent à l'enseignement et divers œuvres sociales comme le soin des personnes handicapées ou l'accueil des migrants.

Elles sont présentes en:

Europe : France, Espagne, Italie, Suisse, Angleterre, Irlande. Asie : Corée du Sud, Japon. Afrique : Côte d'Ivoire. Amérique : Chili.

La maison-mère est à Paris.

En 2017, la congrégation comptait 282 sœurs dans 48 maisons.

Bibliographie

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Notes et références

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Liens externes

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