Edoardo Sanguineti (né le à Gênes et mort le à Gênes) est un homme politique, poète, écrivain italien.

Biographie Fils unique de Giovanni, employé de banque, et de Giuseppina Coches, Edoardo Sanguineti s'établit à l'âge de quatre ans à Turin, ville où son père avait trouvé un nouvel emploi comme administrateur caissier près de l'imprimerie Doyen & Marchisio. Il était encore enfant quand, pendant une visite normale de contrôle, une maladie cardiaque grave lui fut diagnostiquée. Par la suite le diagnostic se révéla erroné mais cet épisode a conditionné pour long temps le style de vie du poète.

À Turin vivait aussi un oncle d'Edoardo, Luigi Coches, musicien et musicologue, qui avait connu Gobetti et Gramsci et qui avait collaboré au magazine Le Nouvel Ordre. Il sera la première personne de référence pour la formation du jeune Edoardo.

À Bordighera, où le jeune Edoardo passe les vacances d'été, il fréquente son cousin Ange Cervetto qui lui transmet la passion pour le jazz.

Entre-temps, ayant contracté la coqueluche, le jeune Edoardo reçoit la visite d'un spécialiste qui dément le faux diagnostic dont il avait été victime. Edoardo est sain et doit donc faire de l'exercice physique intense pour récupérer le tonus musculaire perdu. Gymnastique, bicyclette, tennis seront depuis ce moment les sports qu'il lui faudra pratiquer intensément. Mais entre temps l'aspiration de se consacrer à la danse s'est estompée et ceci sera un regret qui l'accompagnera toute sa vie.

1946-1950 : les années de lycée et des premières connaissances En 1946, Edoardo s'inscrit au lycée classique d'Azeglio où il aura comme professeur d'italien Luigi Vigliani. Il lui dédiera l'essai sur Gozzano et il lui fera lire quelques poésies qui par la suite seront intégrées à Laborintus.

Plus tard, Sanguineti aura comme professeur d'histoire et philosophie Albinos Galvano, peintre, critique, historien d'art, philosophe, aimant la psychanalyse et intéressé par l'avant-garde.

Dans ces années de jeunesse, il fréquente le monde culturel turinois, il se rend à des expositions et écoute des concerts, fait connaissance avec Carol Rama, le philologue classique Vincenzo Ciaffi, le germaniste Vittorio Amoretti et le romancier Seborga (de son vrai nom Guido Hess), qu'il fréquentait aussi à Bordighera et qui lui fera découvrir les textes d'Antonin Artaud.

1951-1956 : la rédaction de Laborintus En 1951, Sanguineti commence à écrire une œuvre qu'il intitulera Laborintus et, comme il le dit lui-même dans Santi Anarchici, il écrit pour une petite communauté de lecteurs : . Il découvre entre temps Enrico Baj qui vient de lancer le Nuclearismo via son Manifeste de la peinture nucléaire.

1953 est l'année de la mort de sa mère mais aussi celle de sa rencontre avec Luciana qu'il épousera en 1954. Toujours en 1954, à l'occasion de la critique de Sanguineti dans le magazine turinois Galleria de l'Antologia critica del Novecento, il fait la connaissance de Luciano Anceschi qui lit Laborintus et décide de le publier. Quelques poésies de Laborintus étaient apparues entre temps sur Numero, un magazine florentin dirigé par Fiamma Vigo.

En 1955 naît Frédéric, l'aîné du poète.

1956-1960 : la publication, la maîtrise, la carrière universitaire 1956 est l'année de la publication de Laborintus et aussi l'année de la maîtrise. Sanguineti était en effet inscrit à la Faculté de Lettres de l'Université de Turin. Le il soutient une thèse intitulée Interpretazione di Malebolge avec le professeur Giovanni Getto.

1961-1969 : i Novissimi et Gruppo 63 Durant cette période, il collabore à Il Verri avec Elio Pagliarani, Nanni Balestrini et Antonio Porta, jeunes élèves d'Anceschi qui en sont entre autres les rédacteurs.

Dans les années 1960, il est à la tête de la néo-avant-garde en Italie, le Gruppo 63.

1969-1975 : changements En 1971, le poète vit pendant six mois à Berlin avec sa famille. En 1972, il perd son père ; sa fille Julia naît l'année suivante alors que, de nouveau à Salerne, il est devenu professeur. Il commence par ailleurs sa collaboration aux périodiques Paesa Sera (1974), Il Giorno (1975) et l'Unità (1976).

1976-1980 : engagement politique Ce sont pour l'écrivain des années de forte implication politique : il est en effet élu conseiller municipal de Gênes (1976-1981) et devient membre de la Chambre (1979-1983), en tant qu'indépendant dans les listes du PCI.

