Pierre-François-Joseph De Glimes ou Deglim, né à Bruxelles le et mort dans la même ville le , est un artiste peintre des Pays-Bas autrichiens qui fut actif à Bruxelles dans la seconde moitié du .
Sa vie familiale Les De Glim ou Deglim sont déjà bien représentés à Bruxelles au XVIIe siècle mais aucune étude approfondie n’ayant encore été établie sur cette famille, il n’est pas certain que Pierre François Joseph De Glim ou De Glimes appartienne bien à cette famille bruxelloise-là même si c’est assez probable.
Quoi qu’il en soit, Jean Baptiste Deglimes – ou Deglim et autres orthographes du nom – un négociantJean Baptiste Deglimes est qualifié de négociant dans l’acte de mariage de Pierre François Joseph en 1798, épousa à Bruxelles, sous le nom de De Glein, en l’église Notre-Dame de la ChapelleBruxelles, Notre-Dame de la Chapelle, Augustus 1741. 27 Joannes Baptista De Glein Elisabetha Van Mol coram me H : Beaufils pastore et testibus Aegidio Mostaert et Francisco Bonel. le Elisabeth Van MolLe nom d’Elisabeth van Mol varie souvent puisque l’on trouve van Mol, De Mol ou même vander Mol, encore que van Mol soit l’orthographe la plus courante.. Celle-ci fut inhumée à Bruxelles, paroisse Notre-Dame de la Chapelle Bruxelles, Notre-Dame de la Chapelle, Anni milesimi septingentesimi quinquagesimi noni Januarius 1 Sepulta est in caemeterio nostro Elisabeth vandermol, uxor Joannis Baptista De Glim. le . Elle laissait plusieurs enfants encore fort jeunes, qui avaient été baptisés à Bruxelles, Notre-Dame de la Chapelle, sous les noms de De Glim, De Glime, De Glimme ou De Glimes. L’on connaît Louise Ursule, baptiséeSes parrain et marraine étaient Philippus Ludovicus Dominicus De Bonnier et Cornelia Van Mol. le , Pierre François Joseph qui sera artiste peintre et qui fut baptisé en 1744, Claire baptiséeSes parrain et marraine étaient Philippus Ludovicus Dominicus De Guins et Clara Birckens. le , Hubert Joseph baptisé Ses parrain et marraine étaient Hubertus Blommart et Catharina Van Hossel. le qui épousa à Sainte-Gudule le Jeanne Catherine Pieret, qui fut cuisinier à Anvers en 1798 et qui est mort à BruxellesBruxelles, acte de décès de l'année 1817, n° 1963. Le défunt est âgé de soixante dix ans et dix neuf jours, veuf de Jeanne Caroline (sic) Pierré. le , et enfin Gaspard baptisé Ses parrain et marraine étaient Gaspar Jacobs et Anna Josepha Nijnens. le . Quelques mois après le décès de sa première épouse, leur père, Jean Baptiste De Glimes, se maria en secondes noces, en l’église Notre-Dame de la Chapelle Bruxelles, Notre-Dame de la Chapelle, Julius 1759 Joannes Baptista De Glimes et Anna Margarita Godart parochiani BMV de Capella factis tribus bannorum proclamationibus Contraxerunt matrimonium inter Se, coram Emmanuele Josepho De Glimes et Francisco Blomard testibus, me infrascripto assistente hac 15 julii 1759 HG Lens Pastore BMV de Cap Brux. le à Anne Marguerite Godart. Il mourut à Bruxelles et fut inhumé à Notre-Dame de la ChapelleBruxelles, Notre-Dame de la Chapelle, 14 Sepultus est in coemeterio nostro joannes baptista De Glimme maritus anna Margarita Godart. le . Son épouse ne lui survécut que quelques semaines et fut inhumée à Bruxelles, au cimetière de Notre-Dame de la ChapelleBruxelles, Notre-Dame de la Chapelle 7 Sepulta est in Coemeterio nostro Anna Margarita Godart vidua Joannis Baptistae De Glimme. le .
