Serge Salat, né le , est un architecteGeorgi Stanishev, «Architecture of the Virtual, 6 Works of Serge Salat and Françoise Labbé – Instead of Manifesto » « Transforming the Reality into an Architecture Image, Serge Salat and Françoise Labbé interviewed by Radian Gyurov » in World Architecture, The International Academy of Architecture, issue No 8, 1990, . Luisa Pauman, Von Offenen in der Architectur, Passagen Verlag, Vienne, 2010., artisteJulia Schulz-Dornburg, Arte y architectura : nuevas afinidades, Gustavo Gili, 2000, . John C. Welchman, Art after Appropriation, Essays on Art in the 1990s, « Chapter 7 : Parametrology : From the White Cube to the Rainbow Net », G+B Arts International, 2001, . Damien Sausset, « Dans la dimension », L’Œil, No 532, déc.-, ; Entry Gate, Chinese aesthetics of Heterogeneity, MoCA, Shanghai, 2006, The Wall Street Journal, « The Endless Gaze », US edition half page, Saturday-Sunday October 8-9, 2011. Voir aussi WSJ online. http://online.wsj.com/article/SB10001424052970203476804576615631080924132.html Jane Szita, « The Illusionist. The convoluted installations of artist and polymath Serge Salat transport visitors into the fourth dimension », FRAME, Issue 84, Jan/février 2012, ., écrivainPierre Skriabine, « Ma : l’entre-deux dans l’art japonais, Serge Salat et Françoise Labbé », L’Âne, Le magazine freudien, Numéro 31, juillet-, p. 37. « Le Pont Flottant des songes », Magazine Littéraire, Bruno de Laubadère, « Les Labyrinthes de l’éternité », AD, juin 2002. et haut fonctionnaire français.

Il est connu pour ses travaux sur la théorie urbaineLa Ville et les Formes, Serge Salat, Éditions Hermann, 2011, la théorie de la complexitéPower Laws for Energy Efficient and Resilient Cities, S. Salat and L. Bourdic, Procedia Engineering Volume 21, Ed. Elsevier, 2011, . http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1877705811049642 et ses installations artistiques fractales« The Fractal Cube and the Paradigm Shift in Art and Science » in Jacques Mandelbrojt, Giogio Carreri and L. Alcopley (Guest Co-Editors), Art and Science, Similarities, Differences and Interactions, Leonardo, Volume 27, Number 3, 1994. exposées dans le monde entier. Il a entretenu des relations créatives au contact de Jacques Derrida et Benoît Mandelbrot avec lesquels il partage une conception théorique alternative à l’origine respectivement d’un dépassement des dualités fondatrices de la philosophie occidentale et du retour des formes dans la pensée de la complexité contemporaine post historique au sens de Freud. Il a publié des livres novateurs sur l’art japonaisClaude Michel Cluny, « Le livre du jour, Les symboles de l’architecture japonaise, Créateurs du Japon par Serge Salat et Françoise Labbé », Le Figaro , . « Le Pont flottant des songes de Serge Salat et Françoise Labbé », Orientations Japon 86, Techniques et Architecture No 369, 1986, ., sur la théorie de l'image pour lesquels il fait également référence ., sur les relations entre l'art et la physique contemporaine Serge Salat, La Relève du réel », L’éducation musicale, novembre 1998, tout en menant en parallèle une carrière d’architecte et d’urbaniste. Il a fondé et préside l'Institut des Morphologies Urbaines, qui développe et promeut un cadre analytique fondé sur une approche scientifique des formes urbaines, au service de la planification et du développement urbain durable. L'Institut des Morphologies Urbaines a pour objectif principal d'anticiper et de quantifier les effets de long terme de la forme urbaine, des choix d’investissements et des infrastructures sur les ressources, les consommations énergétiques, l'inclusion sociale et la compétitivité économique.

