Le titre du film est emprunté au roman de science-fiction TechNoir d'Alan E. Nourse, The Bladerunner, publié en 1974 et décrivant un monde surpeuplé où les gens, pour éviter d'être stérilisés de force lorsqu'ils tombent malades, font appel à des chirurgiens clandestins approvisionnés en scalpels (blades) par des coursiers ou trafiquants (runners) ; cf. Adi Robertson, How Blade Runner got its name from a dystopian book about health care, theverge.com, 4 octobre 2017. est un film de science-fiction américain réalisé par Ridley Scott et sorti en 1982. Son scénario s'inspire assez librement du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de l'auteur Philip K. Dick, à qui le film est dédié.

L'action du film se situe à Los Angeles en 2019 et met en scène Rick Deckard (interprété par Harrison Ford), un ancien policier qui reprend du service pour traquer un groupe de réplicants, des androïdes biosynthétiques, menés par l'énigmatique Roy Batty (interprété par Rutger Hauer).

Le développement du projet ainsi que le tournage du film sont difficiles. Les producteurs, peu satisfaits de la version du réalisateur, opèrent quelques changements, modifiant notamment la fin du film. À sa sortie, le film est un échec commercial aux États-Unis et est accueilli durement par la critique. Il remporte néanmoins trois ainsi que le prix Hugo et rencontre le succès dans le reste du monde.

La notoriété du film s'améliore avec les années, notamment lorsqu'une version , approuvée par Ridley Scott, sort en 1992. Cette version instaure plus clairement le doute quant à la nature réelle de Rick Deckard et renforce donc la thématique principale du film, qui est un questionnement sur l'humanité.

Le style visuel du film et son ambiance néo-noire en font désormais une référence de la science-fiction et plus particulièrement du mouvement cyberpunk. En 1993, le film est sélectionné par la de la Bibliothèque du Congrès pour être conservé en raison de son importance et, en 2007, il est classé par l’ à la de son classement des cent plus grands films américains de tous les temps. Il acquiert depuis lors un véritable statut de film culte et est considéré comme un film majeur de l'histoire du cinéma, car précurseur de différents styles. Par la suite, nombre de films, séries télévisées et jeux vidéo s'en sont inspirés.

Une version restaurée, baptisée , sort en 2007. Le film fait l'objet d'une suite, , réalisée par Denis Villeneuve, sortie en 2017. Synopsis Présentation de l'univers En , dans un Los Angeles pluvieux et crépusculaire, perpétuellement couvert de smog. La planète a vu disparaitre la quasi-totalité de la faune, à la suite de la surexploitation, de la pollution, des guerres (nucléaires) et du dérèglement climatique d'origine anthropique. La population est encouragée à émigrer vers les colonies situées sur d'autres planètes. Pour les besoins des humains, ont été créés des animaux artificiels, ainsi que des androïdes, non pas des robots mécaniques mais des êtres vivants dont les organes, fabriqués indépendamment, et par manipulation génétique, sont assemblés pour leur donner apparence humaine. Ils sont appelés « réplicants » (parfois orthographié « répliquants »). Ceux-ci sont considérés comme des esclaves modernes, et utilisés pour les travaux pénibles ou dangereux, dans les forces armées ou comme objets de plaisir.

Les réplicants sont fabriqués par la seule Tyrell Corporation, dirigée par Eldon Tyrell, et dont le siège est installé dans le colossal building pyramidal qui domine la ville. Après une révolte sanglante et inexpliquée de réplicants dans une colonie martienne, ceux-ci sont interdits sur Terre. Des unités de police spéciales, les , interviennent pour appliquer la loi contre les contrevenants androïdes, qui consiste à tuer tout réplicant en situation irrégulière ; cette opération est appelée « retrait ». Les androïdes les plus modernes étant difficiles à distinguer des humains, les blade runners doivent enquêter longuement, soumettre un questionnaire établissant l'absence d'empathie des robots (ils n'en éprouvent pas), afin d'avoir la certitude qu'il s'agit bien d'un androïde à détruire.

