Louis de Martini d'Orves, co-seigneur d’OrvesOrves est une terre située à l’ouest de Toulon (1674- à Toulon), est un officier de marine français des . Il joue un rôle important dans la lutte contre l'épidémie de peste qui sévit à Toulon en 1720-1721. Il sert dans la Marine royale et termine sa carrière avec le grade de lieutenant général des armées navales, le plus élevé à l'époque après celui de vice-amiral.

Biographie Origines et famille Il descend de la famille Martini, une famille de la noblesse provençale, établie à Toulon et originaire de la ville de Montpellier, dans la province de Languedoc. Elle a pour auteur Jean de Martini, conseiller du Roi, Maître des Comptes en la Chambre de Paris, et premier Médecin de Charles IX. Il est anobli par Lettres patentes du . La famille est maintenue plusieurs fois dans sa noblesse en 1676, 1697, 1700 et 1723.

Cette noblesse, ancienne, n'en est pas moins sujette à caution. Son grand-père Antoine Martini (v. 1590-1669), fils d'un bourgeois de Toulon, devient consul de la ville en 1654. Propriétaire d'une partie d'Orves, à l'ouest du port, il obtient en 1662 un brevet royal l'autorisant « à porter toute sorte d'armes et à chasser dans toute l'étendue de la province toute espèce de gibier non prohibé, lui et ses enfants, en considération de ses servicesArchives communales de Toulon, Insinuations de Toulon, 22 mars 1662, folio 458. » Très vite il prend le nom de « des Martins » puis celui de « d'Orves des Martins » puis enfin celui de « Martini d'Orves »Jean-Pierre Poussou (dir.), Les sociétés urbaines au : Angleterre, France, Espagne, Presses Paris Sorbonne, 2007, 352 pages, , . Son père Vincent Martini d'Orves, est avocat. Il accole une particule à son nom et devient un « de Martini d'Orves ».

Sa mère, Marie-Anne de Signier est la fille de Jean-Baptiste-Henri de Signier (1648-1692), seigneur de Piosin et d'Évenos, visiteur général des gabelles, et de sa seconde femme Anne d'Arène de la Fourbine (v. 1660- morte après 1711). Sa mère apporte la terre d'Orves à la famille Martini. Le couple se marie par contrat passé devant Jean Marlely, notaire de Toulon, le . Il s'agit d'un mariage en secondes noces pour sa mère qui avait été précédemment mariée à Guillaume de Thomas, co-seigneur d'Evenos et d'Orves (1637-1715). François de Signier (1674-1751) dit le « bailli de Piosin » est son cousin (le fils aîné du frère de sa mère).

Carrière dans la Marine royale Le , Louis Martini d'Orves et son cousin germain le futur bailli de Piosin sont reçus gardes de la Marine le même jour, au département de Toulon.

D'Orves est fait enseigne de vaisseau le , puis lieutenant de vaisseau le . La noblesse accordée à son père sur de faux titres est désormais indiscutable quand, en 1714, après divers exploits sur mer, le roi Louis XIV l'accorde à Louis de Martini, « en tant que besoin est »Olivier Chaline, Le règne de Louis XIV, tome 2, Éditions Flammarion, collection « Champs Histoire », 2010, 528 pages, , , .

Peste de Toulon (1720-1721) Il est à Toulon pendant l'épidémie de peste qui ravage le sud de la France en 1720-1721. Le port a en effet besoin de ses notables : la ville manque de pain, de viande, d’argent, de secours matériels et spirituels. Le , la « quarantaine générale » est déclarée : il est décidé que les Toulonnais resteront désormais cloîtrés chez eux et qu’ils seront nourris à domicile par six cents « pourvoyeurs » (souvent des galériens) qui se rendront dans les huit quartiers et faubourgs.

Le , il est nommé « commissaire général pour la santé […] pour servir conjointement avec Messieurs les consuls, avec permission de M. Duquesne-Mosnier ». Le , Martini d’Orves reçoit en récompense de ses efforts de pension sur le Trésor royal, outre le grade de capitaine de compagnie franche. Le , il reçoit la croix de chevalier de Saint-Louis en même temps que le lieutenant de port Louis Beaussier.

Officier supérieur Il reçoit un brevet de capitaine de vaisseau en 1727. Il est élevé au rang de chef d'escadre en 1745 puis à celui de lieutenant général des armées navales le .

Il s'intéresse par ailleurs à l'artillerie. En , il écrit au comte de Maurepas, ministre de la Marine :

Nommé commandant de la Marine à Toulon, il meurt dans cette ville le , à l'âge de 76 ans.

Notes et références

Voir aussi

Sources et bibliographie

Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale (1715-1774), thèse de Doctorat d'Etat-ès-Lettres, Paris, Librairie de l'Inde éd., 1990, 7 vol., 3547 p., p. 617-701 (Martini d'Orves et Thomas, dont Thomas d'Orves).

Articles connexes Histoire de la marine française de Richelieu à Louis XVI

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