La fosse Ledoux ou Charles Ledoux de la Compagnie des mines d'Anzin est un ancien charbonnage du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Condé-sur-l'Escaut. Les travaux du nouveau siège débutent en . Les puits sont creusés par le procédé de congélation, le premier est commencé le , le second le . La fosse Ledoux commence à produire le . La production est immédiatement élevée puisque la fosse remonte également la production de la fosse Chabaud-Latour jusqu'à ce que cette dernière finisse complètement d'arrêter de produire en 1910 pour assurer l'aérage. La fosse est bombardée durant la Première Guerre mondiale, mais elle est réparée et en mesure de produire à partir de . Dès lors elle devient de plus en plus productive. Des cités sont bâties à Condé-sur-l'Escaut et à Vieux-Condé. Quatre terrils, 194, 195, 195A et 196, sont édifiés au fil des années dans les environs de la fosse. Celle-ci subit une inondation en 1940, lorsqu'à cause de la Seconde Guerre mondiale, les centrales électriques sont stoppées.

La Compagnie des mines d'Anzin est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Valenciennes. La fosse Ledoux concentre en 1948 la fosse Saint-Pierre. Elle est modernisée au début dans les années 1950 dans le but de devenir un des plus grands sièges de concentration du bassin minier. Le changement le plus visible en surface est l'installation de nouveaux chevalements et la construction de nouvelles salles des machines. En parallèle, les cités sont étendues par la construction de nouveaux logements. Un lavoir à grains est construit en 1955. Durant les années 1960, l'exploitation de la veine Saint-Georges aura permis la création d'une fosse d'aérage dans la forêt domaniale de Bonsecours. Il s'agit de la fendue Saint-Georges. La fosse Ledoux concentre au début des années 1970 la fosse Vieux-Condé et ferme la fosse Chabaud-Latour. La fosse Vieux-Condé ferme en 1982. La concentration Ledoux cesse d'extraire le . Les puits Ledoux 1 et 2, ainsi que le grand puits de la fosse Saint-Pierre, sont comblés en 1989. Toutes les installations de la fosse Ledoux sont détruites en 1990 et 1991, à l'exception du chevalement du puits 1, qui a été inscrit aux monuments historiques le . Durant cette période, quelques-uns des terrils ont été partiellement exploités.

Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits Ledoux 1 et 2, et installe un exutoire de grisou sur le puits 1. Les cités ont été rénovées. Le carreau de fosse et les terrils sont devenus des espaces naturels. Le chevalement subsistant, trois terrils et plusieurs cités ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco.

La fosse

Fonçage

La Compagnie des mines d'Anzin prépare à Condé-sur-l'Escaut les travaux de sa fosse Ledoux à partir d'. La fosse est proche de la limite de la concession de Saint-Aybert, appartenant à la Compagnie des mines de Thivencelles. thumb|left|La fosse Ledoux durant l'entre-deux-guerres.

Les orifices des puits sont situés à l'altitude de . Le fonçage des puits s'effectue au diamètre de cinq mètres, et par le procédé de congélation des terrains. Les travaux ont été quelque peu retardés par une tempête qui a causé la destruction du baraquement en bois de la machine à froid. Le fonçage du puits Ledoux 1 commence le . La congélation des terrains commence alors pour le puits 2 dont le fonçage débute le . Il est situé à à l'est-nord-est du puits 1. Le terrain houiller est atteint à la profondeur de .

La fosse est baptisée en l'honneur de Charles Ledoux, administrateur de la Compagnie d'Anzin.

Exploitation

La fosse commence à extraire le , la production est alors de par jour. Elle remonte la production de la fosse Chabaud-Latour qui cesse progressivement d'extraire au profit de la fosse Ledoux, jusqu'à cesser de remonter en . La fosse Chabaud-Latour assure alors l'aérage. En partie détruite durant la Première Guerre mondiale, la fosse Ledoux est à nouveau en mesure d'extraire le . La production est alors de pour le mois. Elle est de en 1919, en 1921 et en 1925. Le record est de en 1939. Durant la Seconde Guerre mondiale, le , les centrales sont arrêtées, la salle des pompes est inondée, et la production ne peut reprendre que le .

La Compagnie des mines d'Anzin est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Valenciennes. Une bowette relie la fosse Ledoux à la fosse Saint-Pierre des mines de Thivencelles, celle-ci cesse alors d'extraire le . Les puits de la fosse Ledoux assurent indistinctement l'extraction, le service et l'entrée d'air. Le retour d'air est assuré par la fosse Chabaud-Latour, sise dans la même commune à au nord-ouest.

Siège de concentration thumb|left|La fosse Ledoux modernisée.

La fosse Ledoux est choisie au même titre qu'Arenberg et Sabatier plus tard pour devenir un siège de concentration. Les installations de surface sont modifiées en conséquence. Le puits 1 est doté en 1951 d'un nouveau chevalement à molettes superposées et d'une poulie Koepe de . L'année suivante, le puits 2 subit les mêmes modifications. Une galerie montante est commencée en 1954 pour exploiter la veine Saint-Georges. Elle débouche au jour dans la forêt domaniale de Bonsecours en 1960, ce qui permet la création d'une petite fosse d'aérage, pendant une dizaine d'années, dénommée fendue Saint-Georges. Un lavoir à grains est construit en 1955 sur le carreau de fosse.