Origines et études Petit-fils de républicains espagnols, et fils de fils de républicains espagnols, il grandit et suit ses études à Toulouse au lycée Pierre-de-Fermat. Il poursuit un parcours académique quadruple qui le conduit à l’architecture, la création artistique, l’histoire de l'art et à la haute fonction publique.

Il intègre l’École polytechnique en 1976 (X1976), est diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris (1982), docteur en sciences économiques de l’université Paris-Dauphine (1983, sous la direction de Jacques Attali et Xavier Greffe). Il intègre l’École nationale d’administration en 1984 (promotion Louise Michel).

Parallèlement à ce cursus, il se passionne pour l’histoire de l’art et l’architecture. Il obtient en 1989 un doctorat en architecture de l’École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette et un doctorat de l’École des hautes études en sciences sociales en Histoire et Civilisations (2010), sous la direction de Daniel Arasse puis d’Yves Hersant (suite au décès de D. Arasse).

Courant de pensée Le fil conducteur de ses travaux suit deux axes fondamentaux : la création de concepts théoriques et une volonté de mathématisation du réel qui vise à en créer une nouvelle intelligibilité fondée sur l'imagination géométrique et les sciences de la complexité, dans la lignée de Jacques Derrida, Benoît Mandelbrot, Edgar Morin et Jean-Pierre Luminet. Cette approche offre un cadre théorique nouveau dans différents domaines, combinaison d’une analyse scientifique rigoureuse et d’une expérience intuitive et créative : L’analyse des villes en tant que structures complexes à toutes les échelles, Une nouvelle lecture de l’histoire de l’art de la renaissance fondée sur la notion de monde et non plus sur la notion d’espace, La création d’installations artistiques associant la science, l'art et l'imagination géométriqueJean-Pierre Luminet, « Science, Art and Geometrical Imagination », invited talk at the IAU Symposium 260 "The Role of Astronomy in Society and Culture", UNESCO, 19-23 January 2009, Paris, Cornell University Library. https://arxiv.org/pdf/0911.0267.pdf pour construire les espaces-temps nouveaux de la cosmologie contemporaine. Dans chaque cas, l’approche créative s’appuie sur une conception fractale des formes et des processus qui permet d’interroger la relation entre le tout et les parties. L’approche derridienne consistant à déconstruire le sens est ici étendue à l’espace. La fractalité déconstruit toute géométrie fermée, en l’ouvrant sur l’infini : le changement de l’échelle d’observation fait sans cesse apparaitre de nouvelles structures au sein du système complexe« Le fractal et le virtuel : pour un art de l’infini » in Commencer, Finir, La Voix du Regard, Revue Littéraire sur les arts de l’image, No 11, 1998, p. 68-77..

L’architecte et théoricien des villes Carrière Il commence sa carrière comme administrateur civil à la tête du bureau de l'architecture au Ministère de l’équipement, du logement, de l’aménagement du territoire et des transports de 1984 à 1987 puis comme chargé de mission auprès du ministre de l’équipement de 1988 à 1989.

Il continue sa carrière de 1990 à 2001 à Aéroports de Paris comme directeur de projets, chargé de l’architecture et de l’ingénierie de grands projets aéroportuaires. Dans ce cadre, il dirige la conception d’importants aéroports (Phnom Penh, Iekaterinbourg, Catane, Abu Dhabi). Il est alors considéré comme l’un des spécialistes du titaneSimone Vermoolen, « New Frontiers in Titanium », in Stainless building bulletin, volume 2, issue 4, january 2005. Stainless steel world news, retrospect seminar 2005 http://www.sswnews.com/building/projects.aspx?pageID=963 et dirige pour l’aéroport d’Abu Dhabi un projet de 300 millions d’euros comprenant la construction d’une charpente entièrement en titane (c’est la première fois que ce matériauCSTB, « Constructions titanesques », juillet - , http://www.cstb.fr/actualites/webzine/editions/juillet-aout-2005/constructions-titanesques.html Jean Marc Jaeger, François Lebrun, « Calcul d’une structure architecturale en Ti » http://www.tpi.setec.fr/FR/050-rd/titane/titane.pdf est utilisé comme matériau de construction avec en particulier la construction d'une voute de de long). Après plus de dix ans à Aéroports de Paris, il se focalise sur la conception et la direction de projets architecturaux de très grande envergure en Chine (Tianjin Gateway Avenue notamment).

