Saint-Pierre-d'Entremont est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.
La commune se trouve dans le parc naturel régional de Chartreuse. C'est une commune rurale de montagne. Elle forme une seule agglomération avec la commune de Saint-Pierre-d'Entremont en Savoie dont elle est séparée par le Guiers, rivière marquant la limite entre les deux départements. La commune fait partie de la communauté de communes Cœur de Chartreuse.
Géographie Situation et description La commune se situe au cœur du massif de la Chartreuse à à vol d'oiseau au nord-est de Grenoble, à au sud-ouest de Chambéry et à à l'est de Voiron. Elle est située dans la communauté de communes Cœur de Chartreuse.
Le territoire de Saint-Pierre-d'Entremont occupe une vaste superficie au sein du parc naturel régional de Chartreuse () ce qui lui permet d'offrir aux visiteurs un paysage contrasté. Ce paysage s'ouvre sur un vallon orienté nord/sud au fond duquel s'écoule le ruisseau de l'Herbetant. De part et d'autre du cours d'eau d’importants secteurs de forêts côtoient des secteurs de prairies.
Au sud l'arrivée sur la commune de Saint-Pierre-d'Entremont se fait par le col du Cucheron (), qui sépare ainsi la commune de sa voisine, Saint-Pierre-de-Chartreuse. Au nord, la commune s'ouvre sur la cluse du Guiers Vif qui fait fonction de limite départementale entre l'Isère et la Savoie. Le Guiers Vif, qui est ici sous la forme d'un torrent, prend naissance en amont au niveau du cirque de Saint-Même. Le Nant (ou Herbetan) est l'autre ruisseau principal qui traverse la commune.
L’habitat est réparti en petits hameaux. Ils sont implantés principalement dans le vallon et sur ses pourtours, dans des zones découvertes. Le chef-lieu quant à lui se situe sur la limite nord de la commune au carrefour de la cluse du Guiers Vif et du vallon du Cozon.
Géologie et relief vignette|La confluence entre le Cozon e le Guiers Vif. D'un point de vue altimétrique, le village possède une amplitude de ; le point le plus haut de la commune se situe à au niveau des Lances de Malissard. Les autres reliefs remarquables de la commune sont les Rochers des Eparres (), du Pas Dinay (), les Crêtes des Aures (), les Roches Rousses () et la Dent de l'Ours (). La plupart des pentes de ces reliefs sont recouvertes de forêts.
Le cirque de Saint-Même, la source et les cascades du Guiers-Vif composent un site géologique remarquable de . En 2014, ce site d'intérêt géomorphologique est classé « deux étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique »Inventaire du patrimoine géologique : résultats, Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer - DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, 24 janvier 2014 (mis à jour le 31 mars 2015), accès le 23 septembre 2016..
Hameaux et Lieux-dits Sur le flanc est : le Petit Chenevey le Grand Chenevey les Vassaux les Cloitres Saint-Philibert Sur le flanc ouest : Combes - Préversin les Bas le Villard les Reys les Arragons le Château le Planolet
Communes limitrophes
Hydrographie Au niveau hydrographique, plusieurs autres ruisseaux sillonnent le territoire communal de Saint-Pierre-d'Entremont-en-Chartreuse. Les deux plus importants sont le Malissard et lYvernon qui se rejoignent au niveau du hameau de Saint-Philibert pour donner naissance à l'Herbetant. D'autres petits ruisseaux comme le Nant et la Grenaz viendront ensuite gonfler les rangs. Très tôt ces eaux furent exploitées afin d'en tirer une énergie hydraulique notamment pour l'industrie meunière.
Voies de communication et transports Voies de communication La commune est notamment desservie par deux routes départementales qui la traversent du nord au sud, les routes départementales D 512 (ancienne route nationale 512) et D 102b. Ces deux routes sont parallèles et permettent de desservir les principaux lieux-dits de la commune. Au sud la passe par le col du Cucheron et dessert Saint-Pierre-de-Chartreuse. Au nord elle passe par Saint-Pierre-d'Entremont (Savoie) et devient la D 912 d'où elle joindra Chambéry. Une troisième route principale, la route départementale D 520c, traverse le nord de la commune d'est en ouest en suivant le cours du torrent Guiers. Cette route permet de rallier le Cirque de Saint-Même et la commune de Saint-Christophe-sur-Guiers.
Le réseau secondaire est peu développé et n'est constitué que de quelques voies permettant de desservir les hameaux du village. La plupart se terminent en chemins forestiers.
