250px|thumb|Siège du CICR (Genève, Suisse) Visite Street view
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est une institution d'aide humanitaire, créée en 1863 par un groupe de citoyens de la ville suisse de Genève, dont faisaient partie Gustave Moynier, Henry Dunant (prix Nobel de la paix en 1901), les docteurs Louis Appia, Théodore Maunoir, et le général Guillaume Henri Dufour. C'est la plus ancienne organisation humanitaire existante après l'ordre de Malte. Le CICR s'est vu décerner le prix Nobel de la paix en 1917, 1944 et 1963 et le prix Balzan pour l'humanité, la paix et la fraternité entre les peuples en 1996.
Depuis le début, les membres du Comité, de citoyenneté suisse, sont cooptés ; ils sont aujourd'hui une vingtaine. Comme les autres composantes du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR utilise comme emblème la croix rouge sur fond blanc.
Le CICR, qui a son siège et conserve ses archives à Genève, emploie, en 2011, environ à travers le monde. Il dispose d'une présence permanente dans plus de soixante pays et mène des activités dans près de 90 pays..
Le CICR est présidé depuis le 2022 par Mirjana Spoljaric Egger. Son directeur général est Pierre Krähenbühl depuis le . Le Comité proprement dit, ou Assemblée, est composé d'une vingtaine de personnalités suissesLe Comité est exclusivement suisse. Depuis 1992 le recrutement du personnel expatrié a été ouvert à des non-suisses. Depuis lors la majorité des employés sont recrutés hors de Suisse avec une concentration plus élevée de suisses dans les fonctions managériales., qui sont chargées de la haute gouvernance du CICR (équivalent du conseil d'administration pour une entreprise privée)La composition du Comité en janvier 2008..
Mission et mandat Toute l'action du CICR est fondée sur la mission suivante, qui est l'expression synthétique de sa nature et de sa spécificité :
Créé en 1863, le CICR est à l'origine des conventions de Genève et du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dont il dirige et coordonne les activités internationales dans les conflits armés et les autres situations de violence..
La vocation du CICR est exclusivement humanitaire, il possède un statut neutre et indépendant. Il intervient dans les situations de conflit armé ou de troubles internes, avec pour mission essentielle de diminuer les souffrances des victimes de ces violences, sans distinction d'appartenance politique, ethnique, religieuse ou sociale. Pour ce faire, il doit être reconnu par toutes les parties au conflit dans les zones où il travaille. D'autre part, il dirige et coordonne les activités internationales de secours du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge là où il existe déjà un conflit.
Le mandat du CICR est reconnu en droit et lui a été confié par la communauté internationale : les conventions de Genève citent en effet nommément le CICR pour l'accomplissement de diverses tâches humanitaires indispensables en cas de conflit armé. À cela s'ajoutent les statuts du CICR, sur la base desquels l'organisation peut développer ses activités dans les situations de violence interne bien que celles-ci ne soient pas couvertes par les conventions.
Statut juridique Le CICR est généralement considéré comme une entité internationale sui generis, ce qui en fait une entité souveraine non-gouvernementale de droit international public.
Selon ses propres statuts, le CICR est une association de droit suisse régie par les articles 60 et suivants du Code civil suisse. Ce statut juridique formel s'accompagne cependant d'un certain nombre de traits qui en font une entité du droit international à part entière. En effet, dès sa création en 1863, les États lui ont accordé une reconnaissance au travers de traités internationaux. Ainsi, son existence est reconnue formellement par les États parties aux conventions de Genève de 1949 et à leurs protocoles additionnels de 1977 (Protocole I, Protocole II).
Un certain nombre d'États ont même estimé possible de conclure avec le CICR des accords de siège, à l'image de la Suisse (Accord entre le Comité international de la Croix-Rouge et le Conseil fédéral suisse en vue de déterminer le statut juridique du Comité en Suisse, ). Ainsi, il dispose de privilèges (essentiellement fiscaux) ainsi que d'immunités dans de nombreux pays.
Le CICR dispose du statut d'observateur aux Nations unies depuis la résolution du 45/6 de l'Assemblée générale, « eu égard au rôle et aux mandats particuliers qui lui ont été assignés par les conventions de Genève du ».
Histoire De 1863 à nos jours, l’histoire du CICR se divise en cinq périodes : la fondation et les premières années de la Croix-Rouge, la Première Guerre mondiale, l’entre-deux-guerres, la Seconde Guerre mondiale et depuis 1945. Le CICR est la plus ancienne organisation humanitaire de l'époque contemporaine existant encore.
Fondation et premières années (1863-1914) Idées naissantes Après avoir lu Un souvenir de Solferino, décrivant les conditions dans lesquelles eut lieu cette bataille (service médical débordé, en 40 heures de combat, près de , six jours pleins pour relever ), un jeune juriste, président de la Société genevoise d'utilité publique, nommé Gustave Moynier rencontre Henri Dunant, auteur de cet ouvrage. Ensemble, ils discutent de leurs idées communes à propos des blessés de guerre. Plus tard, ces idées donnent naissance à une association d'aide humanitaire. Celle-ci est formée de sociétés nationales indépendantes et se charge de la formation des bénévoles, lorsqu'ils ne doivent pas intervenir sur des champs de bataille. Le , Gustave Moynier propose à sa société d’examiner les idées d’Henri Dunant. Genève et toute la Suisse romande approuvent très vite l'idée de charitéinformations tirées du livre : Pam Brown, Henry Dunant, éd. Exley Ltd, 1988.
