La fosse 2 dite Saint-Émile ou Émile Rainbeaux de la Compagnie des mines de Marles est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Marles-les-Mines. Un puits 1 est foncé à partir de 1853, l'eau désagrège le terrain et le cuvelage s'effondre en . Un puits 2 est entrepris à cinquante mètres au sud-est à partir de , et bien que le passage du niveau d'eau présente de grandes difficultés, la base du cuvelage est établie le dans le terrain houiller à la profondeur de . La fosse commence à produire en 1858, et est rapidement très productive.

Le , à huit heures du matin, un fort mouvement se manifeste dans le cuvelage, vers la profondeur de . À neuf heures et demie, trois pièces de cuvelage se détachent, livrant passage à un torrent d'eau. Les travaux de consolidation entrepris deviennent de moins en moins efficaces. Dans la nuit du 2 ou , toutes les maçonneries d'alentour, une partie du bâtiment des chaudières, situé à côté, ont été renversées ; le bâtiment en planches du puits s'écroule ; la charpente des molettes, le cylindre d'épuisement et tous les engins, placés au-dessous, disparaissent en quelques instants. En même temps, un vaste cratère d'éboulement de trente à de diamètre et de dix à onze mètres de profondeur s'ouvre dans le sol autour de l'axe du puits. Le sol lui-même se fissure tout autour de ce cratère jusqu'à dix ou quinze mètres au-delà de ses bords. Une demi-heure environ, à la suite de l'éboulement de la tête du puits, le bâtiment de la machine d'extraction s'écroule à son tour presque complètement, en déterminant la rupture d'un certain nombre de pièces de cette machine, telles que les colonnes, les entablements et les tuyaux à vapeur.

La fosse est alors laissée à l'abandon, aucun procédé connu ne pouvant la remettre en état de marche. En 1875, un certain nombre d'intéressés de la société veulent rouvrir la fosse, mais la réponse des ingénieurs est complètement défavorable à la reprise du puits. Sur les de sa concession, sont abandonnés, par peur des venues d'eau dans les chantiers des autres fosses. En 1907, la Compagnie de Marles reprend la fosse, grâce aux nouveaux procédés de la technique, la fosse est de nouveau fonctionnelle en 1908, mais elle est laissée en sommeil jusqu'en 1917, entretemps l'aérage de la fosse 2 bis nouvellement créée à au sud-sud-ouest. Un puits 2 ter lui est ajouté à partir de 1917. La fosse 2 assure ensuite le service et l'aérage.

La Compagnie des mines de Marles est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe d'Auchel. Pendant les travaux de modernisation de la fosse 2 bis - 2 ter, la fosse 2 est remise en extraction. Le siège de concentration remonte sa dernière berline le , tous les puits sont remblayés cette année-là, y compris le 2, profond de . Son chevalement et sa machine d'extraction ont été conservés.

Le carreau de fosse est aménagé en espace vert. Le chevalement du puits 2 et les parties anciennes du bâtiment de la machine d'extraction sont inscrits aux monuments historiques depuis le . Au début du , Charbonnages de France matérialise la tête de puits 2. Le chevalement a été classé le au patrimoine mondial de l'Unesco.

La première fosse

La fosse 1 est commencée à Marles-les-Mines en 1853, au diamètre de . La nappe d'eau est rencontrée à la profondeur de . Le banc d'argile sableuse est assez dur, mais il se désagrège au contact de l'eau. À la profondeur de , l'eau désagrège le terrain et le cuvelage s'effondre, en .

La seconde fosse

Fonçage

Une seconde fosse est alors creusée à cinquante mètres au sud-est de la première en . L'exécution des travaux est confiée à Léonard Micha, sous les ordres de Gabriel Glépin. Le passage du niveau d'eau présente d'énormes difficultés, mais la base du cuvelage est établie le dans le terrain houiller à la profondeur de . La venue d'eau maximale a atteint jusqu'à à l'heure. Le puits est cuvelé de de profondeur jusqu'à la tête du terrain houiller. L'orifice du puits est à l'altitude de . Le passage du niveau d'eau a coûté , soit le mètre.