Déroulement du synopsis Le résumé correspond à la version initialement sortie au cinéma. Il ne correspond pas au film « final cut » du réalisateur (pour cela, voir Versions de Blade Runner).

Six réplicants du modèle Nexus-6, génération extrêmement perfectionnée mais dont la durée de vie est limitée à quatre ans, détournent un vaisseau spatial. Ils massacrent l'équipage et les passagers, avant de regagner la Terre. Ils essayent de s'infiltrer dans la Tyrell Corporation ; l'un d'entre eux meurt lors de la tentative et les autres s'échappent. Plus tard, Dave Holden, un , fait passer le test de Voight-Kampff à Leon Kowalski, un nouvel employé de la Tyrell Corporation. Mal à l'aise, Leon, qui est en fait l'un des réplicants impliqués dans l'évasion, lui tire dessus.

Gaff, un policier amateur d'origami, contacte alors Rick Deckard, un ancien qui a quitté le service. Il le conduit à Bryant, l'ancien supérieur de Deckard. Bryant informe Deckard de la situation et lui montre la vidéo où Leon tire sur Holden. Le chef des force Deckard à accepter une mission : retrouver et éliminer Leon, Zhora, Pris et Roy Batty (le chef du groupe), les quatre réplicants disparus.

Deckard se rend à la Tyrell Corporation pour y rencontrer Eldon Tyrell, le créateur des réplicants, afin d'obtenir des informations sur les Nexus-6. Tyrell lui demande de faire passer le questionnaire de Voight-Kampff à Rachel, son assistante. À l'issue d'une longue série de questions, Deckard détermine que Rachel est un réplicant. Tyrell explique ensuite qu'elle ne le sait pas car on lui a implanté de faux souvenirs, ceux de sa nièce, qui lui fournissent une « mémoire émotionnelle ». Pendant ce temps, Leon et Roy vont à la rencontre de Hannibal Chew, le scientifique qui conçoit les yeux des androïdes. Ils cherchent quelqu'un qui serait capable d'allonger leur durée de vie et Chew leur indique le nom de J. F. Sebastian, un généticien très proche de Tyrell.

Rachel rend visite à Deckard afin qu'il lui confirme, ou non, ses soupçons sur son véritable statut. Il lui dit la vérité. De son côté, Pris gagne la confiance de Sebastian en se faisant passer pour une sans-abri. Il la recueille dans un immeuble entièrement vide dans lequel il vit en compagnie de ses créations robotiquesLe film ne donne pas la raison pour laquelle cet immeuble est désaffecté ; dans le livre de Philip K. Dick, on apprend qu'à cause de la , la densité de population a dramatiquement chuté et que les immeubles sont presque vides en centre-ville voire totalement vides en banlieue. Le début du film ne prépare pas non plus le spectateur à cela, puisqu'on voit une grande ville normalement éclairée et animée la nuit..

Plus tard Deckard fouille l'appartement de Leon où il trouve une photo de Zhora et une écaille de serpent artificielLes animaux, qui ont disparu, sont remplacés par des créations artificielles.. Ces indices le conduisent au club de striptease de Taffey Lewis où travaille Zhora. Elle découvre aisément les intentions du policier, ce qui entraîne une course-poursuite dans les rues de Los Angeles, au terme de laquelle Deckard « retire » Zhora. Bryant le félicite ; il l'informe qu'il doit désormais « retirer » Rachel, qui a disparu de la Tyrell Corporation. Cette nouvelle attriste Deckard, qui a des sentiments pour elle. Remarquant Rachel dans la foule, il est attaqué et désarmé par Leon. Le réplicant est sur le point de tuer Deckard lorsque Rachel lui tire une balle dans la tête avec l'arme de Deckard. Ce dernier accompagne Rachel chez lui et lui promet qu'il ne la pourchassera pas. C'est à ce moment que Rachel conseille à Deckard de faire le test sur lui-même (un nouvel indice quant à la possible nature de Deckard, qui vient s'ajouter aux nombreuses allusions qui laissent à croire qu'il pourrait être un réplicant).

