Nouakchott (en ) est la capitale de la Mauritanie depuis 1957 (auparavant la capitale était Saint-Louis). Située au bord de l'océan Atlantique, elle a été créée sur une zone de campement. De temps à autre, les nomades viennent séjourner autour de Nouakchott qui a pris rapidement l'aspect d'une ville moderne.
Toponymes Le nom de cette ville, Nouakchott est d'origine berbère et signifie « fait de bâtons », pour parler des habitations faites de bois, néanmoins Noiakchott selon les retranscriptions, a donné lieu à plusieurs traductions, dont cinq principales : « lieu où apparaît l'eau quand on creuse un puits » ; « terrain où les coquillages abondent » ; « l'endroit au pâturage salé » ; « là où souffle le vent » ; « le sans-oreilles ».
Chott peut signifier « plage » ou « estran ». Noua en arabe hassaniya (dialecte maure) serait « baie ». On traduirait littéralement « Nouakchott » par « la plage de la baie ». Bien que le littoral mauritanien ne présente aucune baie aux abords de Nouakchott, la forme de la côte y est légèrement creuse. Nouakchott était à l'origine un camp militaire français, construit de toutes pièces, où les Mauritaniens n'avaient pas l'habitude de séjourner.
Paysage urbain
Le centre-ville est formé selon un plan hippodamien structuré autour de deux boulevards. L'artère principale est l'avenue Abdel Nasser orientée est ouest, qui se termine à six kilomètres à l'ouest au port et passe d'abord à l'est à travers un vaste quartier de bâtiments gouvernementaux et relie le centre à l'aéroport international situé à trois kilomètres au nord-est. L'avenue du Général de Gaulle traverse une zone résidentielle à l'extrême nord, puis le quartier des affaires et des ambassades et mène au sud de l'intersection principale à travers plusieurs quartiers de marché jusqu'au Cinquième arrondissement au sud. L'ancien village de Ksar a fusionné avec ce qui est aujourd'hui l'arrondissement de Ksar à l'est duquel se trouve l'ancien aéroport de la ville.
La division originale ne comprenait que quatre arrondissements. En 1986, la ville est divisée en neuf arrondissements officiels. Les neuf arrondissements, constituant des communes urbaines administratives, sont :
Arafat ; Dar Naim ; El Mina ; Ksar ; Riyadh ; Sebkha ; Tevragh Zeïna ; Teyareth ; Toujounine.
Histoire vignette
Vers 1960, ville nouvelle L'endroit en lui-même est connu depuis longtemps par les nomades. Au début du , il ne consiste encore qu'en un poste militaire, érigé par l'armée française en 1903. Dans un récit de voyage intitulé Vent de sable, écrit en 1923, Joseph Kessel évoque tenu par . Pour Antoine de Saint-Exupéry, qui y pose de temps en temps l'avion de l'aéropostale, c'est un .. Il s'agit d'un ksar, c'est-à-dire un fortin, entouré de quelques campements, où un détachement de militaires français surveille la route commerciale qui relie le Maroc au Sénégal. vignette vignette Le développement de Nouakchott commence véritablement avec le vote de la Loi-cadre des territoires d'outre-mer, dite Loi-cadre Defferre, de , qui institue pour chaque territoire un conseil de gouvernement présidé par un gouverneur et composé de ministres élus par l'assemblée territoriale. Il faut une capitale à la Mauritanie et on décide alors la création d’une ville nouvelle en ce lieu. À cette époque, il y a 500 habitants sur place. L'endroit est choisi en raison de la proximité de la nappe phréatique d'Idini, qui peut permettre de desservir une ville importante, et pour sa situation centrale, qui permet de créer un lien entre les Maures blancs du Nord et les populations noires du Sud du pays. Le climat est également plus doux qu'à l'intérieur des terres. En 1959, l'architecte français André LeconteAndré (Alphonse, Léon) Leconte, né le 22 novembre 1894 au Mans, et décédé en 1966 dresse le plan de la nouvelle capitale. Deux noyaux se dégagent : l'un autour du fort, qui deviendra le quartier européen de nos jours ; l'autre autour de la mosquée, donc un peu plus à l'écart à l'époque. Coupée en deux dans un premier temps, la ville se réunifie rapidement. En 1958, Amadou Diadié samba Diom Bâ, ministre mauritanien des Ponts et Chaussées procède à la pose de la première pierre pour la création de la capitale de la Mauritanie en ce lieu Britannica, Nouakchott Nouakchott, britannica.com, USA, consulté le 4 août 2019. Amadou Diadié samba Diom Bâ prononce à cette occasion un important discours en présence du général Charles de Gaulle et du président mauritanien Mokhtar Ould Daddah. Cette cérémonie officielle a été à l’origine de la transformation du fort, et du ksar en une véritable capitale d'un pays africain. La première pierre qu'Amadou Diadié samba Diom Bâ a posée en compagnie des chefs d’États français et mauritanien est toujours visible dans la cour de la Présidence de la république. Un hôpital, un aéroport et une avenue sont édifiées. Puis, l'année de l'indépendance, en 1960, d'autres bâtiments surgissent dans le quartier du Ksar : la première mosquée, les premiers ministères, le wharf ou zone portuaire et enfin des blocs cubiques destinés à loger des fonctionnaires.
thumb|Visite médicale en famille
Le développement est assez rapide. Les estimations donnent une population de en 1960 et de environ à la fin du . Les raisons de cette importante croissance démographique sont : le regroupement vers le chef-lieu dans les lieux désertiques ; l'emballement : plus un lieu concentre d'habitants, plus il en attire de nouveaux ; dans les années 1980, à la suite d'une grande sécheresse qui ruine les éleveurs (première richesse du pays), ceux-ci viennent s'installer en ville pour trouver un nouvel emploi. thumb|Mauritaniens en tenue traditionnelle L'habitat et le logement informel sont des phénomènes courants dans les pays en voie de développement et les pays du monde arabo-musulman. Nouakchott en est un exemple, même si les particularités de l'habitat spontané ne peuvent être généralisées à l'ensemble des pays arabes. Le cas de Nouakchott est un cas extrême en ce qui concerne l'habitat informel parce que le phénomène y est massif.
