Émile Jaques-Dalcroze, né le à Vienne en Autriche et mort le à Genève en Suisse, est un musicien, compositeur, pédagogue et chansonnier suisse. Il est en particulier le créateur de la méthode qui porte son nom, la rythmique Jaques-Dalcroze. Il est également le fondateur (1915) de l'Institut Jaques-Dalcroze, à Genève.

Biographie Famille et études Originaire de Sainte-Croix dans le canton de Vaud en Suisse, Émile-Henri Jaques est né à Vienne en 1865. Il est le fils de Jules Jaques, représentant en horlogerie, et de Julie Jaunin, d’Yverdon, professeur à l’école Pestalozzi. Son oncle Émile Jaques (1826-1880) était violoniste et pianiste. Les deux frères Jaques descendent de trois générations de pasteurs, d’une famille de Sainte-Croix mentionnée dès 1397..

La famille s’étant installée à Genève dès 1875, il y poursuit sa scolarité et étudie au conservatoire et à l'université. Il étudie ensuite à Paris l'art dramatique avec Talbot et la musique auprès de Lavignac. Il poursuit ses études musicales à Vienne auprès d'Anton Bruckner, puis de nouveau à Paris avec Léo Delibes, Mathis Lussy (1828-1910) et Gabriel Fauré (cours à la Comédie-Française).

Déjà durant ses années d'études, il avait révélé des dons certains de créateur, produisant de nombreuses compositions.

Émile Jaques adopte le patronyme de Jaques-Dalcroze vers 1886-1890. Le à Genève, il épouse la cantatrice italienne Maria-Anna Starace, de son nom d’artiste Nina Faliero, ils ont un fils : Gabriel (1909-1993).

Enseignement vignette|gauche|Exercices en plein air au Grand-Saconnex en 1909. En 1886, il est nommé chef d'orchestre au théâtre d'Alger, et s’initie à la musique arabe.

Entre 1892 et 1910, il enseigne au Conservatoire de musique de Genève. La pédagogie prend alors peu à peu une place prépondérante dans ses préoccupations. Constatant les lacunes de ses élèves dans le domaine du rythme, il imagine un mode d'enseignement « par la musique et pour la musique », prenant en considération la perception physique de la musique : la rythmique, fondée sur la musicalité du mouvement et l’improvisation. Il s'intéresse aux rapports existant entre musique et mouvement, notamment par les interactions « temps – espace – énergie ». Son approche est au cœur de nombreuses démarches artistiques (musique, danse, théâtre…), mais aussi thérapeutiques (psychomotricité, handicap).

Grâce notamment à ses élèves de Hellerau Mary Wigman, initiatrice de la « danse libre », et Marie Rambert, fondatrice des Ballets du même nom, la danse contemporaine a noué très tôt des liens étroits avec la rythmique. Contemporain de Rudolf Laban, qui s'associa à une autre de ses étudiantes, Suzanne Perrottet, Jaques-Dalcroze a influencé également les chorégraphes allemands des années 1920 et 1930, les Ballets russes, ainsi que Jarmila Kröschlová, et de nombreux autres artistes du XXe siècle, également dans le domaine du théâtre (Copeau, Meyerhold, Grotowski, Barba...).

vignette|gauche|Élèves devant le en 1911. Dès 1910, Jaques-Dalcroze développe ses recherches pédagogiques et artistiques dans la cité-jardin de Hellerau, près de Dresde, où des mécènes, , et Harald Dohrn, lui ont édifié un institut, la , et un théâtre, le .

En 1912 et 1913, des spectacles pionniers basés sur la scénographie révolutionnaire d'Adolphe Appia et les éclairages d’Alexandre de Salzmann, bouleversent les codes de l’art scénique et drainent toute l'intelligentsia européenne : ballets russes de Serge de Diaghilev, George Bernard Shaw, Arthur Honegger, Paul Claudel, Constantin Stanislavski, Le Corbusier, Max Reinhardt, Georges Pitoëff ou Ernest Ansermet, pour ne citer qu'eux.

Après avoir visité l’Institut de Hellerau, Diaghilev engagea − en la personne de l’élève et collaboratrice de Jaques-Dalcroze Marie Rambert − une professeure de rythmique à l'influence décisive entre autres sur la chorégraphie, par Vaslav Nijinski, du fameux Sacre du printemps d’Igor Stravinsky.

Émile Jaques-Dalcroze décède le à Genève. Sa tombe se trouve au cimetière des Rois à GenèveSeuls des personnalités marquantes, ayant contribué, par leur vie et leur activité, au rayonnement de la ville de Genève (hauts dignitaires de la ville, artistes), peuvent prétendre à une concession dans ce cimetière.

Distinctions Officier de la Légion d'honneur (1929), docteur honoris causa des Universités de Chicago (1937), Lausanne (1945), Clermont-Ferrand (1948) et Genève (1948), Prix de musique de la Ville de Genève (1947), bourgeoisie d'honneur de Genève (1924) .

