Olivier Donatien Rey, né en 1964 à Nantes, est un mathématicien, romancier, essayiste et philosophe français..

Biographie À la sortie de l'École polytechnique, en 1986, Olivier Rey est brièvement officier de marine avant d'entrer au CNRS, dans la section mathématiquesLa Jaune et la Rouge, , , ..

Parallèlement à ses travaux sur les équations aux dérivées partielles non linéairesThèse de doctorat, « Équations elliptiques non-linéaires avec l'exposant critique de Sobolev » (dirigée par Jean-Michel Coron, École polytechnique, 1989) ; habilitation à diriger des recherches, « Équations elliptiques et paraboliques avec non-linéarités critiques » (université Paris-Sud 11, 1991)., il développe une réflexion critique sur la place de la science dans la société contemporaine.

Depuis 2009, il appartient à la section philosophie du CNRS et est actuellement membre de l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST).. Après avoir enseigné les mathématiques à l'École polytechnique, il enseigne aujourd'hui la philosophie dans le master de philosophie de l'université Paris 1 et au sein de l'École de droit de la Sorbonne.

Olivier Rey a fait partie du comité de rédaction de la revue Conférence, dans laquelle il a publié de nombreux articles, notamment, dans le domaine de la peinture, deux études consacrées respectivement à Edward Hopper et à Claude GelléeConférence, « Edward Hopper, ou l’Annonciation suspendue », , printemps 2013, , et « En passant par le Lorrain », , automne 2014, .. Il est également un contributeur régulier de la revue Limite. Il a figuré au comité éditorial des deux premiers numéros du magazine L'Incorrect.Magazine fondé par Charles Beigbeder et Laurent Meeschaert en ., et est classé comme conservateur..

Il est élu à l'Académie des Sciences morales et politiques le 22 juin 2026.

Essais Dans Itinéraire de l'égarement : du rôle de la science dans l'absurdité contemporaine, Olivier Rey explore par quels chemins, et moyennant quels malentendus, la science et la technique modernes en sont venues à capter l'essentiel des forces spirituelles et matérielles de la culture occidentale..

L'ouvrage suivant, Une folle solitude : le fantasme de l'homme auto-construit (ou L'Homme sans antécédents) part d'un fait concret : le changement d'orientation des enfants dans les poussettes, qui s'est opéré au cours des années 1970. Olivier Rey analyse à partir de ce symptôme la propension des sociétés modernes à tourner le dos aux héritages qui les fondent.. Ce faisant, elles nuisent à la liberté individuelle qu'elles prétendent promouvoir, car l'accès à l'autonomie n'est jamais direct, il suppose

Dans Une question de taille, les pathologies contemporaines sont examinées sous un autre angle : celui de l'échelle. Or, selon lui, les questions de taille sont parmi les plus déterminantes si l'on entend vivre dans un monde « convivial », au sens qu'Ivan Illich donnait à ce terme, et non laisser se constituer une société qui écrase l'homme de ne pas lui être proportionnée... L'ouvrage reprend un certain nombre des thèses développées par Leopold Kohr dans (1957), et se distingue du (1973) d'Ernst Friedrich Schumacher en insistant sur le fait que ce n'est pas le petit qui est bon, mais le bien proportionné.

Dans Quand le monde s'est fait nombre, Rey examine les voies par lesquelles la statistique a pris, à partir du , une telle importance dans nos sociétés. Une thèse centrale du livre est que cet empire du nombre trouve son origine non dans la science, mais dans une certaine façon qu'ont les êtres humains de vivre les uns avec les autres :

Le Testament de Melville explore les questions éthiques et esthétiques, à travers une étude du chef-d’œuvre posthume d'Herman Melville, Billy Budd, marin. Melville reconnaît à la fois une disposition naturelle au bien, et la présence d’un mal qui, tout en étant minoritaire, dispose de redoutables stratégies pour se répandre, voire dominer. La beauté, en la personne de Billy Budd, agit comme une pierre de touche : c’est dans la manière de recevoir cette beauté que se séparent les âmesJacques Henric, « Le bien ? Non, le beau », Artpress, , , ...

Olivier Rey a aussi abordé la question du transhumanisme, dont il a développé une critique originale appuyée, entre autres, sur les romans d'anticipation de J. G. Ballard et la pensée de Günther Anders.. Ses vues sur la question sont exposées dans un essai en trois parties paru en 2018, intitulé Leurre et malheur du transhumanisme, dans lequel il explicite, selon le critique Frédéric Dieu, .. Olivier Rey, qui s'inscrit dans le prolongement de Günther Anders, dénonce ainsi une science utilitariste qui imprègne l’ensemble de la démarche scientifique contemporaine :

Romans Olivier Rey a publié deux romans.

Le premier, Le Bleu du sang, reprend une légende du dont le héros, Grégoire, issu d'un inceste entre un frère et une sœur, et se rendant lui-même coupable, à son insu, d'un inceste avec sa mère, n'en finit pas moins, après bien des péripéties et des expiations, sur le trône de saint Pierre..