La fosse est nommée Saint-Émile, en l'honneur d'Émile Rainbeaux, le directeur de la Compagnie de Marles.

Exploitation thumb|left|La fosse 2 vers 1865.

La fosse commence à extraire en 1858. La production est de en 1865, toutefois, les venues d'eau sont très importantes. Le puits est profond de . Les accrochages sont situés à 175 et . Les années passent, et l'eau est toujours aussi présente dans les travaux, faute de moyens, elle est difficile à combattre.

Éboulement

Le , à huit heures du matin, on s'aperçoit qu'un fort mouvement se manifeste dans le cuvelage, vers la profondeur de ; deux pans de cuvelage sont repoussés notablement vers l'intérieur sur une hauteur de cinq mètres. L'ingénieur fait arrêter le trait, car l'une des cages ne passe plus qu'en frottant très fort, remonter les ouvriers et exécuter des travaux de consolidation au moyen de longues clames verticales et d'équerres aux angles.

thumb|upright=0.7|La fosse éboulée. À neuf heures et demie, trois pièces de cuvelage se détachent, livrant passage à un torrent d'eau. Le terrain inconsistant est entrainé ; il se forme de grands vides derrière le cuvelage qui se desserre et se déforme de plus en plus, d'heure en heure, et les travaux de consolidation qu'on entreprend deviennent de moins en moins utiles. Dès le 29, le puits est considéré comme perdu. Gabriel Glépin, arrivé le soir, trouve les clames relevées et recourbées, les guides des cages repoussés par la chute des pièces de cuvelage. Il conseille d'arracher ces clames et de couper les guides, de manière à pouvoir travailler à la réparation du cuvelage. Toute la nuit se passe sans pouvoir parvenir à détacher les clames. Le lendemain matin, le puits n'est pas encore accessible au-dessous des vides qu'il est si important d'obstruer pour arrêter l'écroulement du terrain.

On essaye d'arriver à ce résultat par le goyau. Mais le vide, derrière le cuvelage, s'agrandissant de plus en plus, les cadres se mettent en mouvement, et le 30, vers onze heures et demie du matin, de nouvelles chutes de cuvelage ont lieu, et les ouvriers, occupés dans le puits, n'échappent que par miracle. La fosse continue à se décuveler progressivement et par intermittences plus ou moins prolongées. Vers trois heures et demie de l'après-midi, Gabriel Glépin descend avec le maître porion par le tonneau ; il peut voir la tête des éboulements, reconnaître que le cuvelage inférieur a disparu presque complètement, que des excavations considérables se sont produites, et qu'aucun travail humain n'est possible. L'éboulement de la fosse est inévitable.

Cet éboulement se produit complètement en effet, dans la nuit du 2 ou . Toutes les maçonneries d'alentour, une partie du bâtiment des chaudières, situé à côté, ont été renversées ; le bâtiment en planches du puits s'écroule ; la charpente des molettes, le cylindre d'épuisement et tous les engins, placés au-dessous, disparaissent en quelques instants. En même temps, un vaste cratère d'éboulement de trente à de diamètre et de dix à onze mètres de profondeur s'ouvre dans le sol autour de l'axe du puits. Le sol lui-même se fissure tout autour de ce cratère jusqu'à dix ou quinze mètres au-delà de ses bords. Une demi-heure environ, à la suite de l'éboulement de la tête du puits, le bâtiment de la machine d'extraction, situé à une dizaine de mètres environ par derrière, s'écroule à son tour presque complètement, en déterminant la rupture d'un certain nombre de pièces de cette machine, telles que les colonnes, les entablements et les tuyaux à vapeur.

thumb|Le renforcement des terrains en 1907. thumb|Le chevalement de fonçage. thumb|upright=0.7|Le chevalement définitif, en 1908.

