La seigneurie de Commercy est une entité féodale formée à partir du autour de la ville de Commercy, de nos jours sous-préfecture du département de la Meuse.
Commercy tire son nom de commarcha (ou commarchia), qui signifie « marche » (marcha), « territoire frontalier », du fait de sa position sur la Meuse, aux frontières de la Lorraine, du Toulois, du Barrois, du Verdunois, alors territoires de l'Empire, et du comté de Champagne, fief du royaume de France, Commercy elle-même se trouvant dans l'EmpireHistoire de la ville et des seigneurs de Commercy, Volume 1., dépendant du point de vue féodal des évêques de Metz.
La seigneurie de Commercy comprend le château, la ville et les villages voisins qui sont Lérouville, Pont, Chonville, Morville, Saint-Aubin, Méligny-le-Grand et le Petit, Ménil-la-Horgne, Laneuville-au-Rupt, Ville-Issey, Vaux-la-Grande, Vaux-la-Petite, Vignot, Reffroy, Saulx.
À partir du , elle est divisée en deux, les seigneuries de Château-Haut, la principale, et de Château-Bas. Les seigneurs de Commercy, puis de Château-Haut, portent le titre de damoiseaux de Commercy.
Au , elle est réunifiée et nommée principauté de Commercy. En 1766, elle est intégrée au royaume de France, en même temps que les duchés de Lorraine et de Bar.
Premières mentions de Commercy La plus ancienne mention de Commercy se trouve dans une chronique d'Éginhard, auteur de la première biographie de Charlemagne. Cette chronique datée de 823 indique « au diocèse de Toul, en la ville de Commercy, il y eut une fille âgée de douze ans, laquelle, après avoir reçu le précieux corps de notre sauveur J-C, à Pâques, fut par dix mois sans manger pain, et depuis fut trois ans sans boire, et après lesdits trois ans, en , retourna à la manière et façon des autres, buvant et mangant ". Une autre mention ancienne date de 827 ou 831 lorsque Louis le Pieux s'arrête à Commercy lors de son voyage de retour d'Ingelheim après une assemblée tenue à Worms.
On trouve ensuite une charte de saint Gérard de 967 citant un seigneur de Commercy nommé Louis.
La ville est encore mentionnée au lors de sa cession par l'empereur d'Allemagne à l'évêché de Metz, et les évêques eux-mêmes la confièrent à des seigneurs afin d'en garantir la sûreté.
À cette époque la ville se compose d'un château entouré de fortifications et servant de citadelle aux habitants. En avant des fossés se situe un "pâquis", c'est-à-dire des pâturages (plus tard place du « fer à cheval »), non loin du château se trouvent quelques habitations ainsi que la halle et la hallotte (où sont tuées et débitées les bêtes) formant le cœur de l'ancienne Commercy ; les abords de l'église contiennent un cimetière et des habitations peu nombreuses, bourgeons d'un futur faubourg. À l'emplacement du quartier "Breuil", séparé de la ville par un étang, s'élèvent un couvent de filles et quelques fermes.
Commercy au Une chronique signale qu'en 1037, lors de la prise de la ville par le comte de Champagne Eudes II de Blois, un moine nommé Gervinus courut à Verdun avertir Richard abbé de l'abbaye de Saint-Vanne pour venir faire entendre raison aux deux belligérants. Mais ils revinrent trop tard à Commercy, alors que la ville et l'église brûlaient. Ils réussirent à sauver les reliques de saint Pantaléon et de saint Étienne qu'un soldat tentait de voler (selon la tradition, la relique de Pantaléon de Nicomédie avait été rapportée d'Orient par un des seigneurs de Commercy qui y avait accompagné l'archevêque Brunon de Cologne. En plus des dommages infligés à la ville, le couvent de "Breuil" fut dévasté, les religieuses durent le quitter et une partie d'entre elles partirent à Verdun, les autres rejoignirent dans le Dauphiné un monastère nommé Notre-Dame de Commercy puis abbaye de Vernaison. Quelque temps plus tard les bâtiments laissés à l'abandon furent utilisés par des moines bénédictins de l'abbaye de Molesme avec l'accord de Pibon, évêque de Toul qui leur en fit la donation, et l'acte de cette cession sera considéré par les moines comme l'acte de fondation de leur monastère.
