Michael Snow, né le à Toronto (Ontario) et mort le dans la même ville, est un artiste canadien.
Son travail, couvrant de multiples domaines de la création, a fait de lui une figure majeure de l'Art contemporain canadien de l'après-guerre à nos jours. Il est en effet à la fois peintre, sculpteur, cinéaste, photographe plasticien et musicien.
Biographie Débuts Dans les années 1950, Michael Snow étudie la peinture et la sculpture. Ses œuvres de l'époque passent de la figuration vers l'abstraction. Il est alors très marqué par l'art européen de Matisse, puis de l'expressionnisme abstrait américain, notamment du peintre Willem de Kooning. Vers la fin des années 1950, ses peintures et dessins vont de plus en plus vers une synthèse entre le sujet figuré et la surface de toile. Tables and Chairs, de 1957, fait le lien entre la surface d'une table schématisée et le tableau lui-même. Dès cette période, Snow s’intéresse de plus en plus à l'équivalence entre le sujet représenté et l'objet-tableau. Lac Clair (1960, Musée des beaux-arts du Canada), du nom d'un lac où l'artiste passait ses étés d'enfance, présente une surface monochrome bleue, travaillée au pinceau, et entourée de quatre bandes qui longent le bord de la toile. Ces bandes forment un cadre ouvert qui suggère un étalement de la couleur en dehors de la surface de la toile (à la manière de Piet Mondrian) tout en la limitant sur celle-ci. C'est une œuvre abstraite qui joue de la frontalité, mais c'est aussi un tableau-objet, notion absente de l'art expressionniste abstrait de l'époque. En cela, la conception que se fait Snow de l'art se rapproche des théories du minimalisme américain.
Durant les années 1950, en parallèle avec son travail de peinture, il est employé dans les ateliers du cinéaste d'animation George Dunning. En 1956, Snow signe sa première animation avec A to Z, qu’il décrit comme « deux chaises qui baisent ».
La Femme qui marche (Walking Woman)
Michael Snow s'installe à New-York et commence une nouvelle série d’œuvres qui marquent un retour à la figuration. La série des Walking Woman (La Femme qui marche) est inauguré par un découpage de 1962. Ce découpage reprend une élégante silhouette féminine de profil, saisie en mouvement, mais coupée au niveau du haut de la tête, des mains et des pieds comme vue au travers d'un cadre. À partir de cette forme, Snow réalisera un nombre très important de variations qui occuperont son travail de 1962 à 1967 (avec des citations occasionnelles par la suite). La forme sera exploitée dans tous les domaines possibles : peinte, tracée, découpée, détruite, collée en plein air et abandonnée, distribuée sous forme d'autocollants, filmée, imprimée en publicité dans le journal Village Voice, sur des portes de voitures, des meubles, des cravates... dans le but d'épuiser le sujet et de l'éclater dans tous les domaines du tangible. La musicienne Carla Bley écrira même un morceau de jazz intitulé Walking Woman en hommage. Snow réalisera son portrait photographié dans une silhouette découpée de la femme qui marche. Des silhouettes de la femme qui marche sont aussi placées dans différents endroits du centre-ville et du métro de Toronto, photographiées, et présentées dans la première œuvre photographique de Snow, Four to Five (1964). L'image bidimensionnelle passe au monde réel, puis retourne à la surface plate (la photographie) en emportant tout le monde avec elle au passage.
Cinéma expérimental vignette|Michael Snow devant son œuvre lumineuse « Les Lumières » à la Cinémathèque québécoise de Montréal en 2013.
En 1967, Michael Snow obtient le Grand Prix du quatrième Festival international du cinéma expérimental de Knokke-le-Zoute pour le film Wavelength (qui est constitué d'un apparent zoom avant de arrivant sur une photo représentant la mer. Au fur et à mesure, le spectateur entend un son synthétique de plus en plus aigu. Le film est en fait constitué de plusieurs plans et filmé sur des pellicules différentes).
Le film (qui se prononce Back and Forth), est constitué de panoramiques horizontaux et verticaux dans une salle de classe et à l'extérieur.
Dans La Région centrale (1970-1971), la caméra, placée sur un pied qui lui permet toute sorte de mouvements, filme le lieu où elle se trouve à des vitesses variables.
Il travaille dans Rameau’s Nephew by Diderot (1974) la contemplation d'un espace fixe.
Les films de Michael Snow ont influencé la cinéaste Chantal Akerman.
Citation
Filmographie
Réalisateur
Monteur
Directeur de la photographie
Scénariste 1967 : Wavelength 1974 : 'Rameau's Nephew' by Diderot 2000 : Prelude 2002 :
Producteur 1967 : Wavelength 1971 : La Région centrale 1974 : 'Rameau's Nephew' by Diderot (Thanx to Dennis Young) by Wilma Schoen 1988 : Seated Figures
Compositeur 1968 : Unstrap Me 1975 : Musics for piano, whistling, microphone and tape recorder (Chatham Square, 2 lp) 1987 : The Last LP (Art Metropole, cd) 2000 : Prelude
Acteur 1971 : Hapax Legomena I: Nostalgia : Narrator 1978 : Cinématon #44 de Gérard Courant : lui-même
Discographie Avec Carla Bley et Paul Haines 1971 :
Musées et collections publiques
Agnes Etherington Art Centre Art Gallery of Alberta Art Gallery of Hamilton Carleton University Art Gallery Cinémathèque québécoise Mendel Art Gallery Musée des beaux-arts de l'Ontario Musée des beaux-arts de Montréal Musée des beaux-arts de Sherbrooke Musée des beaux-arts du Canada Musée national des beaux-arts du Québec Museum London Simon Fraser Gallery The Robert McLaughlin Gallery The Winnipeg Art Gallery Vancouver Art Gallery
Distinctions 1979 - Prix Molson 1989 - Prix d'excellence de l'IRAC 2000 - Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2004 - Docteur honoris causa, Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne 2008 - Docteur honoris causa, Université du Québec à Montréaluqam.ca 2016 - Docteur honoris causa, Université du Québec à Chicoutimiuqactualite.uqac.ca Décoration
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Charlotte Townsen, extrait d’un entretien avec Michael Snow (), Jeune Cinéma, , Joe Medjuck, entretien avec Michael Snow (1971), Jeune Cinéma, , Jean Delmas, entretien avec Michael Snow (1978), Jeune Cinéma, , Alice Leroy, « Les variations Snow », Cahiers du cinéma, , ,
Liens externes
Martha Langford, Michael Snow : sa vie et son œuvre, Institut de l’art canadien, 2014. Le DVD-Rom Digital Snow, maintenant sur le Web, Fondation Daniel Langlois, 2021.
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