Château-Gaillard est une commune française située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants s'appellent les Châteaugaillardanes et les ChâteaugaillardansGentilé, sur habitants.fr. Géographie Château-Gaillard se trouve dans la plaine de l'Ain à trois kilomètres d'Ambérieu-en-Bugey. La commune se trouve au niveau de la sortie numéro 8 de l'autoroute A 42.

Relief et géologie La commune de Château-Gaillard est située sur un substrat d'origine alluvial, datant de l'ère quaternaire, constitué de galets, principalement calcaires, déposés lors du Würm récent. Sa situation dans le lit majeur de l'Albarine et le lit majeur de l'Ain en fait une commune propice aux inondations. Toutefois, le bourg ancien est protégé car il est construit au niveau d'un promontoire, à une altitude moyenne de , qui surplombe les deux lits. En revanche, le hameau de Cormoz, la Poisatière et les Ravinelles se situent au niveau du bassin versant de l'Albarine, qui correspond à son lit majeur lorsque son tracé était autrefois plus fluctuant. Dans le lit majeur de l'Ain, d'une largeur d'environ coule, au milieu d'une ripisylve constituée principalement de peupliers et d'aulnes, le Seymard..

Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Château-Gaillard est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Sur le plan morphologique, l'agglomération de Château-Gaillard est divisée en quatre unités distinctes : le bourg, autour de l'église et de la mairie (environ ) ; séparé du bourg par l'A40, la zone d'activités En Beauvoir () ; le hameau de Cormoz (environ ) ; un ensemble résidentiel composé de pavillons de la deuxième moitié du (environ ), dans la continuité du bâti d'Ambérieu et Saint-Denis, au bord de la déviation d'Ambérieu.

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (70,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (66,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (11,3 %), forêts (9,5 %), zones urbanisées (7,4 %), mines, décharges et chantiers (2,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,2 %), prairies (0,1 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Héraldique

Histoire La commune (Decanus Castri Gaudiosi, Castrum Galliardum), doit être fort ancienne, comme l'attestent les objets antiques que l'on y a rencontré, n'apparaît cependant qu'au .

L'église, sous le vocable de sainte Foy, est une ancienne annexe d'Ambérieu et un ancien doyenné à la collation de l'abbé d’AmbronayJacques Dubois, « L'implantation monastique dans le Bugey au Moyen Âge », Journal des savants, 1971, , .. Suivant un concordat de la fin du , le doyen de Château-Gaillard devait payer, au mois de juillet, à l'économe de l'abbaye d’Ambronay, « cinq grands septiers de froment à la mesure du cloître et quatre sous viennois ».

Au début du Paul Cattin, La construction d'un château au : Château-Gaillard, Cahiers René de Lucinge, , 1990, ., la commune s'appelait Rémens, paroisse distincte de Saint-Maurice-de-Rémens, et dont le nom fut substitué au profit de celui du château, rebaptisé probablement en « Château-Gaillard ».

L'édification de ce château par les comtes de Savoie, dans la plaine près de la rivière Ain, se situe dans le contexte de la guerre delphino-savoyardes, opposant, au début du , le Dauphiné et la Savoie et dans le but probable de couper la route du nord aux dauphinois et ainsi d'isoler les sires de Thoire-Villars, leurs alliés, formant ainsi une ligne de défense continue entre Saint-Germain-d'Ambérieu et la rivière Ain. La bâtie de Saint-Denis-le-Chosson est érigée entre 1323 et 1326 et c'est durant ce contexte et à la même période que la bâtie en pierre de Rémens est édifiée..

En 1335, est ratifié le traité de Chapareillan, qui déplace la frontière entre le Comté de Savoie et le Dauphiné au niveau de l'Albarine. Rémens devient officiellement savoyard alors que Saint-Maurice-de-Rémens reste dauphinois. Néanmoins, la guerre entre le Dauphiné et la Savoie continue.

En 1355, le traité de Paris est signé entre le roi de France et le comte , déplaçant définitivement la frontière entre le Dauphiné et la Savoie au niveau du Rhône.