Au même moment, Roy rejoint Pris chez Sebastian et sympathise avec lui : ce dernier a une espérance de vie limitée car il souffre d'un vieillissement accéléré (dit « syndrome de Mathusalem »), ce qui lui fait un point commun avec le réplicant. Ainsi liés d'amitié, tous deux s'introduisent dans la Tyrell Corporation et utilisent une partie d'échecs opposant Sebastian à Tyrell comme prétexte pour cette intrusion. Le chef des réplicants conseille un mouvement à son prétendu ami, ce qui a pour effet de lui faire remporter la partie. Roy demande ensuite à son créateur de rectifier le caractère génétique qui limite sa durée de vie. Tyrell lui explique que c'est impossible, et cherche ensuite à flatter l'ego de Roy en vantant ses accomplissements. Le réplicant l'assassine et tue ensuite Sebastian.

Deckard, informé des évènements, se rend chez Sebastian où il est attaqué par Pris, qu'il parvient à tuer. Roy arrive peu après. Le réplicant, sentant sa fin approcher et rendu furieux par la mort de sa petite amie, donne la chasse à Deckard. Il lui laisse cependant une chance de lui échapper après lui avoir tout de même cassé plusieurs doigts. Deckard s'enfuit par le toit, rate un saut et s'accroche au rebord du toit. Au moment où il lâche prise, Roy le sauve. Le réplicant meurt après avoir livré à Deckard ses dernières pensées. Gaff survient ensuite et rappelle à Deckard que Rachel doit mourir. Deckard retourne à son appartement où il trouve Rachel endormie. Ils quittent les lieux et Deckard trouve alors un origami représentant une licorne (une licorne étant apparue lors d'un rêve de Deckard cela signifierait que Gaff connaissait ce rêve et donc que Deckard pourrait être un réplicant), signe que Gaff est déjà passé, laissant Rachel en vie.

Dans la version du film, la dernière image est celle des portes de l'ascenseur se refermant derrière Deckard et Rachel, alors que la première version les montre ensuite tous les deux en voiture dans la campagne, sous un ciel bleu.

Personnages

Réplicants

vignette|Cosplay de fans du film déguisés en réplicants à la Comic-Con 2007. De gauche à droite : Rachel, Roy Batty et Zhora.|alt=Trois personnes habillées et coiffées se tiennent debout.

Les réplicants sont les androïdes créés et utilisés par les humains dans différents domaines, notamment militaire, mais aussi domestique. Plus ils sont évolués, plus leur durée de vie est courte, pour éviter leur humanisation. Dans le roman de Philip K. Dick, le terme utilisé est « androïde ». Cependant, le réalisateur Ridley Scott souhaite une nouvelle appellation pour éviter tout préjugé. Le scénariste David Webb Peoples consulte sa fille, qui étudie la microbiologie et la biochimie, et celle-ci lui suggère le terme « répliquer » correspondant au processus de reproduction des cellules clonées. Il en tire l'appellation « réplicant » et l’insère dans le scénario de Hampton Fancher..

Tels des machines, ils sont « immatriculés ». Ainsi, Leon reçoit l'identifiant « N6MAC41717 », Roy Batty « N6MAA10816 », Pris « N6FAB21416 » et Zhora « N6FAB61216 ». N6 désigne la génération du réplicant (Nexus-6), les trois lettres suivantes (MAC, par exemple) indiquent respectivement le genre, le niveau physique et le niveau mental (le niveau B est la moyenne humaine et le niveau A est le meilleur). Les derniers chiffres représentent la « date de naissance » de l'androïde, soit le pour Zhora (61216).. Le niveau physique A, celui de Roy Batty, permet au réplicant de supporter pendant une courte durée des températures allant de ..

À l'instar des humains, les réplicants doivent se nourrir. Il est également possible qu'ils supportent et apprécient l'alcool. Or différentes scènes prouvent plus ou moins explicitement que Deckard boit, ce qui accrédite l'idée qu'il est peut-être un androïde, entretenant l'ambiguïté constante du film. Cette tendance peut expliquer son besoin de gérer ses sentiments par la griserie..