Les relations entre l'Érythrée et les États-Unis sont les relations bilatérales entre les États-Unis et l'Érythrée.

Historique Annexion éthiopienne En 1945, de son retour de la conférence de Yalta en , le président américain Franklin D. Roosevelt, après avoir rencontré les dirigeants égyptiens et saoudiens, tient à rencontrer le dirigeant éthiopien Haïlé Sélassié Ier. C'est à la suite de cette rencontre que les États-Unis expriment un fort intérêt géostratégique pour l'ÉrythréeNafi Hassan Kurdi, L'Érythrée, une identité retrouvée, Karthala éditions. janvier 1994 .

En 1947, alors que l'Italie renonce à ses colonies dont l'Érythrée, les États-Unis - un des Trois Grands en charge de décider du sort du pays - s'expriment en faveur d'une cession partielle ou totale à l'ÉthiopieRaymond Goy, L'indépendance de l'Érythrée, Annuaire Français de Droit International, 1993 (consulté le 23 mars 2020). Les États-Unis déploient une armée de à Kagnew et soutiennent la politique annexionniste de Haïlé Sélassié Ier. Le , un traité est signé qui accorde aux États-Unis le droit d'établir une présence militaire pendant 25 ans. La capitale érythréenne Asmara devient une base américaine (base baptisée Kagnew). Cette présence voisine à l'Éthiopie permet aux États-Unis de développer ses programmes d'aide et de soutien à l'État éthiopien, l'état africain qui bénéficie de plus de la moitié du budget américain dédié aux aides en Afrique, et ce de 1953 à 1975, bien qu'en 1957, seul un patrouilleur américain a été donné à la marine éthiopienneHervé Lavenir, Les États-Unis portent un intérêt croissant à l’Éthiopie, www.monde-diplomatique.fr, août 1957 (consulté le 28 mars 2020).

Les États-Unis considèrent alors l'Érythrée comme un pays stratégique dans sa politique internationale pour deux raisons : le détroit de Bab-el-Mandeb au sud du pays, et sa position éloignée des pôles nord-sud qui optimise les transmissions radio pour ses opérations de surveillance dans l'océan indien et le Moyen-Orient.

L'Érythrée est aussi le chemin le plus court pour aller de l'Éthiopie à la mer Rouge.

Guerre d'indépendance (1961-1991) Dans le contexte des accords de Camp David (l'Égypte rejoint le bloc américain), l'URSS, qui garda jusque-là une certaine distance sur la question érythréenne, commença à percevoir l'Érythrée comme une zone stratégique pour reprendre une place dans le contrôle de la région. Jusqu'à la chute de l'URSS, l'empire soviétique va tenter de déstabiliser la présence américaine en Érythrée, principalement en alimentant la guerre d'indépendance de l'Érythrée (1961-1991).

En 1991, les négociations entre le gouvernement éthiopien et les factions rebelles érythréennes qui mènent à l'indépendance du pays s'effectuent à Londres et sous l'égide des États-Unis.

Le gouvernement américain reconnait l'indépendance de l'Érythrée vis-à-vis de l'Éthiopie le et établit des relations formelles le avec la désignation d'un chargé d'affaires. À la suite de l'indépendance, les représentations diplomatiques érythréennes aux États-Unis ferment, et ne rouvrent qu'en 1998. Le (ERA) est lui aussi démantelé et relancé quelques années plus tard aux États-Unis sous le nom de . En 1999, lorsque le Trésor érythréen emet pour la première fois des bons pour financer le développement du pays, $20 millions sont vendus en Amérique du NordKhalid Koser, Une diaspora divisée ? - Transferts et transformations au sein de la diaspora érythréenne, Politique africaine, 2001. .

Dans les années 1990, les États-Unis et le Canada sont les pays d'accueil de la diaspora érythréennes après l'Arabie saoudite, avec 14.941 ressortissants, principalement des réfugiés politiques. La représentante Afrique du ministère de la défense US, Susan Rice, identifie alors le pays comme un espoir pour le continentJean-Philippe Rémy, WikiLeaks : la torture et le totalitarisme, quotidien de l'Erythrée, pays à la dérive, www.lemonde.fr, 15 décembre 2010 (consulté le 28 mars 2020).

Cependant, à partir de 1996, les conflits entre le président Isaias Afwerki et son premier ministre Meles Zenawi mènent à un gel politique du pays et à un refroidissement diplomatique progressif.

Guerre contre le terrorisme À partir de 2009, l'ONU impose un embargo sur l'Érythrée pour soutien présumé au terrorisme djihadiste, ce qui bloque les échanges bilatéraux entre les deux paysLes États-Unis espèrent une amélioration des relations avec l'Érythrée, www.africanews.com, décembre 2018 (consulté le 23 mars 2020).

L'embargo est levé en 2018, et la diplomatie américaine exprime son souhait de renouer ses liens avec l'État érythréen. En , les États-Unis retirent officiellement l'Érythrée de la liste des pays soutenant le terrorismeCarole Kouassi, Les États-Unis retirent l'Érythrée de la liste des pays soutenant le "terrorisme", www.africanews.com, 29 mai 2019 (consulté le 23 mars 2020).

Depuis le , les États-Unis exigent de l'Érythrée une mise à niveau de ses passeports, ce que le pays africain n'a jamais fait (le bureau américain des affaires consulaires fait remarquer en 2006 que la nationalité du titulaire n'apparaît pas sur les passeports érythréens par exempleÉrythrée : information sur les pièces officielles d'identité et sur le nom des autorités de délivrance (2005-2006), www.refworld.org, (consulté le 28 mars 2020)). De plus, des suspicions persistent sur le fait que les autorités érythréennes vendent des passeports sur le marché noir. En , les autorités américaines appliquent une restriction sur les visas délivrés aux étudiants et leurs famillesÉrythrée: les dessous de la limitation des visas américains, www.rfi.fr, 4 février 2020 (consulté le 28 mars 2020). Début , les États-Unis imposent de nouvelles restrictions temporaires à l'accès au territoire américain par les ressortissants érythréens dans le contexte de la pandémie du coronavirus. Cette restriction s'applique aux quelque de visa annuelles dans les catégories regroupement familial, recrutement par un employeur US, services rendus à la nation, et les visas de la loterie de la carte verte.

Description Les États-Unis disposent d'une ambassade à Asmara tandis que l'Érythrée dispose d'une ambassade à Washington D.C.

Selon le gouvernement des États-Unis, « les intérêts américains en Érythrée comprennent la consolidation de la paix avec l'Éthiopie, des progrès encourageants vers l'établissement d'une véritable démocratie en soutenant les efforts de l'Érythrée dans la résolution des problèmes régionaux, et la promotion du développement de l'économie érythréenne. »

Notes et références

Articles liés Mission des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée

Liens externes Histoire des relations entre l'Érythrée et les États-Unis

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