Gamesa est un voilier monocoque de course au large à dérives droites, appartenant à la classe des IMOCA, mis à l'eau en 2007 sous le nom d'. Fruit de l'expérience du cabinet d'architecte Owen Clarke Design et du skipper britannique Mike Golding, ce voilier a subi une importante refonte en 2011 avant le Vendée Globe 2012-2013.
À son bord, Mike Golding a notamment terminé sixième du Vendée Globe 2012-2013, cinquième de la Transat Jacques-Vabre 2007 et troisième en 2009. Il a connu plusieurs importantes avaries, notamment trois démâtages, dont un durant le Vendée Globe 2008-2009 alors qu'il était en tête au sud de l'Australie.
Barré par l'Irlandais Enda O'Coineen entre 2015 et 2017, il participe au Vendée Globe 2016-2017 sous le nom de Kilcullen Voyager. Près des côtes néo-zélandaises, une panne du pilote automatique provoque un double empannage inopiné entraînant un démâtage. Barré par Arnaud Boissières, il participe au Vendée Globe 2020-2021 sous le nom de La Mie câline-Artisans Artipôle. Barré par Rodolphe Sepho, il participe à la Route du Rhum 2022, sous le nom de Rêve de large-Région Guadeloupe.
Depuis 2023, il est aux mains de Fabrice Amedeo, portant successivement les noms de Nexans-Art & Fenêtres, deuxième du nom, de Nexans-Wewise et, depuis 2025, de FDJ United-Wewise.
Conception et caractéristiques Le , au lendemain de l'annonce de la prolongation de son partenariat avec la société Ecover, le skipper britannique Mike Golding, champion du monde IMOCA en 2004 et 2005, révèle la construction d'un nouveau , dont la conception est confiée au cabinet Owen Clarke Design et à Clay Oliver, concepteur de Team New Zealand.
Plutôt qu'une évolution dEcover 2, le précédent bateau de Mike Golding déjà dessiné par Owen Clarke et considéré, notamment par l'architecte Guillaume Verdier, comme le meilleur bateau de l'époque, il est décidé de partir sur une conception totalement nouvelle. Pour l'architecte Merfyn Owen, il s'agit . L'idée principale des architectes est de concevoir un bateau polyvalent, en mesure de participer à des courses en solitaire comme en équipage, à des courses au large comme à des régates côtières et surtout plus puissant pour le même poids quEcover 2, soit environ . Le bateau doit être rapide en vitesse pure mais également en ergonomie, afin de ne pas fatiguer le skipper, rappelle Owen.
gauche|vignette|alt= un bateau à voile vu de l'arrière|Gamesa au départ du Vendée Globe 2012-2013. Le dispositif « Platex » déployé est visible en noir, sur toute la courbure de coque, entre les safrans et le tableau arrière. Pour y parvenir, les concepteurs font le choix d'un mât classique rotatif, plus long de deux mètres et d'un bulbe de quille plus lourd, alors que la structure de la coque et du gréement est allégée par rapport au précédent Ecover. Owen reprend le concept des bouchains développés par Marc Lombard en 2004 et devenus depuis la norme. Pour Clay Oliver, cela permet d'augmenter artificiellement la surface de la carène tout en l'allégeant et en limitant la largeur, et le profil plat permet de gagner en hydrodynamisme. Cette légèreté est compensée par un très important volume de ballasts : les dix ballasts permettent d'alourdir le bateau de . Mike Golding fait le choix de safrans fixes suspendus sous la jupe dEcover plutôt que les safrans rétractables fixés au tableau arrière par crainte d'une rétraction inopinée du safran conducteur. Ces safrans sont dirigés par deux barres à roue. Cette configuration sera remplacée par une barre franche à l'occasion de profonds changements dans le cockpit en 2011, dans le but de protéger le skipper des embruns.
