Roland Cadet, né le à Mézières (Ardennes)Actuelle Charleville-Mézières à la suite de l'union de ces deux villes en 1966. et mort le à Paris, est un haut fonctionnaire français. Il a été membre du Conseil d'État.

Famille Roland Cadet est issu d'une famille originaire de Sézanne-en-Brie, installée dès la seconde moitié du à l'île de La Réunion. Son ancêtre Pierre Cadet aurait, selon certains historiens, créé la ville de Saint-Pierre, actuelle sous-préfecture de l'île« Qui est Monsieur Roland Cadet ? », Le Progrès, Saint-Denis de la Réunion, 16 avril 1958, ..

Il est le fils unique du général Roland Cadet, Grand officier de la Légion d'honneur. Marié à Nicole Teissier-Ricard, il est le père de trois enfants : Corinne (1940-2007), Pierre, historien de l’art, ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis, 1982-1984)Arrêté du ministre de la Culture en date du 29 juillet 1982. JO du 17 août 1982. et Marie (1954-2016).

Biographie Roland Cadet, dans son enfance, est très marqué par la guerre de 1914-1918 à laquelle son père participait et où il fut grièvement blessé ; mais aussi par l’arrivée de ses grands-parents maternels qui fuyant les Ardennes, occupées par les Allemands, s’étaient réfugiés chez eux à Montauban.

Il fait ses études secondaires à Montauban et universitaires à Toulouse où il obtient une licence de droit. Il va ensuite à Paris pour suivre les cours de l’École libre des sciences politiques. Il prépare le concours d’entrée au Conseil d’État où il est reçu en 1931 à l’âge de 22 ans.

Il intègre, en , le Conseil d'État comme auditeurDécret du 30 décembre 1931. Art. 1. Signé Paul Doumer..

Pendant la période d’avant guerre, Roland Cadet occupe divers postes dans des cabinets ministériels. De 1935 à 1938, il est chef adjoint du cabinet du ministre des Travaux Publics (Laurent Eynac)Décret du 2 décembre 1935. Art. 1. Signé : A. Lebrun.;de 1938 à 1939, chef adjoint du cabinet du ministre de la Justice (Paul Marchandeau); et enfin, de 1939 à 1940, directeur du cabinet du ministre du Travail (Charles Pomaret)Décret du 20 décembre 1939. Art.1. Signé A. Lebrun..

Dès la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, le , il s’engage dans l’armée de l’AirÉtat-major de la subdivision de Paris. État des services de Roland CADET : « Mobilisé sur sa demande en avril 1940. Versé dans l’aviation et affecté à la base aérienne 117. Démobilisé en août 1940 ».. À l'armistice, le , il réintègre le Conseil d’État qui s'est installé en zone libre à Royat. En 1942, il est nommé Maître des Requêtes au Conseil d’État et accepte le poste de conseiller juridique du Protectorat de la France au MarocArrêté du 28 avril 1942. Signé par le Garde des Sceaux. que lui propose le Garde des Sceaux.

Après le débarquement Allié en Afrique du Nord, le , Roland Cadet s’engage, en , au régiment de Chasseurs d'Afrique, régiment de chars de la division blindée où il est nommé lieutenantÉtat-major de la subdivision de Paris. État des services de Roland CADET : « Admis dans la cavalerie par voie de changement d’arme comme lieutenant par décision M.G.P. /AC en date du 26 juin 1943… Mis en route sur le RCA le 5 juillet 1943 » « Par décision du général Cdt en Chef affecté au cabinet dudit général le 27 juillet 1944 » « Affecté au RCA le 8 avril 1945 ».. Il débarque en Provence avec son régiment, en , à La Croix-Valmer. Il assure aussi les fonctions d’attaché au cabinet civil du général Jean de Lattre de Tassigny, commandant en chef de la Première armée françaiseAmicale des anciens du régiment de chasseurs d’Afrique. Bulletin de liaison . trimestre 2003 : « Hommage à Roland Cadet » / Doctrine tactique, , mai 2010. « Le cabinet civil du général de Lattre à la première armée » par Claude Franc, ., Cité à l’ordre de l’armée lors d'opérations en Alsace et en AllemagneCitation à l’ordre de l’armée du 4 décembre 1944., il est fait en 1947 Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire; cette nomination comportant l'attribution de la Croix de guerre avec palme.