Au nom de Dieu tout puissant et vrai Dieu. S'il est beau, comme dit le sage, de faire le bien dans ce qui se rattache aux choses mondaines, il est encore plus beau et méritoire de le faire en vue des choses spirituelles et divines. Aussi nous voulons faire savoir à tous les fidèles présents et à venir de notre diocèse que, moi Pibon, par la grâce de Dieu, Evèque de Toul, j'ai donné à l'Église de Sainte-Marie de Molesme l'église qui est située à Commercy, pour l'utilité des moines, serviteurs de Dieu, qui sont établis en ce lieu. Mais comme ce couvent n'est pas de notre dépendance ou de celle de notre église, nous établissons qu'ils nous paieront le cens qui est dû et en outre de ce cens six deniers. Et afin que personne n'ait de doute ou ne veuille porter atteinte à cette donation ou fondation, nous avons eu soin de la fortifier par la mise en écrit du présent privilège et par l'apposition de notre sceau et de celui des témoins soussignés, tant clercs que laïcs. Témoins de la première donation : Riquin, archidiacre; Gérard comte ; Reinard, comte ; Solelvic ou Solelbourg, comte de Brissey, Gobert, d'Apremont. Témoins du renouvellement : Riquin, archidiacre ; Tescelin, archidiacre ; Étienne, archidiacre ; Rambold, chancelier ; Jean, doyen ; Bernard, prêtre ; Edelric de Rihnel et Henri, avoué de Toul ; Sigefroi et Hugou, cultivateur ; Gobert, camerier. Le renouvellement de cette donation est fait l'an de l'incarnation de N. S., 1096, indiction 4. Epacte 24. La 2me année de la papauté d'Urbain. Sous l'épiscopat de Pibon, le règne de l'Empereur Henri IV, du duc Thierry et du comte Renaud. Et sous le règne universel de Notre Seigneur J. C. auquel soit honneur et gloire pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
En 1071 les villageois vont assiéger la ville de Toul mais se heurtent au comte Gérard de Vaudémont qui les force à la retraite. Pour éviter que cela se reproduise l'évêque de Metz propose d'échanger Commercy contre l'abbaye de Bouzonville qui appartenait au duc Thierry II, mais aucun accord ne put être trouvé.
Commercy au Les moines de Breuil profitèrent de la nomination sur le siège épiscopal de Richwin de Commercy, fils du seigneur du lieu, pour lui demander et obtenir le patronage de la cure de l'église de la ville, demande qu'ils n'oublièrent pas de faire renouveler en 1136 par l'évêque Henri de Lorraine, et en 1115 ils devenaient seigneurs d'une partie de Ville-Issey. La bonne entente devait prendre une autre tournure lorsqu'en 1186 Simon de Commercy fit des dons importants à des chanoines séculiers, il fallut l'intervention de l'évêque pour faire signer aux deux parties un traité de paix.
II y aura parité de droits entre les moines et les chanoines dans tous les revenus de l'église Saint-Pantaléon de Commercy et celle de Saint-Remi, de Vignot, tels qu'oblations, aumônes, droits de sépulture et prières, excepté le jour de l'Assomption qui est réservé aux moines seuls. Le jour de cette fête, les chanoines viendront en grande pompe à Breuil, et par réciprocité les moines iront dans la chapelle des chanoines le jour de Saint-Nicolas. Le droit de présentation à la cure dans l'église de Commercy que les moines ont retenu pour eux, les chanoines l'auront dans Vignot. I1 est convenu que le curé de Commercy aura seul le droit de confesser dans sa paroisse et le quart dans les autres bénéfices privés et publics, excepté pour les terres et prés qui sont entièrement réservés aux chanoines et aux moines ; également le curé de Vignot jouira des mêmes droits dans sa paroisse. Il est convenu aussi que du tiers des dîmes que les curés desdites églises avaient coutume de prendre, ils auront la moitié, et les chanoines et les moines se partageront le reste.