Le tableau arrière dispose d'un compensateur permettant de régler l'équilibre avant-arrière du bateau, voire l'équilibre tribord-bâbord. Cette plaque verticale en carbone, appelée « platex » par Merfyn Owen, développe une poussée verticale, avec pour conséquence de soulever l'étrave et d'asseoir la proue dans la vague, rendant le bateau plus facile à gouverner, ou inversement par mer calme, tout en évitant de l'alourdir en remplissant les ballasts, selon une idée similaire développée par Bruce Farr sur Gitana Eighty et Paprec-Virbac 2. Selon Owen, Ecover 3 est 20% plus puissant qu'''Ecover 2..
Le chantier est confié à Paul Hakes, à Wellington, en Nouvelle-Zélande. En raison de modifications de dernières minutes, la livraison a trois semaines de retard, entraînant l'abandon des essais prévus à Auckland avant le départ pour l'Europe au début du mois d'août 2007. Installé pour quelques jours sur l'ancienne base du défi Alinghi, Mike Golding effectue dans la capitale économique néo-zélandaise les tests réglementaire de redressement à 180° et 90°.
Durant l'été 2011, le voilier subit une importante refonte dans le chantier de Green Marine, près de Southampton, dans le but explicite de remporter le Vendée Globe 2012-2013. Le mât rotatif, qui a cédé deux fois, est remplacé par un mât classique fixe, plus fiable que les autres types de gréement. Le complexe et lourd système des barres à roue est remplacé par une barre franche en Y, plus simple, plus légère et plus adaptée à la navigation en solitaire. Le nouveau poste de barre est abrité sous une nouvelle casquette de rouf. Le rail d'écoute de grand-voile est également avancé pour mieux équilibrer et centrer les poids, tout en assurant une meilleure protection du skipper. L'ensemble des modifications a permis de réduire le déplacement du de près de .
Historique 2007-2013 : Mike Golding Après son transfert de Nouvelle-Zélande au Royaume-Uni en cargo, Ecover 3 est baptisé le 17 septembre 2007 par sa marraine, la princesse Anne, à l'occasion du salon nautique de Southampton. Mike Golding embarque son voilier Bruno Dubois (North Sails) pour la Transat Jacques-Vabre 2007. Longtemps en tête, le duo voit ses poursuivants revenir en raison d'un problème de moteur (nécessaire à la production de l'énergie à bord) et d'un mauvais passage du pot au noir et Ecover 3 arrive finalement cinquième au Brésil. Dans le but de valider sa participation au Vendée Globe 2008-2009, Mike Golding prend le départ de la Transat B to B, la transat « retour », mais est contraint à l'abandon en raison de nouveaux problèmes de moteur.
En raison de fissures apparues sur le voile de quille dEcover 3, Mike Golding fait usiner une nouvelle quille en carbone chez JMV Industries à Cherbourg mais doit renoncer à la Transat anglaise 2008. Trois semaines après sa remise à l'eau, Ecover 3 termine à la septième et dernière place du Record SNSM mais remporte le tour de l'île de Wight quelques jours plus tard. Au cours de l'été 2008, Mike Golding effectue plusieurs entraînements communs avec Dee Caffari dont le Aviva est le sister-ship dEcover 3. Il termine également troisième de l'Artemis Challenge, couru pendant la Semaine de Cowes.
Fort de son expérience et de la puissance de son bateau, Mike Golding est l'un des outsiders du Vendée Globe 2008-2009. Auteur d'un début de course prudent, il prend la tête le 16 décembre mais démâte quelques heures plus tard, environ au sud du cap Leeuwin. Rapatrié en Europe, il entre en chantier à Gosport, près de Portsmouth, jusqu'à la fin août 2009. Conséquence du démâtage, le gréement est entièrement revu et d'importantes réparations sont effectuées autour du cockpit et du rouf. La quille a également été dotée d'une nouvelle tête par JMV Industries.
