La Mélodie du bonheur () est un film musical américain réalisé par Robert Wise, sorti en 1965. Il est adapté de la comédie musicale homonyme de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II créée à Broadway en 1959, elle-même fondée sur le livre autobiographique de Maria Augusta Trapp, .
Synopsis L'action se déroule en Autriche, peu avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, au moment de l'Anschluss.
En Autriche, Maria (Julie Andrews) est une jeune femme qui se prépare à devenir religieuse dans une abbaye bénédictine située à Salzbourg, l'abbaye de Nonnberg. Son couvent l'envoie en tant que gouvernante dans une famille de sept enfants, celle d'un veuf, le capitaine Georg Ritter von Trapp (Christopher Plummer). Au début, les enfants se montrent hostiles et espiègles. Elle tient bon, tout en leur enseignant le chant. Bientôt, elle leur sert d'amie et de confidente.
Le capitaine, de son côté, fréquente une baronne (Eleanor Parker) dans le but de trouver une nouvelle mère pour ses enfants. L'arrivée de Maria, gouvernante peu orthodoxe, l'amène à reconsidérer les sentiments qu'il éprouve pour la baronne. Celle-ci, cependant, ne voit pas cette situation d'un bon œil et incite Maria à quitter la famille von Trapp. Maria rentre au couvent mais, après quelques jours de prière, la mère supérieure lui fait comprendre qu'elle a tort de croire que la vie religieuse lui permettra de fuir les sentiments qu'elle ressent pour le capitaine. Elle l'encourage à affronter ses peurs et à vivre ses rêves et l'incite à retourner auprès de la famille du capitaine. Maria et le capitaine s'avouent leur amour et, peu après, se marient.
Les leçons de chant de Maria ont donné de si bons résultats qu'un ami de la famille (« oncle Max » : Richard Haydn) a inscrit la famille von Trapp à un concert de chant qui doit se tenir à Salzbourg. Tous ces événements surviennent alors que les Allemands annexent l’Autriche et l'intègrent au Troisième Reich.
À peine rentré de son voyage de noces avec Maria, le capitaine apprend qu'il doit reprendre du service dans la marine, cette fois dans un port du nord de l'Allemagne. Il refuse d’intégrer la Kriegsmarine et entreprend des préparatifs de fuite pour sauver sa famille de l'emprise nazie. Le soir du concert de Salzbourg, alors qu'ils s'apprêtaient à s'enfuir en voiture, ils sont surpris par la police, qui a été avertie par un des employés de la maison. Les policiers sont emmenés par le Gauleiter (« Herr Zeller » : Ben Wright), un Autrichien qui est une connaissance du capitaine. Le Gauleiter accepte que la famille aille assurer sa représentation, le capitaine devant partir rejoindre son affectation le lendemain, sous peine de sanctions. À la fin du spectacle, bien que surveillée, la famille entière parvient à s'éclipser et à se réfugier dans l'abbaye de Nonnberg, puis à fuir en voiture vers la Suisse, grâce aux religieuses de l’abbaye. La dernière image du film montre la famille von Trapp au complet, franchissant la frontière à pied par les montagnes.
