La cathédrale Sainte-Marie ou Notre-Dame de Bayonne est une cathédrale catholique de rite latin située dans le département des Pyrénées-Atlantiques (sud-ouest de la France). Construite aux , elle est caractéristique du style gothique. Elle est le siège épiscopal du diocèse de Bayonne.
Présentation C’est une cathédrale gothique, commencée dans les années 1240, sans que l'on connaisse la date précise du début des travaux. La façade occidentale est surmontée par deux flèches de de haut, qui ont été terminées au . Elle renferme la châsse de saint Léon, évêque présumé de Bayonne au . Un cloître, datant du , est attenant à la cathédrale du côté sud. La cathédrale Sainte-Marie a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1998 dans le cadre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France (voie de Soulac).
Historique de la construction
Depuis la fin du Bayonne est le siège d'un évêché donc possède une cathédrale qui semble dédiée à la vierge Marie. Lorsque saint Léon arrive vers l' pour rechristianiser la région qui a subi les assauts répétés et les pillages des Normands, il ne reste ni clergé ni église. À la suite d'un miracle réalisé dans le temple de Mars occupant le centre de la ville, une partie de la population se convertit et le temple est rasé pour édifier une cathédrale mais celle-ci subit d'autres assauts notamment ceux des Sarrasins au .
Au , l'évêque Raymond de Martres projette de construire une cathédrale romane dédiée à Notre-Dame, il commence à lever des fonds mais la pose de la première pierre est probablement réalisée par son successeur, Arnaud Loup de Bessabat, en 1140 ou 1141 sur l'emplacement de la cathédrale actuelle. Elle possède déjà un cloître dont le mur extérieur ouest est probablement le plus ancien vestige de l'ensemble architectural (le mur sud de la cathédrale a été détruit au ).La cathédrale au cœur de la cité, Dossier Lauburu, 1992.
En 1258, un grand incendie détruit la moitié de la ville et une partie du chœur de l'église. Il fait déjà suite à au moins deux autres incendies ayant touché la cathédrale en 1199 et 1224.
Les Bayonnais décident de reconstruire le monument et font intervenir un architecte connaisseur des nouvelles techniques de construction dites gothiques. On l'appelle le « maître champenois ». Il construit le chevet puis certainement une partie du transept et du cloître gothique en s'appuyant sur les murs romans. Il érige également un clocher au niveau des deux chapelles sud du chevet (au niveau de l'entrée actuelle du cloître) car l'incendie avait également touché le clocher situé dans la tour sud.
En 1310, la foudre détruit par le feu le reste de la cathédrale romane sans toucher l'œuvre gothique du . Au cours des la construction se prolonge vers l'ouest grâce aux dons du cardinal Guillaume Godin originaire de Bayonne. La dernière travée de la nef est terminée en 1404, les bas-côtés sont ensuite élevés. La cathédrale est quasiment achevée quand les Français reprennent la ville aux Anglais en 1451.
Fin - début , les travaux de la tour sud sont commencés par les trésoriers laïcs Bernardon Lehet et son fils Auger. Celle-ci est coiffée en 1615 d'un dôme en ardoise à huit pans en forme de bulbe et surmonté de deux croix.
Au , Monseigneur Lacroix souhaite entreprendre d'importants travaux de restauration et de remaniement grâce à notamment au legs Lormand de or. Il fait appel à Émile Boeswillwald, architecte des bâtiments de France et élève de Eugène Viollet-le-Duc. Aux , la cathédrale voit également les travaux se poursuivre avec les ravalements et restaurations intérieurs et extérieurs, les restaurations de vitraux et le réaménagement du chœur pour le rendre conforme à la réforme liturgique issue du concile .
Description vignette|La cathédrale vue de la rue de l'Abesque par Louis Dupuis (1862-1951). Construite en pierres de Mousserolles (pierre ocre) puis en pierres de Bidache (pierre blanche), la cathédrale Sainte-Marie est située en plein cœur de la ville de Bayonne dans le quartier historique. Elle est située sur une butte qui domine l’Adour et la Nive. Elle appartient au style gothique rayonnant avec une influence champenoise surtout dans l’abside et le déambulatoire. Au sud, un cloître rectangulaire est attenant à la cathédrale. La face ouest, qui se trouve face à la bibliothèque municipale, anciennement le palais épiscopal, est constituée d’un grand portail et de deux flèches entourant cette entrée.