Au cours du les seigneurs de Commercy font d'importantes donations aux abbayes des environs, après avoir donné l'usage des bois de Morley à celle de Jovilliers (nommée alors Jeand'Heurs), Simon donne la terre de Frosley à celle d'Écurey en 1188.
La maison de Broyes (1144-1265)
Simon II de Broyes (Simon Ier de Commercy) entre en possession de Commercy à l'occasion de son mariage avec Nicole, fille de Renaud de Traves et d'Élisabeth de Salins et petite-fille d'Humbert III de Salins (fin du XIIe siècle). Simon est le fils d'Hugues III seigneur de Broyes, Châteauvillain, Arc-en-Barrois, Baye, Neele, Villenose et Champigny-sur-Aube (localités sises alors au comté de Champagne, royaume de France), devenu seigneur de Commercy (dans l'Empire) lors de son mariage vers 1144 avec Stéphanie de Bar-Commercy, dame de Commercy (citée en 1141), fille de Renaud , comte de Bar. Afin d'assurer son emprise sur la ville Simon accorde d'importantes libéralités aux maisons religieuses et en 1186 il finance de façon importante une collégiale de chanoines séculiers composée d'un prévôt et de onze chanoines, il leur offre "deux fours banaux", "quarante sous annuellement sur le droit de foire", des corvées (sur la terre Saint-Pantaléon, sur la terre sous la Perrière, sur les prés à Brassieux), des dîmes (sur les anguilles, les sangliers, les cerfs, les vignes, les fruits, le vin, les troupeaux, le moulin de Commercy), des biens à Vadonville, les cens sur la châtellenie de Commercy, des muids sur les moulin de Morlay et de Commercy et des usages sur des terres à Commercy et à Morlay "soit pour bâtir leurs maisons, soit pour leurs ustensiles" ; de son côté l'évêque de Toul Pierre de Brixey participe en offrant les églises de Vadonville, Malaumont, Chonville et Saint-Aubin. Dans la même donation il est stipulé que les chanoines devront prendre en charge spirituellement les lépreux de Commercy ainsi que leur famille et auront la gestion de la "grange aux lépreux, près de Saint-Aubin". Après ces donations Simon combla l'abbaye d'Écurey en lui confiant les terres de Frosley et de Morley où les religieux bâtirent bientôt un moulin.
Des deux premiers fils de Simon, l'aîné, Hugues IV continue la lignée des seigneurs de Broyes, et le cadet, Gaucher de Broyes-Commercy, poursuit les seigneurs de Commercy. En 1243 Gaucher affranchit les habitants de Laneuville-au-Rupt, puis en 1248 ses fils Gaucher II et Henri rendirent foi et hommage pour le fief de Commercy à l'évêque Jacques de Lorraine. Parmi les enfants de Gaucher Ier de Broyes-Commercy, on trouve Simon (II) de (Broyes)-Commercy (gendre de Simon III comte de Sarrebruck en tant qu'époux de sa fille Mahaut/Mathilde, et père de Simon IV de Sarrebruck, II (ou III) de Commercy, (Ier) de Sarrebruck-Commercy ci-dessous), puis Gaucher II seigneur de Commercy et Henri seigneur de Montrivel, qu'on vient d'évoquer.
La maison de Sarrebruck (1265-1444) Débuts de la maison de Sarrebruck En 1265, par le mariage d'Elisabeth de Broyes dame de Commercy, mal connue — fille ou petite-fille supposée de Gaucher II ci-dessus — avec son cousin Simon IV comte de Sarrebruck/Simon II (ou III) seigneur de Commercy, fils de Simon (II) de (Broyes)-Commercy et de Mahaut héritière de Sarrebruck ci-dessus, la seigneurie de Commercy entre dans les possessions des comtes de Sarrebruck de la Maison de Broyes-Commercy. C'est ainsi que le comte Simon IV reçoit l'investiture des terres de Commercy en 1277. En 1289 il assiste à l'assemblée de Saint-Mihiel qui traitait des querelles entre le comte de Bar et l'abbaye de Beaulieu ; l'année suivante il est témoin de l'accord conclu entre le duc de Lorraine et l'abbesse de Remiremont.