Ana Mato Adrover () est une femme politique espagnole, membre du Parti populaire (PP), née le à Madrid.
Elle est la fille d'un militaire conservateur. Elle étudie les sciences politiques à l'université complutense de Madrid, où elle rencontre le secrétaire général de l'Alliance populaire (AP) Jorge Verstrynge. Elle devient en 1983 salariée de l'AP et épouse cette même année Jesús Sepúlveda, également engagé en politique.
En 1987, alors qu'elle est candidate aux élections régionales à Madrid, elle emménage à Valladolid pour travailler auprès de José María Aznar, d'abord pour sa campagne électorale puis comme directrice adjointe de son cabinet à la présidence de la Castille-et-León. Elle fait ainsi partie du avec d'autres proches d'Aznar.
Elle obtient son premier mandat électoral en 1991, comme députée à l'Assemblée de Madrid et entre deux ans plus tard au Congrès des députés. Elle se spécialise alors sur les questions relatives à la télévision publique et aux télécommunications. Très critique quant à la gestion de l'audiovisuel public, elle défend le recours à l'initiative privée pour l'introduction de la télévision par câble.
En 1996, elle est nommée par Aznar au comité exécutif du Parti populaire. Trois ans plus tard, celui-ci lui confie le poste de coordonnatrice à l'Action sectorielle. Elle est pressentie en 2000 comme ministre de la Santé, puis en 2003 en tant que ministre de la Science. Elle est finalement promue coordonnatrice à l'Organisation et joue un rôle-clé dans la transition entre José María Aznar et Mariano Rajoy.
Après les élections générales de 2004, elle estime que la génération ayant porté José María Aznar au pouvoir doit passer le relais. Elle quitte ses fonctions à la direction du PP et rejoint le Parlement européen, mais Mariano Rajoy la rappelle auprès de lui, d'abord comme candidate aux élections générales de 2008, puis il en fait la vice-secrétaire générale à l'Organisation du parti. Bien qu'elle soit sous l'autorité de la secrétaire générale María Dolores de Cospedal, sa nomination à ce poste stratégique est vue comme la marque de l'influence de Javier Arenas.
Elle assume la direction de la campagne des élections européennes de juin 2009, puis des élections municipales et régionales de qui offrent au Parti populaire une éclatante victoire. Elle est donc désignée directrice de la campagne des élections générales anticipées de novembre 2011, qui voient le PP revenir au pouvoir avec la majorité absolue dans les deux chambres. Un mois plus tard, Ana Mato entre au gouvernement comme ministre de la Santé.
Son parcours est marqué par de nombreuses réformes, destinées notamment à réduire les dépenses du système de santé publique. Elle supprime ainsi la carte de sécurité sociale des immigrés clandestins, institue des franchises pour les retraités et augmente celles des actifs ; elle supprime l'accès des couples lesbiens et femmes célibataires à la procréation médicalement assistée. En , sa gestion de la contamination d'une infirmière par le virus Ebola est extrêmement critiquée.
Elle est contrainte à la démission un mois plus tard, après avoir été renvoyée devant l'Audience nationale dans le cadre de l'affaire Gürtel, où son nom est apparu dès 2009, causant une polémique qui s'est répétée en 2011. Bien qu'elle ne soit mise en examen pour aucun délit, elle est accusée d'avoir reçu des cadeaux et participé à des voyages financés par l'argent de la corruption versé à Jesús Sepúlveda, dont elle est séparée de fait depuis 2000 et de droit depuis 2005. Ayant mis un terme à sa vie politique en 2015, elle est condamnée en 2018 à rembourser plus de reçus illégalement de l'entrepreneur Francisco Correa dans ce cadre, condamnation confirmée deux ans plus tard en appel.
Famille vignette|gauche|Ana Mato réside à Pozuelo de Alarcón, dans la banlieue de Madrid.|alt=Photographie aérienne d'une avenue bordée d'arbres à la droite figure une église. Parents Ana Mato Adrover naît le à Madrid. Elle est issue d'une famille conservatrice aux traditions très encadrées. Elle est la fille d'Ángel Mato López, un enseigne de vaisseau, et d'Ana María Adrover Dávila, mariés cinq ans plus tôt. Au début des années 1980, son père devient sous-directeur général de la Sécurité maritime et de la Contamination. Il meurt le dans les Canaries, où il réside.....
Elle compte six frères, dont l'homme politique Gabriel Mato, ancien président du Parlement des Canaries...
Mari et enfants Durant son cursus à l'université complutense de Madrid, Ana Mato fait la rencontre de Jesús Sepúlveda, qui sera plus tard sénateur puis maire de Pozuelo de Alarcón, dans la communauté de Madrid. Ils se marient en 1983 et ont trois enfants : Borja, Ana et Sol. Le couple se sépare de fait en 2000, puis passe sous le régime de la séparation des biens en 2005, sans formellement divorcer du fait de leurs convictions religieuses.. Ils sont les parrains d'Alonso Aznar Botella, le fils de José María Aznar et d'Ana Botella, dont ils sont devenus des amis proches à la fin des années 1980.. Ayant décidé de sauvegarder les apparences pour leurs enfants, leur dernière apparition commune en public a lieu en 2002 à l'Escurial, lors du mariage d'Ana Aznar et Alejandro Agag, sans qu'aucune photo ne montre une quelconque complicité entre les deux époux. La séparation se produit après que Mato a découvert que Sepúlveda entretient une relation sentimentale avec son attachée de presse Natalia Bosch, de sa cadette..
Vie privée Ana Mato vit dans un lotissement à Pozuelo de Alarcón, dans une maison de . Elle possède une maison de vacances de à El Puerto de Santa María, dans la baie de Cadix.. Elle souffre de glossophobie..
