vignette|Bidon d'un Mirage 2000D du 1/3 porteur d'une décoration spéciale pour les de la SPA153|right
L'escadrille SPA153 est une escadrille de l'armée de l'air française créée lors de la Première Guerre mondiale. Elle est toujours active et est la des trois escadrilles de l'escadron de chasse 1/3 Navarre sur la base aérienne de Nancy-Ochey.
Origine Le faucon égyptien de la SPA 153 est le fait du lieutenant Gigodot, égyptologue amateur averti, qui veut ainsi évoquer la lutte éternelle entre le bien et le mal à laquelle prend à ce moment part son escadrille dans le ciel français. Il est le premier commandant d'escadrille dans l'histoire de la N153 puis SPA153. La définition héraldique complète est : Faucon égyptien de gueule et d’argent, becqué et armé d’or, le demi-vol dextre étendu et le demi- vol senestre abaissé, empiétant un anneau magique du second métal.
Historique La Première Guerre mondiale thumb|SPAD S.XIII. L'escadrille SPA 153 a été constituée le à Étampes sous la dénomination N153N pour Nieuport. Le premier vol de l'escadrille dura , a été réalisé par le sous-lieutenant Brantome et s'est déroulé le sur l'avion Extrait des journaux de l'unité, . Elle est équipée successivement de Nieuport de chasse biplace puis de Nieuport 24 et 24bis. À ce moment-là, elle appartient à la armée en compagnie des NI67, N82 et C46. En , arrivée des SPAD S.VII puis des SPAD S.XIII.
Le , transformation de la N153 en SPA153SPA pour SPAD.
Elle rejoint alors le Groupe de combat (GC18) avec les SPA48, SPA94 et SPA155.
Le GC 18 est lui-même intégré à l'escadre de chasse en . Elle regagne Plessis-Belleville pour freiner l'offensive allemande contre le front britannique. Subissant de lourdes pertes, six tués, elle termine la guerre avec treize victoires homologuées dont trois Drachen et trois probables.
Les as de l'escadrille sont le sous-lieutenant Barcat (mort en combat aérien le ) avec cinq victoires homologuées et une probable, et l'adjudant Halberger avec cinq victoires homologuées.
L'entre-deux guerres vignette|la SPA 153 sur Morane Saulnier à Reims. vignette|Dewoitine D.510.
L'escadrille sera dissoute le à Malzéville puis recréée comme la du RAC le à Thionville. À cette période, les escadrilles sont composées de dix appareils qui peuvent être de type différents. Au SPAD XIII, se rajoute en 1922 le Nieuport Delage NiD29. Elle deviendra la du RAM le . En 1929, elle passera alors sur .
Le , la SPA153 remporte le concours de tir aérien, le concours de patrouille et termine à la du concours du plus beau vol individuel. L'année suivante, remporte une nouvelle fois le concours des patrouilles.
Après la dissolution de ce régiment le , la SPA 153 quitte Thionville pour Reims où elle forme avec la SPA 95 le groupe de combat de la escadre, le GC I/6.
En , l'escadrille reçoit ses premiers MS.225.
Le , la escadre de Reims intervertit son numéro avec la escadre de chasse mixteGroupe de Chasse Mixte car était composé d'un Groupe de Chasse de jour et d'un Groupe de Défense de nuit qui était basé à Chartres et la SPA 153 devient donc la du GC I/42 et le arrivée des Dewoitine 500 et 501.
Le , l'escadre devient la escadre de chasse mixte par conséquent la SPA 153 devient la du GC I/4 toujours en compagnie de la SPA 95 et obtiendra ses premiers Curtiss H75 en , à l'aube du second conflit mondial.
