Georges Goldfayn, né le à Paris et mort le à Paris, est un écrivain, traducteur, acteur et critique de cinéma d'expression française. Il fut membre du mouvement surréaliste après 1950.
Biographie Si l'on sait peu de choses sur la jeunesse de Georges Goldfayn, son nom apparaît aux côtés d'André Breton dès 1951 dans ce que José Pierre appelle la « deuxième génération surréalisteL'Univers surréaliste, Somogy, 1983, p. 276 », laquelle forme le « Mouvement » ou « Groupe surréaliste » qui réémergea à Paris après 1947.
L'une des grandes passions de Goldfayn semble être le cinéma. Il fut aux côtés d'Ado Kyrou et de Robert Benayoun pendant les cinq numéros de l'éphémère revue L'Âge du cinéma qui se voulait la revue de cinéma des surréalistes nostalgiques d'une avant-garde. Goldfayn n'hésite pas à y fustiger, entre autres, la ringardise d'un certain cinéma réalistico-misérabiliste. Bien plus tard, Goldfayn sera même acteur dans des courts et longs métrages, notamment pour Jean-Marie Straub et Danièle Huillet. Il a également traduit quelques biographies et essais cinématographiques marquants.
Sur le plan artistique, Goldfayn a participé au lancement de la fameuse galerie À l'Étoile scellée, sise 11 rue du Pré-aux-clercs (Paris) où Breton était directeur artistique. Il y présenta notamment un jeune artiste italien de dix-huit ans, (1925-1998) avec qui il restera en amitié (et qui fut lui aussi acteur).
Au début des années 1950, Goldfayn, pour gagner sa vie, travaille dans un bar parisien, le Storyville, où se produisent des musiciens de jazzCf. Renée Mabin..
À partir de 1957, il se rend régulièrement à Saint-Cirq-Lapopie où Elisa et André Breton reçoivent leurs amis, organisent des jeux surréalistes, des excursions et rédigent ensemble de nombreux programmes d'actions artistiques et politiques. Il sera partie prenante de la remarquable revue Le Surréalisme, même, éditée par Jean-Jacques Pauvert : dans le premier numéro, Goldfayn tendait la main en quelque sorte à Léo Ferré, lequel, en tombait littéralement dans les bras d'Aragon. Avec Breton, il organise une contre-offensive en désavouant le poète-chanteur, non sans amertume mais toujours avec force et brio. En Goldfayn, Breton aimait semble-t-il l'élégance stylistique au service de la non-compromission.
À ce titre, Goldfayn cosignera quelques tracts surréalistes importants dont ceux publiés par Le Libertaire (1951-52), organe issu de la mouvance anarchiste, ou encore le Ça commence bien !Ça commence bien ! à l'occasion du centenaire de Rimbaud et de la publication d'un faux. qui témoigne en d'un rapprochement avec l'Internationale lettriste : Guy Debord et Goldfayn restèrent amis, en dépit d'une « impossible entente » manifeste entre les deux mouvances (surréaliste et situationniste) dans les années qui suivirent. En , Goldfayn fait partie des signataires du Manifeste des 121 sur le droit d'insoumission dans la guerre d'Algérie.
En 1960, Gérard Legrand et lui sont les premiers à éditer au Terrain Vague les Poésies d'Isidore Ducasse, seulement connues de quelques initiés. La même année, il se rend avec le Groupe surréaliste au Désert de Retz et apparaît à cette occasion dans le reportage photographique de Denise Bellon.
Après la dissolution du Groupe surréaliste en 1969, Goldfayn participe au collectif qui crée en 1972 les Éditions Maintenant au sein duquel se rencontrent Radovan Ivsic, Annie Le Brun, Gérard Legrand, Toyen et auquel Pierre Peuchmaurd se joint plus tard.
En 1980, il cosigne le texte collectif publié par Jacques Baynac et intitulé « La gangrène » qui dénonce le virage révisionniste d'anciens militants de l'ultra-gauche issus de La Vieille Taupein Libération, 25-26 oct. 1980 d'apr. C. Bourseiller, L’Extrémisme. Une grand peur contemporaine, CNRS Éditions, 2012, p. 174..
Publications Poésies d'Isidore Ducasse, présent. avec Gérard Legrand, Le Terrain Vague, 1960 Rien ne va plus, Paris, Éditions Maintenant, 1972 Mise en jeu, Paris, Éditions Maintenant, 1974 Quand le surréalisme eut cinquante ans, Paris, Éditions Maintenant, 1974 (collectif, cf. supra) Le et Il faut tenir compte de la distance. Feuilleton théorique, vol. I à IX, Paris, Éditions Maintenant, 1973-76 Des étrangers, Les hypertrichosiques, 1978 avec une illustr. de Philippe Collage « Table ronde sur le cinéma des surréalistes » in Les cahiers de la cinémathèque -31, été-automne 1980
Traductions Sam Goldwyn : La Légende d'Hollywood d'Andrew Scott Berg Clint Eastwood : une biographie de Richard Schickel avec Doug Headline Hawks par Hawks de Joseph McBride Hitchcock et Selznick de Leonard J. Leff Greta Garbo. Biographie de Barry Paris La Belle qui vous fait signe d'Oliver Onions Les Yeux bleus de Thomas Hardy Les Amis de Pancho Villa de James Carlos Blake La Maison des ténèbres de Francis King
Filmographie 1977 : Toute révolution est un coup de dés de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet 1991 : Milena de Véra Belmont 2004 : Le Fantôme d'Henri Langlois de Jacques Richard 2016: Je ne mange pas de ce pain là, Benjamin Péret, poète, c'est-à-dire révolutionnaire, de Rémy Ricordeau
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
Portrait de Goldfayn sur AndréBreton.fr
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