Le Conquérant est un vaisseau de ligne de 74 canons de la marine royale. Il est lancé le à Brest (en Bretagne), et mis en service le . Sa carrière dans la marine française est exceptionnellement longue : il traverse trois guerres et de nombreux combats sur plus de 50 ans (de 1747 à 1798). Après sa capture à d'Aboukir, il reste encore en service dans la marine anglaise jusqu'en 1802.

Description Le Conquérant est mis en chantier à la fin de la guerre de Succession d'Autriche. C'est le troisième navire de ce type lancé par la marine française. C'est un vaisseau de force de 74 canons lancé selon les normes définies dans les années 1740 par les constructeurs français pour obtenir un bon rapport coût/manœuvrabilité/armement afin de pouvoir tenir tête à la marine anglaise qui dispose de beaucoup plus de vaisseaux depuis la fin des guerres de Louis XIV..

Comme pour tous les vaisseaux de l’époque, sa coque est en chêne. Son gréement, (mâts et vergues) est en pin.. Il y a aussi de l’orme, du tilleul, du peuplier et du noyer pour les affûts des canons, les sculptures des gaillards et les menuiseries intérieures. Les cordages (80 tonnes) et les voiles (à peu près ) sont en chanvre. Un deuxième jeu de voiles de secours est prévu en soute.

Le bâtiment porte l'armement habituel des « 74 canons », soit : 28 canons de dans sa première batterie ; 30 canons de 18 livres dans sa seconde batterie ; 16 canons de 8 livres sur ses gaillards.

Cette artillerie en fonte de fer pèse . Lorsqu'elle tire, elle peut délivrer une bordée pesant 838 livres (soit à peu près 420 kg) et le double si le navire fait feu simultanément sur les deux bordsSelon les normes du temps, le navire, en combattant en ligne de file, ne tire que sur un seul bord. Il ne tire sur les deux bords que s'il est encerclé ou s'il cherche à traverser le dispositif ennemi, ce qui est rare. Base de calcul : 1 livre = .. Le vaisseau embarque près de pesants au total Dans le détail : de , et . .. Ils sont stockés dans des puits à boulets autour des mâts. S’y ajoute des boulets ramés, chaînés et beaucoup de mitraille (8 tonnes). Il y a de poudre noire, stockée sous forme de gargousses ou en vrac dans les profondeurs du vaisseauEn moyenne : un quart de la poudre est mise en gargousse à l’avance pour les besoins de la batterie basse, celle des plus gros canons au calibre de , et un tiers pour les pièces du second pont et des gaillards. . En moyenne, chaque canon dispose de 50 à 60 boulets.

La carrière du vaisseau thumb|droite|Le Conquérant fait partie des navires capturés par les Anglais à la bataille d'Aboukir en 1798. Pendant la Guerre de Sept Ans (1755-1763), il n'est pas engagé dans les grandes batailles de Lagos et des Cardinaux et évite donc la capture ou la destruction.

Il stationne à Brest lorsque la France s'engage dans la guerre d'Indépendance américaine en 1778. Il participe, dans l'arrière-garde, à la bataille d'Ouessant. En 1780, il fait partie de l'escorte qui transporte le corps expéditionnaire de Rochambeau en Amérique et hiverne à Rhode Island. En , il est engagé dans la bataille du cap Henry lors de la tentative française de débarquer des renforts dans le sud des États-Unis et il y est sérieusement endommagé. En , il rejoint l'escadre du comte de Grasse peu après la bataille de la Chesapeake et participe au blocus des forces anglaises retranchées dans Yorktown. Après la victoire française, il est intégré à l'escadre du comte de Grasse. Il prend part en à la bataille de Saint-Christophe pour s'emparer de l'île du même nom. Le de cette même année, sous les ordres de La Grandière, le Conquérant participe à la bataille des Saintes, dans l'avant-garde de la ligne française.

Lorsque débute la Révolution française, le Conquérant stationné à Toulon avec l'escadre du Levant. Au début de 1793, la guerre avec l’Angleterre reprend. Le , Toulon, en pleine agitation contre-révolutionnaire, ouvre ses portes à la flotte anglaise qui y débarque une armée. L’escadre est neutralisée. Mais la contre-offensive des armées républicaines force les Anglais à évacuer. Le Conquérant a la chance d'échapper à l'incendie du 18- qui détruit huit vaisseaux. Toujours en service lors de campagne d'Égypte, il participe à l'escorte de l'armée qui débarque dans delta du Nil sous le commandement du capitaine Dalbarade. À la bataille d'Aboukir le La Campagne d'Égypte, sur Napoleon.org, il est en seconde position sur la ligne de bataille. Il est capturé par l'escadre de Nelson au début du combat : très lourdement touché par les bordées du HMS Audacious et du HMS Goliath, il est rasé comme un ponton et doit baisser pavillon. Il est alors intégré à la Royal Navy sous le nom d'HMS Conquerant jusqu'en 1802Ronald Deschênes, sur agh.qc.ca..

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie

Articles connexes Histoire de la marine française Liste des vaisseaux français Flotte française en 1786

Liens externes French Third Rate ship of the line Conquérant (1746), article du site anglophone Three Decks - Warships in the Age of Sail Vaisseaux de ligne français de 1682 à 1780, liste tenue par Ronald Deschênes sur le site agh.

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