Cet article présente l'histoire du Limoges Cercle Saint-Pierre.

Historique Les balbutiements (1929-1960)

Issu d'une modeste association de patronage (paroisse de Saint-Pierre-du-Queyroix, en centre-ville) initialement composée d’une simple troupe de théâtre, le CSP se dote d’une équipe de basket. Le , le Cercle Saint Pierre basket-ball voit officiellement le jour grâce à Roger Foussat, le premier président du « cercle ». Le siège social est au 3 rue saint Nicolas à Limoges. Le club de patronage a des locaux modestes entre l’église Saint-Pierre et le lycée Gay Lussac. De plus les ressources se composent alors des seules cotisations des membres qui s’élèvent alors à 20 francs par an. Au départ, le patronage n’est qu’un lieu de rencontrePlaquette du cinquantenaire du CSP Limoges, 1978-1979.

Le basket ne fait son apparition officielle au sein du patronage qu’en 1933, avec l’entrée en compétition de la première équipe du « cercle ». Le capitaine de l’époque, Couegnas, et ses troupes (MM. Boisseau, Beger, Cohendy, Dutour et Sénèque) souffrent face aux réserves de l’Alouette, la Martiale ou de la Saint-Louis. L’équipe ne dispose alors pas de véritable terrain pour s’entraîner, les matches de division d’honneur (le plus bas niveau de l’époque) ont lieu le dimanche après la messe et les déplacements n'excèdent pas Saint-Léonard ou Saint-Junien.

Au milieu des années 1930, les entraînements vont faire leur apparition : chaque mercredi soir les joueurs se retrouvent dans la cour du patronage. Deux chanoines, Bréchard et Fourgeaud, vont également encourager le développement de la pratique sportive. Tout cela attire de nouveaux adhérents et trois équipes vont dorénavant porter le maillot du « cercle ». Parmi eux, MM. Bessaguet, Ménard, R. Sénèque, Daly, Bost, Picat, G. Dutour, A. et G. Cortey, Souza, Breuil, Varnat, J. et P. Georgio, Plainemaison, Masson, Michel, Mandoux et G. Sénèque. Lors d’une triple rencontre contre la Saint-Martial, les équipes du cercle repartent avec trois défaites : -20 en cadet, -40 pour la réserve et -70 pour l’équipe première. Le CSP est alors le parent pauvre du basket limousin. vignette|Mur de photographies sur le Limoges CSP lors d'une exposition pour les 80 ans du club. Le basket se structure au niveau fédéral dans les années 1940 et cela profite au club qui bénéficie pour la première fois d’un arbitre, Raymond Sénèque.

La guerre n’a pas stoppé l’évolution du club. Le « patro » en profite, grâce à son équipe junior (Breuil, Varna, Mandoux, Cortey, Masson, Michel, Gilbert et Sénèque), pour remporter ses premiers lauriers lors de la saison 1942-43. N’ayant pas trouvé de maillots verts, le CSP joue en rouge et avec de vieilles chaussures dont les joueurs ont supprimé les talons. Cette saison, c'est le début des grands déplacements : Brive, Guéret, Ussel, Montluçon. Le CSP devient champion de Haute-Vienne junior avant de disputer la finale du championnat du Limousin, puis les demi-finales du championnat de France à Montluçon contre les Écureuils Montferrandais. L’équipe compte dans ses rangs 5 sélectionnés en équipe départementale. Mais le prolongement de la guerre fait éclater cette équipe prometteuse. La quasi-totalité de l’équipe junior s’engage en effet dans la résistance : les fondateurs ne s’étaient pas trompés («… préparer au pays des hommes robustes et de vaillant soldats… »). Xavier Popelier n’a alors que 14 ans et s’intéresse plus au scoutisme qu’au basket. En , à l’initiative d’Albert Chaminade, doyen de la Médaille de la jeunesse, des sports et de l'engagement associatif de la Haute-Vienne, ancien arbitre national et international, conseiller municipal de Louis Longequeue et joueur de basket originaire de la région, une rencontre est organisée pour promouvoir un peu plus le basket. Elle oppose une sélection du Limousin à une formation hongroise (47-28 pour la sélection Limousine)..