Un traité d'amodiation est conclu le entre la France et la Belgique, la concentration peut alors extraire vers le sous-sol de la Belgique. Le puits 2 est approfondi à en 1968. Deux ans plus tard, le puits 1 est ravalé à cette profondeur. Une bowette longue de est commencée à partir de pour relier la fosse Ledoux à la fosse Vieux-Condé. Celle-ci cesse alors d'extraire l'année suivante, les moyens étant affectés au creusement de cette bowette qui est terminée le . 1972 marque également la fermeture de la fosse Chabaud-Latour, ses puits 2 et 3 sont comblés l'année suivante. La fosse Ledoux, bien que bénéficiant d'un bon emplacement quant à son gisement, est située au milieu de l'étang de Chabaud-Latour, et les venues d'eau sont conséquentes. De à d'eau sont exhaurés chaque jour. Le puits 1 est ravalé à en 1980, une descenderie inclinée de 30 % permet d'atteindre l'étage de . La fosse Vieux-Condé cesse le service et l'aérage en 1980, ses puits sont comblés.

La concentration Ledoux cesse d'extraire le , après avoir produit de houille. Les puits 1 et 2, respectivement profonds de 759 et , sont comblés en 1989, la même année que le grand puits de la fosse Saint-Pierre. À l'exception du chevalement du puits 1, toutes les installations de surface sont détruites en 1990 et 1991. Le puits 2 est équipé d'un exutoire de grisou. Le chevalement du puits Ledoux 1 fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le . thumb | 220x124px | right Reconversion

Le carreau de fosse est reconverti en espace vert. Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits Ledoux 1 et 2, et installe un exutoire de grisou sur le puits 1. Le BRGM y effectue des inspections chaque année. Le seul vestige de la fosse est le chevalement du puits Ledoux 1. Celui-ci fait partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Il constitue une partie du site 8.

Les terrils

Quatre terrils résultent de l'exploitation de la fosse. Les terrils 195, 195A, 196, ainsi que les étangs d'affaissement Chabaud-Latour, font partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Ils constituent une partie du site 8.

Terril 194, Acacias thumb|left|Le terril Acacias. thumb|Le terril Ledoux Nouvelle Route.

Le terril 194, Acacias, est situé à Condé-sur-l'Escaut, sur les berges du lac. Il était alimenté par la fosse Ledoux des mines d'Anzin, et culminait à cinq mètres. Il a été exploité.

Terril 195, Ledoux Nouvelle Route

Le terril 195, Ledoux Nouvelle Route, situé à Condé-sur-l'Escaut, est un des terrils de la fosse Ledoux des mines d'Anzin. Il s'agit d'un terril plat, et entièrement boisé, haut de huit mètres.

Terril 195A, Ledoux Moulineaux thumb|left|Le terril Ledoux Moulineaux. thumb|Le terril Ledoux Lavoir.

Le terril 195A, Ledoux Moulineaux, situé à Condé-sur-l'Escaut, est un des terrils de la fosse Ledoux des mines d'Anzin. Il s'agit d'un terril plat, et entièrement boisé. Il a été partiellement exploité.

Terril 196, Ledoux Lavoir

Le terril 196, Ledoux Lavoir, situé à Condé-sur-l'Escaut, est un des terrils de la fosse Ledoux des mines d'Anzin. Il s'agit d'un terril conique haut de , et entièrement boisé.

Les cités

Plusieurs cités ont été bâties à Condé-sur-l'Escaut et à Vieux-Condé par la Compagnie des mines d'Anzin. Après la Nationalisation, les houillères ont fait bâtir des habitations en extension aux cités déjà existantes. La cité-jardin de la Solitude, la cité-jardin des Acacias et la cité pavillonnaire de Lorette, font partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. La première constitue le site 7 alors que les autres font partie du site 8. Il en est de même pour la cité pavillonnaire de Chabaud-Latour, qui est aussi liée à la fosse du même nom.

Notes et références

Notes

Références

Références aux fiches du BRGM

Références à

Références à

Références à

Références au magazine Relais

Voir aussi

Articles connexes Charles Ledoux Liste des fosses de la Compagnie des mines d'Anzin Groupe de Valenciennes Liste des monuments historiques du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais Liste des biens du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais classés au patrimoine mondial de l'Unesco, sites 7 et 8 Liste des chevalements subsistants du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais Liste des chevalements subsistants en France

Liens externes (Reportages TF1 du 15/12/1990, fosse Ledoux et cité minière de Macou)

Bibliographie

Ledoux Anzin Ledoux Catégorie:Monument historique dans le département du Nord Catégorie:Monument historique inscrit en 1992 Catégorie:Condé-sur-l'Escaut