À la suite du retrait d'Ecover du circuit IMOCA en faveur de l'Extreme 40, Mike Golding prend le départ de la Transat Jacques-Vabre 2009 sans sponsor. Il embarque avec lui l'Espagnol Javier Sansó. Handicapé par des problèmes d'électronique dès le début de la course, Mike Golding Yacht Racing se maintient en deuxième place derrière Safran jusqu'à la mi-course avant de la céder à Groupe Bel. Il arrive en troisième position à Puerto Limon, au Costa-Rica, derrière les deux plans Guillaume Verdier / VPLP.
vignette|gauche|upright|Président au départ de la Barcelona World Race 2010-2011. En raison du mauvais temps sur le retour de l'Amérique centrale, Mike Golding fait escale à Cascais, au Portugal, où le reste plusieurs mois. Après sa remise à l'eau à la suite d'un léger chantier d'hiver, Mike Golding Racing remporte le tour de l'île de Wight lors de la Semaine de Cowes 2010. Peinant toujours à trouver un partenaire financier, Mike Golding loue son à Jean Le Cam, pour la Barcelona World Race 2010-2011, dont il prend le départ le 31 décembre 2010 avec Bruno Garcia, sous les couleurs de Président. Président démâte dès le onzième jour de course, après avoir enfourné dans une vague.
Après près de deux années de recherches de sponsors en raison de la crise économique, Mike Golding reçoit en juin 2011 le soutien de l'entreprise espagnole Gamesa pour le Vendée Globe 2012-2013. Dès le mois de juillet, le entre en chantier chez Green Marine, près de Southampton pour une importante refonte pour l'alléger et spécifiquement destiné à la course en solitaire. Le cockpit est entièrement réaménagé. Gamesa est remis à l'eau le 13 septembre 2011 puis rebaptisé par la Princesse Anne.
vignette|Gamesa et Mike Golding au départ du Vendée Globe 2012-2013.Gamesa participe à la Transat Jacques-Vabre 2011, skippé par Mike Golding et Bruno Dubois. Pour sa septième participation en sept édition – un record –, Mike Golding est aux avant-postes de la course pendant la première moitié de l'épreuve, en troisième position derrière Macif et Banque populaire. En raison d'un problème de communication les empêchant d'avoir accès aux fichiers météo pour affiner leur routage, les deux skippers font le choix radical de plonger vers le sud de la flotte en espérant contourner une zone de vents faibles. Golding termine à la neuvième et dernière place, tout en se montrant satisfait des modifications apportées au cours de l'été. Cette satisfaction est renforcée par la quatrième place obtenue dans la Transat B to B, courue vers l'Europe dans des conditions si mauvaises que l'épreuve a dû être écourtée au large du Portugal par la direction de course.
Les premiers mois de l'année 2012 sont consacrés à l'entraînement avant le Vendée Globe 2012-2013. C'est au cours de l'un de ces entraînements dans le Solent que le nouveau mât de Gamesa tombe, en raison de . Les très légères conditions dans lesquelles ce démâtage a lieu permet à l'équipage de récupérer le gréement, qui n'a fait que des dégâts cosmétiques au pont du . S'il ne peut prendre le départ de l'Europa Warm'Up à Barcelone, Mike Golding remporte une seconde fois l'Artemis Challenge en IMOCA le 16 août 2012.
vignette|alt=Voilier blanc descendant au moteur un chenal. Foule massée sur le quai.|gauche|redresse=1|Gamesa au départ du Vendée Globe 2012-2013.
Golding aborde le tour du monde en solitaire en position d'outsider mais avec la ferme volonté de remporter l'épreuve. En milieu de peloton dès le début de la course derrière les bateaux plus récents, Golding est aux prises avec Jean Le Cam jusqu'aux Sables-d'Olonne pour la cinquième place. Dans la remontée de l'Atlantique, Gamesa rencontre des problèmes de quilles et de ballasts, empêchant Golding de revenir sur Le Cam, lequel arrive cinquième en Vendée, six heures avant le Britannique.
vignette|alt=Bateau vert et marron progressant au moteur dans le chenal. O'Coineen est à l'avant, tenant un tambourin. Foule sur le quai.|droite|redresse=1|Enda O'Coineen, à bord de Kilcullen Voyager-Team Ireland, descend le chenal des Sables-d'Olonne avant le départ du Vendée Globe 2016-2017.
Quelques semaines après cette sixième place, Gamesa est mise en vente chez Owen Clarke en raison de la non reconduction du contrat entre Mike Golding et son sponsor.
2015-2017 : Enda O'Coineen