Débuts en politique Salariée de l'Alliance populaire vignette|Ana Mato s'engage à l'Alliance populaire en 1982.|alt=Image d'un logo. En haut, figurent en grand et rouge, les lettres minuscules a et p, en bas figurent les mots Alianza Popular. Ana Mato s'engage en politique en 1982, au sein de l'Alliance populaire (AP), le parti de Manuel Fraga qui constitue alors la seule alternative au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Elle participe ainsi à la campagne des élections générales anticipées du 28 octobre, puis des élections régionales du 8 mai 1983 : militante sans mandat ou responsabilité, elle utilise sa voiture pour coller les affiches et aider à organiser les meetings, car l'AP ne dispose pas à cette époque des fonds pour fournir des véhicules à ses équipes..
Étudiante en sociologie et sciences politiques à l'université complutense de Madrid, elle est repérée par l'un de ses professeurs, le secrétaire général de l'AP Jorge Verstrynge, qui cherche à renforcer et structurer l'appareil du parti. Il la recrute dans les services internes de l'AP, où elle travaille notamment au département de l'Information, puis au département des Communautés autonomes, et enfin au sein de la coordination des groupes parlementaires..
Collaboratrice en Castille-et-León vignette|En 1986, Ana Mato devient la collaboratrice de José María Aznar et intègre le .|alt=Photographie d'un homme brun et moustachu, il est assis et tient un discours. À l', le chef de file de l'AP aux élections régionales du 10 juin 1987 en Castille-et-León José María Aznar l'appelle dans son équipe de campagne. Avec Miguel Ángel Rodríguez, Miguel Ángel Cortés, Pilar del Castillo, Guillermo Gortázar, Carlos Aragonés et José María Michavila, ils forment le ..
En parallèle, elle postule aux élections à l'Assemblée de Madrid, qui se tiennent le même jour que celles des Cortes de Castille-et-León : elle occupe en effet la sur la liste de l'AP, conduite par Alberto Ruiz-Gallardón.. Cependant, cette première expérience électorale se solde par un échec puisque Gallardón n'obtient l'élection que de sur 94..
Après l'accession d'Aznar à la présidence de la Junte, elle intègre son cabinet au poste de sous-directrice. Elle conserve cette responsabilité lorsque Jesús Posada prend la suite d'Aznar, devenu vice-président du nouveau Parti populaire (PP) et chef de file aux élections générales du 29 octobre 1989..
Députée de Madrid vignette|Candidate sur la liste d'Alberto Ruiz-Gallardón, Ana Mato est élue en 1991 à l'Assemblée de Madrid.|alt=Photographie d'un homme. Il porte des lunettes, se tient debout et prononce un discours. Le , Alberto Ruiz-Gallardón présente les candidats qui formeront la liste de du Parti populaire pour les élections régionales madrilènes du suivant. Investie en , Ana Mato est la deuxième femme sur la liste, et l'un des trois candidats déçus de 1987 à être repêché...
Au soir du scrutin, le PP totalise et Ana Mato obtient, à , son premier mandat électoral en tant que députée à l'Assemblée de Madrid.. Porte-parole au sein de la commission du Développement statutaire, elle est désignée le suivant membre du conseil d'administration de l'entité publique Radiotélévision Madrid (RTVM) par le parlement autonome..
En , elle se fait la défenseure du . Expliquant que , elle dénonce que et exprime ses doutes sur le fait que ..
Lors du débat sur la révision du statut d'autonomie le , elle s'oppose avec véhémence à un amendement global de la Gauche unie (IU) : . Elle ajoute que ..
Ascension Candidate aux élections générales de 1993 vignette|À , Ana Mato est élue au Congrès des députés|alt=Photographie d'un bâtiment public, avec six colonnes doriques en façade et le drapeau espagnol sur le toit. Trois semaines plus tard, José María Aznar présente la liste des candidats du PP dans la circonscription de Madrid pour les élections générales anticipées du 6 juin suivant. Il annonce qu'Ana Mato occupera la , après lui-même, Rodrigo Rato, Rodolfo Martín Villa, Rafael Arias-Salgado ou encore Juan Carlos Vera, étant ainsi la première femme de la liste.. Son incorporation au sein de la candidature madrilène constitue l'une des principales nouveautés pour le parti dans cette circonscription.. Le , alors que Martín Villa se trouve hors de la capitale, elle le remplace aux côtés de Javier Arenas pour négocier avec les socialistes Txiki Benegas et Eduardo Martín Toval les conditions du second débat télévisé entre González et Aznar..
Élue au Congrès des députés, elle fait partie des de la circonscription de Madrid, et la seule femme parmi eux.. Les mandats de député de communauté autonome et député national étant incompatibles, Ana Mato démissionne de l'Assemblée de Madrid le .. Elle est ensuite citée comme une possible candidate du groupe parlementaire du Parti populaire pour intégrer le bureau du Congrès..
Députée spécialiste des télécommunications Critique de la gestion de la RTVE par les socialistes vignette|Ana Mato critique au nom du Parti populaire la gestion de la radiotélévision publique|alt=Image d'un logo. Sur fond gris, au centre figurent en blanc et en minuscule les lettre r, t, v, e. Finalement désignée porte-parole adjointe du groupe parlementaire à la commission de contrôle de l'entité publique Radiotélévision espagnole (RTVE), elle dénonce lors de la séance de questions au gouvernement du la reconduction du directeur général Jordi García Candau tandis que le renouvellement du conseil d'administration de la RTVE se fait toujours attendre. S'adressant au ministre de la Présidence Alfredo Pérez Rubalcaba, elle l'accuse de et . Elle lui promet alors un ..