En 2008, il crée le Laboratoire des morphologies urbaines et y développe un cadre théorique nouveau pour élaborer des projets et penser la ville de demain, tant dans ses formes que ses réseaux, en analysant leurs efficience et résilience. Parallèlement à ces activités de recherche, il est membre du board de l’iiSBE, du comité éditorial de revues scientifiques internationales (Building Research & Information, SUSB) et intervient en tant que professeur dans différentes Grandes écoles françaises et Universités européennes (École des Ponts ParisTech, École nationale supérieure des mines de Paris, TU Delft, Université norvégienne de sciences et de technologie, Université Paris-Est-Marne-la-Vallée ).

Travaux Ses travaux d’analyse urbaine, appuyés sur ceux de Jane Jacobs, Christopher Alexander, et Aldo Rossi, questionnent le courant réductionniste qui a prévalu au et dont l’apogée a été la rédaction de la charte d'AthènesLes Villes et les Formes, Serge Salat, Hermann, 2011. La négation de la complexité intrinsèque des structures urbaines et la difficulté à l’appréhender ont selon lui donné naissance à des formes urbaines structurellement déficientes : une empreinte énergétique et écologique extrêmement élevéeSerge Salat, Caroline Nowacki, « De l’importance de la morphologie dans l’efficience énergétique des villes », Liaison énergie francophonie No 86, 2010. http://www.cete-ouest.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2010-01_CSTB_morphologie_et_efficience_energetique_des_villes.pdf et une faible résistance et capacité d’adaptation aux chocs. L’analyse fractale et la prise en compte de la mémoire historique complexe des villes offrent alors un cadre théorique systémique pour projeter le devenir des villes. Elles permettent de développer une algèbre cohérente des structures complexes et de dégager une structure commune pour l’analyse urbaine : réseaux, densités, bâti, activités….

L'approche est pluridisciplinaire, à la croisée des sciences dures (, fractales, thermodynamique des structures dissipatives), de l’anthropologie et des politiques urbaines et énergétiques. Cette systémique de la ville nourrit des réflexions sur les politiques urbaines, notamment sur le plan environnemental, énergétique et économique : efficience structurelle des villes, résilience vis-à-vis de stress exogènes et endogènes (peak oil, crise économique…). En 2011, il publie avec la collaboration de Françoise Labbé et Caroline Nowacki Les villes et les formesLe Courrier de l’architecte, 9 novembre 2011, http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_2397 qui donne une dimension scientifique et mesurable à des notions essentielles de la forme urbaine comme la densité, la connectivité, la mixité, l'accessibilité, la hiérarchie d’échelle, en explorant les qualités des tissus urbains historiques. La morphologie urbaine y est présentée comme un des leviers clés de la lutte et l'adaptation des villes au changement climatique.

L’écrivain et historien d’art Dans ses travaux d’historien d’art, l’influence déconstructiviste est également prégnante. Dans Le pont flottant des songes« Serge Salat, Françoise Labbé, Créateurs du Japon », Libération, 13-. Frank Maubert, « L’épure des signes », Le Matin, 17 février 1987, publié en 1986 avec Françoise Labbé, il parcourt mille ans de création japonaise et aborde plusieurs thèmes comme l'architecture liée à la cérémonie du thé, l'architecture contemporaine (Fumihiko Maki, Yoshio Taniguchi, Arata Isozaki), l'art des jardins ou le théâtre nô. Le livre déconstruit la conception occidentale du couple d’opposition espace-temps et y substitue les notions de ma (espacement) et d'oku (enveloppement) qui sont au cœur de l’anthropologie de l’espace japonais. Ce livre témoigne malgré les dissemblances et les diversités de l'unité profonde de la culture japonaise.