C’est la plus récente de la cathédrale. La face est, qui se trouve du côté de la Nive, est le chevet de la cathédrale. Le plan de la cathédrale est classique avec une forme de croix, une nef et deux collatéraux. Autour du chœur, le déambulatoire s’ouvre sur sept chapelles rayonnantes. La partie la plus ancienne est l'abside et date du . Les travaux du transept, de la nef et des bas-côtés se sont déroulés durant le .
Dimensions Longueur : Largeur : Hauteur de la nef centrale : Hauteur des bas-côtés : Hauteur des flèches :
La nef La nef est constituée de sept travées à croisée d’ogives (dont la première peut-être considérée comme un narthex) et s’élève sur trois niveaux avec de grandes arcades, un triforium et de hautes fenêtres. La tribune d'orgues se situe dans la première travée (la chapelle du bas-côté nord accueille les fonts baptismaux). Les piliers de cette travée soutenant les deux tours sont donc plus gros que les suivants.
Les six autres travées sont régulières et présentent des clefs de voûte armoriées évoquant l’histoire de la ville de Bayonne à l'époque où le duc d'Aquitaine était aussi roi d'Angleterre (sous la lointaine suzeraineté du roi de France). Ainsi, les fleurs de lys symbolisant le pouvoir français côtoient les trois léopards symbolisant le pouvoir des rois d'Angleterre sur leurs terres de Gascogne. Les triforiums ne s'ouvre qu'à partir de la dernière travée de la nef.
Le transept
Dans le transept sud se trouve l'une des plus belles clefs de voute de la cathédrale : la nef bayonnaise, symbolisant la puissance navale de la ville médiévale. Elle représente un navireIl s'agit plutôt d'un cogue que d'une nef, car il n'a qu'un grand mât et un mât de beaupré. avec un gouvernail d'étambot appelé aussi « timon à la bayonnaise » car on suppose qu’il a été inventé à Bayonne. Voir entre 1' 19" et 1' 50".. Les Basques l’ont répandu en Europe au début du .
Huit marins sont à bord. Tout autour apparaissent les symboles et les noms des quatre évangélistes : Jean (et l'aigle) à la poupe, Luc (et le bœuf) à la pointe du mât, Matthieu à la proue, Marc (et le lion) sous la coque. C’est donc la nef de l’Église qui est ici représentée.
Le chœur
vignette|Le chœur depuis 2003. Le vaste chœur de la cathédrale, surélevé, est en deux parties : le chevet et la croisée du transept. Dans l'abside se trouve un maître-autel richement décoré, en marbre de Carrare et surmonté d'un haut ciborium, dont le tabernacle garde les espèces eucharistiques. Le pavement de marbre polychrome du chevet a été dessiné par Louis Steinheil et fut exécuté par l'atelier Géruset de Bagnères-de-Bigorre. C'est un damier de lions et d'aigles couronnés regardant vers l'autel. Ces motifs reprennent ceux de la chasuble rapportée par Bernard de Lacarre de la et retrouvée dans un tombeau dans la chapelle Saint-Anne en 1853. Une citation du premier livre des Rois relie les colonnes de cette partie absidiale : Premier livre des Rois (8,29). Le ciborium néo-gothique, Sainte-Chapelle miniature, forme un immense dais ogival au-dessus de l'autel, gardé aux angles par quatre anges montrant les instruments de la Passion du Christ.
Le nouveau mobilier liturgique a été installé à la croisée du transept, sur un espace légèrement surélevé dans le prolongement du chevet : l'autel, l'ambon, la crédence, la cathèdre et les autres sièges ont été réalisés en bois de hêtre par le sculpteur Dominique KaeppelinBlog de Dominique Kaeppelin en 2003. Sur le nouvel autel sont représentées la Résurrection et la traversée de la Mer Rouge, les deux pâques (la pâque juive et la pâques chrétienne) ; sur les côtés sont représentés des animaux de la Création. Sur l'ambon est représenté un chêne, rappel du Chêne de Mambré et emblème basque, dans les feuillages duquel viennent nicher des oiseaux symbolisant la vie spirituelle. Sur le dossier de la cathèdre le symbole du chêne est repris à travers les feuilles de chêne. Un Christ ressuscité situé sur le pilier droit du transept à l'entrée du chœur vient compléter l'ensemble.
