En France, l'école maternelle est l'établissement des trois ou quatre premières années de l'enseignement primaire. Elle est destinée aux enfants des classes de toute petite section (à partir de deux ans ou plus, selon les secteurs) jusqu'à la grande section.

Elle scolarise, en 2014, 11,8 % des enfants de deux ans et la quasi-totalité des enfants de trois à cinq ans. Jusqu'à la rentrée 2019, l'enseignement était facultatif de trois à six ans, mais à cette date, il a été rendu obligatoire à partir de trois ans, soit environ la classe de petite section..

En 2025, on compte maternelles publiques et maternelles privées en France.. Le cycle maternel constitue un élément important du système éducatif français et se donne pour but d'assurer l'éveil et la socialisation des jeunes enfants.

Elle précède l'école élémentaire, qui est, en France, la seconde partie de l'enseignement primaire.

Histoire Initiatives du Les premiers lieux d'accueil de très jeunes enfants ouvrent dès la fin du avec des initiatives comme celle du pasteur Jean-Frédéric Oberlin qui crée dès 1771 une « école de tricots » dans les Vosges. Les autres créations sont plus proches des actuelles garderies. Ce type d'école se développe surtout au début du avec la révolution industrielle. Leur vocation première est essentiellement sociale : il s'agit d'offrir un lieu de protection aux enfants des ouvrières, afin de les soustraire aux dangers de la rue. C'est pourquoi la maternelle est d'abord nommée « salle d'asile » ou « salle d'hospitalité » comme celle fondée par Adélaïde Piscatory de Vaufreland, marquise de Pastoret, ou encore Louise Scheppler, simple paysanne d'Alsace et collaboratrice la plus proche du Jean-Frédéric Oberlin.

De la salle d'asile du à l'école maternelle vignette|redresse|Une « salle d'asile » à Trondes. Dans les années 1810-1820, le modèle des du Royaume-Uni inspire des pionnières comme Émilie Oberkampf. Cette dernière réunit à partir de 1826 d'autres femmes désireuses de propager ces établissements et elles ouvrent la première salle d'asile parisienne en 1826. En 1831, un « cours normal pour la formation des éducatrices » est créé. Dans les années suivantes, les salles d'asile évoluent dans un sens plus pédagogique.

En 1833, la loi Guizot oblige chaque commune à ouvrir une école primaire. La même année, Jean-Denis Cochin publie Le Manuel des salles d’asile. Ce manuel donne des conseils sur le fonctionnement de ces établissements, des modèles d’emploi du temps Ce projet d’ouverture des salles d’asile est destiné aux enfants de deux à six ans issus des milieux pauvres. Les salles ont à la fois pour but l’éducation des enfants et de libérer les femmes de la contrainte de garder leurs enfants. Ce projet est adopté sur le plan national. Cette institution est à l’origine de l’école maternelle. Déjà, en 1826, en France, une initiative féminine avait abouti à la création d’un établissement pouvant recevoir quatre-vingts enfants. Cependant, en 1833, les salles d’asile sont encore une invention récente et peu de villes en possèdent (9 à Paris et Strasbourg, 4 à Lyon, 1 à Chartres).

La loi Falloux (1850) leur consacre trois courts articles, qui marquent la volonté de laisser une grande liberté aux salles d'asile privées, d'organiser le contrôle de l'État sur elles et de les intégrer dans le système scolaire en n'hésitant pas à employer le terme de programmes. L'année 1881 marque de nombreux changements concernant l'enseignement. En effet, en 1881 les salles d'asile sont remplacées par les premières écoles maternelles et le personnel est remplacé par des institutrices formées spécifiquement pour l'enseignement en école élémentaire. La loi du , proposée par Jules Ferry et défendue par le ministère de l'instruction publique, rend l'école publique et laïque.. Le décret du donne pour mission principale à l'école maternelle d'offrir la possibilité aux enfants d'obtenir les soins nécessaires à leur développement physique, moral et intellectuel.. Le une loi est créée afin de rendre l'enseignement obligatoire pour les enfants de six à treize ans..

Écoles maternelles

vignette|L'école maternelle Bébian de Pointe-à-Pitre.

Pendant la Troisième République, l'école maternelle est sous l'autorité de Pauline Kergomard qui en est la première inspectrice généralePauline Kergomard, Les Écoles maternelles, décrets, règlements et circulaires en vigueur, mis en ordre et commentés Accompagné d'un emploi du temps, Paris, 1911, 109 p. .. Celle-ci s'oppose à la tendance qui veut faire de ces écoles des lieux d'instruction à part entière, voulant plutôt favoriser le « développement naturel » de l'enfant.

Les maternelles ont dès l'origine été conçues comme devant accueillir les enfants des deux sexes et constituaient ainsi les seules écoles à pratiquer la mixité, longtemps refusée pour les autres niveaux d'enseignement. Quant aux adultes chargés de s'occuper des enfants de ces écoles, il s'agissait exclusivement de femmes.

Une « école d'application » est une école élémentaire ou maternelle comme une autre, qui participe en plus à la formation des futurs instituteurs (professeurs des écoles). Les écoles d'application étaient rattachées jusqu'en 1991 aux écoles normales d'instituteurs et les étudiants y « appliquaient » (mettaient en pratique), sous la direction des maîtres d'application qui y enseignaient, ce qu'ils apprenaient en théorie à l'école normale. Les écoles normales d'instituteurs ont été remplacées en 1991 par les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) qui leur ressemblaient, mais qui depuis 2010 fonctionnent différemment. En 2011, les écoles d'application existent toujours, de même que les maîtres d'application (désormais appelés « maîtres formateurs ») qui y enseignent.

