La Démocratie corinthiane ( en portugais) était un mouvement idéologique et une manière innovante de diriger un club de football., reconnue au Brésil comme l'une des plus importantes actions menées dans l'intention de combattre la dictature militaire brésilienne et le seul mouvement de cette nature mené à ce jour dans le football. C'était une cellule politique idéaliste mais efficace qui combattait la manière autoritaire par laquelle la direction du club contrôlait ses joueurs, de la même façon que les militaires gouvernaient le pays.

Avant la Démocratie corinthiane Hormis les stars du championnat, les footballeurs vivent dans des conditions précaires et ne servent au régime qu'à instaurer la paix sociale. Les joueurs sont sous le joug de dirigeants de clubs corrompus au service du pouvoir.. C'est ce qui conduit l'international brésilien Sócrates, pourtant lui-même un de ces privilégiés, à déclarer :

La genèse En , les Corinthians, alors à la déroute sur le plan sportif, voient arriver comme nouveau directeur sportif Adilson Monteiro Alves, un sociologue de trente-cinq ans qui s'était opposé au régime dans sa jeunesse. Celui-ci propose aux joueurs de cesser de les payer par l'intermédiaire de primes de matches mais de redistribuer les recettes du stade et de la télévision à tous les salariés du club.

Au fur et à mesure, les joueurs commencent à prendre les décisions sportives collectivement : ils abolissent les mises au vert et décident eux-mêmes de la manière de préparer les matches, de l'organisation des déplacements et du recrutement des joueurs et des entraîneurs. Ils nomment ainsi Zé Maria, joueur du club et champion du monde 1970, entraîneur du club. C'est la seule fois dans l'histoire du football qu'une telle chose se produit.

Symbole de la lutte contre la dictature vignette|Sócrates participant à une action de Diretas Já, mouvement brésilien en faveur de la démocratie. En , le régime dictatorial alors en perte de vitesse permet l'élection du gouverneur de São Paulo, la première élection démocratique depuis le coup d'État de 1964. Les joueurs entrent alors sur la pelouse avec comme inscriptions sur leurs maillots des messages incitant les citoyens à aller voter. Le régime ne peut rien faire. Il ne peut pas non plus s'opposer par la suite à l'élection du président du club par les .

En 1983 en finale du , les joueurs entrent sur le terrain avec une banderole , soit « Gagner ou perdre, mais toujours en démocratie ».

Le mouvement alors mené par Sócrates, Wladimir, Walter Casagrande et Zé Maria prend de l'ampleur et devient un des symboles de l'élan démocratique qui traverse le pays. Il reçoit ainsi le soutien d'intellectuels tels que le publiciste « Washington Olivetto e a Democracia Corinthiana », professorcortez.com, 28 septembre 2010..

De plus, l'équipe développe un football très offensif et spectaculaire et enchaîne les succès, ce qui contribue à renforcer la sympathie du pays à l'égard du mouvement. L'écrivain uruguayen Eduardo Galeano déclare à propos de cette période du club pauliste :

Essoufflement du mouvement À partir de 1984, les départs du club des leaders charismatiques du mouvement que sont Sócrates, Casagrande et Zé Maria ainsi que les mauvais résultats sportifs face à la consolidation du football moderne affaiblissent le mouvement. De plus, avec la restauration de la démocratie au Brésil en 1985, la Démocratie corinthiane n'a plus de raison d'exister.

D'anciens dirigeants des Corinthians profitent des élections de la même année pour écarter Orlando Alves et reprendre le club en mains et mettre fin à cette expérience unique dans le football. Cette histoire est racontée dans le livre – , de Sócrates et Ricardo Gozzi.

Notes et références

Annexes Bibliographie

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