Les chapelles La cathédrale compte de nombreuses chapelles : sept sont situées dans le bas-côté nord (chapelles des fonts baptismaux, Saint-Michel, Sainte-Thérèse, Saint-Léon, du Crucifix, Saint-Jérôme, Saint-Jean-Baptiste) et sept dans le déambulatoire (chapelles Saint-Martin, Saint-Pierre, Saint-Joseph, la chapelle de la Vierge dans l'axe de la nef, chapelles Saint-Jacques, du Sacré-Cœur, Sainte-Anne). Le long du bas-côté sud, construite au sur la galerie nord du cloître se trouve une grande chapelle dédiée à saint Léon (également appelé chapelle du Saint-Sacrement ou chapelle paroissiale). Enfin sous la tour sud se trouve une ancienne chapelle dédiée à la Vierge puis sacristie des prébendiers et maintenant remise.
Elle fut construite au en style flamboyant s'exprimant notamment au travers de la voute avec liernes et tiercerons. Monseigneur Terrier y fit installer à la fin de la Seconde Guerre mondiale un vitrail-armorial représentant douze blasons d'évêques bayonnais (comme les douze apôtres) ainsi que le sien et celui de Pie XII (d'où le nom de sacristie des évêques parfois utilisé). Le passage entre cette chapelle et l'ancienne sacristie des prébendiers donne accès au cloître.
Le déambulatoire et les chapelles rayonnantes possèdent une unique voûte déjetée, particularité architecturale que l'on retrouve à la cathédrale de Soissons.
La salle du chapitre Près du chevet, derrière la chapelle Saint-Jérôme, se trouve une petite salle voûtée avec liernes et tiercerons qui servit de sacristie aux chanoines puis de salle du chapitre (encore utilisée aujourd'hui).
Description par Victor Hugo du monument avant sa restauration La cathédrale de Bayonne a été visitée par l'écrivain Victor Hugo lors de son voyage dans les Pyrénées en 1843. Voici la description qu'il nous en fait dans son ouvrage Alpes et Pyrénées :
Les orgues Le premier orgue. de la cathédrale, installé dans la cathédrale en 1488 par Dominique Castelbon, réparé par Amadis vers 1580-1590 se trouvait dans le transept au-dessus des deux portes de la sacristie. Il fut restauré ou reconstruit de 1625 à 1631 par Boysolle et le sieur Benoist.
Monseigneur de Beauvau fit construire une tribune en pierre au-dessus de la porte ouest pour recevoir un nouveau buffet dans lequel fut intégrée une partie de l'instrument précédent en 1705. En 1725, François Lépine restaure l'orgue et le dote du positif de dos actuel. Mauroumec y travaille en 1774. Le buffet actuel, classé monument historique date probablement de cette période. En 1793, la cathédrale de Bayonne devient magasin à fourrage et l’orgue se délabre peu à peu. En 1803, le facteur Bordis de Pau restaure l'orgue abîmé lors des troubles de la Révolution.
En 1862, le restaurateur de la cathédrale, Émile Boeswillwald, ayant fait classer tout l'édifice, le buffet de l'orgue fut également classé avec la mention : "bois sculpté en partie doré, premier quart du ." Et en 1865, la manufacture Merklin-Schültze reconstruit l'instrument au goût du jour : de classique, il devient romantique. Un instrument entièrement neuf de 36 jeux sur trois claviers de 56 notes et un pédalier de 27 notes avec trois machines Barker est installé dans le buffet classé, le positif de dos fut vidé de ses tuyaux. Cet orgue était particulièrement soigné et réussi. La même maison relève l'instrument en 1891. Une soufflerie électrique fut installée en 1920.