La paix revenue, il est nommé en 1946 directeur au ministère de la Reconstruction et de l'UrbanismeDécret du 10 octobre 1946. Signé Georges Bidault. JO du 26 octobre 1946. Il y restera dix ans. En 1947, il est directeur, adjoint au Commissaire général aux Dommages de guerreDécret du 15 juillet 1947. Art. 2 « M. Cadet (Roland), maître des requêtes hors cadre au Conseil d’État, directeur des services juridiques de l’administration centrale du ministère du Commerce, de la Reconstruction et de l’Urbanisme est nommé directeur, adjoint au commissaire général aux dommages de guerre ». Signé Vincent Auriol., et en 1948 directeur des Dommages de guerreDécret du 21 mars 1948. Signé René Coty. JO du 25 mars 1948.. C'est une époque où la France se reconstruit après des années de guerre et où l'instabilité ministérielle, inhérente à la quatrième République, fait se succéder pas moins de huit ministres pendant cette période. En 1956, il est nommé directeur général honoraire des dommages de guerreDécret du 18 janvier 1956. Signé René Coty. JO du 19 janvier 1956, .

Au cours de l’année 1956, Roland Cadet est nommé conseiller d’État et chargé de présider le Comité consultatif national pour l'expansion de l'industrie aéronautique françaiseDécret du 18 janvier 1956. Signé René Coty. JO du 19 janvier 1956, . / Le Monde, 20 janvier 1956, .. Avec ce comité, il présente à l'étranger les grandes réalisations de l'industrie aéronautique française, notamment la Caravelle, le Super Mystère et le Mirage III.

Ayant réintégré le Conseil d’État en 1958, il devient, en 1963, président de la deuxième sous-section de la section du contentieux du Conseil d’État; et, en 1969 président de la Commission du Rapport et des Études du Conseil d’État; commission dont un rapport sera à l'origine de la création de la Commission Nationale de l'Informatique et des libertés (CNIL)Lors de sa prise de fonction, la mission principale de la Commission du Rapport était de préparer un rapport annuel sur l'activité du Conseil d’État, section par section. Roland Cadet obtient du Président Alexandre Parodi de pouvoir développer aussi une partie "Études". En 1969, la Commission du Rapport présenta, pour la première fois, à l'Assemblée générale du Conseil d’État quatre études dont une sur "l'informatique et les libertés" issue d'un groupe de travail dirigé par François Merveilleux du Vignaux; étude qui sera à l'origine de la création de la CNIL..

Parallèlement à ses activités au Conseil d’État, Roland Cadet préside – André Malraux étant ministre des Affaires culturelles – la Caisse nationale des monuments historiques et des sites (1965-1969) ; puis – Michel Debré étant ministre de la Défense nationale – la Caisse nationale militaire de sécurité sociale (1971-1980)Décision du ministre d’État chargée de la Défense nationale, 30 mars 1971.. C’est à ce poste qu’il crée l’association Jean Lachenaud.

Pendant la même période, plusieurs missions lui sont confiées : vice-président de la délégation française à la conférence d'Évian (1961)"Mémoires inédits de Roland Cadet sur les conférences d'Évian (20 mai-13 juin 1961) et de Lugrin (20-28 juillet 1961)". Le Conseil d'État et l'évolution de l'Outre-mer français du à 1962, Dalloz, 2007. et président de la Commission de recensement du référendum de la Côte française des Somalis; référendum qui aboutira à l'indépendance de Djibouti (1967).

En 1978, il prend sa retraite comme Conseiller d’État honoraire et siège comme commissaire à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) (1979-1989).

Il meurt à Paris, le . La messe de funérailles est célébrée en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides. Il est inhumé au cimetière de Passy (division 10). En 2021, Pierre Cadet a remis aux Archives nationales un ensemble de documents publics concernant la carrière de son père (« Fonds Roland Cadet »)Répertoire numérique du versement 20210195 (20210195 /1 – 20210195 :33).

Décorations Grand officier de la Légion d'honneurJO du janvier 1981 / Le Figaro, vendredi 2 janvier 1981, / Le Monde, 2 janvier 1981, . Croix de guerre avec palme (1939-1944). Médaille de l'aéronautique. Grand officier des ordres nationaux du Maroc et de la Tunisie. Commandeur de l'ordre d'Orange-Nassau (Pays-Bas)Nomination du 20 janvier 1956. Signée : Juliana.. Officier de l'ordre de Léopold (Belgique)Nomination du 10 mars 1953. Signée : Baudouin.. Officier de l'ordre de la Couronne de Chêne (Luxembourg).

Bibliographie Roland Cadet, « L’évaluation des dommages », France-Illustration, . Roland Cadet, « La France relève ses ruines », France-Illustration, . Roland Cadet, « La chance de l'industrie aéronautique française », Le journal du parlement, . Roland Cadet, « Les missions du Comité national pour l'expansion de l'industrie aéronautique française », L'Air, . Roland Cadet, « Rapport de la Commission de recensement et de jugement de la consultation de la population de la Côte française des Somalis », Notes et études documentaires, . Roland Cadet, « Notice sur Louis Pichat », Bulletin de l'association des membres et anciens membres du Conseil d'État, 1991.

Liens externes

Site Officiel : https://roland-cadet.artpress-france.fr Notes et références

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