1981-2005 : voyages, récompenses De 1981 à 1983 il dirige la prestigieuse revue Cervo Volante avec Achille Bonito Oliva ; la rédaction comporte de jeunes poètes de talent comme Valerio Magrelli et Gian Ruggero Manzoni.

En 1990, il fonde avec Nadia Cavalera, le magazine international Bollettario, qu'il dirige pendant vingt ans, jusqu'à sa mort (en 2010). Parmi les rédacteurs on trouve Filippo Bettini, Francesco Muzzioli, Marcello Frixione, et Thomas Ottonieri, et les plus grands auteurs de l'époque y collaborent.

Il entre au Collège de ’Pataphysique en 2001 en tant que Satrape.

2006-2010: les dernières années Le 5 Juin 2006, il reçoit le prix Montale Librex.

Sanguineti devient président d'honneur de l'Unione a Sinistra et est son candidat aux primaires pour l'élection du maire de Gênes, tenue le , soutenu par le Parti communiste italien, le Parti de la refondation communiste et l'Unione a Sinistra, il remporte 14 % des votes. Les primaires seront remportées par Marta Vincenzi, candidat de L'Olivier (60 %), suivi de Stefano Zara.

Le , il est hospitalisé en raison d'un anévrisme, avant de décéder en salle d'opération (provoquant l'ouverture d'une enquête pour homicide involontaire contre inconnu).

Œuvres Poésie Laborintus, Varese, Magenta, 1956. Opus metricum, Milan, Rusconi e Paolazzi, 1960. (contient Laborintus ed Erotopaegnia) Triperuno, Milan, Feltrinelli, 1964. (contient Opus metricum e Purgatorio de l'Inferno) T.A.T., Vérone, Sommaruga, 1968. (avec des lithographies et des eaux-fortes de Gianfranco Baruchello) Renga (écriture poétique collective avec Octavio Paz, Jacques Roubaud & Charles Tomlinson), Paris, Gallimard, 1971. Wirrwarr, Milan, Feltrinelli, 1972. (contient T.A.T. e Reisebilder) Catamerone, Milan, Feltrinelli, 1974. (contient Triperuno e Wirrwarr) Omaggio a Emilio Vedova, Milan, Galleria Rizzardi, 1974. (avec des illusttrations d'Emilio Vedova) Postkarten, Milan, Feltrinelli, 1978. Stracciafoglio, Milan, Feltrinelli, 1980. (en appendice Fuori Catalogo, qui contient des poèmes écrits entre 1957 et 1979) Fame di tonno. Pastelli e poesie, s.l., Calcografica Studio, 1981. (avec des pastels de Luca Alinari) Scartabello, Macerata, Cristoforo Colombo libraio, 1981. (avec 10 dessins de Valeriano Trubbiani) Re-spira, Milan, Zarathustra, 1982. (avec 7 eaux-fortes de Antonio Papasso) Segnalibro, Milan, Feltrinelli, 1982. (contient Camerone, Postkarten, Stracciafoglio, Scartabello e Cataletto) Codicillo 1982, Cernusco sul Naviglio, imprmerie d'art Severgnini, 1983. Due Ballate, Genova, Pirella Editore, 1984. Alfabeto apocalittico. Milan, Galleria Rizzardi, 1984. (avec 1 eau-forte et 21 lettrines de Enrico Baj) Rebus, Modena, Telai del Bernini, 1984. (avec 1 planche de Carlo Cremaschi) Omaggio a Pascoli. L'ultima passeggiata, Roma, Il Ventaglio, 1985. Quintine, Roma, Carte segrete-Rossi & Spera, 1985. (en collaboration avec Salvatore Paladino) Novissimum Testamentum, Lecce, Manni, 1986. Promemoria-Pro/memoria, 1992. (avec 3 eaux-fortes de Antonio Papasso) Bisbidis, Milan, Feltrinelli, 1987. . (contient Codicillo, Rebus, L'ultima passeggiata e Alfabeto apocalittico) Senzatitolo, Milan, Feltrinelli, 1992. . (contient Glosse, Novissimum Testamentum e una serie di poesie "extravaganti" composte tra il 1982 e il 1991) Malebolge 1994/1995, o Del malgoverno. Da Berluskaiser a Berluscaos, con Enrico Baj, Castel Maggiore, 1995. . Libretto. 17 poesie 1992-1995, Genova, Pirella, 1995. . (publicationà l'occasion de la rencontre sur le manifeste , Acquasanta, novembre 1995, avec des dessins de Mario Persico) Quattro Haiku, Agromonte-Naples, Ogopogo-ETRA/ARTE, 1995. (avec des dessins de Cosimo Budetta et une introduction de Stefano Bartezzaghi) Corollario 1996, Lecce, Manni, 1996. (pubblicazione in occasione della manifestazione "L'olio della poesia. Incontro con Edoardo Sanguineti" promossa dalla Provincia di Lecce e dal Comune di Carpignano Salentino, 25 luglio 1996, contiene cinque poesie) Rebus, Como, Lythos, 1996. (cinque poesie con litografie di Ico Parisi) Corollario, Milan, Feltrinelli, 1997. . Taccuinetto, Milan, Giorgio Upiglio, 1998. (tre poesie, con tre incisioni di Cristiana Isoleri e una nota di Roberto Sanesi) Corto, Prato, Canopo, 1998. (dieci poesie, con dodici collage di Marco Nereo Rotelli) Wunderkammer, Roma, Il Bulino, 1998. (sette poesie, con una puntasecca a colori di Tommaso Cascella) Sulphitarie, Naples, Terra del Fuoco, 1999. (avec Carmine Lubrano, photographies de Peppe Del Rossi) Cose, Naples, Pironti, 1999. . (con introduzione di Fausto Curi e postfazione di Ciro Vitiello) Pensierini per Papasso, 1999. (lettura poetica dei Papiers Froissés di Antonio Papasso, Sala Consigliare Comune di Bracciano Il gatto lupesco. Poesie (1982-2001), Milan, Feltrinelli, 2002. . (contiene Bisbidis,Senzatitolo, Corollario, la versione completa di Cose e una sezione di poesie extravaganti intitolate Poesie Fuggitive, un nuovo Fuori Catalogo) Omaggio a Goethe, Bellinzona, Edizioni Sottoscala, 2003. (con disegni di Mario Persico) Omaggio a Shakespeare. Nove sonetti, Lecce, Manni, 2004. . (con disegni di Mario Persico e con un saggio di Niva Lorenzini) Mikrokosmos. Poesie 1951-2004, Milan, Feltrinelli, 2004. . Il sonetto del foglio volante, 2006. (poesia dedicata all'opera di Antonio Papasso e contenuta nel film Elogio del leggero di Riccardo Barletta) Capriccio oplepiano. Pretesti, in "Biblioteca Opleopiana", n. 30, Edizioni Oplepo, 2010. Varie ed eventuali. Poesie 1995-2010, Milan, Feltrinelli, 2010. .

