La Esmeralda est un opéra en quatre actes sur une musique de Louise Bertin et des paroles de Victor Hugo, adaptées du roman Notre-Dame de Paris. Il a été créé à l'Académie royale de musique à Paris le .

Contexte

En 1836, Louise Bertin a déjà composé trois opéras (Guy Mannering, Le Loup-garou et Fausto). Elle a fait la connaissance de Victor Hugo cinq ans auparavant, en 1831, par l'entremise de son père, qui tient salon chez lui. C’est au château des Roches que l'écrivain fait la connaissance de Charles Gosselin, qui publiera Notre-Dame de Paris. La première allusion à La Esmeralda apparaît le . Pour Matéo Crémades, il est probable que la collaboration ait commencé en , lors de la venue de Victor Hugo au château des Roches.

L'auteur procède à de nombreux remaniements pour transformer son œuvre en livret d'opéra. Au terme de cinq années de travail, l'œuvre est créée le à l'Académie Royale de Musique. Il aura fallu pas moins de quatre-vingt-six répétitions, dirigées notamment par Hector Berlioz, pour arriver à ce résultat.

La copie destinée à la censure est enregistrée le sous le titre Notre-Dame de Paris. La censure exige notamment que le titre soit changé.

Création vignette|La soprano dramatique Cornélie Falcon en costume d'Esmeralda (gravé par Louis Maleuvre, 1836). L'œuvre est créée à l'Académie royale de musique le . Les décors sont signés Humanité-René Philastre et Charles-Antoine Cambon.

Personnages RôleVoixCréation, (chef d'orchestre : Hector Berlioz)La EsmeraldasopranoCornélie FalconFrollobasseNicolas-Prosper LevasseurQuasimodobaryton-ténorEugène MassolPhoebusténorAdolphe NourritClopinténorFleur-de-Lysmezzo-sopranoVicomte de GifténorMonsieur de MorlaixbarytonMonsieur de ChevreusebarytonMadame de Gondelauriermezzo-sopranoDianemezzo-sopranoBérangèremezzo-soprano Les personnages sont chantés par Alexis Dupont, Ferdinand Prévost, Serda et Wartel.

Résumé

Acte I

Acte II

Acte III

Acte IV

Critiques Dans une article fleuve du sur les , Maurice Bourges, critique à la Revue et gazette musicale de Paris, écrit à propos de La Esmeralda que l'opéra . Onze ans après la création, il remarque que certains numéros de l'opéra sont restés dans les mémoires, comme l'air de Quasimodo, la romance d'Esmeralda ou la chanson à boire de Phoebus.

Dans ses Mémoires, le compositeur Hector Berlioz explique ainsi l'échec de La Esmeralda : . Il rapporte aussi que, lors d'une des représentations, les huées furent si importantes que Cornélie Falcon dut fuir la scène. Louise Bertin dut recouper son opéra en trois actes pour le faire jouer en première partie du ballet La Fille du Danube, mais même cette coupure ne put sauver l'opéra, qui dut être ensuite réduit à un acte avant d'être ôté du répertoire.

L'Indépendant, dans une longue critique parue le , explique que le livret, même si réécrit par Victor Hugo lui-même, n'est pas à la hauteur de l'œuvre d'origine. Pour ce qui est de la musique, le journal la qualifie de , qui . L'auteur déplore cependant qu'elle ne soit pas toujours inspirée, et qu'elle ne soit pas écrite pour la voix, prenant le cas des deux premiers actes, qui sont . Pour contrebalancer cela, l'article mentionne, en numéros de qualité, le chœur des truands et la marche de Quasimodo du premier acte, ainsi que le chœur des fiançailles de Phœbus et Fleur-de-Lys. Si les deux premiers actes n'ont de remarquable qu', à partir du troisième acte elle , soulignant le chœur de buveurs qui est et le trio qui clôt cet acte. Concernant le quatrième acte, l'auteur ne tarit pas d'éloges, parlant d'un à lui seul et notant comme numéros de qualité la romance d'Esmeralda, le duo entre Esmeralda et Frollo qui lui succède, l'air de Quasimodo dont le seul bémol a été de ne pas être chanté par et le chœur qui lui succède. Au niveau de la mise en scène, la critique fait la part belle aux décors de Humanité-René Philastre et Charles-Antoine Cambon, complimentant notamment ceux de la Cour des Miracles et du parvis de Notre-Dame.

On ne pardonna à Louise Bertin ni d'avoir préféré la tradition allemande à l'italienne, alors en vogue, ni son sexe, et c'est ce que Hugo comprit fort bien.

Postérité L'œuvre, après avoir été oubliée pendant plus de cent-cinquante ans, est ressortie pour être à nouveau jouée lors d'une recréation le à Montpellier. Les rôles principaux sont dévolus à (La Esmeralda), Manuel Nunez Camelino (Phœbus), (Frollo), Frédéric Antoun (Quasimodo), Yves Saelens (Clopin), Eugénie Danglade (Fleur-de-Lys), Éric Huchet (Vicomte de Gif), Evgueniy Alexiev (Monsieur de Morlaix), Marc Mazuir (Monsieur de Chevreuse), Marie-France Gascard (Madame de Gondelaurier), Sherri Sassoon-Deshler (Diane) et Alexandra Dauphin-Heiser (Bérangère)..

Enregistrement La Esmeralda - Maya Boog, soprano (La Esmeralda) ; Manuel Nùñez Camelino, ténor (Phoebus) ; Francesco Ellero d'Artegna, basse (Claude Frollo) ; Frédéric Antoun (Quasimodo) et Yves Saelens (Clopin), ténors ; Eugénie Danglade, mezzo-soprano (Fleur-de-Lys) ; Eric Huchet, ténor (Vicomte de Gif) ; Marie-France Gascard, mezzo-soprano (Madame Aloïse de Gondelaurier) ; Evgueniy Alexiev (Monsieur de Morlaix), Marc Mazuir (Monsieur de Chevreuse), barytons ; Sherri Sassoon-Deshler (Diane), Alexandra Dauphin-Heiser (Bérangère), mezzo-sopranos ; Chœur de la Radio lettone ; (chef de chœur : Sigvards Klava, dir. Muriel Bérard) ; Orchestre national de Montpellier Languedoc-Roussillon, dir. Lawrence Foster (Montpellier , 2CD Accord B002698DCU) .

Références

Bibliographie . .

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