Le est une montagne du centre du Japon qui se trouve sur la côte sud de l'île de Honshū, au sud-ouest de l'agglomération de Tokyo. Avec d'altitude, il est le point culminant de l’archipel. Situé dans une région où se rejoignent les plaques tectoniques pacifique, eurasienne et philippine, la montagne est un stratovolcan toujours considéré comme actif, sa dernière éruption certaine s'étant produite fin 1707, bien que le risque éruptif soit actuellement considéré comme faible.

À son sommet a été construit un observatoire météorologique et malgré les conditions climatiques rigoureuses, la montagne est une destination extrêmement populaire en particulier pour les Japonais, qu'ils soient shintoïstes ou bouddhistes, en raison de sa forme caractéristique et du symbolisme religieux traditionnel dont il est porteur. Il a ainsi été le sujet principal ou le cadre de nombreuses œuvres artistiques, notamment picturales au cours des siècles. Pourtant, cette fréquentation fragilise l'environnement. Aussi, le , il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO sous le titre « Fujisan, lieu sacré et source d'inspiration artistique ».

Toponymie et étymologie Du fait de l'existence de différentes méthodes de transcription du japonais, le mont Fuji possède différents noms, dont certains sont erronés. Ainsi, en japonais contemporain, « mont Fuji » se dit Fujisan mais, en raison d'une erreur de lecture du kanji 山, il arrive que les Occidentaux l'appellent « Fujiyama »Comme la plupart des kanjis, 山 a deux lectures, on (sonorité approchée du sinogramme correspondant) et kun (mot japonais représenté par ce kanji). Yama est la prononciation kun, san (ou sen) la prononciation on, qui doit être utilisée ici.. Parler de « mont Fujiyama » est une faute par pléonasme, yama signifiant déjà « montagne ». Il est faux de dire que san serait ici le suffixe さん, visant à personnifier le mont Fuji ; san signifie bien ici « montagne, mont ». Parmi la bonne trentaine d'autres noms japonais pour le mont Fuji, devenus obsolètes ou poétiques, figurent , et , et Fujiyama (ふじやま), tous les cinq donnés par le dictionnaire de japonais contemporain 大辞泉.

Les kanji pour le mont Fuji, et , signifient respectivement « richesse » ou « abondance » et « un homme avec un certain statut » mais il s'agit probablement d'un ateji, c'est-à-dire des caractères sélectionnés en raison de leur prononciation similaire avec celle des syllabes du nom, sans pour autant posséder un sens particulier. Dans les méthodes de romanisation Nippon-shiki et Kunrei, le nom est transcrit Huzi. Lors de l'exposition universelle de San Francisco en 1939, une photographie géante était ainsi titrée « Mont Huzi ». Néanmoins, la transcription Fuji, selon la méthode Hepburn, reste la plus courante dans le monde.

L'origine du nom Fuji reste incertaine. Une étymologie populaire récente affirme qu'il provient de (négation + chiffre 2), signifiant « sans égal ». Une autre affirme qu'il provient de (négation + « échappement »), signifiant « sans fin ». Un enseignant classique japonais de la période Edo, Hirata Atsutane, explique quant à lui que le nom est dérivé d'un mot ayant pour sens « une montagne s'élevant avec la forme de l'épi d'un plant de riz ». Un missionnaire britannique, John Batchelor (1854-1944) émet l'hypothèse que le nom provient du mot aïnou pour « feu » (huci) de la déesse Kamuy-huci mais il est contredit par le linguiste japonais Kyōsuke Kindaichi (1882-1971) sur la base des développements phonétiques. Aussi, huci signifie « vieille femme » et ape « feu », ape huci kamuy étant la déesse du feu. Des recherches sur la distribution des noms de localités incluant fuji suggèrent que l'origine du nom est yamato plutôt qu'aïnou. Enfin, un toponymiste japonais, Kanji Kagami, explique que le nom a la même racine que « glycine » (fuji) et « arc-en-ciel » (variante de niji) et provient de ses « longues pentes bien formées ».. , « étymologie Ainu du mont Fuji ». Un texte du Taketori monogatari dit que le nom vient d'« immortel » et de l'image d'abondants soldats Bien que le mot peut signifier « soldat » ou samouraï , son sens originel est « un homme d'un certain statut ». grimpant les versants de la montagne Taketori monogatari.

