Lévacuation de Dunkerque, communément appelée le miracle de Dunkerque et désignée sous le nom de code opération Dynamo par les Britanniques, est un épisode de la Seconde Guerre mondiale consistant en l'évacuation des soldats alliés des plages et du port de Dunkerque, en France, entre le et les premières heures du , après que ces troupes britanniques, françaises et belges ont été coupées de leurs arrières par l'armée allemande, durant la bataille de Dunkerque 2008. Consulté le..

L'évacuation des troupes britanniques est ordonnée le sans concertation avec les autorités françaises et belges. Ce sauvetage rend ainsi irréalisable le plan de contre-attaque prévu pour réaliser la jonction des armées françaises et britanniques ; il laisse, en outre, sans défense le flanc droit de l'armée belge.

Dans un discours à la Chambre des communes, Winston Churchill qualifie les événements en France de , rappelant que ont été bloqués à Dunkerque et semblent sur le point de périr ou d'être capturés. Le dans son discours (« Nous nous battrons sur les plages »), il salue l'arrivée des secours comme un .

Le premier jour de l'Opération Dynamo, seulement sont évacués, mais au neuvième jour, un total de (, et )Taylor, 1965. sont sauvés par une flottille de 850 bateaux rassemblés à la hâte. Beaucoup de soldats ont ainsi pu s'embarquer à partir de la digue de protection du port de Dunkerque, au moyen de 42 destroyers britanniques et autres grands navires, tandis que d'autres ont à patauger depuis les plages vers les navires, attendant pendant des heures de pouvoir monter à bord, de l'eau de mer arrivant jusqu'aux épaules. Des milliers de soldats sont évacués depuis les plages vers les plus grands navires, par les « petits navires de Dunkerque », une flottille hétéroclite d'environ 700 bateaux de la marine marchande, de la flotte de pêche, de la flotte de plaisance et des canots de la Royal National Lifeboat Institution, le plus petit étant le Tamzine, un bateau de pêche de de long opérant sur la Tamise. Bateau qui est visible à présent à l'Imperial War Museum. Les équipages civils sont également invités à prendre du service, vu l'urgence. Le demeure inscrit dans la mémoire populaire au Royaume-Uni.« History », The Association of Dunkirk Little Ships. Consulté le 11 avril 2008..

L'opération Dynamo tient son nom de la salle de la dynamo (générateur électrique) du quartier général naval situé dans les profondeurs du château de Douvres, qui contient les équipements qui alimentent le bâtiment en électricité, tout au long de la guerre. C'est de cette salle que le vice-amiral britannique Bertram Ramsay planifie l'opération et qu'il informe Winston Churchill de son exécution.

Prélude Sans en informer les Français, les Britanniques commencèrent le à planifier l'opération Dynamo, l'évacuation du Corps expéditionnaire britannique (BEF). Les navires de la Royal Navy commencèrent à se rassembler à Douvres pour l'évacuation. Le 20 mai, le BEF envoya le brigadier Gerald Whitfield à Dunkerque pour commencer l'évacuation du personnel inutile. Dépassé par ce qu'il décrivit plus tard comme « un mouvement quelque peu alarmant vers Dunkerque, tant de la part des officiers que des hommes », en raison d'une pénurie de nourriture et d'eau, il dut en renvoyer de nombreux sans vérifier soigneusement leurs qualifications. Même les officiers ayant reçu l'ordre de rester sur place pour faciliter l'évacuation disparurent à bord des bateaux.