Pierre François Joseph De Glim ou Deglim, mais qui lui-même utilisera le plus souvent l'orthographe De Glimes, est né à Bruxelles le et fut baptiséBruxelles, Notre-Dame de la Chapelle, 21 Petrus franciscus josephus Filius legitimus joannis Baptiste De Glim et Elisabethe De Mol conjugum, natus heri vesperi hora octava Suscep : Petrus Vanderpooten et Elisabetha joanna francisca Dejournée. le lendemain en l’église de Notre-Dame de la Chapelle. Il épousa à Bruxelles, en l’église Saint-GéryBruxelles, Saint-Géry, 29 Petrus Franciscus Josephus De Glim et Joanna Carolina Denis nati in Parochia BMV de Cappella Brux. Contraxerunt matrimonium praevus tribus Proclamationibus Coram me J. de Zadaleere Pastore et Testibus R. d. Carolo Josepho Vanderborcht Pbre et Philippo Josepho Denis Patre Sponsae. le , environ six mois après le décès de son père et de sa belle-mère, Jeanne Caroline Denis. Celle-ci mourut à Bruxelles le , âgée de 42 ans, alors qu’elle habitait à la rue des Cinq étoilesIl s'agit d'une rue aujourd'hui disparue qui reliait la rue des Minimes à la rue de l'Étoile, ancêtre de la rue Ernest Allard., près de la Pompe, comme le précise son acte de décès, et elle fut inhumée le 28 du même moisBruxelles, Notre-Dame de la Chapelle, 28 mars 1796 : 28 joanna carolina Denis gestorven 26ten 2 uren snaghs in de vijf steer straet ontrent de pomp gebortigt van brussel oudt 42 jaeren vrouw van Petrus josephus Deglimes Clein Convoie met mantels.. Pierre De Glimes, âgé de 54 ans et qualifié d’artiste peintre, habitant à Bruxelles à la rue de la Pépinière, n° 1016, se remaria à BruxellesBruxelles, acte de mariage n° 730 du 25 août 1798. Parmi les témoins se trouve Léopold Perlau, homme de loi, habitant à Bruxelles rue de la Renommée, beau-frère de Pierre De Glimes, Jacques Joseph Debourgogne, 29 ans, rentier habitant à la rue de Ruysbroeck à Bruxelles, Martin François Jacops, 22 ans, élève peintre, habitant à Saint-Josse-ten-Noode et Paul-Louis Cyfflé, âgé de 75 ans, artiste sculpteur à Ixelles. le à la jeune Marie Norbertine Bigarez, qui était née à Bruxelles le , alors âgée de 25 ans, habitant à la même adresse que son futur mari, et fille de Gérard Bigarez, rentier à Bruxelles, et d’Anne Catherine Tombeur. Les époux avaient notamment choisi comme témoin de leur mariage Paul-Louis Cyfflé, qui fut sculpteur du roi de Pologne en Lorraine et qui habitait alors à Ixelles. Pierre De Glimes mourut à Bruxelles peu de temps après ses secondes noces. Il est mortBruxelles, acte de décès n° 809 du huit pluviôse de l’an huit de la République française : Pierre François Joseph Deglim, âgé de 55 ans, natif de Bruxelles, époux de Marie Norbertine Bigarez, fils des feus Jean Baptiste Deglim et d’Elisabeth Demol, mort le six pluviôse à deux heures de relevée en son domicile, rue de l’Egalité, n° 1044. Le décès fut déclaré par sa belle-sœur, Catherine Alexandrine Bigarez, rentière, âgée de 29 ans, habitant dans la même rue. le , en son domicile de la rue de l’ÉgalitéIl s'agit de la rue Ducale, qui avait été redénommée rue de l'Égalité par les Révolutionnaires français et elle porta ce nom jusqu'en 1811., n° 1044. Son épouse, Marie Norbertine Bigarez, rentière, fut retrouvée morte en sa demeure, rue des Sables, n° 1136, le et son décès fut déclaré par les autorités de policeBruxelles, acte de décès n° 2058 du 22 octobre 1818, de Marie Norbertine Bigarez, rentière, retrouvée morte à sept heures du matin, âgée de 44 ans. Acte effectué sur déclaration du commissaire de Police François Marie Joseph Venneckens, âgé de 53 ans, et de François Pletinckx, agent de Police, âgé de 25 ans..