Abandon

La perte du puits de Marles, où l'on n'a eu à déplorer la mort de personne, est un véritable désastre pour les Compagnies des 70 et des 30 %. Cependant, des circonstances favorables leur permettent d'y remédier promptement, puisque la fosse 3 est mise en exploitation, et les mineurs y sont mutés. Mais ce n'est pas seulement un puits productif qui est anéanti, c'est encore une partie importante de la concession, par suite de ses richesses, qui est stérilisée, par la nécessité de laisser inexploités, non seulement le champ de ce puits, mais des espontes considérables pour l'isoler des autres travaux. On abandonne ainsi sur les que comprend la concession, soit plus du quart, et dans une partie très productive.

Aussi, dès 1867, Gabriel Glépin propose de relever et de rétablir complètement le puits éboulé. Il indique même les moyens à employer, tout en ne se dissimulant pas les immenses difficultés qu'une telle reconstruction aurait présenté, difficultés que, selon lui, l'art des mines saurait surmonter. Il n'a pas été donné suite alors à ce projet.

En 1875, un certain nombre d'intéressés de la Société d'exploitation soulèvent à nouveau la question de reprise de la fosse écroulée de Marles, à cause des dangers que les travaux inondés pourraient faire courir, soit aux travaux de cette concession, soit à ceux des concessions voisines. Cette question a été soumise à une commission d'ingénieurs composée de Messieurs de Clercq, de Bracquemont, Alayrac et Lamborot, à laquelle a été remis un mémoire de M. Callon, exposant les faits et posant les points à examiner. La réponse des ingénieurs est complètement défavorable à la reprise du puits ; elle est motivée sur les considérations suivantes :

Premièrement, la reprise paraît impraticable par aucun des procédés actuellement connus. Elle présenterait des difficultés immenses, exigerait des dépenses énormes, sans assurance de réussite. La fosse même reconstruite n'offrirait aucune sécurité et il y aurait toujours à craindre d'y voir la même catastrophe s'y renouveler. Deuxièmement, les travaux des puits actuels sont arrêtés à du lac souterrain de la fosse 2, de manière à laisser une esponte de cette épaisseur. Du côté de la concession de Bruay, cette esponte est de . Il n'y a donc aucun danger à redouter pour les travaux actuels de Marles et de Bruay. Enfin troisièmement, la superficie de la concession de Maries est de et le périmètre abandonné est de , il reste à exploiter pouvant suffire à sept grands sièges d'exploitation, trois sont ouverts, il en reste quatre à ouvrir, avant de songer à reprendre le puits écroulé. On peut donc attendre longtemps avant de reprendre ce puits.

La Compagnie de Marles a donc agi sagement en abandonnant le puits 2, et en ajournant sa reprise à un avenir éloigné.

Reprise de la fosse

En 1907, la Compagnie de Marles décide de rouvrir la fosse 2. Celui-ci est déblayé, et grâce aux progrès de la technique, la fosse est terminée en 1908. L'extraction ne reprend qu'en 1917, puisqu'entretemps, la fosse 2 assure l'aérage de la fosse 2 bis, établie au sud-sud-ouest.

La Compagnie des mines de Marles est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe d'Auchel. La fosse 2 sert au service et à l'aérage, mais elle assure l'extraction au début des années 1950 lorsque la fosse 2 bis - 2 ter est modernisée. La concentration extrait sa dernière gaillette le , la fosse 2 n'a plus aucune utilité, et son puits, profond de , est remblayé en 1974.

Reconversion

Le chevalement du puits 2 et les parties anciennes du bâtiment de la machine d'extraction font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le . Au début du , Charbonnages de France matérialise la tête de puits 2. L'emplacement de l'avaleresse 1 n'est en revanche pas indiqué. Le BRGM y effectue des inspections chaque année. Le chevalement du puits 2 fait partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Il constitue le site 101.

Les cités

Des cités, ainsi qu'une église et des écoles, ont été construites au début du afin de loger les mineurs des fosses 2 et 2 bis - 2 ter. Ces cités sont très étendues.

Notes et références

Notes

Références

Références aux fiches du BRGM

Références à

Références à

Références à

Références à