La Seconde Guerre mondiale La campagne de France : septembre 1939 - juin 1940 Stationné à Reims lors de la mobilisation de 1939, le GC I/4 composé des SPA 95 et SPA 153 accomplit sur Curtiss H75 plus de quatre cents sorties d'interception et de missions de reconnaissance. Lors de l'attaque allemande, il couvre les mouvements de la Armée engagée en Belgique mais doit se replier d'urgence sur Villacoublay où il est chargé de la couverture de la région parisienne et de la protection de la basse Seine : en raison de l'avance allemande, le groupe se trouve contraint de rallier l'Afrique du Nord. Il quitte le territoire français le à bord du navire La Mayenne et arrive à Oran le . Le , le groupe est au complet à Meknes. La campagne de France se termine pour le GC I/4 avec trente-cinq victoires sûres et sept probables pour 15 blessés et dont le chef du groupe, le commandant Heurtaut mort le .
Le , le GC I/4 reçoit l’ordre de se replier de Dunkerque vers Villacoublay. L’échelon[témoignages et rapports du médecin Capitaine Cadeot, du Lieutenant Binreiff, du SGT Didier et du soldat Bachut consultables au SHD] volant décolle vers 7h00 ce matin-là. Un échelon précurseur composé de deux voitures légères, deux camions Matford quitte le terrain de Dunkerque-Mardyck peu après le départ des avions. Le reste de l’échelon roulant quitte le terrain entre 8h30 et 9h00 ce . Le Ltt Bindreiff ouvre la marche, tandis que le médecin capitaine Cadeot ferme la marche dans sa Peugeot 402, le car d’une trentaine de personnes les précède. thumb|Cette carte illustre le déplacement du convoi de l'échelon lourd du GC I/4 en mai 1940. À l’approche des Allemands, la population s’est jetée sur les routes, de telle sorte que le convoi arrive à Regnauville, distant de de Dunkerque à 16h00 et non sans encombre. En effet, la traversée d’Hesdin a été effectuée en 2h30 en raison du nombre de réfugiés belges et français sur les routes. Un camion de l’échelon précurseur y est tombé en panne et est laissé sur place, alors qu’une remorque deux roues avait cassé sa fourche d’attelage quelques kilomètres avant, dans le village de Holque (elle contenait le matériel de hangar de la ).
C’est à de Regneauville qu’intervient la première tragédie de ce périple. Zone 1 sur la carte.
Une panne de l’autocar en queue de convoi, survenue dans la ville d’Hesdin, avait obligé dans un premier temps, l’ADCGrades de l'armée de l'air Hoffmann alors en tête du convoi, à rejoindre le véhicule en panne tandis que le Ltt Bindreiff continuait sa lente progression avec le reste du convoi. Après réparation de l’autocar, et arrivé aux environs de Regneauville, des coups de feu retentissent et les gens se jettent dans les fossés. Des parachutistes allemands seraient dans les champs environnants, et des chars sont annoncés à Quesnoy en Artois, quelques kilomètres seulement à l’est de leur position. Après une reconnaissance effectuée par quelques éléments du groupe, un sniper et un char allemand sont détectés au niveau de l’église de Regneauville. Le médecin et l’adjudant-chef décident de forcer le barrage dans leur Peugeot 402, suivi par le reste du groupe. Un feu nourri s’abat sur les véhicules, le plafond de la Peugeot est traversé par une rafale de mitrailleuse, heureusement il n’y avait pas d’occupants derrière. Zone 2 sur la carte.
Ils arrivent à passer et s’arrête plus tard, à l’entrée du village de Labroye sur l’Authie. À cet endroit, la route fait un angle droit, une maison masque le virage et des civils sont couchés dans le fossé. Ceux-ci leur annoncent que des chars allemands sont derrière la maison. Alors que le médecin capitaine et quelques hommes partent en reconnaissance par les champs, le car des hommes s’engage sur la route et tente de forcer le passage, mais un char ouvre le feu sur le véhicule. Plusieurs blessés sont à déplorer, les hommes évacuent le bus et reviennent en arrière. Le médecin prodigue les premiers soins en particulier au soldat Aubert, qui après avoir été pansé, part avec le soldat Saget pour évacuer le conducteur du bus, le soldat Girouard, grièvement blessé. Leur action fut couronnée de succès et les premiers soins furent réalisés sur le chauffeur qui avait perdu son membre inférieur gauche, arraché par un obus du char allemand. Dans les minutes qui suivirent les chars allemands encerclèrent le groupe et ils furent faits prisonniers. Le médecin capitaine Cadeot réussit à obtenir un laissez-passer, pour transporter le soldat Girouard dans l’hôpital d’Auxi-le-Château, où il fut amputé mais décéda le lendemain dans la nuit. Après plusieurs mois de captivité, le médecin capitaine fut libéré en .
right|Sonderkraftfahrzeug 250.