En référence au mont Fuji, entre au Japon sont surnommées « Fuji ». C'est notamment le cas du mont Rishiri (appelé « Rishiri Fuji »), du mont Yōtei (« Ezo Fuji »), du mont Iwaki (« Tsugaru Fuji »), du mont Iwate (« Nanbu Fuji » ou « Nanbu Kata Fuji »), du mont Chōkai (« Dewa Fuji »), du mont Bandai (« Aizu Fuji »), du mont Haruna (« Haruna Fuji »), du mont Nantai (« Nikkō Fuji »), du mont Mikami (« Ōmi Fuji »), du mont Daisen (« Hōki Fuji » ou « Izumo Fuji »), ou encore du mont Kaimon (« Satsuma Fuji »)..

Géographie Situation thumb|Photo satellite du mont Fuji.

Le mont Fuji est situé dans le centre du Japon et de l'île principale de Honshū, encadré par les monts Akaishi des Alpes japonaises à l'ouest, les monts Okuchichibu au nord et l'océan Pacifique au sud et à l'est. Administrativement, il est situé à cheval sur les préfectures de Shizuoka au sud et de Yamanashi au nord. S'élevant à d'altitude au pic appelé Shin-Fuji, il constitue ainsi le point culminant du Japon, visible les jours de beau temps depuis Tokyo situé à moins de à l'est-nord-est.

thumb|left|Image de synthèse du mont Fuji et de la baie de Tokyo.

Il est bordé au nord par les cinq lacs Fujigoko : le lac Motosu, le lac Shōji, le lac Sai, le lac Kawaguchi et le lac Yamanaka. Il est possible de voir le volcan depuis ces plans d'eau et du lac Ashi. À ses pieds s'étend la forêt d'Aokigahara ainsi que des villes comme Gotenba à l'est, Fujiyoshida au nord et Fujinomiya au sud-ouest. Ces villes sont reliées au reste de la mégalopole japonaise, dont l'agglomération de Tokyo qui se trouve au nord-est, par un dense réseau de communication constitué de routes, d'une autoroute et d'un tronçon du réseau de trains à grande vitesse Shinkansen.

Topographie thumb|Animation représentant le Fuji en trois dimensions.

La topographie du mont Fuji est dictée par le volcanisme dont il est né : de la forme d'un cône quasi-symétrique de trente kilomètres à sa base, ses pentes prononcées et régulières s'élèvent jusqu'à d'altitude, conférant un volume de à ce stratovolcan.. Il est couronné par un cratère de 500. à de diamètre pour une profondeur comprise entre 100 et . La seule véritable irrégularité de ses pentes est constituée par le cratère Hōei-zan situé approximativement à d'altitude.

Géologie vignette|gauche|Le cratère principal du mont Fuji.|alt=Photo couleur de l'intérieur du cratère d'un volcan.

Le mont Fuji est un stratovolcan faisant partie de la ceinture de feu du Pacifique et dont les éruptions majoritairement explosives le classent comme un volcan gris. Le volcan se situe à l'aplomb de la jonction triple entre la plaque philippine et les micro-plaques de l'Amour et d'Okhotsk de la plaque eurasienne MedBib.com - . Ces plaques forment respectivement les parties occidentale et orientale du Japon ainsi que la péninsule d'Izu. Le mont Fuji constitue le volcan le plus septentrional de l'arc volcanique formé par l'archipel d'Izu. Outre le sommet principal couronné par un cratère sommital, les flancs et les pieds du mont Fuji comportent une cinquantaine de dômes, de cônes et de petites bouches éruptives.

Les scientifiques ont identifié quatre phases d'activité volcanique distinctes dans la formation du mont Fuji. La première phase, appelée Sen-komitake, est composée d'un cœur d'andésite récemment découvert en profondeur sous la montagne. La deuxième, Komitake-Fuji, consiste en une couche de basalte probablement formée voici plusieurs centaines de milliers d'années. Il y a environ, le « Vieux Fuji » se serait formé par-dessus le Komitake-Fuji. Enfin, le « Nouveau Fuji » se serait formé en lieu et place du sommet du « Vieux Fuji », il y a environ. Akira Suwa, Fujisan Sono Shizen no Subete (富士山 その自然のすべて, « Mont Fuji, tout sur sa nature »), 1992, Dōbunshoin .