Fiche technique thumb|Le film à l'affiche d'un cinéma en Suède, en 1965. Titre original : Titre français : La Mélodie du bonheur Réalisation : Robert Wise, assisté de Richard Lang (non crédité) Scénario : Ernest Lehman d'après la comédie musicale de Howard Lindsay et Russel Crouse et les mémoires de Maria Augusta Trapp Direction artistique : Boris Leven Décors : Walter M. Scott, Ruby R. Levitt Costumes : Dorothy Jeakins Maquillage : Coiffures : Margaret Donovan Photographie : Ted McCord et Paul Beeson (séquence d'ouverture en vue aérienne) Montage : William Reynolds Son : James Corcoran, Fred Hynes Chorégraphie : Marc Breaux, Dee Dee Wood Lyrics : Oscar Hammerstein II, Richard Rodgers Musique : Richard Rodgers Direction musicale et arrangements : Irwin Kostal Production : Robert Wise ; Saul Chaplin (producteur associé) Sociétés de production : Robert Wise Productions, Twentieth Century Fox Société de distribution :Twentieth Century Fox Pays de production : Langue originale : anglais Format : Couleurs (DeLuxe) - (Todd-AO) - 2,20:1 - Stéréo 6 pistes magnétiques (Westrex Recording System) Copies - 2,35:1 (Cinemascope) - Son stéréo 4 pistes magnétiques / Mono piste optique pour les salles non équipées Durée : 174 minutes Dates de sortie : États-Unis : (première à New York), (sortie nationale) France : Affiches : Raymond Elseviers (Belgique), Enzo Nistri (Italie)
Distribution thumb|Le costume et la guitare de Julie Andrews (Maria). Julie Andrews (VF : Martine Sarcey ; Mathé Altéry, chant) : Maria Christopher Plummer (VF : Dominique Tirmont) : le capitaine Georg von Trapp Bill Lee (VF : Dominique Tirmont) : le capitaine von Trapp (chant) Charmian Carr (VF : Nicole Robin) : Liesl von Trapp Nicholas Hammond (VF : Dominique Collignon-Maurin) : Friedrich von Trapp Heather Menzies : Louisa von Trapp Duane Chase (VF : Richard Darbois) : Kurt von Trapp Angela Cartwright (VF :Sylviane Margollé) : Brigitta von Trapp Debbie Turner (VF : Élisabeth Boda) : Marta von Trapp Kym Karath (VF : Dorothée Gotzfried) : Gretl von Trapp (VF : Anton Valéry) : Rolf Eleanor Parker (VF : Nadine Alari) : la baronne Elsa Schraeder Richard Haydn (VF : Henri Virlogeux) : Max Detweiler Peggy Wood (VF : Paule Emmanuele) : la Mère supérieure Margery McKay : la Mère supérieure (chant) Anna Lee : sœur Margaretta (Marguerite en VF) Portia Nelson (VF : Marie Francey) : sœur Berthe Marni Nixon (VF : Claude Chantal) : sœur Sophia (Sophie en VF) Evadne Baker (VF : Monique Thierry) : sœur Bernice Ada Beth Lee : sœur Catherine Doreen Tryden : sœur Agatha (Agathe en VF) Ben Wright (VF : Georges Hubert) : Herr Zeller Norma Varden (VF : Hélène Tossy) : Frau Schmidt Gilchrist Stuart : Franz Doris Lloyd (VF : Lita Recio) : la baronne Ebberfeld
Distinctions Récompenses Oscars 1966 : Meilleur film Meilleur réalisateur (Robert Wise) Meilleur son (James Corcoran et Fred Hynes) Meilleur montage (William Reynolds) Meilleure adaptation musicale (Irwin Kostal) Directors Guild of America Awards 1966 : Meilleure réalisation pour Robert Wise et Ridgeway Callow (assistant réalisateur) Golden Globes 1966 : Meilleur film musical ou comédie Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie (Julie Andrews) Laurel Awards 1966 : Meilleure œuvre Meilleure interprétation féminine musicale (Julie Andrews) Entré au National Film Registry en 2001
Nominations Oscars 1966 : Meilleure actrice (Julie Andrews) Meilleure actrice dans un second rôle (Peggy Wood) Meilleure direction artistique (Boris Leven, Walter M. Scott, Ruby R. Levitt) Meilleure photographie (Ted McCord) Meilleurs costumes (Dorothy Jeakins) BAFTA Awards 1966 : Meilleure actrice britannique pour Julie Andrews Golden Globes 1966 : Meilleur réalisateur (Robert Wise) Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie (Julie Andrews) Meilleure actrice dans un second rôle (Peggy Wood)
Production Scénario thumb|La véritable Maria Augusta Trapp. Le livre de Maria Augusta Trapp avait déjà fait l'objet d'un film allemand Die Trapp-Familie réalisé par Wolfgang Liebeneiner en 1956.
Auréolé du triomphe de West Side Story, Robert Wise fut d'abord approché pour réaliser le film mais trouvant l'histoire trop sirupeuse, il refusa de la mettre en scène William Baer, Classic American Films: Conversations with the Screenwriters, Greenwood, 2008.. Richard et Darryl Zanuck, dirigeants de la Twentieth Century Fox, sollicitèrent par la suite Stanley Donen, Vincent Donehue, Gene Kelly et George Roy Hill sans plus de succès. William Wyler accepta finalementLa Mélodie du bonheur sur Allociné.. Il commença à retoucher le scénario et à faire des repérages pour le tournage mais finit par abandonner le projet, préférant se concentrer sur la réalisation de L'Obsédé. Robert Wise revint finalement sur sa décision et remplaça Wyler. Ironie de l'histoire, Robert Wise remportera, l'année suivante, l'Oscar du meilleur réalisateur pour La Mélodie du bonheur face à William Wyler, nommé pour L'Obsédé.
