vignette|L'emblème du club et sa devise : Weaving spiders come not here. Le Bohemian Club, créé en 1872 par des journalistes du San Francisco Chronicle et situé à San Francisco en Californie, est l'un des clubs politiques américains les plus fermés du monde. Très conservateur et regroupant l'élite et des personnes d'influence, il compte quelque (uniquement des hommes, pour la plupart des Américains, mais également quelques Européens et Asiatiques) qui se réunissent tous les ans lors des dernières semaines du mois de juillet au Bohemian Grove.

Ce club est régulièrement l'objet ou au centre de théories du complot.

Histoire Ce gentlemen's club, appelé en anglais private club, est fondé en , originellement par des journalistes, dont Tommy Newcombe, Sutherland, Dan O'Connell, Harry Dam, tous employés au San Francisco Chronicle, comme en témoigne, en 1915, , propriétaire du journal M. H. de Young, In: Varied Types par Edward F. O'Day, San Francisco, Town Talk Press, 1915, — sur Archive.org.. Ils souhaitent seulement avoir un endroit où terminer la journée ou le week-end pour s'y détendre. Progressivement, les journalistes invitent des artistes et des musiciens. Au départ, ils se donnent comme modèle la « bohème », ou plutôt ce qu'ils imaginent être ce mode de vie né en Europe quelques dizaines d'années plus tôt. Le bohemianism était en vogue en Amérique parmi une certaine élite intellectuelle. En 1882, Oscar Wilde, lors de sa tournée américaine, rend visite au Bohemian Club et déclare : . Toutefois, les beaux-arts et la littérature semblent avoir été au cœur de leurs moments de détente.

À l'époque contemporaine, il s'agit toujours d'un club exclusivement masculin. Avec les années, le recrutement par cooptation s'élargit aux hommes d'affaires.

Sa devise est : « Weaving spiders come not here !' ' » « Araignées qui tissez, ne venez pas ici !», vers extrait de la scène 2 du deuxième acte du Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare, . Le club est donc un lieu de détente, du moins était-il conçu ainsi au départ.

La cotisation annuelle est, en 2015, de et la liste d'attente serait d'une vingtaine d'années. Le club dispose d'un siège à San Francisco dans un immeuble de six étages en briques, situé à l'angle de Post Street et de Taylor Street, à deux blocs à l'ouest d'Union Square. Il est voisin de l' et du . Le siège dispose de salles à manger et de réunions, d'un bar, d'une bibliothèque, d'une galerie d'art, d'un théâtre et de chambres d'hôtes.

En 1878, le club acquiert une vaste propriété de , située à Monte Rio en Californie, qui prend le nom de Bohemian Grove. Les membres du club s'y réunissent chaque année lors des trois dernières semaines de juillet. En dehors de cette période, les membres sont autorisés à venir séjourner avec leurs épouses et enfants durant de courtes périodes de temps. D'une manière générale, chaque membre peut inviter un ami ou un proche.

En 1881, l'un des membres, le journaliste et poète a l'idée d'organiser à Bohemian Grove une cérémonie inaugurale qu'il baptise Cremation of Care. D'inspiration païenne, il s'agit de symboliquement brûler en effigie les désagréments accumulés durant une année de labeur. Au fil des années, d'autres manifestations sont élaborées. Chaque membre peut proposer différents spectacles, par exemple des pièces de théâtre de leur composition, des récitals musicaux, poétiques, etc. Il existe même une journée dédiée au défoulement verbal qui s'inscrit dans la lignée des ribalderies ancestrales (grivoiseries).

Le club comptait en 2022 plus de , parmi lesquels des hommes politiques, des banquiers, des hommes d'affaires et plusieurs anciens présidents. Il est considéré, au moins depuis les années 1950, comme très conservateur.

Le « complotisme » dans les médias Au début des années 1970, le sociologue G. William Domhoff estime que le Bohemian Club fait partie d'une culture de cohésion de la classe sociale dominante américaine. Il lui dénie toute intention complotiste, expliquant que ce club n'est là que pour le délassement des élites et leur cohésion.

En 2000, le complotiste d’extrême droite Alex Jones s'introduit dans le club pour y filmer une partie de son documentaire Dark Secrets inside Bohemian Grove, intitulée - Jones pensant que les membres du club se livrent en fait à des rituels occultes répréhensibles.

Le , à Minneapolis, Bill Clinton est abordé durant un discours par un inconnu prétendant que les attentats du sont une imposture, en accusant le Bohemian Club. Clinton rejette immédiatement l'idée que le soit une imposture et ajoute sarcastiquement : .

Le Bohemian Club dans la culture populaire Prodigy, dans sa chanson Real Power Is People figurant sur l'album (2008), ferait allusion au club dans le couplet suivant : Dans la série télévisée House of Cards, l'épisode 8 de la saison 5 diffusé en 2017 débute par un week-end de retraite en forêt entre chefs d'entreprises et personnalités politiques masculines, allusion au séminaire estival du Bohemian Club. Le Bohemian Club est un élément de la dernière partie du roman Le Règne des Illuminati, 10 volume de la série des romans mettant en scène Antoine Marcas, sous la plume d'Éric Giacometti et Jacques Ravenne. Le film Late Night with the Devil met en scène une organisation secrète fortement inspirée du Bohemian Club, mêlant élites médiatiques, occultisme et rituels mystérieux diffusés à la télévision en direct.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie G. William Domhoff, Bohemian Grove and Other Retreats: A Study in Ruling-Class Cohesiveness, essai de sociologie, New York, Harpercollins College Div, juin 1975 . Mike Hanson, Bohemian Grove: Cult Of Conspiracy, essai, iUniverse, septembre 2004, . Armand Santilli, The Boys at Bohemian Grove, essai, Xlibris Corporation, décembre 2004, .

Liens externes

« Masters of the Universe Go to Camp: Inside the Bohemian Grove » par Philip Weiss, journaliste à Spy Magazine (novembre 1989)

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