Saint-Gilles est une commune française, située dans le département de la Marne dans la région Grand Est.
Géographie Localisation vignette|gauche|Silhouette de l'église nichée au cœur de la vallée de l'Ardre. Saint-Gilles se trouve au nord-ouest du département de la Marne, en région Grand Est, à la limite avec le département de l'Aisne et la région Hauts-de-France. La commune appartient à la région agricole du Tardenois..
La commune de Saint-Gilles s'étend sur . Sur son territoire, l'altitude varie de 62 à . Le village de Saint-Gilles se trouve à la confluence des vallées de l'Ardre et de l'Orillon. Il est surplombé par la Montagne de Chéry () à l'ouest. Le point culminant de la commune est cependant situé au nord-est, à la Montagne Danielle. Le territoire de la commune est majoritairement occupé par une forêt de feuillus, des champs ainsi que des vignes, une forêt de résineux et des prés.
Par la routeLes distances sont mesurées entre chefs-lieux de communes., Saint-Gilles se situe à de Châlons-en-Champagne., préfecture, à de Reims., sous-préfecture de rattachement, à de Soissons., dans le département voisin de l'Aisne, et à de Fismes., bureau centralisateur du canton de Fismes-Montagne de Reims dont dépend Saint-Gilles depuis 2015. La commune fait en outre partie du bassin de vie de Fismes.
Saint-Gilles est limitrophe de :
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans la région hydrographique « la Seine du confluent de l'Oise (inclus) à l'embouchure » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Ardre, l'Orillon, le Fond du Grand Viéreux, le cours d'eau 01 de la commune de Saint-Gilles et divers bras de l'Ardre..
L'Ardre, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Imoges et se jette dans la Vesle à Fismes, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Ardre sont données par la station hydrologique située sur la commune de Saint-Gilles. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:09 TU à partir des 655 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1969 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
L'Orillon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Coulonges-Cohan et se jette dans l'Ardre sur la commune, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-GillesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Aisne Vesle Suippe ». Ce document de planification, dont le territoire s’étend sur répartis sur trois départements (Aisne, Marne et Ardennes) et deux régions (Champagne-Ardenne et Picardie), a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat d’aménagement des bassins Aisne Vesle Suippe (SIABAVES)..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Braine à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Gilles est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Reims, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (79,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (72,9 %), forêts (20,5 %), zones agricoles hétérogènes (6,2 %), prairies (0,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Lieux-dits, hameaux et écarts Outre le village de Saint-Gilles, au centre de son territoire, la commune comprend plusieurs hameaux et écarts : dans la vallée de l'Orillon au sud, les Petites Chézelles () et le Moulinet (), ainsi que dans la vallée de l'Ardre à l'est, le Grand Moulin () et l’Huilerie ().
On y trouvait également au l'écart la Buse ou la Buze.., qui ne figure plus sur les cartes de l'IGN.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Aceium (1156) ; Sanctus Egidius de Aceio (1154-1159) ; Aceium Sancti Egidii (1234) ; Saint-Giles-à-Acy (1280) ; Sanctus Egidius de Aceyo (1291) ; Saint-Gille (1308) ; Sanctus Egidius apud Arceyum (1303-1312) ; Saint-Guille (1329) ; Sanctus Egidius de Arceyo (1333) ; Saint-Gilles (1488).. Durant le Moyen Âge, la commune s'est appelée Aceium (Aceium Sancti Egidu). En 1280, le village se serait appelé Acy ou Aacy et en 1480, Saint-Gilles ou Saint-Gille en 1770. En 1686 on retrouvait le nom de Saint-Pierre-Saint-Gilles.. Dans la période de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Montardre, de Montagne-sur-Ardre ou de Montagne-sur-Orillion..
Aceium en 1156 : il s'agirait d'Acy, nom ancien de la commune de Saint-Gilles, mais cette localité est dénommée Ascineium dans le Polyptyque de Saint-Remi de Reims (la forme Aceium est donnée par A. Longnon dans son Dictionnaire topographique de la Marne)..