En 1950, Popelier, alors membre de l’ASPTT athlétisme, rejoint le cercle où les frères Biojout sont déjà présents : Pierre et Jean-Claude (première licence à 9 ans, il ne connaîtra jamais d’autres clubs) porte le maillot vert cercliste. C’est également l’arrivée du premier international du club : Guy Beaumord qui est alors international junior.

La quête de l'élite (1960-1981) Un nouveau cycle de 1960 à 1972 (Fédérale Masculine)

Lors de la saison 1960-61, le président Roger Constant et l'abbé Lesport dotent le club d'une véritable infrastructure dans le quartier des Coutures : terrain de basket, salle de tennis de table et de gymnastique puis, plus tard, rénovation du vieux siège social du centre ville avec l’abbé Louvet. Le début des années 1960 coïncide aussi avec la volonté d’allier le « cercle » à d’autres « patro », notamment la Saint-Louis de Gonzague. L’Entente sportive et culturelle de Limoges voit donc le jour, mais capote. Le , le Cercle Saint Pierre est recréé. Un des responsables de la section basket, M. Malaurie, contacte Xavier Popelier, qui avait quitté le club au moment de la fusion, pour aider à la relance de la discipline. Il devient le responsable de l’équipe première dont le capitaine et meneur de jeu n’est autre que Jean-Claude Biojout. Les couleurs « vert et blanc » sont dues à la part prépondérante prise par la Confrérie des Bouchers dans la création du CSP. Leur accord a été acquis mais en contrepartie le club doit prendre les couleurs de Saint Aurélien.

L'arrivée en 1961 de Xavier Popelier comme président du club va faire basculer le destin du Cercle Saint-Pierre. En 1961, le Cercle Saint-Pierre n'est qu'un simple patronage au milieu de milliers de patronages à travers la France. L'ancien joueur de l'ASPTT Limoges et du Cercle (il rejoint le Cercle à l'âge de 20 ans) est aidé dans sa tâche par son ami, Jean-Claude Biojout (il intègre le Cercle à partir de l'âge de 9 ans). En 1963, le CSP des frères Biojout remporte le championnat d'Excellence Régionale tandis que le grand rival régional, le club des laïcs, l'ASPTT Limoges joue dans la cour des grands (Nationale I de 1964 à 1966 avec la présence d'un international Français, Jacques VeyrierMaxi-Basket, 2010). Les dirigeants, durant cette période, voyagent aux quatre coins de l'Europe (Allemagne, Angleterre, Italie etc.) pour s'inspirer de ce qui se fait de mieux à l'étranger. Lors de la saison 1971-1972, le Cercle Saint-Pierre connaît l'une des pires saisons de l'histoire du club : il finit à la neuvième et dernière place avec 4 victoires en 18 matches. C'en est trop pour les deux passionnés, qui décident de réagir. Le Limoges CSP s'entoure alors de personnes plus qualifiées, leur confiant des tâches bien précises dans le sens d'une professionnalisation du club à moyen terme. Cette politique intelligente n'aurait pas été possible cependant sans la ténacité et la volonté des hommes de base.

Le début d'un projet, saison 1972-1973 (Excellence Régionale)

À l'aube de la saison 1972-1973 (Excellence Régionale), l'objectif est clair, il faut amener le parmi les meilleures équipes françaises. Une conférence est tenue devant la presse annonçant les objectifs du club. La presse régionale se gausse alors de l'objectif du tout petit club limousin qui stagne depuis des années, et dont la mairie s'est désintéressée. Le CSP leur donne tort dès la saison 1972-1973 en terminant premier sans la moindre défaite. Raymond Bique (1,90 m), Lajat ou encore Devalois furent les principaux artisans de la remontée du club en Nationale IV (ex-Fédérale Masculine)Le Populaire du Centre, publié en mai 1973..

