vignette|Image d'une chape en construction En construction, une chape est une couche de stabilité réalisée à base de ciment, de sulfate de calcium (anhydrite), de résine ou de chaux. Elle est appliquée sur le sol pour aplanir, niveler ou surfacer un support, ou encore enrober certains éléments comme un plancher chauffant, avant de recevoir le revêtement final tel que du carrelage, un sol souple ou un parquet, flottant ou collé.
Une « chape de compression » est une couche de béton coulée au-dessus des hourdis pour renforcer leur résistance mécanique. Elle est généralement armée.
L’ouvrier ou l’entreprise qui réalise les chapes est appelé chapiste, ou chapeur en Suisse.
Historique Autrefois on appelait la chape, « aireJ.-M. Morisot, Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment, Carilian, 1814. ». Ce terme « chape » désignait une « aire », un enduit de mortier appliqué sur l'extrados des voûtes, ou au fond d'un bassin ou d'une rivière, composé de chaux et de ciment ordinaire, parfois mélangé à du ciment d'eau forte, et quelquefois agrémenté de gros sable ou de petits cailloux.
On distinguait plusieurs types d'aires: l'aire en plâtre : couche posée sur les bardeaux ou le lattis, recouvrant le haut des intervalles entre les solives d'un plancher et servant de base au carrelage qui forme le sol. Les aires recouvertes sont généralement dressées grossièrement avec le tranchant de la truelle, mais si elles restent apparentes, comme c'est souvent le cas pour les greniers dont elles constituent le sol, le maçon doit les lisser le mieux possible et, au lieu d'en crépir la surface, il doit l'enduireJ. Claudel, Pratique de l'art de construire. Maçonnerie, Gavilian Goervy et V. Dalmont, 1850 (livre numérique Google). ; l'aire simple : surface réalisée avec un simple enduit de plâtre appliqué sur le hourdage d'un plancher ; l''ire ordinaire : surface réalisée avec une couche de lattes jointives, clouées ou non sur les solives, ou avec une couche de bardeaux recouverte d'un enduit de plâtre d'environ d'épaisseur, destinée à recevoir du carrelage ou des lambourdes pour du parquet; l'aire de moellons : petite fondation ou massif au rez-de-chaussée servant de base pour poser des lambourdes, des carreaux de pierre de marbre ou des dalles ; l'aire de chaux et de ciment : espace que l'on appelait « chape » (voir plus haut) ; l'aire de recoupes : couche d'environ de petits éclats de pierre pour solidifier les allées des jardins.
Les « bardeaux » étaient de petites planches fines et étroites issues des douves de tonneaux, posées côte à côte en travers de chaque solive pour supporter le plâtre servant à former l’aire des planchers. On en fabriquait aussi à partir de vieux bois de charpente ou bois neuf, fendu en tringles d'environ un pouce d'épaisseur.
Types de chape On distingue : les chapes traditionnelles ; les chape de ravoirage ; les chapes adhérentes ; les chapes armées ; les chapes flottantes ; les chapes légèrement armées (fibre) ; la résine.
Chape traditionnelle Les chapes traditionnelles, aussi appelées chapes de carreleur, sont en général faites d’un mortier moyennement dosé en ciment et posé assez sec.
Dans le contexte technique actuel, les « chapes minces », « chapes fluides », « chapes liquides » ou « chapes autolissantes » sont généralement appliquées par pompage. Elles présentent une épaisseur moyenne d’environ et utilisent comme liant l'anhydrite ou le ciment. Leur forte teneur en liant, associée à des adjuvants, facilite leur mise en place et leur confère souvent des propriétés « autolissantes ».
Chape de ravoirage Les chapes de ravoirage servent à niveler un support, avec ou sans enrobage des canalisations techniques. Elles ne sont pas prévues pour recevoir directement un revêtement de sol, mais plutôt un complexe de sol flottant. Elles sont composées de mortier traditionnel, fluide ou allégé, tous faiblement dosés en liant.
Chape isolante Sous ou au-dessus de la chape, on peut intégrer une isolation, qu’il s’agisse de panneaux ou de mousse projetée (comme du polyuréthane), afin de garantir l'isolation thermique du sol, notamment pour un plancher chauffant.
Chape flottante On parle de chape flottante lorsqu'elle est posée sur une couche d'interposition, qu'il s'agisse d’un film plastique (polyane), d'un isolant thermique ou acoustique.
Finition Une chape est finie différemment selon qu'elle doit accueillir un carrelage, un revêtement de sol textile, en matières synthétiques, du parquet ou du stratifié. Elle peut être lissée à la main avec un platoir flamand. Elle peut aussi être lissée à l’hélicoptère à béton« Hélicoptère à béton », travauxbeton.fr (consulté le 30 mai 2019). lorsqu'elle doit rester apparente, par exemple dans les halls industriels.
Joints de fractionnement Quand une chape couvre une trop grande surface, on prévoit des joints de fractionnement, souvent réalisés par un trait de scie circulaire sur les grandes longueurs ou dans des zones sensibles, comme autour des colonnes ou dans les pièces en forme de L. Ces joints permettent de réduire la tension dans la chape pendant son séchage, sans créer de vide comme le ferait un joint de dilatation. Un ciment bien hydraté se rétracte en séchant, ce qui peut causer un affaissement partiel ou l'apparition de microfissures. Le fractionnement aide à libérer ces tensions et limite la propagation des fissures.
Notes et références
Catégorie:Plancher Catégorie:Mortier (matériau)