Le , Churchill ordonna à la BEF d'attaquer vers le sud en coordination avec la Première armée française sous le commandement du général Georges Blanchard pour renouer avec le reste des forces françaises. Cette action proposée fut surnommée le plan Weygand d'après le général Maxime Weygand, nommé commandant suprême après le limogeage de Gamelin le 18 mai. Deux bataillons de la 20th Guards Brigade sont débarqués à Boulogne-sur-Mer pour en assurer la défense. Les destroyers britanniques HMS Keith, HMS Vimy et HMS Whitshed participent à l’opération qui est rendue très dangereuse par les tirs allemands. La situation à Boulogne est telle que les troupes britanniques doivent être évacuées le lendemain. Les destroyers HMS Keith, HMS Vimy et HMS Whitshed retournent à Boulogne, aidés par les destroyers HMS Venetia, HMS Venomous, HMS Vimiera et HMS Wild Swan, envoyés en renfort par l’Amirauté britannique afin d’accélérer l’évacuation de Boulogne. Les navires font la navette toute la journée avec l’Angleterre et évacuent presque la totalité des troupes, à l’exception de resté sur place, soit . Tous les navires, sauf un seul, sont endommagés, soit par l'aviation, soit par les batteries côtières installées sur les hauteurs de Boulogne. Le destroyer britannique HMS Vimiera est le dernier à quitter Boulogne avec à bord dans la nuit du 23 au 24http://dkepaves.free.fr/download/chronologie.pdf.

Le , à la suggestion du commandant de la Quatrième armée, le général-feldmarschall Günther von Kluge, Gerd von Rundstedt avait ordonné aux unités de panzers de s'arrêter, préoccupé par la vulnérabilité de ses flancs et la question de l'approvisionnement de ses troupes avancées. Il craignait également que le terrain marécageux autour de Dunkerque ne se révèle impropre aux chars et il souhaitait les conserver pour des opérations ultérieures (dans certaines unités, les pertes de chars étaient de 30 à 50 %). Hitler était également inquiet et, lors d'une visite au quartier général du groupe d'armées A, le , il approuva l'ordre.

Le , les troupes allemandes s'étaient emparé du port de Boulogne et avaient encerclé Calais où les Britanniques avaient débarqué trois bataillons d’infanterie et un régiment de chars le jour précédent. En mer, les destroyers soutiennent leur infanterie mais la situation est très compromise. L’Amirauté décide qu’il n’y aura pas d’évacuation et les troupes reçoivent l’ordre de lutter jusqu’au bout dans Calais, avec le soutien, au large, des croiseurs britanniques et , secondés par les destroyers britanniques HMS Grafton, HMS Greyhound, HMS Wolfhound et HMS Wolsey.

Les soldats du génie de la sous le commandement du général-major Rudolf Veiel construisent cinq ponts sur la ligne du canal de la Lys, un seul bataillon britannique barrait la route vers Dunkerque. Des écluses avaient été ouvertes tout le long du canal pour inonder le système et créer une barrière (la ligne du canal) contre l'avancée allemande.

Le , la ville et le port de Calais, sous le commandement du général Nicholson, tombent aux mains des Allemands dans la soirée. Le commandant en chef de la BEF, lord Gort dut abandonner tout espoir d'atteindre l'objectif du plan Weygand et se retira de sa propre initiative, avec les forces de Blanchard, derrière le canal de la Lys, qui atteignait la mer à Gravelines.

L'ordre de l'arrêt a fait l'objet de nombreuses discussions par les historiens. Heinz Guderian a considéré le défaut de commander un assaut en temps opportun contre Dunkerque comme l'une des principales erreurs allemandes sur le front ouest. Rundstedt l'a appelé "l'un des grands tournants de la guerre", et Erich von Manstein l'a décrit comme "l'une des erreurs les plus critiques d'Hitler". Basil Henry Liddell Hart a interviewé de nombreux généraux après la guerre et a mis en place une image de la pensée stratégique d'Hitler en la matière : Hitler croyait qu'une fois que les troupes britanniques auraient quitté l'Europe continentale, elles ne reviendraient jamais.

Évacuation vignette|Zone de l'évacuation. vignette|Soldats anglais en retraite, Dunkerque. En raison de la censure, en temps de guerre, et de la volonté de maintenir le moral de la nation, la pleine mesure du déroulement du « désastre » autour de Dunkerque n'a pas ou peu été médiatisée. Toutefois, la situation catastrophique des troupes a conduit le roi George VI à appeler à une semaine sans précédent de prière.