Attribution des rôles Certains acteurs sont doublés pour les chansons : c'est le cas de Christopher Plummer doublé par Bill Lee (la voix chantée de Roger dans Les 101 Dalmatiens) et de Peggy Wood doublée par Margery McKay.
Le film offre un premier vrai rôle au cinéma à Marni Nixon qui n'en était pas à son coup d'essai puisqu'elle avait doublé pour les séquences chantées Deborah Kerr dans Le Roi et moi (1956), Natalie Wood dans West Side Story (1961) et Audrey Hepburn dans My Fair Lady (1964). Jouant ici sœur Sophia, elle double également une deuxième sœur dans Maria.
Musique Toutes les musiques sont de Richard Rodgers et les paroles de Oscar Hammerstein II, sauf I Have Confidence et Something Good écrites par Richard Rodgers après la mort de son parolier. Prelude / The Sound of Music - Maria Overture and Preludium (Dixit Dominus) - Chœur des nonnes Morning Hymn / Alleluia - Chœur des nonnes Maria - La Mère supérieure et les sœurs I Have Confidence - Maria Sixteen Going on Seventeen - Rolf et Liesl My Favorite Things - Maria et les enfants Do-Re-Mi - Maria et les enfants The Sound of Music - Maria et les enfants Edelweiss - Le capitaine et Liesl The Lonely Goatherd - Maria et les enfants So Long, Farewell - Les enfants Climb Ev'ry Mountain - La Mère supérieure Something Good - Maria et le capitaine Sixteen Going on Seventeen (reprise) - Maria et Liesl Processional / Maria (reprise) - Chœur des nonnes Edelweiss (reprise) - Maria, le capitaine et les enfants So Long, Farewell (reprise) - Maria, le capitaine et les enfants Climb Ev'ry Mountain (Reprise) - Chœur
Deux chansons, Maria et Climb Ev'ry Mountain, ont été redoublées pour la sortie en DVD de 2006 en raison de l'ajout de couplets absents du montage initial, par Brigitte Virtudes (la Mère supérieure), Bénédicte Lécroart (sœur Margaretta), Sylvia Bergé (sœur Berthe), Rachel Pignot (sœur Sophia), Dominique Poulain (sœur Catherine) et Karine Costa (sœur Agatha).
Sources : IMDb ; VF : carton DVD, Dans l'ombre des studios
Différences avec la comédie musicale vignette|Christopher Plummer et Julie Andrews. Deux chansons de la comédie musicale ont été supprimées : et , ce qui rend les rôles de Max et de la baronne Schraeder parlés. On retrouve le thème de sous la forme d'une des valses. L'ordre de plusieurs chansons est bouleversé par rapport à la comédie musicale. Par exemple, dans la pièce, est chantée au début, au couvent, par Maria et la Mère supérieure qui l'interroge sur sa vocation religieuse. Ici, devient le chant entonné par Maria pour rassurer les enfants du capitaine effrayés par l'orage, à la place de , mis en accompagnement d'un spectacle de marionnettes qui est absent de la version théâtrale. De même, , chanté en duo par les personnages de Rolf et de Liesl, est mis dans le film avant Do-Re-Mi. Quelques chansons ont été écrites spécialement pour le film : ou . remplace le chant de la pièce. Les quatre vers du prélude de la comédie musicale sont réduits à une allusion instrumentale au début du film.
Accueil Critiques L'énorme succès public du film lui valut le surnom de The Sound of Money (en français : Le Son de l'Argent) de la part de certains journalistes. La célèbre critique Pauline Kael publia un éditorial cinglant dans le magazine McCall's le décrivant comme « un mensonge enrobé de sucre que le public semble disposé à avaler » (« a sugarcoated lie that people seem to want to eat »).. Cette charge à contre-courant motiva son renvoi, selon la légende..