Le mont Fuji est actuellement classé actif avec un faible risque éruptif. La dernière éruption enregistrée date du pour s'achever aux alentours du , durant l'époque d'Edo. Elle est parfois appelée « grande éruption Hōei ». Pendant cet évènement, un nouveau cratère volcanique, ainsi qu'un second pic, appelé Hōei-zan, s'est formé à mi-pente, sur le versant sud-est de la montagne. Les scientifiques prédisent une activité volcanique mineure dans les prochaines années.

Climat et végétation thumb|Le mont Fuji vu de la région des cinq lacs, dans la préfecture de Yamanashi.

Du fait de son altitude élevée, plusieurs climats s'étagent le long des pentes du mont Fuji. Une grande partie de la montagne se trouve au-delà de l'étage alpin où règne un climat montagnard très froid et venteux en raison de l'altitude, ce qui limite le maintien de la végétation qui n'a toujours pas réussi à se régénérer complètement depuis la dernière éruption survenue il y a trois siècles. Ce climat rigoureux ne permet pas la fonte prononcée de la neige tombée au cours de l'hiver et qui se maintient jusqu'au mois de mai, des névés subsistant parfois toute l'année. Le bas des pentes est en revanche couvert de forêts et les pieds de la montagne, jouissant d'un climat plus tempéré, sont cultivés.

La température moyenne annuelle est de Japan Atlas et les températures moyennes mensuelles s'étalent de à . en août. Les records de température enregistrés sont de le et de . Le , la station météorologique a également mesuré la vitesse record de vent pour le Japon avec , soit environ , au moment du passage d'un typhon. La haute altitude du mont Fuji et son éloignement relatif par rapport aux autres montagnes du Japon provoquent parfois en cas de vent l'apparition de turbulences atmosphériques appelées allée de tourbillons de Karman. Ainsi, le , le Boeing 707 du vol 911 de la British Overseas Airways Corporation, pris dans ce type de turbulences, se disloque en plein vol et s'écrase près du mont Fuji, peu de temps après son décollage de l'aéroport international de Tokyo-Haneda, en ne laissant aucun rescapé ( et onze membres d'équipage étaient présents dans l'appareil)..

Histoire thumb|Le mont Fuji dépassant d'une mer de nuages et le cratère Hōei-zan bien visible sur le flanc Sud-Est. Histoire éruptive À la suite de la phase du « Vieux Fuji », une période de d'inactivité s'est déroulée, pour prendre fin il y a avec la phase actuelle du « Nouveau Fuji ». Les éruptions du mont Fuji présentent des coulées de lave, des émissions de magma, de scories et de cendre volcanique, des effondrements et des éruptions latérales, d'où le qualificatif de « grand magasin des éruptions ». Les cendres du Nouveau Fuji sont souvent noires et ses éruptions sont récentes en termes de couches géologiques. Des informations précieuses sont consignées dans les documents historiques japonais du . Ils présentent une série d'éruptions représentatives.

Le mont Fuji durant la Préhistoire Quatre éruptions explosives se sont déroulées à l'époque Jōmon, il y a environ , connues sous les noms Sengoku (Sg), Ōsawa (Os), Ōmuro (Om) et Sunazawa (Zn). Comme le vent souffle généralement de l'ouest dans la région du mont Fuji, la plupart des éjectas sont tombés à l'est mais, dans le cas de Ōsawa, les scories et cendres ont été portées par un vent d'est jusqu'aux environs de Hamamatsu.

Il y a environ, le versant oriental du volcan s'est effondré et des coulées de boue ont dévalé vers la région de Gotenba jusqu'à la plaine d'Ashigara à l'est et la baie de Suruga à travers la ville de Mishima au sud. Cet incident est appelé aujourd'hui .

L'éruption de Jōgan En 864 (sixième année de l'ère Jōgan), une éruption se déroule sur le versant Nord-Est du mont Fuji produisant une grande quantité de lave. De la lave comble le vaste , le divisant en deux et formant les actuels et . Cet évènement est connu sous le nom d' et le lieu est actuellement couvert par la dense forêt d'Aokigahara.