Une est une blessure occasionnée par un serpent, résultant généralement de la pénétration des crochets de cet animal dans le corps, pouvant s'ensuivre d'une envenimation.

Bien que la majorité des espèces de serpents ne soient pas venimeuses, on trouve des espèces de serpents venimeux sur tous les continents à l'exception de l'Antarctique. Les serpents mordent principalement pour chasser et attraper leurs proies, généralement des animaux de petite taille, mais ils peuvent aussi mordre pour se défendre. Les morsures sur l'homme sont presque exclusivement des morsures défensives, les serpents prenant l'homme pour un prédateur potentiel.

En cas de morsure, il est souvent difficile d'identifier si l'espèce impliquée était venimeuse ou non, et des précautions médicales doivent être prises. Les conséquences d'une morsure de serpent dépendent de différents facteurs comme l'espèce de serpent impliquée, la région du corps touchée, la quantité de venin injectée et l'état de santé de la personne touchée. Les morsures sont souvent suivies de crises de panique qui peuvent causer des symptômes caractéristiques comme de la tachycardie et des nausées. Les morsures de serpents non-venimeux peuvent également causer des blessures, liées aux plaies causées par les dents de l'animal, ou d'une infection en découlant. Une morsure peut également causer une réaction anaphylactique, pouvant être mortelle. Les recommandations concernant les premiers soins en cas de blessure diffèrent suivant les régions et les serpents que l'on y rencontre, car des traitements efficaces pour soigner les morsures de certaines espèces peuvent se révéler inefficaces pour d'autres.

Le nombre de morts causées par des morsures de serpents varie énormément selon les régions du monde. Ainsi, les morts sont très rares en Australie, en Europe et en Amérique du Nord, alors que les morsures constituent un problème de santé publique dans diverses autres régions du monde, avec des morbidités et mortalités associées très élevées. C'est notamment le cas en Asie du Sud et du Sud-Est, et en Afrique subsaharienne, régions où l'on compte le plus de morsures. Le néotropique et les autres régions équatoriales ou subtropicales sont également concernés. Chaque année plus de personnes meurent à la suite de morsures de serpents et autant souffrent d'une invalidité permanenteNathaniel Herzberg, La morsure de serpent, marché négligé, Le Monde, 2 avril 2015, suppl. Science et Médecine , mais le risque de morsure peut être limité grâce à certaines mesures préventives, par exemple en portant des chaussures adéquates et en évitant les zones à risque.

Les envenimation par morsure de serpent ou par jet de venin de serpent dans les yeux sont considérées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une des 20 maladies tropicales négligées.

Signes et symptômes vignette|upright=1.3|Les symptômes les plus courants d'une envenimation quelconque. Toutefois, les symptômes varient beaucoup suivant le type de serpent qui a causé la morsure.

À la suite d'une morsure, on observe généralement chez la victime un état de panique et une instabilité émotionnelle qui peuvent causer des nausées, des vomissements, des vertiges, de la diarrhée, des évanouissements, de la tachycardie et des frissonnements. La télévision, la littérature et le folklore sont en partie responsables du battage qui suit souvent une morsure, et la victime peut penser même inconsciemment à une mort imminente. Bien que ces effets soient d'origine psychologique et non directement dus au venin, ce stress important peut aggraver la situation.

Les morsures sèches (sans injection de venin), ainsi que celles causées par les espèces non venimeuses, peuvent quand même parfois causer des blessures graves, pour plusieurs raisons. Tout d'abord une morsure qui n'est pas traitée correctement peut s'infecter, comme c'est souvent le cas pour les morsures de vipéridés qui sont souvent très profondes. Par ailleurs la morsure peut dans de rares cas causer un choc anaphylactique chez certaines personnes, et la salive du serpent peut contenir des pathogènes dangereux comme Clostridium tetani. Ainsi, une morsure considérée comme inoffensive et négligée peut parfois tuer la victime.

La plupart des morsures, par un serpent venimeux ou non, ont des effets locaux. On observe ainsi une douleur et une rougeur dans 90 % des cas, bien que cela dépende de l'endroit du corps touché. Les morsures de vipéridés et de certains cobras peuvent être très douloureuses, avec un œdème important des tissus touchés dans les cinq minutes qui suivent. La zone touchée peut également saigner et se cloquer, se nécroser parfois. D'autres symptômes liés aux morsures de crotales et de vipéridés sont la léthargie, le saignement, un affaiblissement de la victime, des nausées et des vomissements. Certains symptômes mettent plus en danger la vie de l'individu mordu qui peut développer de l'hypotension, de la tachypnée, une importante tachycardie, une grave hémorragie interne, ou des problèmes aux reins et aux poumons

Le venin des élapidés, comme celui des serpents marins, des bongares, des najas, du cobra royal et des mambas, et celui de plusieurs espèces australiennes, contiennent des neurotoxines qui ont pour effet de bloquer le système nerveux. La personne touchée peut donc avoir des problèmes de vue, comme une vision troublée. Une paresthésie affectant tout le corps et des difficultés à respirer et à parler ont aussi été rapportées. Le dysfonctionnement du système nerveux peut provoquer une multitude d'autres symptômes les plus divers, qui ne peuvent être tous listés. Si la victime n'est pas prise en charge rapidement, elle risque de mourir d'insuffisance respiratoire, parfois rapidement. En revanche la rémission se fait avec peu ou pas de séquelles si les soins par l'administration d’anti-venins sont parvenus à sauver la victime (ou en cas de guérison spontanée si la dose de neurotoxine est peu importante), contrairement aux venins cytotoxiques comme celui des vipéridés.