Le Ltt Bindreiff arrive avec son convoi à Abbeville à 22h00, alors que la distance séparant Regneauville d’Abbeville n’est que de et que l’horaire de passage à Regneauville s’établissait aux alentours de 16h00 ! Mais le convoi a été bombardé deux fois, la première aux environs de Le Boisle obligeant le groupe à s’arrêter 1 heure, le second à Canchy, où l’arrêt n’a été que d’une demi-heure. Bien évidemment aucune information sur la perte d’une partie du groupe survenue quelques heures auparavant n’est connue par le lieutenant. Des soldats belges sont présents sur le terrain d’Abbeville, deux patrouilles mixtes se forment pour aller en reconnaissance sur les positions ennemies. En bas du terrain d’aviation, quatre chenillettes et deux chars sont aperçus. Le lieutenant rejoint le convoi et à sa grande surprise, tous les soldats belges ont quitté la zone. Le convoi fait demi-tour et part en direction de Saint-Valéry pour passer la Somme à cet endroit. Une remorque quatre roues avec le matériel de hangar de la ainsi que les bagages des hommes est laissée sur place. Zone 3 sur la carte.
Le convoi parcourt avant de s’arrêter de nouveau à Buigny-Saint-Maclou. Le lieutenant part en reconnaissance dans le village et tombe nez à nez avec une colonne de dix voitures escortées par des autos-chenilles! Le convoi allemand se dirigeant vers Port-le-Grand, le lieutenant rejoignit ses véhicules et ils firent route vers Saint-Valery, les Allemands les mitraillant sur plus d’ sans dommages pour nos troupes. À l’approche de Noyelles, le à 1h00 du matin, les Allemands tiennent le pont avec un char et des autos-mitrailleuses. Des véhicules civils et militaires jonchent la route menant au pont, mitraillés de toute part. Le convoi fait alors demi-tour, la nouvelle destination est Berck.
La traversée de Rue a été chaotique, le convoi s’est séparé en deux, un groupe qui poursuivait sur le terrain de Boulogne, un autre groupe se dirigeant directement sur Berck. Ce dernier est arrivé à Quend à 9h30 du matin après avoir essuyé un bombardement aérien par un Dornier (les bombes sont tombées devant le convoi). Le convoi fait une halte en ville pour se reposer et se restaurer. Vers 17h10, le convoi reprend la route de Berck et y arrive vers 20h30.
À peine arrivé, ordre est donné de repartir immédiatement sur Boulogne en raison de l’arrivée imminente de troupes allemandes. À peine le lieutenant a-t-il le temps de rassembler ses hommes, que des autos-chenilles allemandes font irruption sur le terrain d’aviation. Des hommes s’enfuient dans les bois, d’autres grimpent dans des véhicules d’autres groupes aériens et le lieutenant Bindreiff reste avec cinq hommes (l’ADJ Schwarz, le SGT Collart, le SGT Brunclair, les soldats Ganoote et Tampierre). Ils se mirent à l’abri dans les dunes situées au nord du terrain. Le groupe perd dans la nuit les deux soldats, les trois hommes restants poursuivent leur fuite vers le nord et atteignent les grandes dunes situées à de Merlincourt-plage. Ils décident de passer la nuit à cet endroit. Le lendemain matin, le groupe de trois hommes part vers le sud le long des plages, puis à travers marais et champs, jusqu’à traverser la Somme le à 13h30. Le vers 10h, les trois hommes retrouvent les troupes françaises au niveau de Gamaches, et ils purent rejoindre Villacoublay quelques jours plus tard. Zone 4 sur la carte.