Pierre De Glimes avait eu plusieurs enfants de son premier mariage et un enfant, posthume, de sa seconde union. Le premier de ces enfants, leur fille Jeanne, avait été baptisée à Bruxelles, paroisse Saint-GérySes parrain et marraine étaient Philippus Josephus Denis et Joanna Denis., le , soit quelques mois après le mariage des parents. Suivirent ensuite Daniel Pierre Ferdinand baptisé à Bruxelles, à Sainte-GuduleSes parrain et marraine étaient Daniel Rottenbourg et Maria Teresia du Tillieux., le et mort à Bruxelles le , puis Jacques Joseph baptisé à Sainte GuduleL’enfant est né le 8 novembre 1778, ses parrain et marraine étaient Josephus Ocerman et Anna Catharina Herwegh. le , et enfin Sebastien Pierre, né au domicile de ses parents situé au Mont de SionIl s'agit de la rue Montagne de Sion, rue disparue aujourd'hui, entre le bas de la rue Montagne-de-l'Oratoire et le boulevard Pachéco., et baptisé à Sainte-GuduleSes parrain et marraine étaient Sebastiannus Josephus Lucas habitans in d’Officiers Straet et Maria Theresia Dutillieux habitans in platea B.M.V. ad nives (?). le que l'on retrouve comme gantier en 1802 à Saint-Josse-ten-Noode. Du second mariage de Pierre De Glimes était né Henri Julien De Glimes, à BruxellesBruxelles, acte de naissance n° 1608 du 4 floréal de l'an VIII. le , à la rue de l'Égalité. Ce dernier fut tailleur, et alors habitant à la rue de Namur, il épousa le à BruxellesBruxelles, acte de mariage n° 152 du 16 février 1839. La future, née à Bruxelles le 25 avril 1807, était la fille des feus Jean Baptiste Denis et Elisabeth Panneels ou Paniels. Marie Thérèse Denis.
Le troisième enfant était Jacques-Joseph De Glimes (1778-1828). Il fut un poète néolatin célèbre de son temps et maire de Saint-Josse-ten-Noode de 1808 à 1813. Il aura plusieurs enfants de son épouse Marie Heymans, épousée à Saint-Josse-ten-Noode en 1801.
Son œuvre Pierre De Glimes a vraisemblablement effectué une partie de sa formation à Paris. Il est en effet inscrit en 1768 à l'École académique, sous le nom de Pierre-Joseph de Glain, de BruxellesS. Rocheblave, S., Note sur les Élèves flamands inscrits à l'Ecole académique de Paris entre les années 1765 et 1812 , dans les Annales de l'Académie Royale d'Archéologie de Belgique, LXX , 6e série , t . X , Anvers , 1922., où il est protégé par Vien.
Il s’est fait connaître surtout comme portraitiste et aussi par diverses compositions comme la Bergère dans l'orage, tableau conservé par le Royal Pavilion & Museums Trust, Brighton & Hove.
Des sympathies révolutionnaires lui sont connues puisque le magnifique portrait du tribun révolutionnaire brabançon Henri van der Noot, l'âme de la révolution brabançonne, est de sa main. De Glimes, après une intervention de son ami Joseph Fernande, s'était, en , rendu chez van der Noot à cinq heures du matin, et y travailla pendant sept à huit jours de suite, jusqu'à l'achèvement du portrait. Celui-ci fut ensuite gravé à Londres par le célèbre Bartolozzi. De Glimes refusa cependant d'y inscrire les vers que Mme de Bellem lui avait demandé d'y mettre. Il a existé de la main également de Pierre De Glimes, un portrait de Marianne de Bellem, la fille Jeanne de Bellem qui fut la maîtresse de van der Noot. Malheureusement, ce dernier portrait semble perdu depuis qu'en , un certain J.H.J. Sloors, de la rue Royale n° 183 à Saint-Josse-ten-Noode, offrit de le vendre pour 900 francsCe qui équivaut, en se fondant sur le cours de l'or, à environ 13 500 EUR de 2022, soit donc une somme assez considérable pour une miniature. aux Musées royaux, mais l'offre fut déclinée.
De fait, en vue de préparer la révolution brabançonne, et à l'instigation de van der Noot, des compagnies de volontaires vinrent s'agréger aux antiques Serments de la ville afin de maintenir le bon ordre. En réalité, ces Serments préparaient ainsi la résistance armée. La compagnie des volontaires agrégés au Serment de Saint Michel, dits Escrimeurs, commandée par M. Devaux, comptait parmi ses membres le peintre De GlimesÉmile Jacques, Joseph Fernande, sculpteur brugeois (1741-1799), et le mécénat autrichien au XVIIIe siècle, dans les Mémoires de l'Académie royale de Belgique, Bruxelles, 1957, page 89..
Pierre De Glimes faisait également partie du cercle des amis intimes de Jeanne de Bellem et de sa filleÉmile Jacques, Joseph Fernande, page 91., et il habitait alors à la rue de l'OrangerieRue qui sera renommée ensuite rue Henri Beyaert..
Son action en faveur des Beaux-arts