Transports Le village est desservi par la ligne de bus T44 du Réseau interurbain de l'Isère. Cette ligne relie Saint-Pierre-d'Entremont aux Échelles et à Entre-Deux-Guiers et propose 23 points d'arrêt sur la commune. Elle propose aussi une correspondance avec la gare routière de Saint-Laurent-du-Pont.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Saint-Pierre-d'Entremont est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (89,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (79,4 %), prairies (9,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (7,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,5 %), zones urbanisées (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La première partie du nom de la commune Saint-Pierre fait évidemment référence au premier apôtre de JésusD'après .. Entremont tire son nom de la situation géographique du village. Celui-ci se situe entre les montagnes du Grand Som et de la Dent de l'Ours à l'ouest et des Lances de Malissard à l'est. La commune se situe donc entre les montagnes, inter montes en latin, qui par contraction donnera EntremontPLANK André, L'origine du nom des communes du département de l'Isère. . Bourg-d'Oisans : L'atelier, 2006. ...
Histoire
La présence humaine sur le territoire de la commune de Saint-Pierre-d'Entremont remonte au néolithique. C'est l'archéologue Hippolyte Müller qui décela en 1908 les preuves de cette occupation humaine en mettant au jour des silex au niveau du col de Bovinant. Il réalisa par la suite de nombreux sondages sur le terrain et mit au jour, outre ces outils lithiques, de nombreux tessons de céramiques gallo-romaines ainsi que des clous et des charbons de bois. Selon l'archéologue, ce site de Bovinant aurait pu être un atelier de taille néolithique et un foyer temporaire protohistorique et gallo-romain lors des belles saisonsMÜLLER Hippolyte, Une station estivale préhistorique et gallo-romaine au Col de Bovinant. . Grenoble : Revue de Géographie Alpine t. 9, 1921.
Au début de , un seul château aurait été érigé dans la vallée des Entremonts. Il s'agissait du château des TeppazActuellement sur la commune de Saint-Pierre-d'Entremont (Savoie) détenu par Guillaume d’Entremont. Au fil des guerres delphino-savoyardes, les propriétaires de ce château furent tantôt les vassaux des dauphins, tantôt ceux des comtes de Savoie. Quelques années plus tard, en 1314, Amédée V de Savoie ratifia le siège du château par le traité de Villard-Benoît. Durant la même période fut décidée la construction du château du Gouvernement entre 1306 et 1339. Ce dernier est situé en terre dauphinoise afin de mieux contrôler la frontière delphino-savoyarde. Puis en 1345, Guillaume d'Entremont témoigne de son respect et de son admiration au dauphin Humbert II en lui rendant hommage.
Au Moyen Âge, Saint-Pierre-d'Entremont forme une grande paroisse qui compte les actuelles communes iséroises et savoyardes de Saint-Pierre-d'Entremont. La paroisse comptait environ 70 feux en 1399, 110 en 1497 et 160 en 1561PILOT DE THOREY E., Les prieurés de l’ancien diocèse de Grenoble compris dans les limites du Dauphiné, Bulletin de la Société Statistique des Sciences Naturelles et des Arts Industriels du Département de l’Isère, , t. 12, Grenoble, 1883, .. Cela dura jusqu'en 1825, où la commune de Saint-Pierre-d'Entremont (Savoie) fut érigée en paroisse dépendant de l’archevêché de Savoie.
Les conflits delphino-savoyards durant cette période de l'histoire étaient toujours vivaces et portaient notamment sur les frontières des deux territoires. Ce ne fut qu'en 1355 et à la suite du traité de Paris que le conflit prit fin. Celui-ci fixa le Guiers comme limite entre les deux provinces. Mais il ne fut pas précisé de quel cours du Guiers il s’agissait, Guiers Mort ou Guiers Vif, ce qui laissa le flou encore quelques années.
Ce ne fut qu'en 1760, à la suite du traité de Turin, que la limite fut fixée au niveau du Guiers Vif séparant ainsi la Savoie, partie intégrante du royaume de Sardaigne, du Dauphiné. Le village de Saint-Pierre-d'Entremont est ainsi à cette époque sur la frontière de la France et est scindé en deux. Le procès-verbal du met en place un bornage afin de représenter la frontière. Celui-ci sera obsolète en 1792 à la suite de l'annexion de la Savoie à la France. Puis au début du , en 1815, la Savoie est de nouveau rattachée au Piémont et les bornes posées en 1761 sont rétablies en 1825 à la suite du procès-verbal de Lyon et par décision commune des gouvernements de Paris et de Turin. Le village fut ainsi à plusieurs reprises une frontière entre la France et le royaume de Sardaigne. À l'époque, cette position frontalière contribua grandement au développement de la contrebande dans la région. En effet, malgré de nombreux postes de douane le Guiers Vif est un torrent facilement franchissable, permettant d'éviter ainsi les contrôles.