Saint-Gilles est un hagiotoponyme, qui fait référence à Gilles l'Ermite, en latin : Ægidius « Égide », où fut fondé un prieuré vers 1088 par une colonie de moines issue de l’Ancienne abbaye de Saint-Gilles dans le Gard et à laquelle l’abbé Odilon avait confié une relique de la main droite de l'Ermite Saint Gilles..
Histoire
Préhistoire et Antiquité Des fouilles ont montré une occupation depuis le Néolithique, puis continue à partir des Gaulois et Gallo-Romains. Des fers de lance et haches de pierre, haches gauloises ont été retrouvées dans le versant route de Mont Saint Martin et sur le plateau à une faible profondeur. M. Châtelet, instituteur, les avait réunis dans son musée scolaire avant 1914.
Moyen-Âge
Des moines établissent des constructions en bois sur le site de la commune actuelle de Saint-Gilles au , sur une butte naturelle. Le village est devenu, petit à petit, au , un prieuré, sous la dépendance de Saint-Gilles, dans le GardOffice de tourisme de Fismes et de sa région. Il s'élevait d'abord au village de Sacy. D'ailleurs, l'église de Saint-Gilles-de-Sacy est nommée en 1119 parmi les possessions de l'abbaye de Saint-Gilles du Gard, ainsi qu'en 1132 et 1208. Le nom de Saint-Gilles n’existe pas avant le . Le prieuré a une chapelle distincte de l'église paroissiale, deux chapelles avec cloître surmonté d'une tour, une prison, un réfectoire, un office et un dortoir. Une grange des dîmes était située à côté, séparée par une sente qui est l’actuelle Petite Ruelle. Le cimetière entourait les constructions de trois côtés, dont l'actuelle place du Prieuré. Des tombes ont été retrouvées à plusieurs reprises. Le village est du bailliage et de la coutume de Reims. Le dernier prieur fut Thierry-Ozille (fin du ). Saint-Gilles fut jusqu'au le domaine du prieuré, élevé au rang de seigneurie.
Lors des invasions des Normands et des Hongrois ( vers 937 et 954) les habitants du village se réfugiaient au prieuré. Étant sous la protection de Courville, ils rejoignaient le château-fort de Courville par un souterrainHenri Colin, Saint-Gilles, imprimerie Sparnacienne.
Son église romane date du et possède un clocher octogonal. Sauf la croix sur la place, il ne reste pratiquement rien de son prieuré. Au Moyen Âge, un moulin est construit en bas du village, sur la rivière.
Temps Modernes Sous l'Ancien Régime, Saint-Gilles est une paroisse dépendant du diocèse de Reims, du Grand Archidiaconé et du doyenné d'HermonvilleCarte du diocèse Reims, partie Nord : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85932435/f1.item.zoom.
L'intendant représente le roi. À la fin du , il dispense de la taille (sorte d'impôt direct du roi) les propriétaires qui remplacent le chaume par la tuile. Cette dispense encourage les propriétaires à construire des maisons à étages, des sous-sols, et toitures en tuiles. Toute une rue à Saint-Gilles, habitée par des gens très pauvres, conserva ses chaumières et ses maisons basses : c’est la rue des habitants sans draps, la rue sans draps, appelée de nos jours la « rue cendras ».
Une croix, sur un socle en pierre, dernier vestige du prieuré, est toujours visible sur la place du village, adossée au pignon d'une maison. Ce vestige date probablement du , car la famille Delacroix, mi-noble, habitait cette maison et donna naissance à Henri Delacroix en 1450.
Un plan de Saint-Gilles, est élaboré le par le géométre Villain (et ses fils).
En 1773, Saint-Gilles était un village de 64 feux, soit environ 250 habitants. Le recensement donne les indications suivantes : 45 chevaux, 70 bêtes à cornes, 500 moutons.
À la Révolution, le Bailliage de Vitry (réunions de 1789) nous indique que Samson-Marie Lesellier de Blécourt est chevalier, seigneur de Saint-GillesArchives départementales, Henri Colin, Imprimerie Sparnacienne. Jacques Mauclerc devient maire et président de la « Montagne-sur-Ardre », nouveau nom du village pour quelques mois.
Époque contemporaine