Des ambitions confirmées, saison 1973-1974 (Nationale 4)

La saison suivante (1973-1974, Nationale IV) est l'occasion pour le Cercle de recruter des joueurs de plus de 1,90 m avec la venue de Souleymane Fall, un Sénégalais qui devient le premier étranger du Cercle Saint-Pierre, et d'un local, Cabirol. Le Cercle possède désormais quatre joueurs de plus de 1,90 m avec Puymard, Souleymane Fall, Raymond Bique et Cabirol, de quoi envisager la montée en nationale III. Le CSP entame sa saison sans trop de difficultés et est à la lutte avec l'U.S.B Agen ainsi que le SA Mérignac. Mais le Cercle ne s'arrête pas là. À la fin de l'année 1973, le club tente alors de faire venir grâce à l'aide de Stojovic (Yougoslave du Limoges Foot Club) l'ailier Radoliub « Rocky » Radenkovic, international junior, champion du monde avec la Yougoslavie en 1971 à Ljubljana en provenance de l'Étoile Rouge de Belgrade (il a également joué au Partizan de Belgrade). Les dirigeants remplissent sans trop y croire les papiers de procédure de visa. Radenkovic débarque à Limoges en . Le club tient enfin la recrue qui pourra lui donner une certaine stature au niveau national. Pour son premier match, Radoliub Radenković marque 69 points contre Montmidi Poitiers à Limoges, c'est un large succès pour les Verts (135-48, record de points en un match pour le CSP, première fois que le CSP atteint les 100 points). Le Cercle finit deuxième de la poule C derrière l'U.S.B Agen et accède à la Nationale III.

En route pour la Nationale 2, saison 1974-1975 (Nationale 3)

La direction du CSP vise désormais la Nationale II et c'est au même moment que le Cercle s'installe définitivement dans la salle Municipale des Sœurs de la Rivière pour ses rencontres. Le club conserve ses cadres et cherche un géant américain pour jouer la montée. Ce premier américain de l'histoire du Cercle sera Jim Collins (Américain blanc, 2,05 m, pivot, Université d'Iowa). Par ailleurs le Limoges CSP se rapproche de l'équipe du moment, l'Aspo Tours, entraînée par Pierre Dao alors entraineur de l'équipe de France et qui est un ami des dirigeants du Limoges C.S.P (Le CSP joue plusieurs fois en amical face à l'ASPO Tours durant les années 1970). Avec la paire Radenkovic-Collins, le Cercle ne fait pas dans le détail lors de la saison 1974-1975 (Nationale III). Toutefois le CSP doit faire face au Castres B.C. Il faut attendre le match à Limoges contre le Toulouse O.A.C (victoire du Cercle, 80-51) pour voir le CSP monter en Nationale II. Cette saison aura également été l'occasion de voir deux confrontations historiques entre le Cercle Saint-Pierre et l'ASPTT Limoges (Nationale II) devant un public nombreux où les Cerclistes connaîtront les qualités du premier Américain du basket limousin, Quinas Brower (arrive à l'ASPTT Limoges en 1972), le père biologique de Olivier Saint-Jean alias Tariq Abdul-Wahad (ex-joueur de Pro A à Évreux puis de NBA avec Sacramento Kings). Le Cercle termine cette brillante campagne sur une élimination face au B.C Montbrison en quarts de finale à cause du départ de Radenkovic (il partira après son refus d’être naturalisé car le club souhaitait recruter un Américain, et le règlement de Nationale II stipulait qu’un seul étranger n’était autorisé par équipe) et celui de Jim Collins reparti aux états-Unis pour voir sa femme.

Une première expérience, saison 1975-1976 (Nationale 2)