Le musée archéologique et paléontologique de la communauté de Madrid, appelés aussi musée archéologique régional de la communauté de Madrid ou musée archéologique régional se situe à Alcalá de Henares, en Espagne. Il est créé le par un décret du gouvernement de la communauté de Madrid, puis inauguré le .

Il occupe le bâtiment de l'ancien couvent des dominicains de la Mère de Dieu situé sur la , sur laquelle domine également le palais des Archevêques et le . En 1808, pendant l'invasion française menée par les troupes de l'empereur Napoléon Ier, le couvent est occupé puis pillé par ces dernières. En 1835-1836, le couvent est confisqué lors du désamortissement devenant la possession de la mairie d'Alcalà de Henares. L'édifice est alors transformé en prison et en tribunal jusqu'en 1951, puis devient possession de la communauté de Madrid en 1985. Le musée est officiellement créé en 1987 puis inauguré en 1999. La première exposition temporaire ouvre au public dès 1999, mais l'exposition permanente n'est accessible qu'à partir de 2003.

Il dépend de l'administration régionale de la communauté de Madrid et il est alimenté par divers lieux paléontologiques ou archéologiques de la dite communauté. La collection permanente disposée dans plusieurs salles comprend des éléments provenant de la faune et de flore préhistorique, ainsi que des premières communautés humaines.

Histoire

Avant la création du couvent, le quartier est une moreria, c'est-à-dire un quartier musulman dans une ville chrétienne. Une mosquée est présente sur le site jusqu'à sa destruction au et à la confiscation des terres appartenant aux Maures au .

Le couvent de la Mère de Dieu est fondé en 1565 par María de Mendoza, fille des comtes de Mélito où par testament elle évoque son intention de fonder un monastère aux Dominicains en leur laissant certaines de ses propriétés à Alcalà de Henares. L'actuelle construction date de 1624. L'édifice reste un couvent jusqu'au , lors de l'invasion des troupes françaises, date à laquelle les Dominicains sont expulsés, pour servir de caserne de cavalerie pour les troupes napoléoniennes. Celles-ci semblent avoir détruit le maître-autel et pillé les objets de valeur. Les frères reviennent en 1815, mais en 1835 le couvent est confisqué et passe après le désamortissement de 1836 entre les mains de la mairie d'Alcalá de Henares. La zone du couvent sert de prison jusqu'en 1951, tandis que l'église abrite le barreau et le tribunal. L'ensemble du bâtiment subit de profondes modifications, comme le transfert du portail de l'église de la à la .

À la suite de la création de la communauté de Madrid en 1983 et au transfert à la communauté des compétences en matière de politiques culturelles le par le décret 680/1985, un projet de création d'un nouveau musée régional est élaboré, car la communauté de Madrid manque d'un musée provincial. Toutefois la communauté autonome possède déjà deux musées exposant déjà des types de collections dévolus aux musées provinciaux : le musée archéologique national et le musée national des sciences naturelles. Ces deux musées nationaux ne pouvant pas devenir provinciaux, il est décidé d'utiliser un ancien couvent du comme emplacement du futur musée en 1985 et, après le commencement des travaux en 1987 sous la direction de l'architecte D. Jaime Lorenzo, le musée est créé par le décret 163/1997 du , puis finalement inauguré le uniquement pour les expositions temporaires. Les travaux commencent en 1987 car le bâtiment est très dégradé, présentant un état de ruine avancé dans certaines zones, il fait donc l'objet d'une réhabilitation importante.