Avant l'édification du château ou de la BâtieConstruction en terre et en bois., Rémens se trouvait dans la châtellenie de Saint-Germain-d'Ambérieu. Vers 1347Paul Cattin, op. cit., ., l'édification du château étant bien avancé, le château devint le siège d'une châtellenie et d'un mandement propres ; les travaux ayant débuté le , sous la conduite de Jean de Croso de MontmélianIl tenait également le péage de Saint-Germain. En on le paye pour les qu'il a passé, avec le seigneur Amédée de Félin, bailli de Saint-Germain, à « visiter et donner les ordres pour la réparation et l'édification du château de Saint-Trivier qui menaçait ruine ». « député par la seigneur Amédée comte de Savoie et le seigneur Amédée comte de Genève son tuteur, pour les travaux de la bâtie ou nouveau château de Rémens sous Saint-Germain ». Il en sera nommé châtelain le et ce jusqu'au . Lui succède à cette charge : Amblard de La Balme, dit de Fromentes, du au exclu ; Pierre de Rossillon, châtelain du au exclu et Jean de Montferrand, damoiseau, châtelain, du au exclu. En 1357, le comte inféode la bâtie de pierre à Jean de Longecombe.

C'est à cette date-là, en 1357, que Rémens change de nom et devient Château-Gaillard..

Le , le comté de Savoie est érigé en duché de Savoie.

Le modeste château de Château-Gaillard appartient ensuite, durant les , , à la famille de Montferrand. Cette famille noble, proche des ducs de Savoie, résidait au château de Montferrand à Lagnieu.

Le , est signé le traité de Lyon qui permet le rattachement de la Bresse et du Bugey au royaume de France. À cette date, le village de Château-Gaillard devient français. Les pays d'Ain sont alors intégrés dans la province de Bourgogne.

En 1912, Antoine de Saint-Exupéry traverse souvent Château-Gaillard à bicyclette, depuis Saint-Maurice-de-Rémens, pour se rendre à la base aérienne d'Ambérieu-en-Bugey, observer les avions et discuter avec les mécaniciens. Au mois de juillet, il y effectue son baptême de l'air sur un avion monoplan W2bis.

Politique et administration Découpage territorial La commune de Château-Gaillard est membre de la communauté de communes de la Plaine de l'Ain, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Chazey-sur-Ain. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux..

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Belley, au département de l'Ain et à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sur le plan électoral, elle dépend du canton d'Ambérieu-en-Bugey pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015, et de la cinquième circonscription de l'Ain pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010..

Administration municipale La commune compte entre , le conseil municipal est donc composé de dix-neuf membres.

Liste des maires

|colspan="5" align="center" bgcolor="#f3fff3"|

Démographie vignette|L'ancien hôtel de ville et le monument aux morts.

Économie Revenus de la population et fiscalité

En 2017, selon l'enquête de l'Insee, le revenu fiscal médian par ménage par foyer était en 2017 de ; 56,0 % des foyers fiscaux de la commune étaient alors imposables.

Emploi

En 2017, la population de Château-Gaillard se répartissait ainsi : 79,7 % d'actifs, et 7,0 % de retraités.

activité agricole

Avant la création de la zone d'activité près du page autoroutier, la commune était surtout tournée vers l'agriculture et l'élevage laitier.

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Nécropole protohistorique avec présence d'un tumulus à Cormoz. Cette nécropole celte présente des tombes datant de l'âge du bronze et de l'âge du fer. Le tumulus, situé à l'entrée est du village, est surmonté d'une croix.

Nécropole protohistorique du recourbe. Cette nécropole, fouillée lors de la construction de l'autoroute, montre des vestiges d'habitations gallo-romaines et médiévales (village carolingien et mérovingien), ainsi que des tombes protohistoriques... Église Sainte-Foy L'église est située sur le point le plus élevé de la commune. Tour en ruine du château de Rémens-sous-Saint-Germain. Le château médiéval en pierre, de forme triangulaire, a été construit entre 1344 et 1347, lors des guerres delphino-savoyardes qui opposaient le dauphin de Viennois au comte de Savoie. La basse vallée de l'Ain était alors disputée par les deux seigneurs. Ce château savoyard dépendait du château de Saint-Germain d'Ambérieu, avant de devenir un centre de châtellenie en 1347.