Après la chute est d'une facture radicalement différente : il transcrit, à la première personne, les interrogations, les désarrois, les aventures d'une jeune femme, étudiante en histoire, en qui grandit peu à peu l'impression d'être embarquée dans une existence qui n'est pas la bonne et qui part en quête de celui auprès de qui, enfin, sa vie aurait un sens..

Après la chute figure dans « le choix de Michel », où Michel Houellebecq a rassemblé pour Les Inrockuptibles une vingtaine de livres qui lui sont

Publications Romans Le Bleu du sang, Flammarion, coll. « Fiction française », 1994 . Après la chute, Pierre-Guillaume de Roux éditions, 2014 ; rééd. Éditions du Rocher, coll. « Motifs », 2018 .

Essais Itinéraire de l'égarement. Du rôle de la science dans l'absurdité contemporaine, Le Seuil, 2003 . Une folle solitude. Le fantasme de l'homme auto-construit, Le Seuil, 2006 . Le Testament de Melville : Penser le bien et le mal avec Billy Budd, Gallimard, coll. « Bibliothèque des idées », 2011 . Une question de taille, Stock, coll. « Les essais », 2014 ; rééd. Le Rocher–Litos, 2022 Quand le monde s'est fait nombre, Stock, coll. « Les essais », 2016 ; rééd. Desclée de Brouwer, coll. « Les Carnets DDB », 2021 . Leurre et malheur du transhumanisme, Desclée de Brouwer, 2018 ; rééd. Desclée de Brouwer, coll. « Les Carnets DDB », 2020 . L’Idolâtrie de la vie, Gallimard, coll. « Tracts », 2020 . Gloire et misère de l'image après Jésus-Christ, Éditions Conférence, coll. « Choses humaines », 2020 ; rééd. Pocket, coll. « Agora », 2023, . Réparer l'eau, Stock, coll. « Les essais », 2021 . Défécondité. Ses raisons, sa déraison, Gallimard, coll. « Tracts », 2025 .

Préfaces et postfaces

« L’arrière-pays du désir », postface à Jean-Pierre Dupuy, La Jalousie. Une géométrie du désir, Le Seuil, 2016 . « Déniaiser la science », postface à Monette Vacquin, Frankenstein aujourd’hui. Égarements de la science moderne, Belin, 2016 . Préface à Leopold Kohr, L'Effondrement des puissances, R&N Éditions, coll. « Du Rouge et du Noir », 2018 (publication originale: 1957). Préface à Pier Paolo Pasolini, Le Chaos, R&N Éditions, coll. « Du Rouge et du Noir », 2022 (publication originale : 1968). Préface à Erwan Barillot, Le Président liquide. Une genèse du macronisme, Éditions Perspectives Libres, 2022, . Préface à Bernard Charbonneau, Teilhard de Chardin, prophète d’un âge totalitaire, R&N Éditions, 2025 (publication originale: 1963). « Libéralisme, onanisme, porno », préface à Thomas Julien, Pour en finir avec le porno : Comprendre l’emprise - Déjouer la misère sexuelle, Éditions Saint Léger, 2026 .

Prix Prix Bristol des Lumières 2014 pour Une question de taille.Voir sur decroissance.org.. Grand prix de la fondation Prince Louis de Polignac 2015Voir sur institut-de-france.fr. (Institut de France) pour l’ensemble de son œuvre. Prix Jacques Ellul 2019 pour Leurre et malheur du transhumanisme. Prix de la Fondation Édouard Bonnefous-Institut de France 2022 pour l’ensemble de son œuvre.

Controverses Charles Dantzig a reproché au Testament de Melville : Penser le bien et le mal avec Billy Budd, d'avoir occulté ce qui fait selon lui le centre de Billy Budd, à savoir « la première tentative d'héroïsation d'un personnage gay », et de ne pas s'être suffisamment intéressé à l'opéra que Benjamin Britten et son librettiste Edward Morgan Forster ont tiré « d'un roman sur la haine quasi homophobe écrit par un homosexuel plus ou moins refoulé« Débâillonnez les sirènes », Le Magazine littéraire, , , p. 24.». Cette critique a été reprise par Dominique Fernandez dans Amants d'Apollon : L'homosexualité dans la culture (Grasset, 2015). Gildas Le Dem, dans le magazine Têtu, avait parlé d'un « superbe essai » renouant « avec la question essentielle posée par Melville : la beauté comme scandaleTêtu, , , p. 109.».

Dans une interview de 2016, Olivier Rey a critiqué un usage inconsidéré des droits de l'homme qui, de garantie contre les abus de pouvoir, sont devenus motifs à revendications infiniesVoir sur lefigaro.fr..

Il soutient l'idée que le peuple souffre de l'absence d'une authentique élite« Olivier Rey – Le Système, les élites et le peuple », Le Figaro, ..

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

Conférence de Carême à Notre-Dame de Paris, 2011 « L'unité d'inspiration de la pensée d'Ivan Illich » sur Vimeo

Publications pour la Revue Front Populaire

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