Fondation Au cours de la période allant de 1863 à 1914, la vision de Henri Dunant est devenue réalité du fait, d’une part, du rôle toujours plus opérationnel joué par le Comité (voir les articles dans cette section) et, d’autre part, de la création des Sociétés nationales de la Croix-Rouge (du Croissant-Rouge, dans le cas de la Turquie).
Dans l'année de la création de l'association, les fondateurs de la Croix-Rouge se réunissent une première fois le sous le nom de « Comité international de Secours aux Blessés. Commission spéciale de la Société en faveur des Militaires blessés durant les guerres » : un premier procès-verbal est signé par Henri Dunant, Théodore Maunoir, Louis Appia, Gustave Moynier et Guillaume-Henri Dufour qui est nommé président de la commission Séance de la commission du 17 février 1863 document sur icrc.org, relu le ..
Le comité organise une conférence internationale qui se tient du 26 au , à GenèveRésolutions de la Conférence internationale de Genève, 26 au 29 octobre 1863. Article sur icrc.org, relu le .. Quatorze gouvernements européens et quelques sociétés philanthropiques sont réunis dans le but « d'examiner les moyens de promouvoir à l’insuffisance du service sanitaire dans les armées de campagne », ainsi que d'officialiser la création de l’association. Aussi, dix résolutions sont prises, lesquelles serviront de base pour les futures sociétés humanitaires.
L'année suivante, le , la première convention de Genève est signée lors d'une nouvelle conférence. Cette première convention comporte dix articles et vise principalement à l’amélioration du sort des militaires blessés sur les champs de bataille. Lors de ce rassemblement, vingt-quatre délégués pour seize États sont présents. Douze États au total signent cette convention. Aussi, il est entendu qu’une Société nationale de la Croix-Rouge est reconnue, si le gouvernement adhère à cette idée et s’il a préalablement signé la convention de Genève de 1864.
À partir de la signature de cette première convention, le droit international humanitaire se développe d'une façon fulgurante. Au sein du CICR, on compte de plus en plus de Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant Rouge. En effet, elles sont sept en 1864 (le Wurtemberg, la Belgique, la Prusse, le Danemark, la France, l'Oldenbourg et l’Espagne) et quarante-cinq en 1914Dictionnaire historique de la Suisse, volume 3, édition Gilles Attinger, Hauterive, Suisse, 2003 (ch. « Croix-Rouge » ).
Tandis que la Croix-Rouge se développe, le droit humanitaire moderne prend corps : des règles acceptées sur le plan international, applicables à tous les conflits, destinées à garantir une assistance aux blessés et aux malades et qui devaient, plus tard, s’appliquer aux prisonniers et aux civils.
Cela n'est pas sans rappeler la première convention du genre, dite « convention de Brandebourg », signé en 1759 par le marquis de Rougé.
En plus des Sociétés nationales, la Croix-Rouge ouvre à Bâle, en 1870, sa première Agence Internationale de renseignements et secours de la Croix-Rouge. Ces agences s'occupent de relever le nom des blessés et des morts au combat et de les transmettre aux familles. De plus, elles sont chargées de répondre à d'éventuels renseignements, de faire parvenir des envois d'argent et d'assurer la réception et la distribution du matériel de secours. Cette agence est créée durant la guerre franco-prussienne (1870-1871). En 1885, la deuxième ouvre à Vienne, puis petit à petit dans l'Europe entièreHistoriens de la Croix-Rouge, musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Suisse, 1999.
Dès le début, le CICR a joué un rôle central dans le domaine humanitaire ; de fait, l’action menée en vue du développement du droit humanitaire est restée inséparable des activités déployées sur le terrain en faveur des victimes.
Membres du Comité international de la Croix-Rouge Louis Appia est l’un des cinq membres fondateurs du Comité international de secours aux militaires blessés qui devient en 1876 le Comité international de la Croix-Rouge. En octobre de la même année Appia propose que tout le personnel volontaire qui travaille sur le champ de bataille porte des brassards blancs afin de se différencier des autres. Le général Guillaume-Henri Dufour, membre fondateur comme Appia du Comité, complète l’idée du brassard blanc en y ajoutant une croix rouge. Ainsi, la croix rouge sur fond blanc, à l’inverse du drapeau Suisse devient le symbole du CICR. L’activité de Louis Appia se distingue surtout par un grand nombre de voyages lors de congrès et de conférences au cours desquels il milite pour la convention de Genève et le travail du Comité international. Il propose l’idée que les sociétés de la Croix-Rouge nationale devraient également travailler en temps de paix à l’aide aux victimes des catastrophes naturelles ainsi que des épidémies et à la prise en charge des réfugiés.
Théodore Maunoir se lie d’amitié avec Louis Appia. Il participe activement aux réunions du CICR jusqu’à sa mort en 1869, au cours des réunions du Comité Maunoir met en évidence l’importance que le grand public soit aussi sensibilisé aux idées d'Henri Dunant et pas seulement les dirigeants politiques et militaires afin de produire un mouvement de masse. Il est le premier membre des cinq fondateurs du Comité à disparaître, il doit donc être remplacé. C’est le politicien genevois Louis Micheli de la Rive qui lui succède. En raison de son décès, son action n’a eu aucune conséquence importante sur le développement du Comité. Au contraire de son ami Louis Appia et du président Gustave Moynier.
Du 26 au a lieu une conférence internationale afin de mettre en œuvre concrètement les propositions de Dunant. Toutefois, des différences entre les délégués apparaissent mais malgré cela Maunoir réussit à l’aide d’un discours persuasif à empêcher un échec retentissant de la conférence.
Première mission internationale