Le terme gourou (du sanskrit : , , « enseignant », « précepteur », « maître ») peut avoir plusieurs définitions :

Le maître spirituel qui se réclame d'une tradition issue de l'hindouisme, du jaïnisme, du bouddhisme ou du sikhisme. Un maître à penser, ou, dans son sens négatif, le dirigeant d'une secte, lequel peut affirmer détenir une vérité et avoir des comportements de manipulation mentale, abus de faiblesse Un expert dans un domaine particulier dont les avis sont largement reconnus et respectés. Par exemple, John Carmack est considéré par certains comme un « gourou de 3D » et Steve Jobs comme « le gourou d'Apple », dans le domaine de l'informatique. Michael Porter ou Tom Peters ou encore Clayton Christensen ont été qualifiés de « gourous du management », i.e. de maîtres à penser du domaine..

Le gourou dans les religions de l'Inde

Le gourou (du sanskrit : , , « enseignant », « précepteur », « maître »The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet) désigne dans l'hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme et le sikhisme un guide spirituel, une figure d'autorité respectable. Le mot est formé des racines gu (obscurité) et ru (lumière). Le gourou est donc la personne qui fait passer de l'ombre à la lumière. Dans l'Inde contemporaine, le mot gourou est également utilisé pour désigner le professeur, celui qui enseigne et dont le crédit repose sur la tradition spirituelle à laquelle il appartient et dont il a suivi les enseignements et pratiques, ou sur son éveil spirituel.

Néologismes et interprétations de l'Occident Le terme s'est popularisé à partir des années soixante et soixante-dix en Occident avec l'intérêt croissant de figures connues de la culture populaire pour les spiritualités de l'Orient. Maharishi Mahesh Yogi a été par exemple connu comme le « gourou des Beatles ». Rajneesh Chandra Mohan Jain, dit Osho, est également une figure connue de cette époque.

Au fil du temps, et à la suite des escroqueries, abus sexuels, fraudes fiscales, et dérives sectaires de certains de ces « maîtres spirituels », incompétents ou malhonnêtes, ou perdant le contrôle de leur mouvement, un glissement de sens s'est effectué en occident et l'expression a également été utilisée pour désigner péjorativement le dirigeant manipulateur d'un groupe sectaire ou religieux. Vanity Fair note que ces « gourous » sont fréquemment condamnés pour trafic sexuel, extorsion, association de malfaiteurs, menaces, voir corruption de mineur et que les groupements qui les soutiennent activent différents mécanismes d'emprise typiques des sectes. Il s'agit de techniques de persuasion voire de coercition s'appuyant sur les faiblesses humaines afin de recruter des adeptes et de s'assurer un pouvoir totalitaire sur eux, rendant le départ difficile.

Dans certains pays francophones, on rencontre parfois les expressions péjoratives gouroutisme ou gourouisme pour désigner la tendance manipulatrice et dominatrice d'un individu au sein d'une organisation ou école de pensée, typiquement une secte. Le mot gourelle est parfois utilisé au fémininExemples sur le site de l'UNADFI.

Ce changement de sens péjoratif du concept de gourou par rapport à la tradition hindoue, est considéré comme particulièrement diffamant par certaines organisations hindoues, et .

Les gourous dans le champ du bien-être et de la santé La presse tend à parler de gourou pour qualifier des personnes suivies par un grand nombre d'adeptes et de fans sur les réseaux sociaux ou par leur présence médiatique, dispensant des conseils de vie ou s'érigeant en modèle. Ce peut être autour de question de bien-être ou de santé. Le docteur Grunwald dénonce les risques dès lors que des mécanismes d'emprise sont mobilisés. Il note que si les médecines non conventionnelles . C'est l'allégeance inconditionnelle et la rupture du lien social qui doit attirer l'attention. les risques pour la santé sont réels en cas de pratique mal encadrée sur le plan médical.

La notion de gourou dans la lutte contre les sectes en France En France, des associations antisectes telles que l'UNADFI définissent le gourou comme , seul détenteur d'une connaissance supérieure, d'une vérité suprême (par exemple grâce à une révélation), ou investi d'une mission divine.

Le gourou est souvent le sujet d'un culte de la personnalité, et il peut être comparé à une idole. Dans son acception négative, le terme désigne un imposteur, édictant des règles strictes, diabolisant le monde extérieur, ayant des intentions cachées, et instrumentalisant ses adeptes, tout en exploitant leurs inquiétudesDescription inspirée de l'Introduction au , publiée en 2001 par le Premier ministre et la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes ()remplacée par la ()..

Cette évaluation du phénomène est contestée par certaines associations de défense de la liberté de conscienceVoir Protagonistes de la lutte antisectes en France, certains sociologues ainsi que Voir aussi les ouvrages de François Gautier, comme un autre regard sur l'Inde ou Swami, PDG et moine hindou et Pourquoi le cynisme sur les "gourous" indiens, objectant que .

Le gouvernement français a fait une mise au point lors d'une conférence annuelle de l'OSCE sur les droits de l'homme :

Le gourou dans la culture populaire et la littérature Love Gourou, film américain de 2008 Naissance d'un gourou, Takeshi Kitano, Denoël 2005 Le Gourou démasqué, de Russel Miller, 1994, Plon Le nectar et le poison, les Gourous et les Maîtres, Pierre Pelletier, 1999 The Master, Paul Thomas Anderson, 2012 Gourou (film), Yann Gozlan, 2025

Notes et références

Annexes Bibliographie

Alain Gintrac, « Du gourou religieux aux gourous profanes : l’exemple du secteur des vins de Bordeaux », Revue internationale de psychosociologie et de gestion des comportements organisationnels, 2016/Supplement (HS), p. 221-240.

Articles connexes Guru (maître spirituel) Charisme (psychologie) Leadership Secte Psychologie sociale : engagement, obéissance, conformisme

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