vignette|Emmanuel Kant, créateur de la Philosophie moderne

(« souverain bien » en latin) est une locution latine utilisée en philosophie pour décrire l', ou le bien suprême, qui est l'objectif final recherché par tout être humain. La (expression du philosophe romain Cicéron) est généralement considérée comme une fin en soi, dont le principe fondamental repose sur une conduite morale qui conduit à la meilleure vie possible. En métaphysique, le souverain bien ou summum bonum exprime l'idée du Bien en soi.

Philosophie antique Pour Cicéron, le souverain bien n'est pas une quête de plaisir, comme chez Épicure ou les philosophes cyrénaïques, mais une éthique qui dirige la vie des Hommes et leur apporte le bonheur et la satisfaction morale de faire le Bien.

En philosophie chrétienne, le est typiquement défini comme étant la droiture, une vie vécue en communion avec Dieu, dans le respect de Ses préceptes.

Aristote, dans l'Éthique à Nicomaque, soutient que le but de l'existence humaine, en accord avec la cause finale de l'homme, doit être le Bien, affirmant qu'une vie contemplative ne se borne pas , car l'esprit humain doit (1178a). Aussi l'Homme doit-il préférer une vie contemplative dans l'intellection morale à une vie de plaisir ou une vie politique, c'est-à-dire une vie de gloire et d'honneur fondée sur la validation sociale et le pouvoir. Le Bien doit être une fin en soi pour l'Homme et non un moyen de se contenter, puisque que la nature de l'Homme est de se conduire de manière raisonnable en acte. Suivre sa propre nature raisonnable est ce qui rend l'Homme heureux.

Cependant, la morale chez Aristote n'est pas et ne doit pas être purement théorique mais repose sur un exercice de vertu : (1151a); (1179a).

Aristote aborde le souverain bien en tant que question politique, car il s'agit d'une conduite morale qui ne convient pas seulement à un individu, mais à ses (1097b). Ainsi, l'accomplissement d’une vie humaine ne peut pas se penser en dehors de la sphère politique. Entre autres, parce que l’éducation est nécessaire à un comportement vertueux.

Philosophie médiévale En philosophie médiévale, la synthèse thomiste de l'Aristotélisme et de la Chrétienté, le souverain bien est défini comme une vie vertueuse et/ou une vie en communion avec Dieu, qui suit les préceptes divins.

Philosophie moderne Chez Kant, ce concept décrit la fin de la raison poursuivie par l'Homme, en mettant la raison au service du Bien.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Laurent Gallois, Le souverain bien chez Kant, Vrin, 2008 Marceline Morais, Le souverain bien et la fin dernière de la philosophie. Vers une interprétation téléologique de la philosophie kantienne, 2010 Jean-Louis Bischoff, Conversion et souverain bien chez Blaise Pascal, L'Harmattan, 2012 Thomas Giraud, La doctrine kantienne du bien et du souverain bien, Université Européenne, 2017

Liens internes Bien commun Bonheur Droiture Euthymie

Liens externes Marceline Morais, La pertinence du concept du souverain bien au sein de la morale kantienne, Revue Philosophique de Louvain, 99-1, 2001 p. 1-25

Catégorie:Locution ou expression latine