Pierrerue est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie vignette|droite|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Pierrerue et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Localisation Avec un peu plus de 500 habitants, ce village est situé à 5,5 km de ForcalquierLieux et itinéraires et 6 km de Lurs.

Il est à environ d’altitude, et installé sur le versant d'une colline et offre de beaux panoramas sur les paysages alentour.

Le village est situé sur le versant nord de la colline de la Fare, où l'on a retrouvé un oppidum celtique (sur la partie forcalquiérenne de la colline).

Hameaux Saint-Pierre, les Magnans, Nevières.

vignette|gauche|Le territoire du Parc naturel régional du Luberon. Le village de Pierrerue est sur un site perché. La commune est l'un des soixante-dix-sept membres du parc naturel régional du Luberon, parc qui s'étend, de Cavaillon à l'ouest jusqu'à la Durance à l'est, sur deux départements, quatre-vingt-cinq communes et hectares.

Relief et géologie

vignette|gauche|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne.

Le territoire se situe sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre trois formations géologiques majeures des AlpesMaurice Gidon, Les chaînons de Digne. : la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1:1 000 000, au niveau du lobe de ValavoireLa Nappe de Digne et les structures connexes,par Maurice Gidon, professeur de géologie à l'Université de Grenoble. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe. la faille de la Durance au sud-est, dans la vallée.

Actuellement, le paysage de Pierrerue est constituée de collines peu élevées (La Fare, point culminant, à ). Les collines les plus visibles sont, outre l'extrémité sud-est de la colline de la Fare, où se trouve le village : face au village, à l'est, le coteau du Pibérard, à d'altitude ; le Pibouret, au nord, à d'altitude ; et en limite de la commune de Sigonce, une colline culminant à .

Les fonds de vallée sont situés à environ plus bas que les collines qui les environnent.

Hydrographie Les principales rivières de Pierrerue sont le ruisseau de Pierrerue, dont la source est située à Forcalquier et qui coule du nord-ouest vers le sud-est ; et le ravin de Fontanié, qui devient le ravin de Monnesargues, de même orientation et qui coule vers Lurs.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dauphin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Voies de communication et transports La commune de Pierrerue est desservie par la route départementale , qui la relie à Forcalquier et la (ancienne route nationale 100) à l'ouest, et à la (ancienne route nationale 96) à l'est, dans l'axe essentiel de la vallée de la Durance. La vallée de la Durance est empruntée par les principaux réseaux structurants du département : outre l'ancienne nationale, la ligne de Lyon à Marseille par Grenoble et par l'autoroute A51.

La seule autre route départementale de la commune est la , qui dessert à partir de le village chef-lieu et le hameau de Saint-Pierre.

Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Forcalquier auquel appartient Pierrerue est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Pierrerue est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation, mouvement de terrain : quelques versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.

La commune de Pierrerue est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses, par route et canalisations La départementale peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses. Enfin, la canalisation Transéthylène sert à acheminer de l’éthylène vers Saint-Auban en traversant la commune et constitue un facteur de risque supplémentaire.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim existe depuis 2011.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations, des coulées de boue et des glissements de terrain, en 1987 et 1994.

Urbanisme Typologie Au , Pierrerue est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Forcalquier, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (79,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (77,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (16,1 %), forêts (4,2 %), zones agricoles hétérogènes (2,2 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois vers 1166-1179 (Peira Rua), est un composé de l’occitan pèira (pierre, rocher) et de l'ancien occitan rua, conservant le sens de rugosité, aspérité, du latin rugaJacques Astor, Dictionnaire des noms de familles et noms de lieux de la France, Éditions du Beffroi, 2002, 598., § 23955, 1289..

Le hameau de Varon, proche du tripoint Sigonce-Pierrerue-Ganagobie, est cité dans des chartes des environs de l'an Mil sous la forme Valonus : c'est un bien, peut-être un alleu, donné à l'abbaye de Ganagobie par un certain Tassilus..

Histoire Antiquité Dans l’Antiquité, le territoire de Pierrerue fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).

Plusieurs chemins et routes se croisaient à proximité du lieu-dit Varon. Le site de l'actuelle église de Saint-Pierre, au nord du village, a livré plusieurs vestiges antiques.

Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire..

Moyen Âge La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au selon Michel de la Torre.. Les comtes de Provence sont seigneur du lieu jusqu’en 1221, quand il donne le fief à Artous de Dorchis.. Puis il fait retour au domaine comtal, jusqu’en 1384, quand il est donné à Charles d'Albe. Elle passe ensuite aux Bouliers. Par ailleurs, Raimbaud, évêque de Sisteron, était propriétaire d'un grand domaine dans la commune, dont il fait don au chapitre de Forcalquier.

L’église Saint-Pierre des Visiers est donnée par l’évêque Ours au prieuré de Ganagobie en 967. Elle est ensuite probablement usurpée par des chevaliers, puisque Tassilo, qui la tient par héritage, la donne en 1019 à l’abbaye de ClunyParc naturel du Luberon, Autour de l’An Mil en pays de Forcalquier, catalogue d’exposition, 2007, 21.. Elle est ensuite possession du chapitre de Forcalquier (début du ), puis de l’évêque de Sisteron (milieu du siècle) avant de revenir à Ganagobie au .

Aux , il y a au moins deux villages à Pierrerue, le village haut, autour d'une église Saint-Antoine et du château haut (le château fort proprement dit), et le village bas, autour de l'église Saint-Pierre de Pierrerue et du château bas (le village fortifié). Le curé de ce village bas disposait d'un vaste logement, avec cour intérieure. Au , c'est la famille de Villemus qui tient la seigneurie de Pierrerue. En 1229, le comte de Provence Raimond Bérenger IV oblige les marchands à éviter la route de Manosque à La Brillanne pour remonter de Basse en Haute-Provence, et détourne le trafic par La Bastide-des-Jourdans, Lincel et Forcalquier. Ils rejoignent ensuite la vallée de la Durance en passant par Pierrerue. Le comte détourne ainsi des terres du comte Guillaume de Sabran, qui occupe le sud du comté de Forcalquier, et de son fructueux péage de La Brillanne, une grande partie de la circulation.