Romans et nouvelles Capriccio italiano, Milan, Feltrinelli, 1963. Il giuoco dell'oca, Milan, Feltrinelli, 1967. Il giuoco del Satyricon. Un'imitazione da Petronio, Torino, Einaudi, 1970. Smorfie, Roma, Etrusculudens, 1986. L'orologio astronomico, Illkirch, Le Verger, 2002. . Smorfie. Romanzi e racconti, Milan, Feltrinelli, 2007. .

Théâtre, compositions K., in "Il Verri", anno IV, n. 2, 1960, pp. 69–82 K e altre cose, Scheiwiller, Milan, 1962 (contiene K., alcune poesie e interventi critici). Passaggio, per la musica di Luciano Berio, Universal, Londres-Milan, 1963 (e in "Sipario", n. 224, pp. 62–70) Traumdeutung, in "Menabò", n. 8, 1965, pp. 37–49 Teatro, Feltrinelli, Milan, 1969 Laborintus II, per la musica di Luciano Berio, in "Manteia", XIV-XV, 1972, pp. 14–28 Marinettiana, in Giuseppe Bartolucci, Il gesto futurista, Bulzoni, Roma, 1969, pp. 73–77 Orlando Furioso (travestimento dell'Ariosto in collaborazione con Luca Ronconi), Bulzoni, Roma, 1970 Storie naturali, Feltrinelli, Milan, 1971 Interviste impossibili: Francesca da Rimini, in AA.VV., Le nuove interviste impossibili, Bompiani, Milan, 1976 C'ero anch'io: la prima dell'Edipo Re, inedito, 1978 Carrousel, per la musica di Vinko Globokar, parziale in "Musica e realtà", n. 4, 1981, pp. 21–41 Faust. Un travestimento, Costa & Nolan, Genova, 1985 (da Goethe, trasformato poi da Luca Lombardi in opera musicale) Commedia dell'Inferno (da Dante), Costa & Nolan, Genova, 1989 Per Musica, Ricordi Mucchi, Modena, 1993 (contiene con Passaggio e Laborintus II, le opere Carrousel, L'armonia drammatica per la musica di Vinko Globokar, l'Antigone, adattamento per le musiche di scena di Mendelssohn, 1986, correlato dalla nota introduttiva, con il titolo Il complesso di Antigone e tutti i testi con destinazione musicale) Tracce, Grin, Roma, 1995 (contiene Tracce, Storie naturali, Satyricon, in collaborazione musicale) Rap, LibriARENA fuoriTHEMA, Bologna, 1996