Œuvres Compositions Voix et piano Chansons populaires romandes Chansons romandes Chansons d'enfants, opus 42 Chansons rustiques La chère maison Les Propos du Père David la Jeunesse, opus 57 La Ronde du petit agneau bêlant Premières rondes et enfantines, opus 34 New Children's Songs and Dances, opus 37

Grandes œuvres vocales Le Bonhomme Jadis Festival vaudois Le Jeu du Feuillu, évoquant la fête genevoise du FeuilluÉmile Jaques-Dalcroze et son temps, par Alfred Berchtold, Éditions L'Âge d'Homme, .. Les Jumeaux de Bergame Sancho La Veillée, suite pour chœur, soli et orchestre (1891/95)

Musique orchestrale Janie Nocturne, pour violon et orchestre, opus 49 Concerto pour violon , opus 50 Concerto pour violon

Musique de chambre 2 Pièces, pour violon et piano, opus 2 Suite, pour violoncelle et piano, opus 9 Canzonetta, pour violon et piano, opus 11 Rythmes de danse, pour quatuor à cordes 3 Morceaux, pour violoncelle et piano, opus 48 Fantasia appassionata, pour violon et piano, opus 53 Sérénade, pour quatuor à cordes, opus 61

Piano 12 Danses 20 Caprices et études rythmiques

Méthodes et exercices Exercices pratiques d'intonation 12 Kleine melodische et rhythmische Studien, pour le piano, N. Simrock, Berlin, 1913. 16 Plastische Studien, pour le piano, Simrock, Berlin, 1913. 20 Caprices and Rhythmic Studies, pour le piano, Augener, Londres, 1920. 50 Études miniatures de métrique et rythmique pour le piano, Senart, Paris, 1923. 10 Mehrstimmen Gesänge ohne Worte zu plastischen Studien, Simrock, Berlin. 3 Vocalises, Heugel, Paris. 6 Exercices pratiques d'intonation, Foetisch, Lausanne. 6 Jeux rythmiques pour enfants et adolescents pour le piano, Heugel, Paris. 6 Petites Pièces en rythmes alternés pour piano, Foetisch, Lausanne. Esquisses rythmiques pour piano, Foetisch, Lausanne. Exercices de disordination pour le piano, Enoch, Paris. La Jolie Musique, jeux et exercices pour les tout petits (chant), Huguenin, Le Locle. Marches rythmiques, chant et piano, Foetisch, Lausanne. Métrique et rythmique, 200 études pour piano, Lemoine, Paris. Moderne Tonleiterschule (avec R. Ruynemann), Chester, London. Petites pièces de piano avec instruments à percussion, Enoch, Paris. Rythmes de chant et de danse, piano et chant, Heugel, Paris.

Écrits Méthode Jaques-Dalcroze pour le développement de l’instinct rythmique, du sens auditif et du sentiment tonal. En 5 parties et 8 volumes, et avec suppléments. Partie 1 en 2 volumes. Gymnastique rythmique. Partie 2 en 1 volume. Étude de la portée musicale. Partie 3 en 3 volumes. Les gammes et les tonalité, le phrasé et les nuances. Partie 4 en 1 volume. Les intervalles et les accords. Partie 5 en 1 volume. L’improvisation et l’accompagnement au piano. Suppléments La respiration et l’innervation musculaire. 84 marches rythmiques pour une voix moyenne avec accompagnement de piano. 84 marches rythmiques pour chant seul. Vorschläge zur Reform des musicalischen Schulunterrichts, Gealto Hugurich, 1905. La Rythmique (2 volumes), Foetisch, Lausanne, 1906 (réédité en 1918). La Portée musicale, Foetisch, Lausanne. Les Gammes et les tonalités, le phrasé et les nuances (3 volumes), Foetisch, Lausanne, 1907. La Bonne Chanson, in «Gazette Musicale de la Suisse Romande», Genève, . La Plastique animée, Foetisch, Lausanne. La Respiration et l'innervation musculaire, Foetisch, Lausanne, 1907. La Rythmique appliquée à l'étude du piano, Lausanne, 1918. Le Rythme, la musique et l'éducation, Paris, 1920 (réédité en 1935, et de nouveau en 1965 par Foetisch à Lausanne). Version allemande (Rhythmus, Musik et Erziehung) publiée en 1922 à Bâle par Benno Schwabe. Souvenirs, Notes et critiques, Attinger, Neuchâtel, 1942. La Musique et nous. Notes de notre double vie, Éditions Perret-Gentil, Genève, 1945. Notes bariolées, Jeheber, Genève, 1948.

Bibliographie Monographies

James Lyon, Jaques-Dalcroze, le chantre de la joie, coll. Presto, Infolio, Gollion, 2024.

Articles, exposés et conférences . . .

La Revue de Belles-Lettres, 1952, consacré à Émile Jaques-Dalcroze. René Jasinsky, in La Revue de Belles-Lettres, 1950, , . Henri Stierlin-Vallon, « Émile Jaques-Dalcroze, père de la musique romande », in Revue musicale, , janvier-, Paris. La Revue de Belles-Lettres, 1935, no 4, consacrées à Jaques-Dalcroze. Émile Jaques-Dalcroze, sa vie et son œuvre, Genève, Association Jaques-Dalcroze, 1935, 4 folios. Patrie suisse, 1894, , .

Archives

Certains documents sont numérisés et consultables en ligne dans la base de données des manuscrits et archives privées de la Bibliothèque de Genève.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Musicothérapie Le Pays romand, chant populaire composé par Émile Jaques-Dalcroze

Liens externes

Institut Jaques-Dalcroze Genève Institut de Rythmique Dalcroze de Belgique

Emile Jaques-Dalcroze (1865-1950), Bibliothèque de Genève numérique

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