Le venin de presque tous les vipéridés notamment, mais aussi de certains cobras et certains élapidés d'Australie, et de certains serpents de mer, contient des substances cytotoxiques : il cause la mort des cellules et donc la nécrose des tissus, comme les tissus musculaires. Les tissus musculaires peuvent mourir à travers le corps, un phénomène connu sous le nom de rhabdomyolyse. Le rhabdomyolyse peut déboucher sur des problèmes aux reins liés à une accumulation de myoglobine dans les canaux rénaux. Ceci, en plus de l'hypotension, peut conduire à une insuffisance rénale aiguë, et à la mort si elle n'est pas soignée. Ce type de venin laisse souvent des séquelles après rémission des patients, allant de simples cicatrices à des amputations importantes ou des handicaps. Les envenimations par les vipéridés et certains élapidés d'Australie causent aussi une coagulopathie, dans certains cas si importante que la victime peut saigner spontanément de la bouche, du nez, ou même de vieilles blessures qui semblaient guéries. Les organes internes peuvent également saigner, dont le cerveau et les intestins, et provoquer des ecchymoses sur le corps de la victime.

Paradoxalement, les morsures causées par le crotale de Mojave, les bongares, les serpents corail et le crotale moucheté ne causent pratiquement aucune douleur, alors qu'elles causent de graves blessures. Certaines victimes déclarent percevoir un goût « de gomme », « de menthe » ou « métallique » après avoir été mordues par certaines espèces de serpents à sonnette.

Les cobras cracheurs comme le rinkhal peuvent cracher leur venin dans les yeux des personnes qui les approchent de trop près. Il en résulte une douleur immédiate, une ophtalmoplégie, voire la cécité si le venin n'est pas rincé.

Physiopathologie Circonstances et prévention vignette|upright|Panneau au Sylvan Rodriguez Park à Houston, dans le Texas prévenant de la présence de serpents. Les serpents utilisent la morsure pour attraper leurs proies qui sont le plus souvent des animaux de petite taille (rongeurs, reptiles, oiseaux, grenouilles, poissons, etc). Mais ils peuvent aussi mordre pour se défendre contre des prédateurs. Lorsqu'ils sont acculés, agressés ou surpris, la plupart des serpents venimeux (mais aussi beaucoup de serpents non venimeux) tentent de mordre par instinct de défense s'ils n'ont pas la possibilité ou le temps de fuir. La plupart des serpents, même les plus venimeux, sont craintifs et préfèrent toujours fuir ou se cacher devant le danger plutôt que de mordre. Ils n'attaquent presque jamais spontanément l'homme. Les morsures surviennent habituellement lors de rencontres rapprochées accidentelles (par exemple si on leur marche dessus, passe trop prés d'eux, les bouscule ou si l'on introduit une main dans leur cachette) ou lors de manipulations de ces animaux.

Une rencontre avec un serpent est toujours considérée comme dangereuse et il est conseillé d'éviter la proximité de cet animal. Il n'est en effet pas facile d'identifier au premier coup d'œil s'il s'agit d'une espèce inoffensive ou non.

Les serpents sont susceptibles de s'approcher des secteurs résidentiels, attirés par des proies comme certains rongeurs. La lutte contre ces derniers peut donc éloigner les serpents des lieux de vie. Il est prudent de connaître les espèces de serpents courantes dans les lieux où l'on est ou où l'on séjourne dans la nature. L'Afrique, l'Australie et le sud de l'Asie abritent de nombreuses espèces de serpents particulièrement dangereuses. Être au courant de la présence de serpents et pouvoir éviter les zones à risque est donc recommandé.

L'utilisation de chaussures pour marcher en extérieur permet de réduire les risques de morsure de serpent.

L'amélioration de l'habitat pour empêcher aux serpents d'y pénétrer ou d'entrer en contact avec l'homme, notamment l'utilisation de lits surélevés et non sur le sol, ainsi que l'utilisation de moustiquaires, est recommandé par l'OMS pour éviter les morsures de serpents.

L'OMS recommande aussi de couper l'herbe près des chemins, des habitations et là où les enfants jouent pour empêcher les serpents de s'y cacher.

Dans la nature, faire beaucoup de bruit pour créer des vibrations dans le sol peut faire fuir les serpents. Toutefois, cela ne s'applique pas partout, puisque certaines espèces plus agressives comme le cobra royal et le mamba noir défendent leur territoire. Quand on se retrouve face à un serpent, il est plutôt conseillé d'être silencieux et de ne pas bouger. Si le serpent ne s'enfuit pas, il vaut mieux quitter les lieux précautionneusement et lentement.

Les serpents fuient également les lumières trop violentes comme les feux de camp. Ils peuvent être par contre inhabituellement actifs les nuits douces avec des températures dépassant les . Il est conseillé de ne pas mettre imprudemment les mains dans un tas de bois, sous un rocher ou dans d'autres abris possibles pour serpents. Quand on fait de l'escalade, il n'est pas conseillé de saisir des crevasses sans les avoir préalablement examinées.

Les propriétaires d'animaux domestiques ou de serpents doivent savoir qu'un serpent peut causer des blessures et qu'il est toujours nécessaire de faire attention. Aux États-Unis, plus de 40 % des victimes de morsures de serpents l'ont été en manipulant sans précaution leur serpent domestique, ou en tentant de capturer des serpents sauvages, et 40 % de ce nombre avait une alcoolémie supérieure à 0,1 %.

Il faut également faire attention aux serpents qui semblent être morts, car certaines espèces peuvent se mettre sur le dos, la langue pendant hors de la bouche, feignant la mort pour éviter une menace. Par ailleurs, la tête coupée d'un serpent peut mordre par réflexe et causer des blessures aussi graves qu'un serpent vivant. Les serpents morts sont également incapables de réguler la quantité de venin injectée, et celle-ci peut être plus importante.

Morsure