Lors des travaux menés à la fin du , des arcades de l'ancien couvent datant du sont découvertes lors des phases de l'archéologie préventive, elles sont réhabilitées puis intégrées au musée. Le est inaugurée l'exposition permanente et le est ouvert le , réalisé grâce au vitrage et à l'aménagement de l'ancien cloître du couvent, aujourd'hui utilisé pour des conférences et des congrès, avec d'une capacité d'environ 200 personnes, et peut également accueillir des représentations théâtrales et des concerts.. À terme, la superficie du musée est , en partie grâce à la construction d'un nouveau bâtiment sur un terrain adjacent, occupé jusqu'en 2008 par le commissariat local de la police nationale d'Alcalá de Henares, qui entre-temps est déplacé dans un édifice nouvellement construit. Les travaux, attribués en décembre 2010 avec un délai d'exécution de sept mois devant augmenter la surface construite de , mais il est mis en pause l'année suivante en raison de la crise économique. Les travaux commencent finalement en janvier 2018 et se terminent fin 2019...

Bâtiment vignette|gauche|alt=Vue de deux façades du bâtiment depuis la rue|Vue d'ensemble du bâtiment. Le la propriété du bâtiment passe du conseil municipal d'Alcalá de Henares à la communauté de Madrid.

Au sous-sol se situent les réserves d'une surface de . Ces réserves disposent d'un dispositif de contrôle de l'humidité et de la température.

Au rez-de-chaussée, le hall est le point central de l'étage d'où l'on peut accéder au cloître et à l'ancienne église. Cet étage dispose également d'une salle de séminaires, comprenant 77 sièges, dédiée à la mémoire du professeur et archéologue Manuel Fernández-Miranda. D'autres pièces spécialisées dans l'archéologie, la restauration et la photographie sont également présentes. C'est au rez-de-chaussée que les expositions permanentes sont visibles. L'ajout du vitré sur un terrain libre adjacent permet d'y agrandir le musée à la fin de la première décade du . C'est à cet étage que des informations sur l'histoire de l'église et du logo, ainsi que sur les services du musée sont visibles.

Au niveau de l'entresol, une salle permet d'accueillir 5 chercheurs. Au premier étage se trouve la bibliothèque dénommée Emeterio Cuadrado, elle est dotée d'une bibliothèque privée de et dispose de 34 points de consultation. C'est à l'étage que se trouvent les bureaux des administrateurs et des conservateurs, ainsi que les expositions temporaires.

Un espace de recherche est créé dans un édifice proche du bâtiment principal.

Collections Généralités

En plus de sa fonction de recherche et de conservation du patrimoine archéologique, il expose une collection permanente avec un parcours chronologique et didactique : des fossiles paléontologiques, des outils du Paléolithique et du Néolithique, des vestiges de l'Âge du bronze et de l'Âge du fer, une collection importante de l'époque romaine (notamment des mosaïques) et des éléments de la culture antique, médiévale et moderne, jusqu'à l'archéologie de l'époque industrielle..

Une des premières tâches du musée est de rassembler toutes les collections qui doivent lui revenir car elles sont dispersées d'autres musées. Le musée collecte également tous les artéfacts issus de l'archéologie préventive dans la communauté de Madrid.

L'inventaire et le catalogage des inventaires sont réalisés avec un programme unique appelé le « DOMUS ».

Œuvres majeures Préhistoire

Le musée expose quelques découvertes paléontologiques comme un crâne d'ours des cavernes découvert à Patones en 1971, le plus grand jamais découvert dans la péninsule ibérique..

Un crâne de datant du Vallésien à l'époque du miocène supérieur est découvert à Cerro de los Batallones, à Torrejón de Velasco, il est également exposé au musée. Ce tigre à dent de sabre est découvert dans un piège naturel dans lequel il est tombé, probablement en chassant un herbivore comme le , une espèce de rhinocéros. Sa taille correspond à celle d'un lion actuel, c'est une espèce commune dans le Cerro de los Batallones lors de la Préhistoire.

Un crâne et des mandibules de , une sorte d'éléphant préhistorique plus petit que ceux de notre époque mais avec deux paires d'incisives, sont visibles par les visiteurs. Ces éléments datent du Vallésien à l'époque du Miocène supérieur et sont découverts sur le Cerro de los Batallones à Torrejón de Velasco.

