Jacques Auguste Marie Le Clerc, marquis de Juigné, né le à Paris et mort le dans le Château de Juigné-sur-Sarthe, est un homme politique français du .

Maire de Juigné-sur-Sarthe pendant plus de 40 ans, il fut également député de la Loire-Inférieure (1906-1936), puis sénateur (1936-1941).

Biographie

Le marquis était déjà maire de Juigné-sur-Sarthe lorsqu'il entra, en 1900, au Conseil général de la Loire-Inférieure comme conseiller général représentant le canton de Bourgneuf-en-Retz. Il était entre-temps devenu propriétaire du château du Bois-Rouaud (Chéméré) que son oncle le comte de Juigné lui avait transmis. Il est également propriétaire-éleveur de chevaux.

En ce début de , la population des départements du Finistère, du Morbihan et de la Loire-Inférieure est essentiellement rurale, ainsi, dans le pays de Retz, quatre habitants sur cinq vivaient dans des exploitations agricoles. Dans ces départements, plus des deux tiers des postes d’élus étaient occupés par la noblesse locale, laquelle, selon Michel Gautier, . Avant la Grande Guerre, deux membres sur cinq de l'assemblée départementale sont de sang noble, parmi lesquels on peut citer : Adolphe Jollan de Clerville, président, Hubert de Montaigu et du Henri de La Ferronnays, vice-présidents, Henri Le Cour Grandmaison et le comte de La Ruelle, secrétaires, ainsi que le chevalier La Barthe, Jules-Albert de Dion, le comte Le Gualès de Mézaubran, le marquis de Bellevue, Charles Ginoux-Defermon, le vicomte de Charrette, le marquis de Juigné, le comte de La Villesboisnet, etc.

Député Il entra à la Chambre des députés à 32 ans, élu au premier tour des élections législatives du Par sur exprimés., représentant de la circonscription de Paimbœuf, en remplacement de Jules Galot de qui il a obtenu le retrait. Ce fut pour y demeurer trente ans sans interruption et sans jamais s'y inscrire à aucun groupe, . Dans sa profession de foi, après avoir rappelé aux électeurs sa parenté avec le comte de Juigné, le jeune marquis s'affirmait comme le principal défenseur de la liberté qu'il considérait menacée par la loi de séparation des Églises et de l'État.

Lorsque la dite-loi du , abrogea le Concordat de 1801, le marquis de Juigné s’empressa d’acheter l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes afin d’en préserver l’intégrité. Par l’encyclique Maximam gravissimamque du , Pie XI autorise la création d’associations cultuelles diocésaines (prévues par la loi de 1905) pour la possession des biens ecclésiastiques acquis depuis 1905. Le marquis de Juigné fit toutes les démarches administratives nécessaires et dès 1926 les moines purent réoccuper leur abbaye.

Au cours de ces trente années, il se fit connaître comme le champion de deux idées : d'une part la défense des familles nombreuses avec, pour corollaires, le relèvement de la natalité et la liberté religieuse de l'enseignement ; d'autre part la nécessité d'une politique toujours plus ferme à l'égard de l'Allemagne. .

Membre assidu de la commission de la famille, c'est pourtant de celle de l'armée qu'il devint surtout l'illustration.

Réélu en 1910par sur , il entre dans une opposition décidée, votant contre à peu près tout ce qu'on propose : contre l'urgence des lois scolaires, contre l'assurance mutuelle agricole, contre le repos hebdomadaire, Refusant successivement sa confiance à Briand, Monis et Caillaux.

: sur exprimés.

Puis c'est la guerre : le marquis de Juigné qui n'est que sergent est promu lieutenant puis officier d'ordonnance à la ( d'infanterie territoriale). Dès le il est cité à l'ordre du jour de la division. Il demeure en première ligne jusqu'en 1917, ce qui lui fit mériter la Croix de guerre.

RééluPar sur . député le (à la ), car, bien que le scrutin de liste fut institué, il gardait l'avantage de la majorité absolue - et ce fut encore le cas en 1924 sur , à la tête cette fois d'une liste d'union nationale et catholique - Jacques de Juigné acquiert du poids, sinon de la célébrité, en étant l'un des tout premiers à dénoncer les faiblesses du traité de Versailles. De même, toutes ces années-là il joue un rôle de premier plan à la commission des régions libérées.

vignette|upright|Photographie de Jacques de Juigné. Cependant, aux législatives du son succès semble moins net sur exprimés.. Au reste, Juigné paraît moins assidu à la Chambre, comme s'il se résignait à ne pas obtenir du pouvoir qu'il se montrât plus ferme à l'endroit des Allemands. Le résultat est qu'au renouvellement de 1932, non seulement il lui faut attendre le second tour, mais il ne sort que de justesse. thumb|left|Intervention du marquis de Juigné au Congrès des jeunesses catholiques (Saint-Père-en-Retz, 1927).

Sénateur Juigné, sollicité par toutes sortes d'activités ( depuis toujours, il sera président de la Société hippique française) se présenta au Sénat : il fut élu le , .

, il réservait le principal de ses soins à la commission de l'armée. Sa seule intervention marquante fut une adresse au ministre de la Défense nationale sur les services retenus pour les propositions de la Légion d'honneur.

En 1940, il vota les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Pendant l'occupation, Jacques de Juigné conserva son mandat de maire de Juigné (jusqu'en 1944, soit plus de 40 ans d'administration). Après la guerre, il abandonne ses différents mandats.

Le marquis de Juigné avait également hérité, de son oncle, du lac de Grand-Lieu, À son tour, au début du , il envisage des projets d'assèchement, fait face à une révolte des pêcheurs. La presse locale prend fait et cause pour ceux-ci, montrant du doigt le dernier « seigneur de Retz », disposant de droits venant d'un autre âge. Après la Première Guerre mondiale, le marquis commence à céder ses terres. Entre 1921 et 1924, il en vend dans la partie sud. Mais, en 1947, il parvient à devenir président du Syndicat du canal de Buzay. Il se lance de nouveau dans la promotion d'un projet d'assèchement. Un nouvel élément est apparu lors de la guerre récemment achevée : les tourbières du lac se sont révélées exploitables. De nouvelles perspectives économiques apparaissent également avec le projet de développer un parc floral en prenant exemple sur les Pays-Bas. Le projet se dessine, on prévoit une digue orientée nord-sud délimitant la partie à assécher, à l'ouest du lac, l'eau devant être évacuée par l'étier de Boiseau. Il était même prévu une prise en charge par l'État de 60 % du budget.

Le projet n'aboutissant toujours pas en 1947, environ sur au total sont cédés par le marquis, pour trente millions de francs, à une société composée de actionnaires dont Jean-Pierre Guerlain.

Il meurt le à Juigné-sur-Sarthe, à l'âge de 77 ans. Il était chevalier de la Légion d'honneur.

Décorations

Chevalier de la Légion d'honneur ; Croix de guerre 1914-1918.

Ascendance et postérité Jacques Le Clerc de Juigné était le seul fils né du mariage (1867) de Henry Anatole Christian (, - , ), marquis de Juigné, capitaine au de marche (gardes mobiles de la Sarthe), chevalier de la Légion d'honneur () et Marie de Talhouët-Roy (1849-1934), fille d'Auguste, marquis de Talhouët-Roy (1819-1884).

Les Le Clerc éteints, les châteaux de Juigné et du Bois-Rouaud passent aux Durfort-Civrac de Lorges.

Notes et références

Annexes

Articles connexes Société hippique française ; Lac de Grand-Lieu ; Vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain ;

Liens externes

Bibliographie

, ; . Pour approfondir

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