Le , partout dans le pays, les gens priaient pour une délivrance miraculeuse. L'archevêque de Canterbury a conduit les prières . Des prières similaires ont été adressées dans les synagogues et les églises à travers toute la Grande-Bretagne ce jour-là. Ceci confirme que le public soupçonnait une situation désespérée côté troupes. Devant la situation, Churchill décide l’évacuation du Corps Expéditionnaire Britannique et l’Amirauté britannique déclenche l’opération Dynamo à 18h57http://www.dynamo-dunkerque.com/wp-content/uploads/2022/11/DUNKERQUE1940-DOSSIER-PEDAGOGIQUE-ENSEIGNANT.pdf.

Les plans initiaux prévoyaient le sauvetage de du Corps expéditionnaire britannique (BEF) en deux jours, délai au bout duquel il était attendu que les unités allemandes seraient en mesure de bloquer toute nouvelle évacuation. Seuls ont été embarqués pendant cette période, dont le premier jourLiddell Hart, 1999.. Dix destroyers supplémentaires ont rejoint l'opération de sauvetage le et ont tenté de participer en début de matinée du 27. Ils ont toutefois été incapables d'approcher suffisamment près des plages, bien que plusieurs milliers de soldats eurent été secourus. Toutefois, le rythme de l'évacuation de la poche de Dunkerque, qui ne cessait de se rétrécir, augmenta régulièrement.

Dans la journée du , la ville de Dunkerque subit une destruction massive. incendiaires et explosives s’abattent et plusieurs centaines de civils sont tués. Les attaques aériennes visent les infrastructures portuaires et industrielles, le réseau de transport, les centres administratifs, les bâtiments militaires et les lieux élevés utilisés pour la surveillance aérienne. La flotte d’évacuation est déviée vers les plages car le chaos règne dans le port de Dunkerque. Toutefois, l’aviation allemande délaissant la jetée qui protège l’avant-port, le chef d’état-major ordonne aux navires d’y accoster pour charger des troupes dans la nuit.

Le , afin d’accélérer la cadence des évacuations, des petits navires à moteur sont réquisitionnés pour embarquer les militaires à partir du rivage. Les manœuvres sont complexes en raison de l’inexpérience des soldats dans le domaine maritime mais elles sont favorisées par une météo généralement clémente. À cette date, le Haut Commandement français donne l’ordre aux troupes françaises de se replier vers le littoral. Le général Weygand autorise une évacuation progressive par la mer. La marine française organise une flotte d’évacuation et de ravitaillement.

Le , britanniques furent sauvés, malgré la première attaque aérienne massive de la Luftwaffe dans la soirée. Les états-majors se réunissent à la suite des incidents entre les Français et les Britanniques sur les plages pour spécifier les zones d’embarquements. Les Britanniques s’embarqueront depuis la partie est des plages et du port, les Français utiliseront l’ouest du dispositif. Les troupes françaises se rassemblent à Bray-Dunes dans un camp de regroupement, le camp des Dunes, dans l’attente de leur évacuation.

Le , des soldats britanniques commencent à construire plusieurs jetées de camions sur les plages pour y faciliter les embarquements. Le retour sur le rivage des embarcations utilisées par les soldats pour rejoindre les navires au large est maintenant bien contrôlé, leur récupération étant assurée par de petits canots à moteur venus d’Angleterre. Le gouvernement britannique ordonne au général Gort d’organiser l’embarquement des troupes françaises et britanniques en proportions égales. supplémentaires, ont embarqué, dont les premiers soldats français. Les Britanniques construisent la première jetée de camions sur la plage de La Panne afin d'optimaliser les embarquements depuis l'estran. Les unités britanniques et françaises édifièrent une douzaine de ces alignements de véhicules sur les plages jusqu'à Dunkerque.