Un biface en silex d'Arriaga découvert à Rivas Vaciamadrid et daté du Pléistocène moyen supérieur (soit environ années). C'est un ustensile multitâche ayant servi à l' et à l'.

Deux molaires âgées de à années et découvertes à Calvero de la Higuera dans la commune de Pinilla del Valle y sont exposées. Ces deux dents présentent une caractéristique propre à : le taurodontisme, c'est-à-dire la fusion des racines.

Un tableau réalisé à la demande du musée montre une scène avec un éléphant mort près la rivière Jarama en train d'être découpé par des Hommes préhistoriques tout en fabriquant les fragiles outils en silex de l'époque sur place. Cette scène est inspirée d'un éléphant mâle d'une quarantaine d'années, d'une hauteur de et faisant découvert en 1976 sur le site Aridos 1 à l'époque du Pléistocène moyen il y a . Trente-quatre outils sont également découverts à côté de l'éléphant.

Deux crânes, un d'un sanglier et l'autre d'un cochon domestique, sont des pièces maîtresses de la collection concernant le Néolithique. Ces deux éléments montrent l'évolution de la faune après la domestication : le cochon ayant une atrophie de l'odorat, de l'ouïe et de la vue par rapport au sanglier, ce dernier ayant également une tête plus allongée et aérodynamique que le cochon.

Antiquité

Pour l'Antiquité, une des pièces de valeur est un vase campaniforme, c'est-à-dire en forme de cloche, est exposé. Sa chronologie est située entre et et il a été découvert à Madrid sur le site numéro 9 de la Salmenida. La découverte comprend trois éléments réalisés à la main (un vase, un bol et une sorte de casserole) avec un décor incisé et recouverts d'une peinture blanche. Ce type de vase est considéré comme un produit de luxe car il nécessite beaucoup de temps et d'énergie pour être créé, il est également entièrement réalisé à la main et sans moule.

Les fibules de Santorcaz, appartenant au peuple celtibère des Carpétans, sont découvertes sur le site de El Llano de la Horca. Elles datent de l'époque La Tène, entre le milieu du .

Concernant la période romaine et l'importance de la religion dans cette société, une statue partielle en marbre blanc de la déesse Diane datant du est exposée aux visiteurs. Il s'agit de la déesse romaine de la chasse et la première divinité féminine du panthéon hispano-romain mais son culte se pratique dans la sphère privée. Sur cette statue, elle est accompagnée d'un chien à sa droite, vêtue d'une tunique courte et de sandales de chasse. À l'origine, la statue devait également comportait un arc et un carquois rempli de flèches. Elle est découverte sur le site de la maison d'Hippolytus.

La vaisselle romain de luxe est très présente sur les différentes site de la région, principalement des céramiques de table de type sigillée. Elles sont d'abord importées d'Italie dès le avant d'être produite dans la péninsule Ibérique jusqu'à la fin de l'Empire romain au .

La mosaïque d'Achille et Penthésilée, datant du , est découverte dans la partie centrale d'une maison du site de Complutum. Elle est composée de deux parties. La première est sur l'extérieur et relie une bande aux murs de la pièce et la deuxième est un panneau central composé d'un rectangle contenant divers personnages avec en son centre un autre élément rectangulaire exposant les deux personnages légendaires. Ces deux personnages légendaires font partie du cycle troyen et cette mosaïque montre le combat de la reine des Amazones, Penthésilée, contre le héros grec Achille lorsque ce dernier tombe amoureux lorsqu'il la tue lors d'un combat puis la pleurs.

Une stèle funéraire relativement intacte est également exposée où des informations personnelles et familiales sont lisibles. Elle est dédiée à un homme d'origine servile Titus Valerius Syrus (dont le maître devait s'appeler Valerius) et d'une indigène du nom d'Arruntia Pusinca. Cette stèle est construite par leur fils Valerius Crescens au . Elle est découverte sur le site de Complutum.

Moyen Âge