Ce sont des maîtres qui possèdent une qualification certifiée de formateur, qui ont une classe comme les autres mais qui accueillent régulièrement dans leur classe des futurs professeurs des écoles en stage. Ils sont déchargés de classe une partie de leur temps de service sur lequel ils vont visiter leurs étudiants dans d'autres écoles où ils effectuent des stages en responsabilité. Ils leur donnent des cours alliant théorie et pratique, les conseillent et les évaluent. Ce sont en général des maîtres chevronnés, à la pointe de la pédagogie, des maîtres « modèles ». En 2013, les IUFM sont remplacés par les Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE), puis en 2019, par les Instituts national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPE). En 2013, 82 % des enseignants de l'école primaire (élémentaire + maternelle) sont des femmes... En 2006-2007, 23,4 % des enfants de deux ans étaient scolarisés en France (), selon le ministère, contre 35,3 % en 2000-2001, selon L'Express, le .. Selon le ministère, l'école maternelle scolarise, en 2012, 11 % des enfants de deux ans et la quasi-totalité des enfants de trois à cinq ans.. En 2013, ce taux monte à 11,9 %, pour ensuite régresser à 11,8 % en 2014. et 11,5 % en 2015..

vignette|École maternelle du Chesne.

Depuis la réforme sur les rythmes scolaire de 2013, imposée par la loi (décret du relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires)Décret du relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires, Légifrance ., des temps d'activités périscolaires (TAP) ont été mis en place en école maternelle et élémentaire et sont organisés par la commune. Mais cela n'est pas appliqué dans la totalité des écoles. Souvent, pour les élèves de maternelle, les écoles remplacent ces temps d'activités par le temps de sieste, mais certaines combinent les deux. Le temps conseillé pour ces activités est d'environ une demi-heure en début d'après-midi et varie selon la fatigue des enfants. Les activités proposées ne sont pas en lien avec l'apprentissage mais sont plus tournées vers les loisirs (danse, chant, jeux, promenades, etc.) cela permet d'alléger le rythme de la semaine des élèves Ministère de l'Éducation Nationale, ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et académie de Poitier, Mise en place des rythmes scolaires à l’école maternelle..

En , de nouveaux programmes scolaires ont été mis en application et les cycles d'apprentissages remaniés. En effet le , appelé « cycle des apprentissages premiers » regroupe les classes de toute petite, petite, moyenne et grande section. Le dénommé « cycle des apprentissages fondamentaux » regroupe les classes de cours préparatoire, cours élémentaire de première et deuxième année. Le appelé « cycle de consolidation » regroupe le cours moyen de première et de deuxième année ainsi que la . Le dernier cycle est le cycle d'approfondissement et regroupe les dernières classes de collège..

Le gouvernement a annoncé à la fin de que l'âge de l'instruction obligatoire sera baissé de six à trois ans à partir de la rentrée 2019.. Ainsi, la loi pour une École de la confiance, promulguée au Journal officiel le , a abaissé l'âge d'obligation d'instruction de l'enfant à son troisième anniversaire. Depuis la rentrée scolaire du , tous les enfants fêtant leur anniversaire de trois ans, ont l'obligation de recevoir l'instruction (à l'école maternelle ou à domicile)En effet, l'éducation avant l'école fondamentale est tellement importante qu'en 1969 aux États-Unis, l'émission Sesame Street fut créée et est maintenue jusqu'ici, dans l'optique de réduire l'échec scolaire des enfants auprès de cette école élémentaire. Voir cet article..

Organisation vignette|École élémentaire d'Albigny-sur-Saône. L'école maternelle est destinée aux jeunes enfants de trois (parfois deux) à six ans. Elle comprend traditionnellement trois classes : la petite section (PS), la moyenne section (MS) et la grande section (GS), et compte aussi parfois une toute petite section (TPS) pour les enfants de moins de trois ans. Avant la rentrée du , la fréquentation de l'école maternelle n'était qu'optionnelle, l'instruction des enfants n'étant obligatoire qu'à partir de l'année où l'enfant fêtait son sixième anniversaire. Depuis la loi pour une École de la confiance, promulguée au Journal officiel le , l'âge d'obligation d'instruction de l'enfant est descendu à son troisième anniversaire. L'école maternelle est ouverte à tous les enfants résidant en France, et donc indépendamment de leur nationalitéLes lois françaises s'appliquent aux de la France, quelles que soient leur nationalité.. Les classes de très petite (TPS), petite (PS), moyenne (MS) et grande (GS) sections forment le « cycle des apprentissages premiers ». Depuis la loi d'orientation de 1989, la classe de grande section appartient à la fois au « cycle des apprentissages premiers » se déroulant à l'école maternelle et au « cycle des apprentissages fondamentaux » qui regroupe aussi le cours préparatoire (CP) et le cours élémentaire (CE1) de l'école élémentaire..

Juridiquement, les écoles maternelles ne sont pas des établissements publics autonomes. Elles n'ont pas de budget de fonctionnement comme les établissements publics locaux d'enseignement (EPLE), collèges et lycées.

vignette|Inscription sur l'ancienne école communale de Bourg-du-Bost, Dordogne.