Le Pégase est un vaisseau de ligne de 74 canons à deux ponts de la Marine royale française, lancé en 1781 pendant la guerre d'Amérique. Il s’agit de l'un des nombreux bâtiments de force mis sur cale depuis le milieu des années 1740 selon les normes définies par les constructeurs français de cette époque avec l'idée d'obtenir un bon rapport coût/manœuvrabilité/armement afin de pouvoir tenir tête à la Royal Navy qui dispose de beaucoup plus de navires.. Sa carrière dans la Marine française est cependant très courte car il est capturé par les Anglais en 1782.

Les caractéristiques générales du vaisseau

Le Pégase doit son nom à une créature fantastique tirée de la mythologie grecque. C’est un vaisseau de force lancé pendant la mobilisation navale qui correspond à la participation de la France dans la guerre d'indépendance américaine ; .. Sans être standardisé, le Pégase, partage les caractéristiques communes de tous les « 74 canons » construits à des dizaines d’exemplaires jusqu’au début du et qui répond à la volonté des responsables navals d’exploiter au mieux cette excellente catégorie de navire de guerreJacques Gay dans et Jean Meyer dans ..

Comme pour tous les vaisseaux de guerre de l’époque, sa coque est en chêne. Son gréement, (mâts et vergues) en pin.. Il y a aussi de l’orme, du tilleul, du peuplier et du noyer pour les affûts des canons, les sculptures des gaillards et les menuiseries intérieures. Les cordages () et les voiles (à peu près ) sont en chanvre. Un deuxième jeu de voiles et de cordages de secours est stocké en soute. Prévu pour pouvoir opérer pendant des semaines très loin de ses bases européennes s’il le faut, ses capacités de transport sont considérables. Il emporte pour trois mois de consommation d’eau, complétée par six mois de vin d’eau douce. de vin rouge, à raison d’un litre par jour et par homme. Le vin complète largement l’eau qui est croupie dans les barriques au bout de quelques semaines. Jacques Gay dans .. S’y ajoute pour cinq à six mois de vivres, soit plusieurs dizaines de tonnes de biscuits, farine, légumes secs et frais, viande et poisson salé, fromage, huile, vinaigre, sel, sans compter du bétail sur pied qui est abattu au fur et à mesure de la campagneDes moutons (six par mois pour 100 hommes), volailles (une poule par mois pour sept hommes, avec aussi des dindes, des pigeons, des canards), Jacques Gay dans ..

Le bâtiment est armé avec 74 canons, soit : 28 canons de 36 livres dans sa première batterie ; 30 canons de 18 livres dans sa seconde batterie ; 16 canons de 8 livres sur ses gaillards.

Cette artillerie en fer pèse . Lorsqu'elle tire, elle peut délivrer une bordée pesant 838 livres (soit à peu près 410 kg) et le double si le navire fait feu simultanément sur les deux bordsSelon les normes du temps, le navire, en combattant en ligne de file, ne tire que sur un seul bord. Il ne tire sur les deux bords que s'il est encerclé ou s'il cherche à traverser le dispositif ennemi, ce qui est rare. Base de calcul : 1 livre = 0,489 kg.. Le vaisseau embarque près de pesants au total 67 tonnesDans le détail : de 36 livres-poids, de 18 livres et de 8 livres. .. S’y ajoute des boulets ramés, chaînés et beaucoup de mitraille (8 tonnes). Il y a 20 tonnes de poudre noire, stockée sous forme de gargousses ou en vrac dans les profondeurs du vaisseauEn moyenne : un quart de la poudre est mise en gargousse à l’avance pour les besoins de la batterie basse, celle des plus gros canons au calibre de , et un tiers pour les pièces du second pont et des gaillards. . En moyenne, chaque canon dispose de .

Historique dans la marine royale française (1781-1782) Au début de 1782, le Pégase est intégré à une division de quatre vaisseaux de 74 canons (avec le Robuste, l’Actif et le Zodiaque) sous les ordres de La Motte-Picquet chargée de faire une croisière sur les côtes sud de l’Angleterre et de l’Irlande.. Les vaisseaux sortent de Brest le et commencent leur mission le 15. Ils font quelques prises, dont un brigantin qui est amariné par le Pégase. Mais le 23, une violente tempête se lève. Elle rend la mer intenable et oblige les navires à rentrer sur Brest où ils arrivent trois jours après. Le Pégase est gravement avarié. Son commandant, le comte de Soulange, est obligé de faire couper le mat d’artimon en pleine tempête. Les qualités nautiques de ce bâtiment pourtant neuf se révèlent extrêmement médiocres. « J’ose dire que si on ne perdait des vaisseaux que comme celui-là, il ne rehausserait pas beaucoup la marine de nos ennemis » note Soulange dans son rapport. Cet événement intervient deux mois plus tard.

Le , le Pégase appareille de Brest en compagnie de deux autres vaisseaux (le Protecteur et l’Actionnaire) et de deux frégates pour escorter un important convoi de 19 transports chargé des renforts pour les Indes orientales. Le convoi est repéré le par l'escadre de 12 vaisseaux et 4 frégates de Samuel Barrington qui ordonne aussitôt l'interception. Soulange, qui commande l’escorte sur le Protecteur tente d’échapper à l’ennemi, mais celui-ci ne cessant de se rapprocher, il fait signal de gagner le port le plus proche, les côtes de Bretagne étant encore en vue. Le Pégase fait vent arrière, mais, mauvais marcheur, il est rattrapé dans la nuit du 20 au 21 par le HMS Foudroyant du captain John Jervis mieux armé que lui (80 canons). Le chevalier de Sillans, qui commande le vaisseau et qui ne peut plus fuir, accepte le combat. Payant d’audace, il tente l’abordage, mais le Pégase, complètement désemparé avec 90 hommes hors de combat est contraint d’amener son pavillon. L’Actionnaire et une large partie du convoi (13 des 19 transports) partagent le sort du Pégase.

Pour cette capture, Jervis est fait chevalier de l'Ordre du Bain.. Le chevalier de Sillans est sévèrement sanctionné pour sa tentative d’abordage ayant précipité la perte du vaisseau. Le conseil de guerre qui se réunit en octobre à Brest le condamne à l’interdiction de toute fonction dans la marine. Il est radié des listes le .

Historique dans la marine royale anglaise (1782-1815)

Le Pégase fait partie des vingt vaisseaux de ligne perdus par la Marine royale lors de la guerre d’Indépendance américaineDe 1778 à 1783, dix vaisseaux pris au combat, six vaisseaux détruits ou naufragés, quatre vaisseaux incendiés. .. Le Pégase est ensuite intégré au sein de la Royal Navy et armé en vaisseau de troisième rang sous le nom de HMS Pegase. Il sert de navire-prison à partir de 1799, et est démantelé en 1815.

Notes et références

Sources et bibliographie

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Voir aussi Articles connexes Liste des vaisseaux français Histoire de la marine française

Liens externes French Third Rate ship of the line Pégase (1781), article du site anglophone Three Decks - Warships in the Age of Sail

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