Jean Érard, seigneur puis comte de Belle-Isle, seigneur de Fontaine et de Badouère, dit Belle-Isle-ÉrardL'orthographe des noms propres n'ayant pas encore été définitivement fixé au , on trouve parfois son nom orthographié Bellisle-Erard ou Belle-isle-Errard., né en 1637 à Alençon (Basse-Normandie) et tué à la bataille de Vélez-Málaga le , est un officier de marine français des . Il sert dans la Marine royale durant la deuxième moitié du et prend part aux principaux conflits du règne de .

Biographie Jean Érard naît dans une famille de la noblesse de robe normande d'origine huguenote. Il hérite de la seigneurie de Belle-Isle, peut-être s’agit-il de la seigneurie bretonne de Fouquet ? Rien ne le prédispose à servir dans la Marine royale dans laquelle il ne dispose d'aucune « protections »..

Jeunesse et débuts dans la Marine royale En 1665, il est promu lieutenant de vaisseau, il commande en cette qualité le vaisseau Le Sainte-Anne lors de l'expédition conduite en Méditerranée par le duc de Beaufort contre les pirates algériensGazette de France, .. Le , il est maintenu dans sa noblesse par jugement. En 1669, il est aide-major, il est l'un des commandants du bataillon du chef d'escadre à la sortie des Français contre les Turcs devant Candie le Gazette de France, ..

Guerre de Hollande (1672-1678) Il reçoit un brevet de capitaine de vaisseau en 1673 et, la même année, il est commandant en second de L'Orgueilleux lors de la campagne navale qui a lieu au large des côtes de Hollande.

Il prend part à la campagne de Sicile en 1676, dans la flotte d'Abraham Duquesne. Le , à la bataille de Palerme, Belle-Isle commande le vaisseau Le Joly, et participe à la victoire remportée par le maréchal de Vivonne sur la flotte combinée d'Espagne et des Provinces-UniesGazette de France, ..

L'année 1678 est marquée par de nouveaux succès. Capitaine de vaisseau, il monte Le Saint-Louis et est le , dans l'escadre de six vaisseaux et trois brûlots commandée par marquis de Châteaurenault. La flotte française attaque une flotte de vingt et un bâtiments de guerre hollandais commandée par l'amiral Cornelis Evertsen, au large de l’Espagne. Malgré la disproportion des forces et l'habileté de son adversaire, le chef d'escadre français prend l'avantage en ne laissant pas au Hollandais le temps de former son ordre de bataille. Maltraitée, la flotte hollandaise profite d'un vent favorable pour fuir le combat.

Missions en Méditerranée Il fait partie des capitaines qui servent dans l'expédition conduite par Duquesne devant Alger entre juillet et Gazette de France, .. Il commande à cette occasion le vaisseau Le Cheval Marin, armé de . Au printemps suivant, il commande à nouveau un des vaisseaux du Roi, à bord duquel il combat et poursuit un vaisseau algérien qu'il contraint à s'échouer sur la côte d'Afrique.

Le , il commande un corps de troupes à la descente devant Gênes bombardement de Gênes. Il monte L’Assuré, . Dans son Histoire de la république de Gênes, le chevalier de Mailly écrit : « Belle-Isle Erard fit rétablir un retranchement que les ennemis avoient abandonné, et s'en servit avec succès. Il les repoussa ensuite, accompagné du Comte des Goustes, du Chevalier de Feuquières, de S. André, Montmejan, Blenac, Lomé, & Julien de maniere, qu'ils furent contraints de passer la Riviere. Il laissa ces mêmes Officiers pour garder ce poste, & le Chevalier de Bussi dans un autre, qu'il défendit avec beaucoup de fermeté, quoiqu'il eût reçu un coup de mousquet à la jambe. »

En 1686, commandant Le Marquis, il poursuit longtemps un vaisseau hollandais qui s'était écarté de sa route. Comme le lui avait prescrit le maréchal d'Estrées, vice-amiral de France, il est obligé de le combattre, et après une vigoureuse résistance de la part du capitaine hollandais qui est tué, il ramène le vaisseau à l'escadre française.

La question et la religion et la conversion au catholicisme

Avant même la proclamation de l'Édit de Fontainebleau en 1685, qui révoque l'Édit de Nantes, les officiers de marine sont pressés par le ministre de la Marine Seignelay de se convertir au catholicisme. Ces incitations sont d'autant plus fortes que le ministre connait la valeur de ces officiers et de Belle-Isle-Erard en Particulier. Dans Abraham Du Quesne et la marine de son temps (1873), Auguste Jal écrit:

Guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697)

En 1693, le comte de Tourville est chargé d’intercepter le « convoi de Smyrne », un convoi de navires marchands qui tous les ans quitte Smyrne pour se rendre en Angleterre. Dans la flotte de Tourville, Belle-Isle-Erard commande Le Saint-Esprit et participe à la capture de la flotte marchande, escortée par les vaisseaux du Vice-Admiral Rook, au large de Lagos les 17 et . Belle-Isle-Erard « y donne de grandes preuves de conduite et de courageGazette de France du 1 août 1693. »

Dans une lettre au duc de Gramont, datée du , le ministre de la Marine Pontchartrain en fait l'éloge : « Il est brave homme et fort entendu dans son mestierArchives nationales de la Marine. B2 107 f.353.v. »

Guerre de Succession d'Espagne thumb|right|La Bataille de Vélez-Málaga, huile sur toile par Isaac Sailmaker, v. 1704

En 1699, Belle-Isle-Erard est fait chevalier de Saint-Louis.

En , il est élevé au rang de chef d'escadre des armées navales pour la province de Provence. Il remplace le comte d'Esnots de Forbonest, gouverneur général des île françaises d'Amérique, décédé l'année précédente en Guadeloupe. Il est dans la même promotion que le Commandeur de Bellefontaine, le comte de Sepville, le marquis de la GalissonièreRolland Barrin de La Galissonière (1646-1736), père du comte de La Galissonière. et le bailli de LorraineLouis Alphonse Ignace de Lorraine (1675-1704) dit le bailli de Lorraine. Chevalier de Malte. Chef d'escadre des armées navales du Roi, il sert sur mer de 1690 à 1692. Il est tué lors de la bataille navale de Malaga le ..

Le , au combat de Vélez-Málaga, il commande le vaisseau Le Magnifique, , contre les escadres réunies d'Angleterre et de Hollande qui a lieu entre Malaga et Gibraltar. Il se trouve dans le corps de bataille, commandé par la comte de Toulouse, amiral de France. Au cours du combat, Le Magnifique est pris entre six bâtiments ennemis, Belle-Isle-Erard est tué et son navire - trop endommagé pour être manœuvré - est pris en remorque par les galères, et sort de la ligne de feu, évitant ainsi de couler.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Sources et bibliographie Ouvrages récents

Ouvrages anciens

Articles connexes Histoire de la marine française de Richelieu à Louis

Liens externes

Sa généalogie sur geneanet.org Alger et Gênes site de l'Institut de stratégie comparée Les deux premiers bombardements d’Alger site de l'Institut de stratégie comparée

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