Explosion urbaine vignette|Image satellite de Nouakchott. Nouakchott se trouve à la frontière de deux aires culturelles : la Mauritanie ne fait partie ni du monde arabe au sens strict – des populations dites négro-africaines Soninkés, Toucouleurs et Wolofs peuplent le sud du pays – ni de l'Afrique noire, car les Maures (se réclamant d'ascendance berbère ou arabe) qui parlent le dialecte hassanya ou le berbère sont la principale ethnie dans le pays et à Nouakchott. La ville se trouve donc aux marges du monde arabe. vignette|Centre-ville de Nouakchott. Pour donner un autre ordre de grandeur, entre 1962 et 1990, la superficie de la ville est passée de 240 à , et la population a été multipliée par 81 entre 1959 et 1988.
Les causes de l'explosion urbaine sont d'ordre à la fois économiques, sociologiques et psychologique : un processus de sédentarisation couplé à une croissance démographique importante (démographie de transition) ont entraîné une émigration importante des villages aux villes. En effet, le milieu naturel mauritanien ne permet pas une forme d'agriculture capable de nourrir et de faire travailler l'ensemble de sa population. Le milieu est essentiellement saharien ou sahélien (hormis aux abords du fleuve Sénégal), et l'agriculture mauritanienne repose essentiellement sur un modèle agro-pastoral (avec un nomadisme développé). La fragilité du milieu naturel ne pouvait donc pas absorber la croissance démographique ; de plus, le colonialisme avait déjà en partie remis en cause les valeurs qui permettaient le nomadisme, fondé sur l'autorité des chefs. Les sécheresses des années 68 à 73 ont accéléré de manière spectaculaire la sédentarisation : les seules possibilités de se prémunir contre la famine résidaient alors dans les villes (distribution de nourriture, soins...), et les nomades une fois sédentarisés étaient peu disposés à repartir vers les zones rurales. Cette sécheresse a ruiné les éleveurs et réduit fortement la production céréalière pour quelques années ; on peut aussi ajouter différentes motivations à l'émigration vers les villes, notamment l'attrait que la ville constitue pour l'ensemble de la population (emplois, accès à l'éducation et à la santé, meilleures conditions de vie...), cela est d'autant plus vrai pour Nouakchott qui est une capitale aux fonctions politiques, administratives et culturelles (administration, justice, armée, enseignement...).thumb|Vue aérienne (2005)
La population urbaine représente 6,4 % de la population totale en 1962, et Nouakchott représente alors 0,6 % de la population. Quelques décennies plus tard, au début du , Nouakchott représente désormais à elle seule entre 25 et 30 % de la population mauritanienne. Pour donner une idée de ce changement en profondeur de cette société mauritanienne, le nomadisme est passé, entre 1962 et 1985, de 75% à 15% environ de la population (tendance encore accentuée aujourd'hui mais les données précises manquent).
Climat Nouakchott est soumis à un climat désertique tropical (Köppen: BWh, Trewartha: Bwhb).
Démographie Depuis 1961, l'évolution démographique de Nouakchott a été :
Évolution démographique de Nouakchott
Une partie de la difficulté d'estimer la population de la ville est qu'une partie de celle-ci est nomade, installant des tentes dans des endroits appropriés, puis pliant bagage lorsque le besoin s'en fait sentir.
Certaines estimations évaluent la population de 2008 à plus de 2 millions.
Le recensement de 2013 a donné la population de la ville à 958 399.
Économie
Nouakchott connait un développement inégal et certaines parties de la ville restent fortement sous-développées.
La ville abrite plusieurs marchés, dont le marché marocain et les plages. On peut acheter du poisson frais sur le marché aux poissons d’une plage consacrée aux bateaux de pêche. Nouakchott est un lieu de vente principal de météorites sahariennes.
La ville abrite la cimenterie Mafci, du groupe italien Italcementi Italcementi.
Culture vignette|Le musée national de Mauritanie.
Espaces culturels Musée national de Mauritanie. Bibliothèque nationale de Mauritanie. Palais des Congrès à Nouakchott.
Langues La langue arabe est parlée par une grande majorité des habitants de la ville, surtout le dialecte arabe local (Hassanya). D'autres langues nationales sont aussi parlées à Nouakchott, il s'agit du pulaar, du wolof et du soninke.
En 2014, 50,7 % des habitants de Nouakchott de 15 ans et plus savent lire et écrire le français tandis que 49,4 % savent le parler et le comprendreLa langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, ..
Éducation thumb|Université de Nouakchott Al Aasriya Écoles primaires et secondaires Il existe de nombreuses écoles primaires et secondaires, parmi les plus importantes figurent le Lycée Français Théodore Monod et l'American International School of Nouakchott et le lycée d’Excellence de Nouakchott. Enseignement supérieur La principale université de Mauritanie, l’Université de Nouakchott Al Aasriya, a été fondée en 1981.
Parmi les autres établissements d'enseignement supérieur figurent l'Université libanaise internationale en Mauritanie, l'École nationale d'administration, l'École normale supérieure de Nouakchott, l'Académie Navale, le Collège des sciences et de la technologie et l'Institut scientifique supérieur.
Formation militaire À proximité de l'université se trouvent l'école d'état-major mauritanienne et le Collège de défense G5 Sahel, destinés à former des officiers supérieurs.
Transports Transport maritime Port de pêche